‹ Méthode d'oraison: avec une nouvelle forme de méditations pour toute sorte d'étatsChapitre 29 sur 92 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

d'être en enfer? mais quelle plus grande consolation que de faire la volonté de Dieu ? que d'être en sa présence? que de lui témoigner son amour et sa fidélité? que de soufifiir pour lui une espèce de martyre? Je suis toujours distrait; si c'est volontairement, vous Toffensez ; si c'est contre votre volonté, vous rhonorez, vous lui plaisez, vous Paimez : car tout plaît à Dieu, hormis le péché, et il n'y en peut avoir où il n'y a point de volonté. Une oraison de souffrance vaut mieux qu'une oraison de plaisir; c'est un parfum odoriférant qui s'élève au Ciel et qui embaume le Paradis. Retenez bien ce petit mot de saint Augustin. « Vous » plaisez à Dieu, si Dieu vous plaît ; il est con- » tent de vous, si vous êtes content de lui. »

Oh ! dites-vous, je suis content de Dieu, mais j e ne suis pas content de moi-même : à qui tientil que vous ne vous procuriez ce contentement? quel plaisir prenez-vous à être misérable? On vous dit que Dieu est satisfait de vous, pourvu que vous soyez satisfait de lui, et vous ne faites que vous plaindre et que murmurer? Ce n'est pas contre vous que vous murmurez, mais contre Dieu, de ce qu'il vous laisse sans consolation, et qu'il ne vous traite pas, ce vous semble, selon vos mérites.

Au reste, je ne vois pas quel su\e\. no>\^^n^i-

d'être mécontent de vous-même, puiscpie vous faites tout ce que vous pouvez. Il s'en faut bien, me direz -vous, et voilà ma peine; il me semble que je ne fais pas tout ce que je puis. Vous prenez plaisir à vous tourmenter. Ditesmoi, pouvez-vous à présent faire plus que vous ne faites ? Si vous le pouvez, que ne le faitesvous? Si vous ne le pouvez pas, pourquoi vous troublez-vous ?

La jouissance de Dieu fait le bonheur du Ciel et de la terre; mais il y a cette différence, que la jouissance du Ciel est voluptueuse, et celle de la terre est douloureuse : nous embrasserons là-haut un Dieu de plaisir, et nous embrassons ici-bas un Dieu de douleur* Les unions de cette vie doivent ressembler à celle qu'avait Thumanité sainte avec le Verbe : elle était bienheureuse selon la partie supérieure, et misérable selon Finférieure, si quelque goutte de consolation tombait sur Fappétit, elle tarissait en un moment; son pauvre cœur nageait continuellemeut dans une mer d'amertume, parce qu'il venait satisfaire par la peine au plaisir que les hommes prennent à pécher.

Voilà l'état où sont les âmes saintes en cette vie: rien de plus content selon l'esprit, rien de p}us afiQigé selon les sens. Il est vrai que de

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