CHAPITRE I
DE L'SXGELLENGR ET DE LA NÉCESSITÉ DB l'ORA.I« SON MENTALE.
L'oraison, disent les Pères, est une élévation de notre âme à Dieu par l'union de notre esprit avec la première vérité, et de notre cœur avec la suprême bonté. C'est un hommage respectueux que nous rendons à la grandeur et à la majesté divine, par la soumission de toutes nos puissances.
Saint Chrysostome, dans les belles Homélies qu'il a faites sur la prière, dit que l'oraison est à une âme ce que sont les nerfs à un corps, les murailles à une ville, les armes à un soldat, les ailes à un oiseau, la respiration aux
animaux. «Nous jugeous, dit- il, qu'un corps est mort qui ne respire plus, et nous devons croire qu'une âme est morte qui ne prie plus. »
Je sais qu'il parle de Toraison en général, en tant qu'elle comprend la mentale et la vocale : mais comme la mentale en est Tâme et la principale partie, s'il est nécessaire de prier, on peut dire qu*il est nécessaire de méditer ; vu principalement que Toraison vocale sans elle, n'est pas une véritable oraison, mais une vaine et criminelle occupation.
Ce n'est pas toutefois de cette méditation que nous parlons ici : mais de celle qui est purement mentale, et qui est, sans contredit, préférable à la vocale, si ce n'est lorsque cette dernière est de précepte et d'obligation.
Quelques docteurs célèbres rapportés par Suarei *, ont cru que l'oraison menlale était nécessaire à toutes sortes de gens, et que sans elle on ne pouvait être sauvé. C'est pousser les choses trop loin. Il est croyable qu'ils entendaient par la méditation l'élévation de l'esprit et la réflexion nécessaire pour bien recevoir les sacrements, pour concevoir de la douleur de ses péchés, pour demander des grâces extraordinaires â Dieu, et pour produire dans les temps où i!s
* De Riligione, Uui, II, HK n. c 4.