CHAPITRE I
sont commandés, des actes de Foi^ d'Espérance et de Charité.
Quoi qu'il en soit, il est hon de doute qne Foraison mentale est très-ntile^ et^ moralement parlant^ nécessaire à ceux qui yeulent Tivre, je ne dis pas religieusement^ mais encore chrétiennement, soit qu'ils commencent, soit qu'ils avancent, soient qu'ils soient arrivés à la perfection.
Ceux qui commencent doivent acquérir la pureté du cœur par des confessions fréquentes et par une mortification continuelle ; la confession efface l'acte du péché et la mortification en détruit le principe; or Tune et l'autre demandent le secours de la méditation.
Un pénitent doit haïr son péché^ et pour le faiie, il en doit connatti'e la malice; quel moyen de la connaître sans réflexion, sans considération et sans méditation? Je ne parle point de Texamen qu'il faut faire sur les commandements de Dieu et de l'Église, qui est une manière de méditer aussi profitable qu'elle est nécessaire.
On ne peut aussi se mortifier sans le secours de l'oraison mentale^ car la mortification est une chose très-violente à la nature, et très* contraire à ses inclinatloua : c'est un mal qui tend à sa destruction; et comme tous les êtres
travaillent à leur conservation^ il est évident que si Tâme ne s'élève par Toraîson au-dessus d'elle-même, elle ne pourra concevoir cette sainte haine si nécessaire pour se priver de ce qu'elle aime, et pour embrasser ce qu'elle craint.
Ce que nous disons de ceux qui commencent, se doit dire aussi de ceux qui avancent : comme ceux-là sans la prière ne peuvent déraciner leurs vices, ceux-ci sans son secours ne sauraient acquérir les vertus. C'est dans Toraison que rame en découvre la beauté, qu'elle en conçoit de l'amour, qu'elle s*animo à leur conquête.
Le grand cardinal Bellarmin i, qui n'est pas moins illustre par sa piété que par sa science, dit que c'est l'oraison qui donne, pour ainsi parler, la vie à toutes les vertus, et qui les conserve dans Tàme.
C'est elle qui éclaire notre foi, nous approchant les objets que les sens éloignent de nous, et qu'ils nous rendent presque imperceptibles.
C'est elle qui soutient notre espérance par Taccès et par la familiarité qu'elle nous donne auprès de Dieu, et par l'union qu'elle nous procure avec notre principe.
« De OraU, lib. i, c. «.