‹ Méthode d'oraison: avec une nouvelle forme de méditations pour toute sorte d'étatsChapitre 5 sur 92 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

C'est elle qui nous fait voir la vanité^ Tinconstance et riufidélité des créatures; qui nous donne horreur du monde, et qui nous embrase de Tamour de Dieu par la connaissance et Texpérience qu'elle nous donne de ses bontés.

C'est elle qui nous instruit nous-mêmes de nous-mèmes; qui nous fait des leçons savantes d'humilité, qui nous fait sentir et toucher notre néant^ et qui nous découvre la grandeur et la sainteté de Dieu^ auprès de laquelle nos vertus imaginaires n'ont plus ni ëtre^ ni beauté, ni forme^ ni mesure.

Enfin c'est elle qui nous conduit en ces sacrés déserts où Ton trouve Dieu seul dans la paix^ dans le repos^ dans le silence et dans le recueiUement. C'est elle qui nous mène spirituellement en enfer^ pour y voir notre place; an cimetière^ pour y voir notre demeure; au Gel, pour y voir notre trône; i la vallée de Josaphat, pour y voir notre juge ; en Bethléem, pour y voir notre Sauveur; au Thabor, pour y voir notre amour; au Calvaire, pour y voir notre modèle.

Il faudrait un volume entier pour déclarer

les trésors de grâce que l'âme fidèle trouve en

l'oraison, et les consolations qu'elle y reçoit de

Dieu dans toutes ses peines.

Je sais que tout le monde ne peut pas don*

ner chaque jour un temps considérable à Toraison mentale^ mais Je suis persuadé qu'on n'arrivera jamais sans elle à la perfection chrétienne^ à moins qu'on ne supplée à son défaut par la lecture des bons livres, par les avis des bons confesseurs, et par Tinstructlon des bons prédicateurs.

Il n'est pas nécessaire de faire voir que les parfaits doivent être gens d*oraison, puisque c'est elle qui nous unit à Dieu^ et que c'est dans cette union que consiste notre perfection. Aussi n'a-t-on jamais vu de saints qui ne fussent aflFectionnés à la prière : c'était toute leur occupation et toute leur consolation. On peut dire que leur vie était ime oraison continuelle , selon qu*ordonne le Fils de Dieu^ et qu'ils priaient autant de fois qu'ils respiraient. Ce qui m^ fait conclure avec saint Augustin^ que pour savoir bien vivre il faut savoir bien prier, comme pour savoir bien prier il faut savoir bien vivre. C'est une des conditions nécessaires pour bien faire oraison, dont II nous faut parler.

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