‹ Méthode d'oraison: avec une nouvelle forme de méditations pour toute sorte d'étatsChapitre 73 sur 92 · DS LA. SOLITUDE · texte numérisé non relu

DS LA. SOLITUDE

Soyez solitaire de corps.

Soyez soUtaire d'esprit.

Soyez solitaire de cœur.

Dieu vous visite^ quand vous êtes solitaire de corps.

Dieu vous parle^ quand vous êtes solitaire d'esprit.

Dieu vous remplit^ quand vous êtes soUtaire de cœur.

Si vous ne vous éloignez des créatures^ Dieu ne vous saurait visiter.

Si vous ne faites taire les créatures^ Dieu ne vous saurait parler.

Si vous ne vous détachez des créatures^ Dieu ne vous saurait aimer.

solitude de corps^ d'esprit et de cœur.

C'est chez vous qu'on voit, qu'on entend, et qu'on goûte Dieu seul.

Allons dans la solitude, mon bien- aimé, et là vous me parlerez au cœur.

VP MEDITATION.

DE l'anéantissement.

Pour savoir tout, il ne faut savoir rien.

Pour goûter tout, il ne faut goûter rien.

Pour avoir tout, il ne faut avoir rien.

Pour être tout, il ne faut être rien.

mon Dieu !

Vous êtes mon tout, et je ne suis rien.

Vous êtes ma lumière, je ne sais rien.

Vous êtes ma force, je ne puis rien.

Vous êtes ma sainteté, je ne suis bon à rien. Parlez, mon Dieu, car votre serviteur écoute. Ma bouche devant vous est sans parole.

Mais vous savez ce que mou cœur vous dit.

bienheureuse Târae, Qui écoute Dieu dans le silence de tous ses raisonnements.

Taisez-vous, pensées humaines et charnelles.

Que toute chair se taise en la présence de Dieu.

DE l'INGOMPRÉHENSIBILITÉ DE DifiU.

Dieu est incompréhensible à tous les temps.

Il est incompréhensible à tous les lieux.

Il est incompréhensible à tous les esprits.

11 est incompréhensible à tous les cœurs.

Tous les temps ne le peuvent mesurer.

Tous les lieux ne le peuvent renlermer.

Tous les esprits ne le sauraient assez connaître.

Tous les cœurs ne le sauraient assez aimer.

Dieu n'est rien de ce que je vois.

Il n'est rien de ce que je touche.

11 n'est rien de ce que je sens.

11 n'est rien de ce que j'entends.

Il n'est rien de ce que je connais.

Il n'est rien de ce que j'imagine.

C'est un être invisible, insensible, incompréhensible.

t> mon Dieu!

POUR LA VIE IJNITIVE. l«3

Que je suis riche, quand je n'ai rien que vous.

Que je suis éclairé, quand je ne vois rien que vous.

( Que je suis savant, quand je ne connais rien que vous.

Que je suis content, quand je ne goûte rien que vous.

Je vois tout, quand je ne vois plus rien.

Je goûte tout, quand je ne goûte plus rien.

J'entends tout, quand je n'entends plus rien.

Je possède tout, quand je ne possède plus rien.

Je suis tout, quand je ne suis plus rien.

J'honore la bonté de Dieu, par le sacrifice de tous mes désirs.

J'honore Tincompréhensibilité de Dieu, par le sacrifice de toutes mes pensées.

Videz votre cœur de ses afiections, et Dieu le remplira de ses biens.

Yidez votre esprit de ses conceptions, et Dieu le remplira de ses lumières*

Vni« MÉDITATION.

DE LA PLÉNITUDE DE DiEU*

Dieu est suffisant à soi-même.

n est sufiBsant à toutes les créatures.

Il est à l'homme tout ce qu'il désire :

La lumière aux aveugles,

La santé aux malades ,

La consolation aux affligés,

La force aux infirmes,

La sainteté aux pécheurs,

La vie aux morts,

La paix aux vivants,

Il est tout à tous.

douces paroles, mon Dieu et mon tout !

Qu'elles sont savoureuses à une âme à qui Dieu est tout, et à qui tout ce qui n'est point Dieu, n'est rien.

mon Dieu et mon tout !

Je me lasse de chercher et de méditer.

Je trouve tout en ces deux mots ;

Mon Dieu et mon tout !

Tout ce que je lis, et tout ce que j'entends, occupe mon esprit, mais ne remplit pas mon

POUR liA VIE UNITIVE. «5

cœur. Je trouve partout du vide^ et de Tindigence. Il n'y a que vous où je trouve tout ce qu'il me faut.:

mon Dieu et mon tout !

Que je sens de consolation i savourer cet deux paroles!

C'est un miel à ma ^uche^ et une source d'eau vive à mon cœur.

Mon Dieu et mon tout l

Que puis- je désirer après vous?

Qui me peut contenter, sinon vous?.

mon Dieu et mon tout !

Vous serez à jamais mon tout, et les créatures ne me seront jamais rien.

DES GIIfQ DEGRÉS DE PERFECTION.

n faut être pèlerin sur la tenre.

Il faut être crucifié.

Il faut mourir sur la croix.

Il £aut être enseveli.

Il faut descendre jusqu'aux enfer».

Le pèlerin ne s'attache à rien.

Le crucifié ne fait plus rien.

La mort ne sent plus rien.

On oablie celui qui est en terre.

On est sans consolation en enfer.

sacré néant ,

Où rame perd son être pour être transformée en Dieu î

sépulcres vivants, où les sages bâtissent des solitudes !

champ évangélique, où le trésor de la grâce est caché!

terre des vivants, où le grain de froment meurt pour ressusciter !

Dieu seul ! que vous êtes aimable !

J'aime mieux être en enfer avec vous, que d'être en paradis sans vous.

Ohî que je sois de ces morts vivants, qui sont navrés d'amour î

Que je dorme avec eux dans le tombeau des sens.

mon Dieu !

Que je meure, afin que vous viviez en moi.

Que je ne sois plus rien, afin que vous soyez tout en moi, tout à moi, et, si je l'ose dire, tout moi.

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