‹ Méthode d'oraison: avec une nouvelle forme de méditations pour toute sorte d'étatsChapitre 74 sur 92 · DU PARADIS · texte numérisé non relu

DU PARADIS

Le paradis est la maison de Dieu.

C'est la terre des vivants.

C'est le royaume de la paix.

C'est le centre du repos.

C'est l'océan de tous le^ biens.

C'est la fin de tous les maux.

C'est le terme de tous les désirs.

C'est la source de tous les plaisirs.

C'est le trésor de toutes les richesses.

C'est le trésor de toutes les grandeurs.

C'est l'exil de toutes les aflTlictions.

Là vous verrez et vous aimerez.

Vous posséderez et vous aimerez.

Vous posséderez, et vous jouirez.

Vous aurez tout ce que vous désirez.

Et vous n'aurez rien de ce que vous craignez.

Là, le bien sera sans mal.

Le plaisir sans douleur.

L'abondance sans indigence,

La santé sans maladie,

La vie sans mort.

Le repos sans inquiétude.

JM MÉDITATIONS.

Oh ! quelle satisfaction :

De voir tout ce qu'il y a de beau.

D'aimer tout ce qv'ily? d^bon, De posséder tout ce qu'il y a de grand.

De goûter tout ce qnily a de doux, De voir la première vérité, D'aimer la première beauté.

De posséder le souverain bien, De goûter le souverain plaisir !

ODieu des vertus!

Que vos tabernacles sont aimables !

Mon âme languit et se consume de désir d'entrer en vôtre maison.

Oh ! que je suis misérable îcî-bas!

Oh ! que je serai heureux là-haut !

Mon âme /si tu aimes les biens du temps, Tu n'atiras point ceux de l'éternité.

Si tu as les satisfactions de la terre.

Tu n'auras point celles du Ciel.

Oh ! que je suis dégoûté de la terre.

Quand j'élève les yeux aux ciel !

Mon Dieu,

Que je meure au plus tôt pour vous voir, puisqu'on ne vous peut voir si on ne meurt.

H)UR LA VW I^ITIYE. 189

Xf« MEDITATION.

DES PERPECIÎIONS DIVINES.

Sagesse de mon Dieu, gouvernez-moi.

Puissance de mon Dieu, fortifiez-moi.

Bonté de mon Dieu, pardonnez-moi.

Esprit de mon Dieu, vivifiez-moi.

Amour de mon Dieu, embrasez-moi.

Volonté de mon Dieu, disposez de moi.

Sainteté de mon Dieu, sanctifiez-moi.

Charité de mon Dieu, consolez-moi.

Majesté de mon Dieu, régnez en moi. Immensité de mon Dieu, remplissez-moi.

Lumière de mon Dieu, éclairez-moi.

Miséricorde de mon Dieu, sauvez-moi, Beauté de mon Dieu, détachez-moi.

Douceui* de mon Dieu, pénétrez-moi.

Etre de mon Dieu, anéantissez-moi.

Paix de mon Dieu, pacifiez-moi.

Repos de mon Dieu, demeurez en moi.

Très-sainte Trinité, bénissez-moi à la vie, A la mort, dans le temps et dans l'éternité.

Ainsi soit il.

i»0 MÉDITATIONS

LA JOIE d'une bonne AME AUX APPROCHES DE LA MORT.

On quitte sans peine ce qu'on n'aime pas.

On sort volontiers d'un lieu qui ne plaît point.

Le prisonnier a de la joie, quand on le met en liberté :

Le banni, quand il retourne à sa chère patrie;

Le pilote, quand après beaucoup d'orages il entre dans le port ;

Le soldat qui sort victorieux du combat ;

Le voyageur qui revoit sa famille ;

Le malade qui est délivié de cuisantes douleurs;

L'aveugle qui a recouvré la vue ;

Le pauvre qui se voit riche en un moment.

Telle est la joie d'un juste mourant.

Quelle satisfaction lorsqu'on lui dit.

Qu'il va posséder Dieu et jouir de sa présence;

Qu*il va manger à sa table et se reposer sur son sein;

POUR LA VIE UNITIVE. lOt

Qu'il va se transformer en lui et régner avec lui; Qu'il va passer du temps à Téternité, De la figure à la vérité.

Du changement à l'immutabilité.

De la mort à l'immortalité, De la misàre à la félicité !

Quelle joie quand on lui dit.

Qu'il va à la maison du Seigneur,

Au palais de la gloire,

A la terre des vivants,

Et aux noces de l'Agneau !

Qu'il va voir ce que l'œil n'a point vu ,

Entendre ce que Toreille n'a jamais entendu,

Posséder €0 que le cœur humain n'a jamais

conçu; Qu'il s'en va en un lieu où il trouvera tout

ce qu'il désire , Où il ne trouvera rien de ce qu'il craint. Où il n'aura plus aucun mal , Où il ne manquera plus d'aucun bien.

Où il ne sera plus sujet à pécher.

Où il ne sera plus en danger d'être damné , Où il verra Dieu, où il l'aimera et le louera Pendant toute l'éternité !

Allons, dit-il, mon âme.

Quittons cette misérable vie.

192 MltDITATIONS

Sortons de ce misérable corps.

Que crains tu?

Jésus est mort pour toi.

11 a satisfait pour tes péchés.

Il a payé toutes tes dettes.

Il s'est constitué ta caution.

Il a répondu pour toi,

Et t'a promis son paradis.

Pourvu que tu espères en lui.

Tu n'as point fait de bien :

Mais il en a fait pour toi.

Tu n'as point souffert :

Mais il a souffert pour toi.

Tu n'as point fait de pénitence :

Mais il en a fait pour toi.

Il fa fait un transport de tousses mérites.

II t'a donné son corps et son sang en gage.

Il t'a préservé d'une infinité de dangers.

Il t'a comblé de ses miséricordes.

Quel sujet as-tu de te défier de lui ?

S'il voulait te perdre.

Serait-il mort pour toi?

Tanrait-il si longtemps conservé la vie?

T'aurait-il attendu avec tant de patience ?

T'aurait-il éclairé de tant de lumières?

T'aurait-il appelé avec tant d'amour?

Taurah'il favorisé de tant de grâces?

T'aurait-il donné le temps de te reconnaître

Et de lui demander pardon?

T'aurait-il visité dans ta maladie ?

T'aurait-il fait la grâce de recevoir les sacrements?

Mon âme, pourquoi te troubles-tu?

11 ne faut qu'un soupir pour gagner le ciel.

Si tu gémis, tu seras sauvée;

Si tu te convertis du fond du cœur, tes péchés te seront pardonnes.

Une pénitence n'est jamais hors de saison.

Lorsqu'elle est sincère et véritable.

On ne se convertit jamais trop tard.

Lorsqu'on se convertit du fond du cœur.

Allons, et mourons avec Jésus.

Le voilà qui m'appelle et qui me tend les bras.

Le voilà qui prie pour moi, quoique je sois son ennemi.

11 demande pardon pour tous ceux qui l'ont fait mourir, dont je suis le premier.

11 baisse la tête, pour donner le baiser de paix.

Il étend les bras pour m'embrasser.

Il a le cœur ouvert pour m'y faire entrer.

11 a répandu jusqu'à la dernière goutte de son sang pour me racheter.

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