‹ Méthode dans les sciences médicales (analyse et synthèse): essai d'une étude historicoChapitre 3 sur 46 · Portai, aisloiiv de l'unulo'iiii} el cliirnri/ic · texte numérisé non relu

Portai, aisloiiv de l'unulo'iiii} el cliirnri/ic

Il est non moins cerLain que les anatomistes de l'Ecole

d'Alexandrie disséquaient les cadavres d'hommes, grâce

à !a libéralité de Ptolémée. Celse qui haïssait l'anatomie

et les anatomistes, raconte même qu'Hérophile, s ce mé-

Ldecin ou ce boucher » disséqua un grand nombre d'hom-

ss, sur lesquels il faieait d'abord des expériences (1).

On est moins certain, quant à Galîen, malgré les innombrables volumes laissés par les analomisles du moyenâge, qui pendant quelques siècles s'occupèrent de la question grave, à savoir si le magister disséqua ou ne disséqua pas l'homme: les contradictions viennent peut-être du maître: il n'est pas douteux que le plus souvent il bornait ses connaissances anatomiques sur la dissection des animaux et plus particulièrement des singes, parce que, suivant Galien, i le singe est un animal qui ressemble le plus à l'hommeii. Mais, d'autre part, on trouve chez lui cette phrase : « si je vis, je décrirai un jour la structure du corps des bêtes, et je ferai l'anatomie de leurs parlies, comme je fais maintenant l'anatomie de toutes les parties de l'homme (2).

Quoi qu'il en soit, il est probable que Galien, grâce à sa situation particulière, avait des occasions de faire l'anatomie de riiomme: il avait à sa disposition des cadavres d'enfants trouvés, et même, s'il faut en croire Celse, les corps vivants des condamnés à mort.

Il serait presque superflu de dire qu'on disséquait peu •■ au moyen-iige. Le maître ayant découvert tout ce qu'il y Lavait à découvrir dans l'anatomie, disséquer, eût été

, 1. Bouchet. Histoire da la médecine et des doctrines médicales, i II, p. 298.

;. Œuvre de Galîeu, trailuite et annotée par Derembourg, t. I, - Utilité de» parties.

douter de la parole du maître ; or, le doute était une pro-

fanalion et la profanation coûtait bien cher au moyen-âge.

Il faut arriver auxiv'siècle pour voir l'anatomie, de théorique devenir ou plutôt redevenir pratique et même plus : Frédéric II, empereur d'Allemagne et roi des deux Sicîles, permet (malgré les excommunications répétées du Pape) aux médecins d'ouvrir les cadavres humains et non seulement il permet, mais encore il leur défend d'exercer la médecine s'ils n'ont pas fait pendant une année entière fa dissection des cadavres humains (1).

Grâce à la tolérance intelligente et continue des rois de Sicile nous voyons naître dans un petit coin d'Italie une école remarquable d'anatomistes, dont nous aurons l'occasion de parler plus loin.

Vers la même époque (fin du xiv^), en France, Louis d'Anjou, seigneur de Montpellier, permet aux médecins de disséquer les cadavres des suppliciés.

L'école de Paris est resiée réfraclaire à ce mouvement jusqu'à 1483(21. A cette époqueon commence à y demander des connaissances pratiques d'anatomie. Mais sa dissection se fait clandestinement à l'hôtel de Nosle, domo regia de Nesle. En 1676 on y installe un archidiacre, chef des travaux pratiques, qui était le célèbre anatomiste Riolan, et sur ses vives insistances on construit enfin un amphithéâtre en 1704.

Bientôt sous l'influence de la playade brillante d'anatomistes de la renaissance, l'élude d'ana'omie, le goût de dissection se propagent de plus en plun : On s'arrache les cadavres, on les achète ou on les vole .hez les bourreaux,

1, A Chereau. • Aiialuiiiie i in Uccliatnhrr. 2. Carlieu. L'aiirienne Facullv de méch-cî.ie de Pwi

chez les fo^oyeurs. Plus d'ua analomistc paye de sa fortune, (le sa liberlé, el même de savie son audace.

La Faculté de Médecine de Paris se voit diins l'obligalion de demander un monopole en quelque sorte des cadavres des suppliciés s cL alors, dit M. Carlieu dans son très intéressant livre que noua avons déjà cité, el alors chaque exécution s'attend avec impatience et devient un jour de grand émoi, je ne dirai pas de grande joie, pour les étudiants en médecine » . Les rapports déjà bien tendus entre l'école et les chirurgiens le deviennent de plus en plus, et on assiste de temps en temps à de véritables batailles.

Un jour l'archidiacre s'aperçoit de la disparition d'un cadavre appartenant à la Faculté. Après plusieurs jours de recherches infructueuses dans tous les coins de Paris, on découvre enfin le cadavre en question en possession de Moriceau. Après des pourparlers inutiles la maison est enlouréo par la police qui est obligée de livrer une bataille en règle avant d'entrer en possession du dit cadavre (1).

L'histoire suivante, racontée par Faloppe lui-même, est moins amusante. On lui envoie aurl'ordre duduc de Ferrare un homme condamné à mort. « Le malheureux se félicitait déjà d'avoir échappé et me demanda d'intervenir ouprès du prince ». Il lui donna en réponse 1 gros d'opium. Le malheureux qui a la vie dure se réveille et « alors je lui dotine2 gros. Il mourut et je l'aidissêqué i.

Bérenger de Capri de Bologne disséqua un jour deux L espagnols atteints de syphilis, pour lequel crime il était [ expulsé du territoire de Ferrare (2).

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