‹ Méthode dans les sciences médicales (analyse et synthèse): essai d'une étude historicoChapitre 4 sur 46 · A Cliepeau. Op. cit · texte numérisé non relu

A Cliepeau. Op. cit

2, Ba 156:i la Faculté lie mcdeciiie ilemaflda te corps d'un nom-

A la fin du xviii" siècle les rigueurs contre les analoniistes diminuent, et enfin au commencement du xix' siècle on n'en parle presque pas. A l'heure qu'il est, si les analoraistes travaillent en pais, lespliysioliigisles eux encourent encore quelques dang:ers : dans tel pays, où les évicLionistes sont protèges par les lois, les viviâectioniates sont punis comme de simples malfaiteurs (1).

La médecine est la plus ancienne des sciences, et les historiens du moyen-âge n'ont pas hésité à chercher ses traces dans les temp? qui ont précédé le déluge.

Galien n'allait pas si loin (et pour cause): suivant lui le premier médecin et le premier anatomiste aurait été Eaculape,filsd'Apol[on, (lui suivant l'anagramme faite sur ce mot par Platon étailDieu musicien, lanceur de flèches et... médecin. itEpculape apprit d'abord la médecine à son père et l'enseigna ensuite aux hommes. Avant lui il n'y avait pas de médecin (2) ».

Il est certain que Galien se trompait. Suivant Portai le premier médecin, c'est-à dire le premier qui a laissé des écrits, serait Mélampe qui vivait en 1380 avant Jésus- Christ. Poète, berger et médecin, il a tous les droits au titre de père de la purgation. On racont'î, en effet, que c'est en administrant un purgatif qu'il a Fauve la fille du roi devenue plus tard sa lemme.

mé Jp.ahn Despéature pour l'aire u sur icelluy aucune expérience concernant l'art et la science do médecine (A. C.hereau).

1. Voir les détails édidants: Hu.vU't/,op. ail., pajre 23 et l'éloge de Magendie par Floureiis.

Z. Onvr, de Galien, pag. 11.

Si cependant on prenil cii considération ce fait non douteux que les notions médicales devraient être nécessairement précédées par celles d'anatomie, on accordera à celte dernière science lo droit d'ancienneté.

Les notions d'anatomie remontent probablement aussi loin que les premières cérémonies de sacrifices. L'usage d'inspecter les enlrailles après l'immolation pour y lire la volonté des dieux, et d'autre part ia défense expresse d'immoler des animaux malsains a fait que les connaissances anatomiques sont devenues nécessaires à ceux qui étaient chargés de cette besogne.

D'autres lui donnent une origine moins honorable en la faisant descendre des premiers bouchera, se basant, dit M. Chcreau, qui s'élève contre cette opinion, sur ce fait que Platon compare les médecins aux cuisiniers et que Galien les adjure de lui donner quelques éclairci.ssements sur la circulation.

Quoi qu'il en soit, les notions anatomiques accumulées jusqu'à la suerre de Troie sont déjà bien considérables, et nous voyons avec plaisir que les guerriers sont suivis par de véritables chirurgiens, dont les plus remarquables étaient sans contexte Podalire et Machaon fils d'Esculape, qu'Homère nous a fait connaître.

Les connaissances anatomiques d'Homère étaient suivant Malgaigne assez importantes pour son temps (1), si l'on en juge par 144 observations de blessures d'héros, blessures bien décrites anatomiquement parlant. Voici quelques spécimens de sa nomenclature rxsui; peau, Îtj[j.oç graisse, tsvùv tendon, [*u<Jv muscle, <fkvif veine, eYxiçaXos

i. Malgaiiie. Comptes-rendus de l'Académie de médecine.t. VllI, i8-ii-4a.

encéphale, Aauxavii] région eous-cluviculairti el susternalc (qu'il savait si dangereuse) kXeîç clavicule, etc., etc.

Passons à Hippocrale. Il est peu probable qu'il ait laissé ] un ouvrage spécial sur l'iinatoraie. On auraitpucroireque i ses connaissances analomiques devaient être assez étendues puisque Galiun lea a exposées dans un ouvrage spécial (malheureusemonl perdu) et qu'llippoci'ale,dont l'honnêteté professionnelle ctail si grande, faisait des opérations comme celle-ci: insufflation d'inletlin tubage du larynx; injection det^ bronches, trépanation, paracenthèse, thoracenthèse, empyèmL' (1).

Il laut cependanL dire que ses notions d'anaLomie dénotent assez souvent plus d'imagination que de devoir, et qu'adversaire de théories vagues II en faisait dans l'anatomie : le cœur pour lui est l'origine du sang et de la pituite ; l'eau vient do la rate ; l'artère contient de l'esprit. Le cerveau s'imbibe de sérosité comme une éponge, loge la prudence et l'entendenicnl, etc., etc.

Nûiif; ne parlerons pas des connaissances anatomtques des philosophes purs. Elles sont le plus souvent nullœ, ce qui ne leur empochait du reste pai de faire des théories anatomiquesetembpyologiqucs. Sien effet avec Kippocrate les médecins se séparent des philosophes, il n'en est pas de même doces derniers qui continuent à vouloir rester universels. Nous aurons plus tord l'occasion du revenir à leurs théories fantaisistes. Citons pour lo moment Platon, qui avec des notions extrêmement grossières d'anatomie, traitait cependant devant ses élèves des questions d'embryologie et de physiologie : la moelle des os est la partie de l'homme qui se forme tout d'abord ; elle se couvre bientût

,. Itoutliul, o;i.

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