Edm. Perrier, op, cU
8ont devenus une des meilleures févéJations que noutf ayons encore obtenues. Ainsi (quant a la question d«f miMistreB doubles) il proclame la loi < d'oltraction de s par soi (I) > en vertu de laquelle les parties similaireER dans les corps organisés ont ia tendance à s'unir : de ' même que nous sommes formés de deux moitiés synthétiques, primitivement distinctes dans l'acte de dévelopment fœtal, postérieurement réunies par des organes simi-J laires, de même ies monstres doubles sont formés de qua-i tre quarts symétriques aussi primitivement distincts quflJ les êtres normaux. Les monstres doubles, jugés ] phiqueraent, sont aussi harmoniques que nous-mêJ mes (2) ï.
L'importancedes travaux d'Etienne Geoffroy-Saint-HilairoJ est considérable et, il n'est pas douteux qu'ils auraient pitj avoir une très grande influence sur la marche et le dév««3 loppement des idées transformistes en France, ai une cir- ' constance aussi imprévue quo malheureuse n'était survenue, circonstance qui a rendu presque vains les efforts tentés par lui et Lamarck. Nous voulons parler de laj lutte mémorable entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire.
« Leconflit perpétuel, qui partageait depuis si longtempfcB le monde savant français, écrit Giethe, qui malgré soniV grand âge, suivit avec un intérêt passionné les phases dçfl cette lutte, ce conflit jusqu'ici latent, vimt d'éclater ave(^ une violence singulière entre deux hora'nes remarquables;! Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire... Cuvier ne se lasse pas d distinguer, dedécrire exactement cequ'i! a sous les yeuxJ Geoffroy-Saint Hilaire, étudie dans lesil .nce, les analogie!
1. Geoffroy Saint-Hilaire, voir Philosophie iiiilitreUe, p, 2- Geof. Saint-Hitaii-e, Fraffiiieti/^ biof;i-ai'lr jiics.
des êtres et leurs mystérieusesaflinités. Cuvier, séparant, dislinguant sans cesse, s'appuyant sans cesse sur l'observation comme point de départ ne croit pas à la possibilité d'un pressentiment, d'une prévision de la partie dans le tout... Geoffroy, appuyé i-ur des principes fixes, s'abandonne à de hautes inspirations... Ces deux savants de même fige, collègues depuis 38 ans dans la même université, cultivant le même champ dans deux directions opposées, s'évitanl, se supportant mutuellement avec une attention pleine d'égards réciproques, n'ont pu se soustraire à une collision finale »... Celte « collision finale », qui dura plusieurs jours, se termina par une victoire éclataute de Cuvier. Victoire de Pyrrhus!
< Dans celte lutte, dit M. Dreyfus, Cuvier triompha et ce fut un malheur. Désormais la méthode purement empirique va seule régner en France, on y oubliera complètement les théories de Lamarck et de Geoffroy. L'invariabilité des espèces sera regardée comme un dogme et quan I le darwinisme viendra renverser définitivement celte théorie, on se refusera à l'accueillir et ceux mêmes qui l'adopteront auront si bien oublié les grands transformistes français, qu'ils regarderont les théories de Darwin, comme entièrement nouvelles (1) ».
1, Dreytuî, op. cil.
vu. — MONISME D'HAECKEL
Génération spontanée. Historique. Pouchet, Pasteur. Loi du parfl rallélisme de l'ontogénie et de la pliilogénie. Théorie de Gastraeaï d'Hfeckel. Développement ontogénique et philo^éniiiue de l'œil ff (Du val).
Nous arrivoQS à une nouvelle phase de l'Uléc transformiste.
Le travail d'analyse dans l'histologie, nous l'avons vu, a | abouti à la découverte de /a ce(in/£; le travail d'analyse J dans l'embryologie a abouti à la découverte de Cœuf. \ I ces deux découvertes viennent s'ajouter la découverte de | Vovide de la plante, et enfin d'un être uni-celiuIaire,o:mt/>e, que les zoolofjistes placent volontiers dans le règne végétal et les botanistes dans le règne animal.
En comparant entres elles toutes ces unités on arriva l bientôtà cette conclusion inattendue quel'œuf n'est qu'une celhde, que l'ovule n'est qu'une cellule ; et que l'amibe n'est qu'une ce/i«/e; que l'œuf, point de départ du futur animal; que l'ovule, point de départ de la future plante;. que l'amibe, l'être le plus inférieur du monde orga- 1 nique, que la cellule, l'élément conslructif et néces-^ saire de tout ce qui vit et de tout ce (]ui est la vie, qu&l tout cela n'est qu'une seule et môme chose. C'en était! fini avec le dualisme et avec tout le reste, la théorie mo-l nestique devint une théorie irréfutable, basée sur des! données scientifiques irréfutables.
Mais là ne s'arrêtera pas le travail de sy ilhèse. Un na-^j turalisle remarquable, Ha;ckel, partant pri;icipalement dej ces données analytiques, et se bi.:sant sur une loi cmbryoJ logique, quicllc-nicincn'ctl(ju'unc synthi'..e .les faits ana-T
lysés, créera bientôt un vaste et grandiose système de philosophie naturelle, qu'il appellera monisme.
Il y a deux parties, heureusement d'une inégale importance dans son système, l'une scientifique (la seconde), de beaucoup la plus importante, basée sur l'embryologie. L'autre (la première) hypothétique, basée sur l'hypothèse d'hétérogénie.
Nous demanderons la permission avant d'aborder le sujet, de nous arrêter à cette hypothèse, qui nous intéresse tant, nous autres médecins.
On appelle hétérogénie, suivant la très prudente définition de Burdach (qui a donné ce nom à l'hypothèse), toute production d'être vivant, qui ne se rattachant, ni par la substance ni par l'occasion à des individus de la même espèce, a pour point de départ des corps d'une autre espèce, et dépend du concours d'autres circonstances. Nous la reconnaissons partout où nous voyons un corps organisé sans apercevoir un autre corps de même espèce, dont il puisse procéder. Il se peut cependant, qtie nous nous abusions à cet égard et que le moyen de propagation nous échappe (1).
L'hétérogénie, suivant la définition du plus chaud partisan de cette théorie (M. Pouchet), est une production d'un être organisé, nouveau, dénué de parents, et dont tous les éléments primordiaux ont été tirés de la matière ambiante (2).
Comprise ainsi cette théorie n'est pas bien nouvelle. On la retrouve sur toutes les échelles de la civilisation