‹ Méthode dans les sciences médicales (analyse et synthèse): essai d'une étude historicoChapitre 35 sur 46 · Pouchet, Hèlèrogènie, Paris · texte numérisé non relu

Pouchet, Hèlèrogènie, Paris

humaine, combinée avec l'idée de la Iransformalion : l'homme, par exemple, peut se transformer en divers aniniauxet végétaux, el même en corps inorganiques, comme les corps inorganiques, végétaux et animaux peuvent se traasformer en homme, etc., etc.

La même théorie un peu moins grossière règne parmi les philosophes giecs. Suivant Aiiaxagore {500 ans av. J.-C), les animaux au commencement du monde sont nés de la terre sous l'influence delà chaleur et de l'humidité, Anasimandre et Empédocle, dont nous avons déjà parlé, font naître les premiers êtres par génération spontanée, ajoutant qu'aux époques primitives ces êtres n'avaient 1 ni l'asi^cct, ni les formes, qu'ils ont conquis plus tard.

Les égyptiens croieut que la force productrice du Nil est ai grande, qu'on y voit naître les hommes et les animaux. On a mémo, parait-il, observé pendant la baisse des eaux des animau.'ï inachevés : leur partie antérieure était vivante, leur partie postérieure difforme, non encore organisée (1).

Aristote réunit toutes ces diverses opinions et faite et leur donne une [orme de théorie, qui va régner plusieurs siècles (2). Un moment (dans la première moitié du xix" siècle), fort discrédité, elle va encore se relever grûce à une ardente conviction d'un savant transcendant et enfin tombera sous les coups terribles des faits pour ne plus se relever.

Quelques naturalistes du moyen-àge ont trouvé là un

2. Tout le corps sec qui devient humide et tout le corps taun^ ' des qui devient sec produit mie génération spontanée ; les chenilles naissent des fenilles qui les nourrissent ; les ansTiillea de la houe, etc., etc.

vaste champ, où leur fantaisie s'épanouit cointno une mauvaise fleur. « Moi, Antoine Pigoff, raconte un de ces savants, ai vu un arbre dont les fouilles marchent sur des pieds tout courts et dont les fruits devenaient des oiseaux en tombant sur terre et des poissons en tombant dans l'eau (I). Le même les fait naître, les rats et les souris, du sel de navire, c les femelles s'engrossent sans conjonction des mâles, en Iccliant seulement du sel ».

Cette même opinion (ou à peu près) était professée par Van Helmont (xvi* siècle), professeur de Louvain, qui donna même une recette pour la préparation des souris. Mettez, dit-il dans une chemise sale quelques grains de blé, soumettez-les à une température élevée, et vous verrez qu'au bout de quelque temps ces grains se transformeront en souris (2).

Harvey lui-même était hélérogénisle : pour lui beaucoup d'animaux et de végétaux naissent spontanément, soit d'autres êtres organisés, soit de la putréfaction des excréments.

2.000 ans après Aristote, en 1668, Francesco Redi, médecin de Ferdinand 11 et de Corne 111, grands ducs de Toscane fit voir par une expérience bien simple (3), que la légende fort répandue de la force productrice de la viande en putréfaction est fausse, que les vers de la chair putréfiée étaient dus, non pas à la génération spontanée, mais tout bonnement à ce fait, que les mouches attirées par l'odeur de la viande y mettent leurs œufs. Fait, disons- le

1. Gh. Ricliet. La Physiologie et la mècleci7ie. Revue scietitifi^ que, 1888, t. I.

2. H y gicne prophylactique^ par Diijardin-Baumetz. Paris, 1889.

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