‹ Méthode dans les sciences médicales (analyse et synthèse): essai d'une étude historicoChapitre 43 sur 46 · Malliias Duval, Op. c, p. -i'J · texte numérisé non relu

Malliias Duval, Op. c, p. -i'J

S. Hseckel- Anlhropogénie, p. 5

3. Matliias-Duval. Transformisme. Revue anthropologique, avril 1883.

d'étiqueter les bocaux renfermant les embryons très jeunes quUl recevait de toutes parts, il lui aurait été dans la suite impossible de savoir à quelle classe d'animaux ces fœtus appartiennent.

C'est Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui le premier a attiré Tattention, comme nous l'avons déjà vu (p.88), sur ce fait que l'état embryologique dans lequel se trouve à un moment donné tel ou tel organe d'un animal supérieur se trouve en permanence dans tel autre animal d'un ordre inférieur ou (ce que nous disons en généralisant la chose), c l'ontogénie de l'organe est une répétition de sa pbilogénie ».

Cet observateur remarquable est allé encore plus loin. Il a fait observer que les états embryologiques successifs et provisoires des individus d'une classe (les batraciens par exemple) se retrouvent à l'état permanent et définitif chez les individus d'une espèce inférieure de la même classe (voir p. 88) ou ce qu'on exprime aujourd'hui, en disant que l'ontogénie est une récapitulation courte et abrégée de la philogénie. Le parallélisme entre le développement ontogénique et l'évolution philogénique était donc établi quoique observé dans un cercle étroit d'une seule classe.

Plus tard Serres arrive au résultat analogue et le formule de la manière suivante : 1) l'organogénie animale représente souvent une anatomie comparée transitoire et Tanatomie comparée des êtres parfaits représente à son tour une organogénie permanente ; 2) l'embryogénie générale estquelquefois une zoologie transitoire, tandis que la zoologie des animaux adultes est quelquefois aussi une embryologie permanente (1) ».

1, M, Dvivsl.yjbid,

NoUB sommes lout à fait près de h formule de Frilz Muller : rhisloire do l'évolution embryonnaire d'un individu d'une espèce en une répétition courte et abrégée de l'histoire de l'évolution de cette espèce s, et de cette autre formule plus générale d'IIajckel que nous avons déjà citée plus haut.

Il nous serait impossible d'entrer dans tous les détails du monisme d'Hœckei. Ce serait dépasser le programme que nous nous sommes tracé au début de ce ■ chapitre, sortir des limites de ce travail et entrer dans les vastes domaines de l'histoire naturelle pure, où notre compétence, avouona-le, est si restreinte.

Nous demanderons pourtant la permission d'insister un peu (toujours au point de vue embryologique) sur la partie principale do son système. Nous voulons parler de son essai de généalogie de l'horame.

Pour établir l'arbre généalogique de l'homme, pour trouver les formes ancestrales (types prophétiques d'Agassiz) par lesquelles il devait passer avant d'arriver à la forme extrêmement perfectionnée) qu'il présente aujourd'hui, il faut examiner suivant la loi embryologique susénoncée, les divers stades par lesquels passe l'embryon de l'homme, avant d'arriver à la forme définitive, qu'il présente à la fin de sa vie intra-utérine, comparer ces diverses formes transitoires, ou bien avec les formes définitives des êtres inférieurs existant à notre époque ou qui ont existé aux époques précéda tes, et connus grâce à la paléontologie. Tâche extrê iiement difficile, dont l'accomplissement (en supposant c|ue la voie dans laquelle s'est engagé Haeckel est la bonne, ce que nie Kiiilsikcr), demanderaplusieurs généra ;io;is.

On sait (Haeckel) qu'à partir de la fécondation de Tœuf (ou avant) jusqu'à la formation des feuillets germinatifs, Vœuf présente quatre formes successives.

1) Le noyau disparaît et l'œuf n'est plus qu'une simple cytode (v. plus haut p. 57), sans noyau monerula d'Haeckel.

2) Un nouveau noyau apparaît (1) bientôt après la fécondation dans l'œuf cytode (par diflférentiation et condensation), et l'œuf cytode devient une vraie cellule cytula d'Hœckel.

3) Bientôt commence le sillonnement du vitellus; les cellules se divisent et se subdivisent en cellules semblables entre elles, qui remplissent toute la cellule morula d'Haeckel.

4) A une phase ultérieure au centre de cet amas, se forme du liquide qui refoule les cellules à la périphérie. Bientôt une moitié s'enfonce dans l'autre. D'abord identiques, les cellules se différencient de plus en plus, en plus dures et moins dures, plus petites et moins petites, plus brillantes et moins brillantes. Les premières se concentrent en dehors et forment ce qu'on appelle l'exoderme; les secondes en dedans, l'endoderme, formant de la sorte un double sac, qui circonscrit une cavité progaster s'ouvrant par une sorte de boucle prostoma. Cette forme c'est la gastrula iïllddckel, <r forme très importante, dit-il, qui se reproduit exactement dans l'ontogénio dos animaux

1. C'était également ropinion de Robin. Or, los poohorohos nScentes ont démontré que la vésicule ne disparaît (lu'on partio au moment où sont expulsés les globules polaii'os ; (luo la partio qui reste et qui forme le pronucléus femel s'unit ap^^s la iïMM>nda. tien avec le noyau du spermatozoïde pronucléus mal pour fermier la vésicule germinative (noyau).

de tous les types : chez les éponges, méduses, coraux, vers, tuniciers, les rayonnes, les mollusriues et les plus inférieurs des vertèbres (1).

Arrêtons-nous à cette phase onLogénique. Or, d'après la loi du parallélisme entre le développement onlogénique et l'évolution philogénique, à ces quatre stades de développement onlogénique, doit correspondre une série philogénique, et en effet.

1) Au première stade moneruln, correspondent les monères, êtres composés d'une simple parcelle de protoplasma invisible à l'œil nu, découvertes parHfeckel, en 1864, trouvées plus lard par Cliienkowsky et par Huxley (Bathybius HEeckelii) (2).

2) Au deuxième stade cytula correspondent les amibes êtres composés d'une cellule véritable (avec ou sans membrane) ; c'est une monère, où par différenciation et condensation se sont formés la membrane, le noyau, le nucléole {ou les nucléoles). « Un fait important démontre qu'il à existé un organisme primitif semblable à l'amibe d'oLi le règne animal tout entier est provenu; c'estque de I l'éponge, et du ver à la fourmi, et à l'homme tous les * animaux ont pour œuf une cellule simple (3).

3) Au troisième slade, morula, correspondent les amibes, vivant en société, en colonie, synamibes.

i) Au quatrième stade, gastrula, correspond la gastraea, l'être le plus inférieur du régne aaimal, être qui a existé aux époques primitives, et qui aujourd'hui est représenté par les plus simples des épongea (4), * La larve, j

1. Haîckel. Histoire de la création des êtres organisés, ■p. 3 bis.

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