Cité par Uusiey, O}). ctl, i. Flourens, ojt. c.U.,yi
-IT — nière perfection, et cette derniers perfection acquise, il est réparti par lea artères dans tout le corps "■
* On ne pouvait mieux concevoir la circulation ni mieux la définir dans une phrase aussi courte » dit Flourens : « En formulant le trajet centripète- du sang, dit M. Marey, Cesalpin posait lea premières bases de 1 découverte de la circulation générale (1) ».
Enfin, précédé de son maître Fabrice d'Aqua pendante, qui a découvert (sans comprendre le mécanisme) les valvules des veines, apparaît la grande figure de Harvey.
Voici comment on pourrait résumer les connaissances acquises par ces prédécesseurs pendant une longue ytériode de '20 siècles, connaissances en présence desquelles se trouvait Harvey : les trois erreurs fondamentales qui masquaient la vérité n'existaient plus; on savait que les artères ne contenaient pas d'air, mais du sang, que la cloison intorventriculaire n'était pas percée de trous, que le courant du sang dans les veines était centripète, se dirigeait des parties vers le cœur. On savait que le sang veineux est porté du ventricule droit dans le ventricule gauche à travers le poumon par les artères et les veines pulmonaires s'anastomosant entre elles; on connaissait les valvules du cœur, la direction de leurs mouvements, les valvules des veines et leur direction, « On soupçonnait tout et on ne savait rien d, ou plutôt on savait tout et on ne comprenait rien. On ne se doutait presque pas qu'il y ait un lien de causalité, un trait d'union entre cette masse considérable des faits analysés avec tant de soin et tant de force.
Harvey b'est trouvé dans le cas d'un sculpteur ayant
I 1, Mare;
il' het-hatiibre.
devant lui une masse informe de matériaux bruts, qui,
sous l'influence vivifiante de son souffle puissant, prendra bientôt les formes charmantes d'un être animé. Son grand mérile n'est pas seulement d'avoir par des expériences variées et nombreuses, d'une précision et rigueur jusqu'alors inconnues, vériûé et confirmé les faits connus déjà de ces prédécesseurs et d'avoir exposé d'autres faits d'une importance presque secondaire, si j'ose ra'exprimer ainsi. Non, son mérite est surtout d'avoir fait la synthèse de ces faits, d'avoir réuni, combiné les éléments dispersés sans ordre par une idée commune, d'avoir enfin découvert /a circulation.
€ De même que les planètes circulent dans l'espace en décrivant toujours la naènie orbite, qui n'a ni commencement ni fin, l'eau circule entre le ciel et la terre, quand après être tombée sous la forme de pluie et de rosée pour humecter et féconder le sol, elle s'évapore sous l'influence des rayons du soleil, et va former des vapeurs destinées bientôt à se condenser et à descendre de nouveau ; c'est aussi en parcourant un cercle analogue que le sang nourricier de l'organisme se répai;d du cœur dans toutes les parties du corps pour y porter la chaleur et la vie ; puis refroidi et vicié par son contact avec ces parties il revient au cœur y reprendre ses qualités premières, et retourne J ensuite encore une fois aux organes d'où il est venu > !
La découverte de la circulation est la première victoire remportée par les modernes, c'est la jnvmière synthèse • faite dans les sciences inductives. C'est le premier fruit de la méthode d'analyse et de synthèse.
1. Maurice Seynaud. Lei médecins du temps de Molière, Paris, 1863.
La découvcrle d'Harvcy, à laquelle vint bientôt s'ajouter celle de Pecquet (combattue avec passion par... Harvey) furent accueillies avec uu grand (itonnement, derrière lequel se cachait «ne graude amertume. Oi«rf de noslra fiet medicina, s'écrièrent ceux qui étaicnl habilués aux vieilles théories de Galieti où le foie occupait une place si honorable. Le foie n'élail donc pas le centre oii aboutit le chyle, et d'où sort le sang pour èlre distribué aux parlies ? Galien s'est donc trompe 7
Non, les harveisles (et ils commençaient à être nombreux), ne sont que des circulalores (charlatans), il fallait servir contre < la licence des opinions modernes », suivant l'expression de Riolan, le plus grand et le plus sincère adversaire de la circulation, honoré par Harvey lui-même.
Il ne fallait pas moins que l'intervention de I' « Arrêt burlesque n do Boileau, dit-on, pour prévenir les grands malheurs. En voilà un extrait irôs curieux »... Attendu qu'un inconnu, nommé Raison, par une procédure nulle de toute nullité, aui'ait attribué au dit cœur la charge de recevoir le chyle appartenant ci-devant au foie, comme aussi de faire voiturer le sang par tout le corps avec plein pouvoir au dit sang d'y vaguer, errer et circuler impunément par les veines et les artères, n'ayant autre droit, ni titre pour faire les dites vexations que la seule expérience, dont le témoignage n'a jamais été reçu dès les dites écoles... La cour ordonne au chyle d'aller droit au foie sans plus passer par le cœur et au foie de le recevoir ; fait défense au sang d'être plus vagabond, errer et circuler dans les corps sous peine d'être entièrement
i livré et abandonné à la Faculté de médecine (1) •. . 1. Maurice RoynamI, op. eil., p. 171. Voir ib. l'épitaplie faite par Thomas Bartholin en rbontieur du l'oie.
i.vox populi dirigé alors par Boileau el Molière se déclarait pour la grande découverte. Louis XIV crée une
cliaire spéciale, d'où se propage la f bonne nouvelle »
Les passions se calment et la vérité triomphe
m. — ANATOMIE GENERALE
Bicliat. Son influence. Béclard. De niainville.
Dans notre historique d'anatomie nous avons vu que -1 son importance était reconnue déjà par des anciens, mais jamais on n'a accordé à cette importante branche! des sciences une existence indépendante pour elle-même ( et par elle-même. Au xviii^ siècle elle était encore regardée comme un sous-ordre, si je peux m'exprimer ' ainsi, comme une antichambre de la chirurgie, et par ■ quelques-uns comme une antichambre inutile de la médecine. Toujours comme moyen, jamais comme but.
Et cependant la renaissance de la médecine était surtout et avant tout la renaissance d'anatomie, qui l'a pré- i cédée de longtemps, et tandis que les médecins étaient encore à leur bile et atrobile, au fixum et laxum, et aux autres vieux chiffons du dogme galénique, se décou- j vrant avec humiliation et respect devant tout ce que disait ] Galien, ignorant ou niant tout ce qui était rationnel dans ' ce que le magister dixU, laissant sans protestation et aidant même à accréditer les erreurs et préjuges funestes et terribles sur la pathogénie des maladies où le diable jouait un rôle si considérable, surtout au point de vue du traitement (extra-médical), fuyant et conseillant de fuir
devant la peste el les autres productions charmantes du nioyeii-{lge(1) lesanalomîstoa eux montrèrent plus d'eaprit et surtout plus de courage : au péril de leur fortune, de leur liberté, de leur vie, ils luttaient constamment dans des conditions les plus déplorables, pour la vérité, pour la lumière, se débarrassant petit à petit des idées fausses que leur a laissées l'antiquité, appliquant les premiers la seule méthode possible dans la science, méthode inductive.
Nous avons vu quel résultat remarquable a donné cette méthode dans les mains d'Harvey, résultat important, non seulement pour l'anatomie, la médecine et la physiologie, mais pour les sciences naturelles en général.
Déjà cotte admirable découverte « l'une des plus grandes qui ail jamais honoré l'esprit humain » (M, Reynaud) a singulièrement rehaussé l'anatomie.
Mais jamais personne, ni avant ni après BicLat, n'a donné un éclat si extraordinaire à cette science. Un moment l'anatomie ressembla à cet arbre, qu'un souverain Perse voyait en rêve naître des entrailles de sa fille, et recouvrir bientôt l'univers 5 elle couvrit toute la pathologie, toute la thérapeutique, toute la chirurgie, toute la physiologie, la bii)logie et l'histologiequi venaient de naître.
Sous l'influence de Bichat, dit Royer-Colland (2), l'école de médecine do Paris est devenue essentiellement anatomique. En physiologie, elle étudie les fonctions des organes ; en pathologie elle cherche les maladies dans les parties qui peuvent être lésées ; en hygiène, elle veut pénétrer lo mode d'influence des agents extérieurs sur la
1. Voir la partie historique d'un ouvrage remarcpiahle de P. Richei", avec la collaboration du professeur Ctiarcot; ifysfdroépûepsie ; Peste in Dechambre.
2 BuUelin. de l'Académie de Méd., t. VIII, 1843.
substance vivante ; en tljérapeulique, elle s'applique à découvrir l'aclion des moyens curatifs sur les lissuf), le sang système nerveux ; en un mot, elle a érigé en principe robservalion patiente des phénomènes et la recherche fondi mentale des causes dans les effets.
Si on ajoute qu'il a créé ou contribué à créer la physio-^J logie générale et la physiologie des tissus, l'anatomie' générale et l'aiialomiedes tissus, l'histolf^ie etiabiologîej alors on aura une idée de l'influence considérable qu'a eue sur la marche des sciences cet homme de génie dond la mort prématurée fut un des malheurs îrrépa râbles J dont jamais l'humaiiiLé fut frappée.
Comment expliquer cette grande révolution produite^ par Bichat ? Où faut-il chercher la cause de cette i Huence ?
C'est surtout dans la création de la conception tissu qui,j synthèse des faits analysés avant lui et par lui-m avec une persévérance et une patience extrême, étaiU en même temps le dernier terme d'analyse de tout ce qull est vivant et de tout ce qui esï la vie.
C'est surtout dans ta orcation de l'anatomie générale^a qui œuvre de synthèse, et en même temps travail d'ana-» lyse extrêmement laborieux, f suite d'essais sur les tissua] organiques, successivement soumis à la dessication, pu-J tréfaction, macération, ébullilioti, coction, action det acides, alcalis, suite de dissection, ouvertures cadavériques, d'observation dos hommes en santé et en ma-^ ladie(l) ».
Nous lâcherons de donner un résumé de son œuvrai
principale, anatomie générale, tel que Bichat l'a résumé 1
lui-môme dans « Les considérations générales «.
1, Bichal. Analomiu gcnéi-alc: l'rùliiLC.
11 Je veui d'abord analyser les propriétés des corps vivants, démon Irer que tout plicnomène physiologique se rapporte en dernière analyse à ces propriéltîs considérées dans l'état naturel, que tout pliGQomène pathologique dérive de leur augmentation, de leur diminution, de leur altération, que tout phénomène thérapeutique a pour principe leur retour au type naturel, dont elles s'étaient écartées, fixer avec précision le cas où chacune est misa eo jeu, bien distinguer en physiologie comme en médecine ce qui provient de l'une et ce qui provient des autres, déterminer par conséquent d'une manière rigoureuse ceux des phénomènes naturels et morbifiques auxquels président les animales et ceux que produisent les organiques ; indiquer quand la sensibilité animale et la coolractilité de même espèce, quand lu sensibilité organique et les cootractilités sensibles ou insensibles qui lui correspondent sont mises en jeu, voilà la doctrine de cet ouvrage.
« U y a deux classes d'êtres, deux classes de propriétés, deux classes dévies, êtres organiques et non organiques, propriétés vitales et non vitales, les sciences physiologiques et physiques. Les animaux et végétaux sont organiques, les minéraux inorganiques, aeuaibilité, contractililé propriétés vitales; gravité, affioité, élasticité, etc. propriétés non vitales, Laphysiologie animale et végétale, la médecine composent les sciences physiologiques, l'astronomie, la physique, lachimie, etc., les sciences physiques h (II). « La maladie n'est qu'un trouble des propriétés vitales: et tout moyen curatiC n'a pour but que de ramener au type qui lui est naturel ces propriétés vitales altérées o (XVII).
« Lorsqu'on met d'un côté les phénomènes dont les sciences physiques sont l'objei, que d'autre on place ceux dont s'occupent les sciences physiologiques, on voit que presque un immense espace en sépare la nature et l'essence. Or, cet immense espace naît de celui qui sépare les lois des uns des autres » (XXV). Appliquer les sciences physiques à la physiologie c'est expliquer par les lois des corps inertes les phénomènes des co'rps vivants; or, voilà un principe faux (XXXI). La grande diiïérence sied surtout dans la sympathie qui existe entre les diverses parties Lowenthal 3
des êtres vivants, ce que nous do voyons pas dans les êtres inorganiques ».
u II y a deux clioscs dans les pliéoomènes de la vie: 1" ['état de la sauté : 2° celui de la maladie, de là deux sciences distinctes : pbysiologic et pathologie. Or, dans la physique il n'y a que la première histoire ».
H Le corps organisé est constitué de Ûuides etsoHdes: les premiers sont les matériaux et résidus des seconda. Donc ces Huides correspoodent à. la composillon el dêcompas.lion. Les solides sont les termes des pren.iers, qui viennent de dehors et le point de départ des seconds qui y retournont (XLIII). Las propriétés vitaloa comme les pliéoomènes morbiliques résident essentiellement dans les solides (XLV). Cependant quelquefois les fluides portent les germes funestes des maladies.
B Je distingue les maladies en deux claases; 1° celles qui troublent spécialement la vie animale ; 2° celles qui allèrent spécialement la vie organique. Mais, tel est l'eDCbaineraent des deux TÎes, que l'une ne peut guère être altérée sans l'autre » (XLlXj.
H En dehors des propriétés vitales il y a des propriétés iodépendantes de la vie, ce sont celles des lisius ». Étrangères aux corps inertes, inhérentes aux organes des corps rivauts, elles (les propriétés) dépendenlde leurlexture, de l'arrangementde leurs molécules, mois non de la vie qui les anime. Aussi la mort ne les dé^ Iruilpas, mais la putréfaction seuleel la décomposition desorgane^ les anéantissent [LIXt. Ces propriétés sont: l'exlensibililé et con- Iraclilité. « Et quoique la contractilité est une propriété commune et générale, inhérentcà tous les tissus animaux, cependant souvent la manière dont elle est mise enjeu présente des différences essen- ' tielles, qui la divise en plusieurs espèces, lesquelles n'ont entre elles aucune analogie ».
n Les propriétés que nous venons d'analyser (vitales etdeslia- Eus) ne sont point iuhéreutes aux molécules de la matière qui en est le siége/parcequeles propriétés disparaisseotaussilôt que ces molécules écartéesont perdu leur arrangement organique n.
«Tous lesuninjBux sont un assemblugededivers organes, autant
e machmes particulières de la machine générale, l'indiTidu. « Or, l ces macliices particulières sodI elies-mêmea formées par plusieurs [ liîsua de ralure difTéreole et qui formeol vérilablemenl les éléts de ces organes. De même quela chimie a ses corps simples ' qui forment par la combinaison dont ils sont suceptibles les corps con^posés, l'analomie a ses tissus simples, qui par leurs combinaisons forment les organes (LXVI).
! « Ces lissussont au nombre de !2I.
I 1° cellulaire ; 2° nerveux-anîmil ; S^nervo-organique; 4° des arrières; 5° des veines; 6° des vaiisems esb<nls; 7° des vaisseaux inhaliintp;B°ofseii]i ; 9° médullaires; 1 0° cartilagineux ; irfibreus; 19" libro-CBrlilaginoux ; 13° muscuto-animal ; H'musculo-organique; 15" des membranes muqueuses ; 16° tissus séreux; 17° t. . gynovial ; 18° l. glandulaires ; 19° t. cutané; 20° t. épidermique; Sl° L pileux.
;. Voilà les tissus qui sont des véritables éléments organisés de [ nos pallies. Celle idée de considérer ainsi abslraetiveraent les I différents tissus simples de nos parties n'esl point une conception I imag'uaire, elle repose sur les fondements les plus réels el elle LjBUra sur la physiologie comme sur la pratique médicale une l. puissante influence. C'est la nature el ncm la science qui a tiré a ligne de démarcation entre eux. On a parlé beaucoup de la E vie propre des organes. Mais la vie n'est poinl une émanation d'un f principe abstrait, invisible, animant les êtres. Elle est la rfsul- |,Unle d'une mullilude de forces distinctes. Chacune de ses forces I a son origine dans les propriétés spéciales des parties élementai- *rcs composant l'organisme. La plupart des organes étant composés des tissus simples très difTérenls, l'idée de la vie propre ne peut s'appliquer qu'à ces tissus simples, et non aux organes eux-mêmes.
Puisque les maladies ne sont que des altérations de propriétés I vitales, el que chaque tissu est difTûrent des autres sous le rapport L de ces propriétés, il est évident qu'il doit en dilîérer pur ses malah.dies. Dans tout organe composé de différents organes l'un peut \ £tre malade, et les autres intiids.
Tel e^t le résumé de son anatoraie générale, ce chefd'œuvre par l'extrême originalité et la nouveauté dMdëes, par la hauteur de vue, par les horizons immenses, qu'il découvre devant les yeux du lecteur, enfin par la clarté du langage bref et préjis. Ces pensées qui nous semblent à nous si familières parce que nous en sommes imbibés (sans quelquefois savoir à qui nous les devons), étaient bien nouvelles pour les lecteurs d'alors.
Dans les mains de la postérité reconnaissante l'œuvre de Bichat en même temps que guide, devint^ bientôt un programme gigantesque, où comme dans l'œuf se trouvent les germes des travaux, qui vont être entrepris par des générations.
L'influence de l'œuvre de Bichat est trop considérable pour que nous nous bercions de Tillusion d'en donner plus qu'une idée.
Nous voudrions, avant d'aborder Télude de l'histologie, où nous verrons son influence à chaque pas, nous voudrions donner une idée do la p rt qui lui revient dans la création de la biologie (part du créateur) et dans la réforme de la physiologie.
La biologie, dont l'objet essentiel est l'étude dos lois vit.ales(l) n'existait pas avant Bichat, par la simple raison que personne n'avait osé, ni pensé d aborder Tétude de la vie, surtout y chercher les lois, aux(|uelles elle pourrait être assujettie, tf Bichat est le premier qui ait tenté d'établir directement sur une base |)0Sîitive, cette grande notion jusqu'alors complètement enveloppée dans levain et
1. Comte. Coi(y's de j^hilosophic positirryi. III, p. ::^00,3o édition.
ténébreux assemblagedesabâtractious métaphysiques »(1).
Or, les métaphysiques de nos jours, qui ne se lassent jamais de crier conLce la biologie, opposent le " vitaliame » de liicliat au « matérialisme n de Cl. Bernard.
Le vilalisme, suivant la définition de Bouchut (2) est une doctrine médicale de la vie considérée comme une force indépendante do l'organisme, doctrine contre laquelle Bichat prolesle très énergiquoraent. « Mon idée, dit-il, dîflère totalement de colle de Satlil et de celle des autres, qui, comme lui, ont tout rappoi-lé dans récoiiomie vivante à un principe unique, priiicipe abstrait, idéal, purement imaginaire, quel que soit le nom d'âme, de principe vital, d'archée, etc., sous lequel on le désigne». « La vie, dit-il, plus loin, n'est pas une émanation d'un principe abstrait, invisible, animant les êtres ; elia est ta résultante d'une multitude de forces distinctes. Chacune de ces forces a son origine dans les propriétés spéciales des parties élémentaires composant l'organisme. La plupart des organes i'itant cOMi'OSÉs Dv. Tissu-s simpl: s trks Diri'KRKNTS, l'idbl: de
VIE PROPUE NE PEUT s'aPPLQUER QU'a CES TISSUS (3).
Ou voit, que loin d'être vîlaliste, Bichat était un adversaire aussi détei-aïinc du vitalisme, quo le fut plus lard Cl. Bernard.
11 y a cependant un reproche qu'on n'a cessé de lui foire et qui, par cela même, est devenu presque banal. ( Ce grand physiologiste, dit Comte 0), subisiiiut à son insu l'inlhience do cette ancien. le philosophie, dont il s'elTorçail de sortir, continua à se préoccuper de la fausse
i-i. Comte. Ibid. 20G, 5« édition.
fjB. Bouchut, op. cit., II.
rs. Bichat, oj). cit.
. Op. cil.
Idéo, d'un aatagonisme absolu entre la nature morte et la nature vivante ». Nous avons vu qu'après avoir diiférencié le monde organique et inorganique, il accentue cette différentiation en affirmant qu'un immense espace qui naît de celui qui sépare les lois sépare les deux mondes (Ce que plus tard le célèbre physiologiste de Strasbourg, Kusssa exprimé en disant : que la vie est ce qui n'est ni de la chimie, ni de la physique).
Celte exclusion de l'analyse physico-chimique dans l'étude des questions de la vie (analyse qui, appliquée pour la première fois par Lavoisier (1) a donné des résultats si remarquables) serait impardonnable, si on ne prenait pas en considération les circonstances anormales dans lesquelles se trouvait alors Bichat. C'était un temps d'activité fiévreuse et ceux qui combattaient à l'avantgarde avaient peu le temps de suivre les progrès réalisés autour d'eux. « Si je suis allé bi vite, disait Bichat quelques jours avant sa mort, ce que j'ai lu peu de livres >.
Quoi qu'il en soit, celte erreur commise par Bichat et reconnue bienlôt après, avait infiniment moins d'infiuence sur le développement do la biologie, que n'a eu sa remarquable définition de la vie si intimement lice chez Bichat avec la conception du <t tissu d .
(X. Grâce aux progrès de l'anatomie générale, nous savons maintenant qu'il faut chcrciier les éléments de la vie dans les éléments analomi.|ues eux-mêmes. Depuis que nous avons abordé à ce point de vue Tétude de la physiologie générale, nous pensons èlie parvenu à démontrer, que tout ce qui agit sur la vie d'un organisme pour l'enlrelcnir, le modifier, le délruire, n'agit pas en
!• Marey, La niachme animale» p. 20.
réalité sur celte enlilé abstraite qu'on appelle la vie, mais poiLe son acUoD spécialement sur un tles nombreux éléments anatoiuiques, qui, par l'ensemble de leur vie partielle, constituent la vie générale de l'organisme vital (1). »
Voilà ce que disait, 75 ans après Bichal un homme comptant parmi ceux qui ont dit le plus de choses nouvelles dans la science. Dans ces quelques niqls prononcijs à la fin de sa longue carrière scientifique, Cl. Bernard nous a révélé pour ainsi dire, le secret de la plupart du ses découvertes admirable?. C'est peut-être celte idée, due à Bichat, qui l'a guidé dans toute sa vie scientifique, et qui en tout cas se dégage do tous ses Iravaux les plus remarquables et qui ont le plus d'inllucnce sur la médecine.
C'est encore le mémo principe qui lui fournit les ai'mes pour combattre le fameux trépied de Bichat. « Ce n'est pas, dit-il, parce que l'on détruit ce trépied, qu'on occasionne la mort de l'animal, pas plus qu'on ne l'occasionne en détruisant le nœud vital de Galion et de Fleurons t. • La vie, dit-il (2), n'est ni dans le poumon, ni dans le cœur (dont plusieurs organismes inférieurs sont privés), ello est dans la cellule, dans les éléments anatomiques des ètre.'i vivants. En délruisaoL ca centre, on airêle la vie, non pas parce que l'on atteint celle entité métaphysique dans son siège unique et central, mais parce que l'un &up|)ri[ne ditix foncLions indispensables à la vie d(;ri innombrables éléments aiatomiqucs dont la somme conslilue la vii de l'organûme entier. La physio-
1. Cl. BernnrJ. La Médecine et physiologie. Leçom faites au collége ds Franca (publication poathume). Revue scientif., 1878, n" 33-31.
logîe cherche aujourd'hui la vie dans les cellules ellesiiiâmes, ou dans les éléments dérivés plus ou moins direclemeiil de la forme crilulaire i^a pathologie suit la morne voie ».
Ou encore : « Nou3 disons donc, pour nous résumer, que la physiologie expériaientale doit porter ses investi- J galions jusque dans le» proTonJeurs întiint-^s, microscopiques de l'organisme, jusqu'à l'élément cnatomique ; que dans celte élude de la physiologie générale II faut procéder comme dans celle des fonctions des organes, c'està-dire localiser d'abord et expliquer ensuite ■.
Quand nous nous promenons par une lielle journée d'été, dit André Léo dans un de ses romans les plus charmant, nous admirons le silence qui règne autour de nous. Mais ee silence est une ilhision ; celte admiration cache une profonde ignorance : des milliards d'èlres vivants que nous pourrions voir si nous n'étions pas aveugles ot que nous pourrions entendre si nous n'étions pas sourda, bourdonnent, Iravaillenl, se meuvent autour de nous.
Nos ancêtres, qu'on nous permette de le dire, ressem- . blaienl fort à ce promeneur ignorant sourd et aveugle. La nature dont ils admiraient et chantaient la beauté et la grandeur, mais dont ils ne voyaient que les immenses hurizons, la nature et ses phénomènes leur paraissaient , bien peu complexes. Parmi tant de philosophes, grecs il serait bien difficile d'en trouver un qui se aoîl contenta d'étudier un coin de cette nnture, qui aurait cru digne de Ba vaste et divine intelligence X370; Qsîs;, d'étudier les détails, de se spécialiser, pour employer le teime qui
donne une impression d'horreur aux piiilosoplics Iranscendanta encùre de nos jours.
Le progrès de tout ce qui vit el de tout ce qui est capable de se développer se définit par la lransforma~ lion de l'homogène eu kétéroyènc (1).
Le progrès delà science conàiste essentiellement dans l'analyse de plus en plus perleclionnée des phénouiènes de moins en moins complexes et dans la création des syn- Ihèses de plus en plus varies, dans la recherche de l'hétérogène dans rhomogène, et de l'homogène dans rhétérogène.
Dans cet ordre d'idée Bichat a fait faire à lanatomic un immense pas en avant en créant la science des parties similaires, en créant la conciplion de tissu, partie élémentaire dont est constitué le corps.
Mois si Bichat, grâce à son génie, a pu faire pretque tout seul ce progrès immense, il lui était impossible de faire tout. C'était aux histologistes de -continuer son œuvre.
C'est qu'un nouveau el puissant facteur est interveau, noua voulons parler du microscope.
Inventé au xvi* siècle par Zacharias Jansen, le microscope a pris bientôt (tout d'abord comme un instrument de ciiriositc) une extension considérable.
C'est dans les mains da Malpighi (16^8-1634) que cet instrument merveilleux donne la première fuis des résultats importants : il découvre en 1641, quatre ans après la mort d'Ilarvey, la démonstration la plus belle de sa
1. Sp once r. E.wffli stir h: progi-ès, Ira d. par M.Burdeau, p.6. Cette déflnition n'appartient pa;! à Spencer ; elle était faite avant lui par
IuviUe (Comte, oj». c, t. III, p. 189) et par Burdadi (Physio- L IV, p. 125).
dècouverle, les vaisseaux capillaires dans la paite de la grenouille, il l'applique à ses rccherchei sur la structure des glandes et sur le développement de l'embryon (voir p. e'i).
Leewenhœck (1632-1725), le père des éludes microscopiques (lilre auquel il a droit grâce aux nombreuses et importantes araélioratioiis apportées à la codstruclion des mici'oscopes et à ses nombreuses recherches microscopiques). Il découvre en 1719 la cellule végétale, qu'il appelle vésicule (Robin) voit Je premier les organismes microscopiques dans los infusions végétales, les trouve dans les selles diarrhéiques et, chose curieuse, émet l'idée de la relation causale possible entre l'apparilion de ces êtres microscopiques et dj la maladie (1), Il s'occupe avi!c tant de passion du microscope, qu'il y vuit des choses très étranges ; à l'on croire il aurait vu et disséqué au microscope les testicules des vers de terre (2).
Sou plève Hamm découvre les spermatozoïdes, décou- J verte d'une importance capitale, considérable, mais qmm tout d'abord ne donne lieu qu'aux erreurs, qu'aux théories f fantaisistes.
On découvre tour à tour au spermatozoïde, en basant sur une théorie dont nous parlerons plus bas, une j bouche, des yeux, un coeur, des organes génitaux, des.! circonvolutions intestinales, des moustaches, etc., i
Petit à petit on apporte plus de précision dans les étu-J des microscopiques et moins de l'antai- ie. Les organismes [ microscopiques entrent dans le domaine de l'histoire natu- ) relie, donnent lieu aux importants travaux de classification (Linné et Lamark). D'autre part, s jus l'impulsion des j aità pratique de bactériologie, Paris, 1880.