‹ Méthode de chimieChapitre 13 sur 109 · OH · texte numérisé non relu

OH

et, par conséquent, celle qui renferme 100 parties d'oxy-

gène et 6ya5 parties d'hydrogèoe par OH' ou par 0*H. Nous représenterons de nnème la combinaison qui s^iferme 44^ parties de chlore et 200 parties de soufre par Ci S, et celle qui renferme 44^ parties de chlore et 66^6 parties de

aoufre par Cl S' ou par CPS ; ainsi de suite.

Cette notation ou cette écriture est à la fois intelligible et non sujette à variation ou à interprétation , puisqu'elle repose sur une convention adoptée par tous les chimistes.

Pour qu'une langue soit parfaite, il ne suffit pas que chaque substance, chaque idée, chaque modification de forme, de temps, de lieu, etc., soit représentée par un mot 00 par un symbole invariable, il faut encore, soit pour le soulagement de la mémoire, soit pour faciliter les opérations de l'intelligence , que des mots analogues désignent des substances, des idées, des modifications, etc., analogue:». C'est ainsi que les mots de notre langue nous représentent, par des terminaisons ou par des augments sembla- Mes , des modifications semblables , comme lorsque nous disons : Je vois, j'aperçois, je reçois ; nous voyons, nous apercevons, nous recevons. C'est ainsi que les chimistes disent sulfate, nitrate, chlorate, chlorure, bromure, iodure, etc.

Or, si nous choisissons arbitrairement, ainsi que nous l'avons supposé , pour nombre proportionnel, un des nombres du tableau des combinaisons de l'oxygène , ce choix peut être tel , que le sulfate , le séléniate et le tellurate de potasse soient représentés par ces formules :

SO*K, SeO*K% Te»0"K*;

les chlorures, bromures et iodures de potassium et de plomb

par

CIK, Br»K, PK,

CI»Pb, Br'Pb, PPb.

Cette notation serait aussi intelligible et aussi invariable que la précédente. Mais on voit de suite qu'elle embarjrasse*

raît singulièrement la mémoire, et qu'elle nous masquerait une foule de rapports que la notation ordinaire nous permet de saisir immédiatement.

Supposons que , au lieu de prendre arbitrairement les nombres proportionnels , on choisisse ceux qui satisfont aux deux conditions suivantes :

i^. De représenter la série de toutes les combinaisons par les formules les plus simples ^

a°. D'attribuer aux composés analogues des formules analogues.

On aura précisément les nombres que les chimistes ont adoptés, lorsquHls ont dressé la Table des nombres proportionnels.

Cette Table étant acceptée par tous les chimistes, il en résulte que les nombres proportionnels sont invariables, qu'ils donnent les formules les plus simples et qu'ils permettent de représenter les corps analogues par des formules analogues ] du moins telle est Topinion des personnes qui emploient ces nombres.

Cependant , en examinant cette question de plus près , on voit que les nombres adoptés sont variables , qu'on peut en choisir d'autres qui donnent, pour les f; des composés, des formules plus simples, et enfin que les analogies signalées entre tel et tel corps, à telle époque, sont plus ou moins fausses.

La dernière partie de cette proposition est incontestable. Supposer que les analogies ont été bien établies, c'est admettre que la science n'a plus de progrès à faire , qu'il n'y a plus d'erreurs i redresser.

Qu'il soit possible d'avoir, avec d'autres nombres proportionnels, des formules plus simples, c'est encore incontestable en présence des nombres proportionnels de M. Gerhardt et de ceux que je propose k mon tour.

Mais il doit sembler absurde de contester l'invariabilité d'un nombre admis par convention.

(5) Voyons cependant ce qu'il en est. Pour cela , divisons les nombres proportionnels en deux classes comprenant, l'une ceux des corps simples , l'autre ceux des corps composés. Pour les premiers, je reconnaîtrais volontiers qu'ils sont invariables, c'est-i-dire que la Table en a été dressée, et que tous les cbimistes Pont adoptée. Mais cette unanimité n'existe même pas ^ car, si Ton cherche dans les différentes Tables les nombres proportionnels du bismuth et de Paluminium par exemple, on trouve des valeurs qui correspondent tantôt aux formules

BiO et AlO, tantôt à celles^i :

Bi'0\ Al'O*, et même à

BiO'.

Quant aux corps composés, on est loin d'être d'accord. Le nombre proportionnel

du peroxyde de fer est-il F'O ou F'O'?

de l'acide pbosphorique est'il P* O* ou PO*?

du bisulfate de polasse est>il S' O* HK ou SO' H' K' ? d« percMorure de carbone est-il G'Gl^ ou G'Gl^?

Qu'on ne dise pas qu'il est indifférent de représenter le nombre proportionnel du peroxyde de fer par la formule

ou par celle-ci :

Page 1