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POIDS ATOMIQUES

On peut déduire le poids des atomes, soit des nombres proportionnels ou des équivalents, soit du volume des corps gazeux ou de la chaleur spéciGque , ou de Fisomorphisme, etc.

Dans le premier cas, il suffit de supposer que les nombres proportionnels représentent précisément le poids relatif des atomes , tant des corps simples que des corps composés. Ce qui revient à dire que, pour déterminer le poids des atomes, on peut s'appuyer sur les deux idées suivantes :

i^. Les atomes se combinent dans les rapports les plus simples ;

a^. Les composés analogues renferment le même nombre d'atomes , ou bien ootune constitution analogue.

n suffit de se rappeler que les nombres proportionnels reposent sur des conventions , pour voir que les poids atomiques que l'on en déduit sont également conventionnels ou hypothétiques. Tout ce que l'on pourrait dire, c'est que l'idée de simplicité et d*analogie , sur laquelle on s'est basé pour obtenir le poids des atomes , donne un certain degré de probabilité à Fexactitude des rapports que l'on a établis entre ces poids.

Remarquons toutefois que le nombre proportionnel ne peut pas toujours correspondre à l'atome , par exemple dans le cas où il offre des fractions : ainsi , le nombre pro-

portionnel du peroxyde de fer est F* O 5 pour le convertir eu atomes, il faut le tripler. Il en est de même de Tacide pyrophosphorique dont les sels renferment en

nombre proportionnel P'O'M et dont Fatome doit être PO'M*=PO»-haOM.

Je saisis cette occasion pour faire remarquer que c^est ici que nous apparaît potu* la première fois une notion claire des acides polybasiques. En effet, la formule des pyrophos* phates étant indivisible , il faut que l'acide pyrophosphorique, telle est du moins Fopinion des chimistes , soit bibasique. Je dis telle est Vopinion, car ce n'est rien déplus. Pour le prouver, il suffit de remarquer que les poids atomiques étant hypothétiques, il pourrait se faire qae le poids de Tatome de Toxygène et celui du phosphore fussent de moitié plus faibles ; alors les pyrophosphates deviendraientP*0*^M' divisibles, soit PO'' M, c'est-à-dire qu'ils seraient monobasiques. Je ne m'explique pas encore sur l'existence des acides polybasiques ^ je tiens seulement à constater que l'existence de tels acides se conçoit aisément dans le système atomique, tandis que c'est un non-sens dans le système des nombres proportionnels ou des équivalents.

Les chimistes, en voyant que les poids atomiques, déduits des nombres proportionnels, reposent sur une convention, ont cherché, dans les propriétés physiques des corps, dans leur volume à Tétat solide, liquide et gazeux, dans leur chaleur spécifique, dans leur point d'ébullition, dans l'isomorphisme,etc., un moyen pluscertain de déterminer ces poids.

Les nombres que l'on obtient par ces diverses méthodes ne s'accordent pas toujours : ainsi , là où le volume gazeux donne un certain nombre, la chaleur spécifique en donne un autre; par l'isomorphisme on arrive à des résultats contradictoires. La chaleur spécifique n'est pas la même pour un même corps dans ses divers états isomériques. Le volume des vapeurs donne des résultats tels,quedes chimistes admettent qu^un même corps simple, par exemple le soufre, peut avoir, à l'état de vapeurs, des volumes différents, correspondant à ses divers états isomériques.

Remarquons que , dans la plupart des cas, il est impossi-

ble (le n^courir aux méthodes précédentes , c^i qu'alors on s'appuie sur les nombres proportionnels.

EnGn, pour comble d'incertitude, Ton a recours, dans beaucoup de cas , aux hypothèses si variables que Ton peut faire sur l'arrangement des atomes dans les corps composés. Ainsi quelques chimistes considèrent le chlorure de ben* zoïle comme une combinaison de chloride et diacide bensoïques, et représentent son atome par C^'H'^O'Cl'. D'autres chimistes admettent que c'est une combinaison du chlore avec le benzoïle et le représentent , en conséquence , parC«*H»«0*Cl'.

Enfin on admet que les gaz renferment le môme nombre d'atomes, sous le même volume, puis en même temps on prend i volume pour représenter Tatome des corps sira* pies, et 2, 3, 4) 69 8 et même la volumes pour représenter l'atome des corps composés.

Cest en s'appuyant sur toutes ces considérations, que Berzelius a dressé ses remarquables tableaux atomiques. iMais ses hypothèses sur l'arrangement des atomes l'ont conduit à admettre , pour certaines combinaisons, principalement dans la chimie oi^anique, des formules si compliquées, qu'il est impossible de les adopter. Si nous ajoutons que cet éminent chimiste a très-souvent varié dans les déductions qu'il a tirées de l'arrangement des atomes, on con- Ci^vra pourquoi beaucoup de personnes ont abandonné, depuis plusieurs années, les atomes pour revenir aux nombres proportionnels. Mais ce qui ne se conçoit pas , c'est que presque tous les chimistes continuent, dans leurs formules, à exprimer l'arrangement des atomes.

On sait que les chimistes ont l'habitude de représenter les réactions à l'aide de corps hypothétiques. Ainsi , veulent-ils expliquer la décomposition de l'éther acétique par la potasse, ils se servent de l'équation suivante:

(O n% 0^ H- O, C W) -h KO -h H'O

==: (CMi%o^-HOK)4- (H' 04-0, en-),

( -9) qui , quoiqu'une des plus simples, olfre cependant deux à trois hypothèses.

M. Gerhardt ayant eu l'heureuse idée d'écrire toutes les réactions sans hypothèses, ne tarda pas à s'apercevoir que presque toutes les formules pouvaient être simplifiées , en employant de nouveaux poids atomiques, auxquels il donna le nom de volume » dH équivalent , ou S atome, considérant tous ces termes comme synonymes.

Je ferai seulement remarquer, en passant, qu'il aurait dû dire nombre proportionnel, au lieu d'équivalent; car, par c<mvention , on peut toujours prendre l'atome pour le nombre proportionnel et non pour Téquivalent. Ainsi

I atome d'acide bibasique représentera toujours, d'après la définition, 2 équivalents d'un acide monobasique.

M. Gerhardt prend, pour les corps simples, les atomes de Berzelius, excepté ceux des métaux dont il divise le poids atomique en deux. Ainsi il écrit l'eau et la potasse , OH' et OK*. Pour les corps composés, il prend toujours 1 volumes. Rien, comme on le voit, n'est plus simple que son système.

II y a cependant quelques modifications à lui faire subir; je les indiquerai plus tard.

Est-il convenable d'adopter ces nouveaux atomes ; présentent-ils d'assez grands avantages pour les substituer â ceux qiii servent depuis si longtemps dans la science ; n'ya-t'il pas de graves inconvénients à changer d'anciennes habitudes?

Je laisse cette dernière objection de côté. Cherchons d'abord la véeité , le reste nous sera donné par surcroît.

Voyons seulement si , comme je le pense , ces atomes offrent plus d'avantages que les au très ; si , par eux , les phénomènes sont plus faciles à expliquer; si les formules deviennent plus simples ; si ces formules traduisent mieux l'analogie des combinaisons ; si la détermination de ces ato- , mes est moins sujette à Tarbitraire, etc.

Il est évident que, considérés comme nombres proportion-

( »o) iiels, ces atomes sont aussi invariables que les nombres proportionnels ordinaires. Il ne faut pas , comme pour ces derniers, faire une convention spéciale pour chaque corps connu et chaque corps que Ton découvre. I^a règle est simple: on prend a volumes pour tous les corps composés.

Ces nombres proportionnels donnent des formules plus simples que celles qui sont en usage. Ainsi les f| des formules ordinaires se trouvent divisées par deux dans le système de M. Gerhardt.

Je citerai , comme exemple, les acides nitrique, formique, margarique, le bisulfate potassique, Toxaméthane (NO'-^-HO), (C* HO» -4- HO), (C'*H"0'-j- HO), (S«0«H-OK-*.HO), (C•0•H«N^-C•0*H»),etc.,quideviennent]^IO»H,CH'O^C«'H»*O^SO♦KH,C*H'^O^el^. L^analogie des propriétés se trouve mieux rcpi^scntéc par ces nouveaux atomes. Ainsi , les acides chlorh jdrique , nitrique, bromique, acétique, margarique, etc., se représentent par C1(H), ^0»(H), BrO»(H), C'0'H»(H), C*'0*H»» ( H ),etc., tandis que les acides sulfurique, carbonique, phosphorique , oxalique, etc., sont représentés par SO* (H«), CO» (H«) , PO* (H»), eO* (H«),etc. En effet, les premiers sont des acides monobasiques, tandis que les seconds sont des acides poly basiques. Peut -être trouvera -t-ou ici une contradiction avec ce que j'ai dit plus haut, car je considère, dans ce moment, les atomes de M. Gerhardt comme des nombres proportionnels, et j'ai dit que la polybasicité des acides dans ce cas était un non-sens. Mais ici j*attacheune autre idée à la polybasicité. Un acide est polybasique lorsqu'il jouit de certaines propriétés que ne possèdent pas les acides monobasiques; cette difTérence de propriétés est exprimée dans les formules des acides que Ton nomme mono et polybasù/ues. Je reviendrai plus loin , avec beaucoup plus de détails , sur ce sujet.

Les nombres proposés par M. Gerhardt étant considérés comme des atomes, ils n'offrent pas moins d'avantages.

Leur détermination n^est pas sujette à une foule de conventions , et ne repose pas sur Thypothèse de Tarrangement des atomes. La simplicité de ces formules est encore plus grande, si on les compare aux formules atomiques de Berzelius. Ainsi , si nous prenons les exemples précédents, nous aurons, dans la notation de Berzelius, pour les acides nitrique, formique, margarique, les sulfates de potasse, oxaméthane, etc., N*0«H*, C*H*0*, C'*H"0>, S»0»KH% C'H**N*0', etc. Je cite les exemples les plus communs , et je laisse de côté une foule de corps très-compliqués, comme le chlorure de benzoïle que Berzelius écrit C** H"0*Cl'=i2 volumes, et que M. Gerhardt représente par C H'CIO = 2 voliunes.

S'agit-il de représenter les réactions à l'aide d'équations; le système de M. Gerhardt l'emporte encore. Je ne pourrais, dans ce moment, citer des exemples assez concluants, car il faudrait que je fisse plusieurs tableaux de corps qui remplissent les mêmes fonctions, aGn de faire voir combien leurs réactions sont simples , élégantes et symétriques, dans le système de M. Gerhardt. Je me borne pour le moment à ces considérations, qui me suffisent pour constater que les nombres proportionnels, ou les atomes de M. Gerhardt, sont préférables à ceux qui sont en usage. Plus tard, nous verrons qu'ils conduisent à des conséquences du plus haut intérêt , et nous examinerons alors s^il convient d'en adop^ ter l'usage.

DEUXIÈME SECTION

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