AZOTIQUE
Le procédé pour déterminer le poids des molécules, étant ainsi modifié, la loi des nombres pairs présente encore deux exceptions, lebioxjded*azoteet l'acide hypo-azotique. Ces deux exceptions sont-elles bien réelles? Cela dépend de la définition que l'on donne aux molécules. Prend-on la définition de M. Gerhardt, avec la modification que j'y ai introduite; les deux exceptions sont réelles, positives, car NO et NO* représentent 2 volumes et n'offrent pas de nombres fractionnaires.
Mais part*on de l'ensemble de tous les caractères , a-t-on égard à toutes les analogies, alors il est possible d'arriver à une autre conséquence , et Ton peut se demander si le bioxyde d'azote et l'acide hypo-azotique ne doivent pas se représenter, comme le chlorhydrate d'ammoniaque, par 4 volumes , c'est-à-dire par N* O' et N* O* ^ alors l'exception à la loi des nombres pairs disparaîtrait, pour reparaître dans la règle des volumes.
Pour répondre à cette question , il faudrait recourir à Fanalogie. Malheureusement le bi oxyde d'azote et Tacide hypo-azotique sont des corps si singidiers(i), qu'il parait difficile de leur trouver des analogues.
Nous verrons plus loin que, dans les substitutions réelles
(1) Aocuo corps n'offre d'aussi singulières propriétés que le bioiyde d'aiole. En effet , quoi qu'il renferme plus d'oxygène que le protoxyde, il est loin d'entretenir la combustion aussi bien que ce dernier; et même, beau* coup de corps qui brAlent dans le protoxyde s'éteignent dans le bioxyde. Il «t peut-être le seul corps qui se combine subitement, à l'état sec et ii la lem-
(potassium déplaçant T hydrogène de Tacide nitrique) chlore déplaçant l'hydrogènede l'acide acétique) , le corps éliminé est toujours remplacé par son équivalent du corps qui Fa chassé. Nous verrons également qu*un grand nombre de substitutions peuvent avoir lieu entre Thydrogène et l'acide hypo-azotique , comme dans les exemples suivants :
Naphtaline C* H";
Naphtaline nitrée C'« H' (NO' ) ;
Naphtaline binitrée. .... C'« H* (NO') ;
Naphuline trmitrée G'« H' ( NO' )" ;
Acide phénique C* OH' ;
Acide trinitré €• OH» ( NO»)» ;
Mannite C'O'H'*;
Mannite sexnitrée C O' H' (NO»)'.
Or, dans tous ces cas, on voit constamment NO' remplacer H.. Donc, si H' représente la molécule de lliydrogène, N* O* doit représenter celle de l'acide hypo-azotique.
Quant aux substitutions par le bioxyde d'azote, elles sont plus rares. Cependant on peut citer :
L'alcool C»OH';
L'alcool nitrosé (éther nitreux ) C» OH^ (NO) ;
L'alcool amylique C* OH'» ;
L'alcool nitrosé C»OH" (NO);
L'azobenzide C'»H"N»;
L'azohenzide nitrosée ( azoxibenzide ) . C » H" N ( NO ).
Ici encore NO remplace Hou N5 doncN' O* est l'équivalent de H*, de N* et représente la molécule du bioxyde d'azote.
A ces exemples je puis en ajouter un plus concluant ; je \eux parler de l'acide nitroprussique.
On sait quele peroxyde d'urs^ne se combine avec les acides, en conservant une partie de l'oxygène qu'il renferme, et que, en conséquence, il peut être considéré comme un
pérature ordiDaire, atec l'oxygène. Cette combinaison parait d*aillears se faire sans dégagement de chaleur; et le corps qui en résulte» loin de retenir Toiygène qu*il a si facilement absorbé , est peut-être , de tous les corps , oehii qui se désoxyde le plus facilement.
( fo5 )
oxyde d'uranyle (U'O") -h O, TuranyleU* O' remplissant le rAle d*un métal. Peu nous importe ici que i'uranyle existe ou non, qu'il soit identique ou non au protoxyde d'urane^ nous ne voyons ici que des nombres proportionnels, et nous acceptons la théorie de M. Peligot , comme un moyen de généraliser les faits.
Cette théorie peut s'appliquer non-seulement à tous les sels de Toxyde uranique , mais, encore k certaines combinaisons de l'oxyde antimonieux , de l'acide arsénieux, de l'acide borique, et, comme je vais le faire voir, de l'acide nitreux, qui ont la même formule que Toxyde uranique, soit
Appelons
L'oxyde uranique, oxyde d'uranyle (U* O*) H- O = Uy' O;
L'oxyde antimonieux , oxyde d'antimonyle (Sb' O') + O = Sby' O ;
L'adde arsénieux, oxyde d'arsényle ( As' O') + O = Asy' O;
L'adde borique anhydre, oxyde de boryle (B* O') -H O = By' O;
L'acide nitreux anhydre , oxyde de nitryle .... (N* O*) -4- O = Ny* 0.
Ce double râle que je fais jouer aux acides arsénieux, borique et nitreux, n'est pas plus singulier que le double rôle que l'on attribue aux oxydes d'antimoine, d'alumine, de zinc, etc. Je dirai d'ailleurs que j'ai obtenu un sulfate diacide arsénieux très-bien cristallisé , et que l'acide arsénieux a des rapports trop frappants avecVoxyde antimonieux potur que l'on refuse de considérer son sulfate comme n'appartenant pas À la classe des sels, mais i celle des acides doubles.
Cela posé , voyons ce qui se passe lorsqu'on fait agir la crème de tarire sur ces oxydes ou acides.
Ona
Crème de tarire et oxyde d'nranyle. . C» O" H'* K* -h Uy» O
= O 0»« H"Uy»K» -f- H» ;
Oxyde d'antimonyle C» O" H'* K» -+- Sby» O
= C*0"H»Sby'K'4-H'0;
Benzile C* H'« O* H- H* O = acide benâlique ;
Oxyde de carbone. CO + H'O = acide formique; Camphre C** H'* + H' O = acide campholique.
Le benzile renferme donc C'^ et non C. En voici, d'ailleurs , d'autres preuves qui ne peuvent pas laisser de doute à cet^ard.
Le benzile, soumis à l'action de l'ammoniaque, donne
de la benâline C'^ H^» O» -4- H> N — H> O ,
du benzilam C'^ H»*0' 4- H»N — a H'O.
Le benzile s'obtient , d'ailleurs , avec la benzoïne , qui doit renfermer aussi C** et non C. EneflFet, celle-ci est isomère avec lliydnire de benzoïle; or, on sait que les aldéhydes donnent souvent des isomères en se doublant ou en se triplant (métaldéhyde, él aldéhyde). L'hydrure de benzoïle ou l'aldéhyde benzoïque peut se comporter de même; aussi se transforme-t-elle en benzoïne , sans changer de composition. On doit avoir :
Benzoïne ou aldéhyde benzilique. . C'^ H"0*;
Acide benzilique C'^ H'>0»;
Benzile (oxyde de carbone) C'^ H'*0';
Benzilim ( nitryle benzilique) G^* II" NO ;
Benzilam C"H*N.
La quinone "verte s'obtient en traitant la quinone par l'hydrogène à l'état naissant. Il se forme successivement :
Quinone C«H^ O';
Quinone verte C«H* O' -t- H;
Hydroquinone C«H< O» -t- H».
Mais cette quinone verte s'obtient aussi en mêlant de la quinone avec de l'hydroquinone. Si Ton ne connaissait que ce dernier mode de préparation , il est certain qu'on représenterait la quinone verte par cette formule
o w O' 4- e ir o' = c h'« o* ,
( *o9 ) et que, malgré ses nombres pairs, on ne la diviserait pas, pas plus qu'on ne divise la formule de l'éther acétique ,
Quant au premier mode de préparation , il revient exactement au second , car lorsqu'on fait agir l'hydrogène sur la quinone, il se produit d'abord de l'hydroquinone ; mais à mesure que cette dernière se forme , elle se combine k une portion équivalente de quinone pour donner naissance à la quinone verte.
U existe , d'ailleurs , d'autres combinaisons quinoniques qui , avec C", sont indivisibles, et qui ont la même couleur que la quinone verte.
Uindigo blanc et Visathyde appartiennent à une série dont les termes se doublent très-souvent. Ainsi , l'indine , la chlorindine, Tacide isamique, Tacide chlorisamique, l'isamide, l'imasatine et Tacide sulfopurpurique renferment % fois C*, tandis que l'isatine et l'indigo ne renferment que C*. L'indigo blanc et Tisathyde ne donnant pas de sels avec les bases et avec les acides , et ne se laissant pas réduire en vapeur, on ignore si leur poids atomique est C* ou 2 fois C. L'isalhyde renferme probablement C**, car, sous l'influence de la potasse, elle se transforme en indinate qui contient ce nombre d'atomes de carbone.
Uiûloxantine et l'alloxane n'ont pas les formules que j'ai données plus haut et qu'on leur attribue ordinairement. Ces deux corps renferment de l'eau de cristallisation , et je ferai voir plus loin [voyez le tableau des combinaisons alloxaniqnes) que leurs poids atomiques sont différents de ceux qu'on leur attribue , et que , en tous cas , il faut doubler la formule de l'alloxantine par rapport à celle de l'alloxane.