ALCALIS BI ACIDES
Parmi les alcalis, il en est quelques-uns qui ne paraissent pas s^accorder avec la loi des nombres pairs ; je citerai, en employant les formules ordinaires ,
Laflavine C'>H"N'0
Labenzidine C'»H'»N» ,
... r»uai4i«â /saturant H' Cl',
La cjanuine C* H'* N* | '
La semibenzidain . . G* H' N'
dans lesquelels la somme des dyades nVst pas un multiple de 4*
En présence de ces formules , nous sommes forcés de tirer les conclusions suivantes :
Ou la loi des nombres pairs est fausse,
Ou ces formules sont inexactes;
Ou les sels de ces alcalis , sels qui ont été considérés comme neutres , sont des sels acides.
Le mode de préparation et les réactions de ces alcalis ne permettant pas un instant de douter de Texactitude de leurs analyses, M. Gerbardt et moi nous n'avons pas hésité à admettre la dernière conclusion , et voici les preuves que nous avons données à Tappui de notre manière de voir.
Flav^ine,
L'urée peut être considérée comme de la carbamide ou du carbonate neutre d'ammoniaque, moins 2 atomes d'eau. La flavine est aussi une urée, c'est la carbamide anilique on le carbonate neutre d'aniline, moins a atomes d'eau.
On a pour
L*aré«
= CO H' -h a HN = wrée.
La flavine.
=r CO H> -f- 2 C- H» N = flavine.
La molécule de la flavine est donc bien, dans la notation unitaire, C» H»« N* O, puisque cellede l'urée est COH* N*. Mais, sous cette forme, elle se combine avec 2 équivalents de bichlorure de platine,
C"B"N'0-h 2Cl»PtH.
Cela ne doit pas plus nous étonner que de voir l'urée se combiner avec 2 proportions diacide nitrique et de nitrate d'argent.
On connaît :
Le nitrate NO«H -+- U;
Le binitrate 2 NO^ H 4- U ;
Le nitrate argen tique NO'Ag + U;
Le binitrate argentique. ... 2 NO* Ag 4- U.
Le poids atomique de la flavine se trouve confirmé par la composition de la carbamide anilo-'ammonique qui se forme en vertu de l'équation suivante :
CO'H» + H»N-t-C«H'N — O' H^ H'
COH»-i-HN +C«H'N
qui est calquée sur celle de l'urée et de la flavine.
Ainsi , voilà un premier fait acquis à la science. II 7 a des alcalis dont les sels , considérés comme neutres dans la no-tation ordinaire , sont des sels biacides.
Nicotine.
La nicotine , la paranicine , la quinine et la cinchonine nous ofirent des sels semblables , c'est*à-dire que ces alcalis
( rtO donnent des sels acides qu^on a regardés k tort comme des sels neutres.
Avant les dernières recherches de MM. Schlœsing et Bar^ rai , on considérait comme neutres les sels suivants :
Gfalorhydiite O H' N -h Cl H;
Chloroplatinate C* H' N H- Cl» Pt» H.
Or, M. Barrai, qui a déterminé la densité de vapeur de la nicotine, trouve des nombres qui assignent à cet alcali réquivalent C*^H^*N'= a volumes^ de sorte que les sels précédents deviennent acides .
Bichlorhydrale C» H'« N» 4- a CI H ;
Bichloroplatinate ... C» H" N' -h 2 Cl» Pt» H.
D*un autre côté, M. Schlœsing a déterminé la quantité diacide sulfurique saturée par la nicotine , et il trouve aussi pour le
Sulfate neutre 2 C" H'* N» -f- S0« H».
Chloronicùie.
M. Saint-Evre a décrit deux alcalis obtenus par Taction du sulfhydrate d'ammoniaque sur les espèces nitrées de deux hydrocarbures , dont Tun chloré.
Ces deux derniers renferment :
Paranicène ... C'»H'» )
^11 . . r^.* n.. y^i, } = 2fc volumes.
Chloronicène C* H'* CP )
Leurs espèces nitrées sont (en représentant NO* par X) :
Paranicène nitré C" H" X ;
Chloronicène binitré. ... C*» H» CV X».
Parle sulfhydrate d'ammoniaque, elles fournissent :
La paranicine C» H*» N ;
La chloronicine C'« H'» Cl' N»;
{ "3 ) dont les chlorhydrates elles chloroplatinates sont, pour
* (C'*H'»N -f. Cl H, ^^ P^""^"'^'"^ ic.-H''NH.CI^ptH;
I«a chloronicine. ... { ^^„ ^, ^, ^.
jC'»H'»CPN'4- aCPptH.
Il est vrai que M. Saint-Evre dédouble la formule de la chloronicine , en considérant comme neutres les sels qui , suivant nous, sont acides; ainsi il écrit :
Paranicine ...»,.. €'• H'» N H- Cl H ; Chloronicine C* H« Cl N -h Cl IL
La chloronicine ainsi notée offre un nombre pair, et si , néanmoins , nous rejetons cette formule , c'est à cause de Torigine et de la formation de la chloronicine qui ne permettent pas de donner à cet alcali un autre carbone qu'à la paranicine.
KemarquoDs, d'un autre côté, que la chloronicine est une nicotine bichlorée , et nous avons dit plus haut que les sels correspondants, qui ont été obtenus avec la nicotine normale y sont précisément acides.
Enfin , ajoutons que M. Saint-Evre a encore constaté que les sels de chloronicine, qu'il considère comme neutres, son t acides aux papiers réactifs.
Quinine et cinckonine.
La quinine et la cinchonine donnent aussi des sels acides. Ainsi ceux de quinine renferment :
Chlorhydrate neutre C" H" N> O' -f- Cl H ;
Bichlorhydrate C* H" N» O» -+- 2 Cl H ;
Bichloroplatinate C«» H" N» 0» -+- 2CI» pt H.
On a , avec la cinchonine :
Bichlorhydrate C» H" N» O 4- 2 Cl H :
Bichloroplatinate C* H" N» O 4- 2 CP pt H ;
la cinchonine donne en outre des sels neutres.
Les «els neutres de ces deux alcalis ont été considérés, nous ne savons trop pourquoi , conune des sels basiques, et leurs sels acides comme des sels neutres , et cependant ces derniers s'obtiennent en présence d'un grand excès d'acide.
Naphtalidam et semi-benzidam.
Ces deux alcalis nous offrent aussi des sels acides que l'on considère comme neutres.
Voici comment on les formule par rapport à Taniline et à la napthalidam :
Aniline C*H'N;
Semi-benzidam C H« N;
Naphtalidam C* H* N;
Semi-naphtalidam C» H» N.
La semi-benzidam offrirait donc une somme impaire. Mais pour voir que ces rapports ne sont pas exacts , il suffit de remonter à Torigine de la formation de ces alcalis. En effet, l'on a, avec la benzine et la naphtaline, en employant successivement l'acide nitrique et le sulfhydrate d'ammoniaque y et en représentant H* N par Âd :
Benzine G' H' = 2 volumes ;
Benzine nitrée G* H* X ;
Benzine amidée C* H* Ad ;
( Aniline.)
Benzine binitrée G* H* X' ;
Benzine biamidée .... G* H^ Ad' ;
(Semi-beDzidam .)
Naphtaline G»« H«;
Naphuline nitrée G** H' X ;
Naphtaline amidée G'* H^ Ad ;
(Naphtalidam.)
Naphuline binitrée ... G** H* X' ;
Naphuline biamidée . . C* H* Ad' .
( Semi-naphtalidam .)
Ajoutons que parmi les nombreux dérives de la benzine et de la naphtaline , on n'a pas uu seul exemple de dédoublement en C et C*.
Si l'on dédouble la semi-benzidam en C* H' Ad, c'est parce que sous cette dernière forme elle se combine avec H Cl pour donner un sel que Ton considère comme neutre, et qui ne peut être, diaprés ce que nous venons de dire, qu'un sel aijde.
On n'a pas étudié les sels de semi-napthalidam , mais on Ta représentée avec C, par analogie avec la semi-benzidam.
Benztdine.
La benzidine se représente dans la notation ordinaire par C"H"N*, et elle se combine avec 2HCI, a Cl' pi H , etc. Si nous dédoublons cet alcali , pour rentrer dans la notation unitaire , nous aurons une somme impaire ; si nous lui laissons pour le carbone C^*, alors les sels de benzidine deviendront des bisels. Avons-nous une raison pour les considérer comme tels ?
Remontons à la formation de cet alcali \ il s'obtient en traitant par le solfhydrate d'ammoniaque, soit Tazotobenzide , soit Tazoxibenzide.
Dans la notation ordinaire, on représente
La benzine par
La benzine nitréc par.
e«>HiN'0<;
L*azoxîbcnzide par. . .
L'azotobenzide pnr. . .
La benzidine par . . .
Son chlorhydrate par
C"H"N'-f- H» CI'.
Cette série parait bien notée \ mais d'après nos expériences, Tazotobenzide , traitée par l'acide nitrique, donne une espèce nitrée qui renferme , toujours dans la notation ordinaire ,