‹ Méthode de chimieChapitre 5 sur 109 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En effet j pour nous donner une idée de la composition d'un corps réel, on est dans Thabitude d'imaginer deux ou trois corps hypothétiques , auxquels on assigne de nouveaux noms et une composition parti* culière, de sorte que Tétude de la chimie a non-seulement pour objet les propriétés , la composition et les noms de milliers de corps réels, mais encore les propriétés, la composition et les noms d'un plus grand nombre d*étres purement fictif

C'est Tintroduction dans la science, de cette foule d'êtres hypothétiques, qui m*a hài dire, il y a quelque temps , que la chimie d*aujourd*hui est devenue la science des corps qui n'existent pas.

Ije temps d'essayer une nouvelle méthode est-il venu, et cette entreprise n'est-elle pas téméraire dans l'état actuel de la science?

Je me suis adressé ces questions , avant de soumettre mon système, c'est-à*dire ma notation, ma classification et ma nomenclature, au jugement des chimistes ; et, quoique j'aie compris toute la difficulté de l'entreprise , le genre de travaux auquel je me suis livré m'a fait entrevoir la possibilité de ranger les composés organiques suivant un ordre tout à la fois rationnel et mnémonique. Mais chaque fois que je voulais mettre mon plan en exécution, je rencontrais des difficultés qu'il faillait d'abord résoudre. J'essayais alors de le faire, en entreprenant quelques travaux dans mon laboratoire. Pendant ce temps, le nombre des découvertes s'accroissait rapidement, de nouvelles difficultés survenaient, et il fallait constamment modifier les détaib du plan que je m'étais proposé de suivre. J*ai pid>lté de temps en temps quelques a|>erçus

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de celui-ci ; mais les développements successifs que je lui ai donnés ont fiiii par jeter une telle confusion dans mes Mémoires, que plusieurs de mes amis m'ont engagé à faire cesser cet état de chose , en me disant qu'en voulant trop perfectionner mon travail , je rencontrerais sans cesse de nouvelles difficultés qui en ajourneraient indéfiniment la publication ; enfin, qu'il ne s'agissait pas de donner un ouvrage parfait , mais simplement une méthode utile que je pourrais toujours perfectionner plus tard.

Privé depuis plusieurs années d'un laboratoire qui me permit de poursuivre mes recherches, je me suis décidé à mettre mon temps à profit , pour réunir et coordonner les matériaux de mon ouvrage. En y mettant la dernière main, je reconnais, plus que jamais, l'imperfection du travail que j'ai entrepris; et si y néanmoins, j'ose le publier, c'est en pensant que cette imperfection tient ea partie à l'état actuel de la chimie organique , dont la plupart des corps qu'elle embrasse sont trop peu connus.

Avant d'entrer en matière, je crois devoir indiquer brièvement le plan que j'ai suivi dans cet ouvrage.

Pour établir un système chimique on marche entre deux écueils, les faits et leurs causes. En s'appuyant seulement sur les premiers, on est conduit à représenter la composition de l'alun ammoniacal par S* O*® N* H'* Al*, à accepter les noms de rubis, d'émeraude, de chrichtonite, d'aldéhyde, de mercaptan, de chloral, etc., et à distribuer les substances qu'ils désignent dans la classe des pierres précieuses, des schorls^ des spaths, des baumes, des essences, des résines, des matières colorantes, etc.

xij i^TmoDucnoa.

En partant de Tidée de causalité , ou des atomes et de leur arrangement, il bniX déterminer, dans tel corps, quels sont les atomes qui sont combinés simplement, ceux qui sont combinés intimement, s'ils sont copules ou conjugués. On est alors conduit à re* présenter la composition de Tépidote par cette formule

2[3(SiO»-+-2RO)-4- a{3SiO'-+-aR'0»)] -f- 3[a(SiO'-h 2RO)-h:3SiO--f. 2R-0>)];

à créer les noms de nitrite doxjde dico^téca-iesscrjrle^ de sous-hjrpochlorite daxjde susporrindéneux; à la place de l'alun, on met V aioUtnrtelmin'Ozafinweso; le mercaptan devient du lifavinaiy et le cUora* nilam de l'acide ama-chloré-phénusique. Enfin, on est amené à créer jusqu'à douze formules différentes, et douze êtres imaginaires, pour représenter la composition d'un des corps les plus simples , de l'acide acétique.

Mais, entre les faits et leurs causes, nous avons des généralités et des lois. Ne serait-il pas possible , en s'appuyant sur elles, d'établir une méthode, c'est-àdire un système de formules, une classification et une nomenclature qui auraient les avantages des systèmes basés sur les faits ou sur les hypothèses, mais qui n'en auraient pas les inconvénients?

C'est ce que j'ai cherché à faire dans cet ouvrage, en essayant de le rendre, autant que possible , indépendant de toute hypothèse. Celles qu'on y rencontrera sont isolées , et l'on peut les laisser entièrement de coté sans que la marche de l'ouvrage en souflfre.

La méthode que je propose ne peut être l'œuvre d'une seule personne; c'est un terrain, neutre sur lequel je convie les chimistes à se rendre . afin qu'ils

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