‹ Méthode de chimieChapitre 67 sur 109 · C»C1»K0»-+-HH · texte numérisé non relu

C»C1»K0»-+-HH

et Ton ne pourrait refuser de le considérer comme un acide. Cependant il faut remarquer que ces deux réactions ne seraient pas aussi semblables que le font supposer les deux équations , parce que , dans le premier cas , l'acide hypochloreux Cl HO, ou l'eau monochlorée, donnerait naissance à une réaction secondaire.

Action du chlore sur les autres acides.

On ne sait rien de précis sur ce sujet. Cependant on peut préyoir que les acides complexes comme les acides sulfanilique, sulfonaphtalique , camphovinique, etc., ou éprouveraient une substitution équivalente, ou bien donneraient les produits que l'on obtient en traitant séparément l'acide sulfurique, l'acide camphorique, l'aniline, la naphtaline et l'alcool par le chlore.

Action du chlore sur les alcaloïdes.

Deux cas principaux peuvent se présenter: ou le produit de Faction du chlore sera encore un alcaloïde , ou bien il sera un corps neutre.

Dans le second cas, on aura une simple substitution équivalente, comme avec l'ammoniaque et l'aniline :

H»N-t-3Cl»=CHN 4-3HC1,

H»N^-2r =PHN +2HI,

C«H'N-h3Cl'=C«H'Cl»N4-3HCl.

Dans le premier cas, le chlore paraîtra d'abord se combiner simplement avec l'alcaloïde; ainsi, lorsqu'on fait agir le chlore sur la codéine, on obtient

€'• H" NO» -h Cl» = €'• H»' ÎMO* Cl»;

avec la cinchonine il se forme

€•• H»» N' -h Cl* = €»• H« N» Q*.

Mais voici ce qui se passe dans cette circonstance : la codéine éprouve d*abord une substitution chlorée et donne

C'»H" NO» -h Cl» = C"H'»C1 NO» 4- H a,

et une codéine chlorée qui est encore basique; alors l'acide chlorhydrique formé reste combiné avec elle. Aussi, verset-on de la potasse dans ce sel; il se forme un précipité de codéine monochlorée.

Avec la cinchonine la réaction est analogue; il se forme une cinchonine bichlorée et qui est encore basique ,

C'»H"N'0 + Cl* = C'*H«*C1'N'0+ H'Cl».

Mais les deux proportions d'acide chlorhydrique formé restent en combinaison avec la nouvelle base.

Cependant la codéine et Tiode paraîtraient se comporter tout autrement: d'après M. Ânderson, il se formerait simplement un iodure de codéine renfermant C*'H**NO'+P et qui régénérerait la codéine par la potasse. Il ne m'est pas possible d'admettre une telle formule, d'abord à cause du nombre impair qu'elle présente , ensuite parce que ses réac* lions ne se conçoivent pas.

Action du chlore sur les alcools.

Suivant M. Dumas , ces corps perdraient d'abord a atomes d'hydrogène sans substitution; et, à partir de ce moment, chaque atome d'hydrogène enlevé serait remplacé par son équivalent de chlore. Ce qui revient à dire que les alcools se transforment d'abord en aldéhydes, et que le chlore agit ensuite sur celles-ci par substitution. Malgré les recherches qui ont été faites sur ce sujet, ou est encore loin de savoir exactement ce qui se passe , je ne dis pas lors-

qu'on traite les alcools , mais même l'alcool ordinaire par le chlore. En eflTet, s'il se forme de l'aldéhyde, il doit se dégager de l'acide chlorhydrique; celui-ci, en présence de l'alcool, doit former de l'éther hydrochloricjue et mettre de l'eau en liberté. Sous l'influence de cette eau, le chlore peut transformer une partie de l'alcool en acide acétique, et celui-ci peut donner de l'éther acétique. Le chlore , en agissant sur tous ces produits , doit les transformer en éther chlorhydrique plus ou moins chloré et en perchlorure de carbone , en aldéhyde , en acide acétique et en éther acétique plus ou moins chlorés.

L'esprit-de^bois donne des produits dont la formation est loin d'être expliquée. Ainsi, d'après MM. Kane, Weidmann , Schweizer et Bonis , on obtiendrait les produits suivants : C*H*CPO% C"H"CPOS C"H"CP^OS C»H»CPO,C»H"a*0% C'H«Cl*0-h4Aq, etc., eic

Action du chlore sur les éthers.

Ayant eu l'occasion d'examiner l'action du chlore sur l'acétate de méthyle, et ayant vu que chaque atome d'hydrogène enlevé était remplacé par son équivalent de chlore, j'en conclus que l'acétate de méthyle, malgré son changement de composition, avait dû conserver sa constitution. Après ce premier essai , M. Malaguti a examiné avec beaucoup de soin ce sujet, et il a démontré que presque tous les éthers éprouvent des substitutions équivalentes \ cependant, d'après lui , l'éther pyromucique absorberait 4 atomes de chlore sans perdre de l'hydrogène.

On conçoit que quelques-unes de ces combinaisons complexes puissent quelquefois se dédoubler et troubler les substitutions: ainsi l'éther acétique, lorsque la saturation du chlore approche de sa fin , se dédouble, puis se métamorphose en perchlonire de carbone qui n'est pas un dérivé de l'éther acétique»

Avec le formiate de mcthyle, la combinaison devient au

contraire plus profonde , car les deux groupes carbures, qui forment cet éther, se réunissent en un seul, pour donner encore du percUorure de carbone.

Action du chlore sur di%fers composés.

Parmi les autres composés, il eu existe un assez grand nombre qui, comme Tisatine, éprouvent des substitutions équivalentes ; mais il y en a aussi qui, comme l'indigo blanc, la benzoïne, lliydroquinone , etc., peuvent perdre de l'hydrogène sans substitution , ou bien gagner moins de cblore qu'ils n'ont perdu d'bydrogène. L'on ne saurait aujourd'hui formuler aucune règle à ce sujet.

Théorie des substitutions chlorées.

Le premier fait qui me frappe dans ces substitutions, c'est l'état d'équilibre stable des halydes \ c'est de voir ces groupes moléculaires revenir sans cesse au milieu des transformations successives du premier terme \ c'est de voir ces groupes, quelque grande que soit la quantité de chlore qu'ils renferment, résister , contrairement à tout ce qu'on avait admis jusqu*à ce jour , à l'action des alcalis.

L'instabilité des hyperhalydes n'est pas moins frappante; car tous ces corps, quelque petite que soit la quantité de chlore qu'ils renferment, sont au contraire attaquables par les alcalis.

Le deuxième fait qui m'étonne encore plus , c*est de voir les halydes, les hyperhalydes, les acides, les éthers, les alcaloïdes et beaucoup d'autres corps conserver leurs propriétés fondamentales dans les transformations qu'ils subissent, sous l'influence du chlore \ c'est de voir certains corps ne perdre que i à 2 pour 100 d'hydrogène , gagner 5o à 60 pour 1 00 de chlore ou de brome, et néanmoins ressembler encore plus à leurs dérivés que le sulfate de fer ne ressemble au sulfate de potasse.

J^exprîmai autrefois ces faits, en disant que le chlore, ce corps si différent de l'hydrogène, pouvait venir, dans certaines circonstances, prendre la place de celui-ci et jouer son rôle , sans changer Farrangement des atomes du composé dans lequel il entre.

Pour mieux faire comprendre ma pensée, je fis la comparaison suivante :

« Imaginons un prisme à quatre pans , dont les huit an-

» gles seraient occupés par huit atomes de carbone, et le

)> milieu des douze arêtes par douze atomes d'hydrogène.

)> Appelons ce prisme forme ou noyau fondamental^ et

» représentons-le par

» Recouvrons les iiases de ce prisme de pyramides ou » d'atomes d'hydrogène, nous aurons un hyperhydride \ — d'atomes de chlore, nous aurons un hyperhalyde; — d'atomes d'oxygène, nous aurons une aldéhyde ou un acide. Nous pourrons représenter et la forme et la composition de ces divers prismes pyramides ainsi :

C H'» -H H% O Hl» 4- Cl% C»H'»-+-0, C«H'»-hO'.

» Par certaines réactions, nous pourrons cAVer le cristal » pyramide, c'est-à-dire lui enlever son chlore , son oxy- » gène ou son hydrogène en excès , et obtenir ainsi de nou- » veau le prisme fondamental.

9 Supposons que le chlore, mis en présence de ce dernier, i> lui enlève une arête ou un atome d'hydrogène \ le prisme i> privé de cette arête se détruirait, si l'on ne mettait une » autre arête à sa place soit de chlore, soit de brome, soit i> de zinc, etc., peu importe ici la nature de Tarête^ pourvu » qu'elle vienne maintenir l'équilibre des autres arêtes et » des angles, cela suffit. Il se formera donc ainsi , un nou-

( »38 ) ,» yeau noyau dérive, semblable au premier, et dont on de- » Tra représenter la forme par

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