‹ Méthode de chimieChapitre 68 sur 109 · C«(H"CI · texte numérisé non relu

C«(H"CI

» Mettons du cblore en présence de ce nouveau prisme : » ou bien il viendra le pyramider, c'est-è-dire le transfert » mer en byperhalyde,

» ou bien il lui enlèvera une autre arête d^hydrogène. II » faudra encore remplacer ceUe-ci par une arête de chlore, » et Ton obtiendra encore un nouveau prisme dérivé dont » la formule sera

» Avec ce prisme et le chlore, le brome ou Tiode, on » pourra faire soitd^autres dérivés, soit des hyperhalydes; » et avec Foxygène, des aldéhydes ou des acides. Les for- » mules de tous ces nouveaux prismes dérivés et pyramides )> se représenteront de la manière suivante :

Halydes. Hyperbalydes. Aldéhydes. Acidei.

C«(H»*a») C»(H'«CP)-t-a« C«(H"CP)-f-0 C»(H'*Cl')-fO*;

C*(H*a*) C«{H«Cl*)-hCP C«(H«a*)-+-0 0(H«CI«) + 0»;

C»(H*C1*B«) C*(H«C1*B^)4-CP (?(H«Cl*B*)-hO C«(H*a*B*)-l-0 i

eci" c«ci'»4-a" c»ci'»-ho c»(Ha")+o*.

» Le chlore, le brome, roxygène,etc., en excès changent » complètement les propriétés du noyau fondamental et de 9 ses dérivés, tandis que le chlore , ou le brome, ou Tiode » qui sont entrés dans les divers noyaux n'en altèrent pas » les propriétés principales. Chaque noyau peu ou beaa- )> coup chloré est susceptible de former un hyp^halyde » en absorbant du chlore , une aldéhyde ou un acide en ab- » sorbantdeToxygène.

» C'est donc à la place occupée par le cblore qu'il faat )> attribuer la résistance qu'il offre à l'action des alcalis )) et non â sa nature. Ainsi le chlore des noyaux résiste a

( a39 ) » Taction de la chaleur ou des alcalis » tandis que le chlore n qui est en dehors, sous Tinfluence de l'une de ces deux » causes, s'empared'unearète d'hydrogène du noyau pour » se dégager à Tétat d'acide chlorhydrique, pendant qu*une n autre portion du chlore en excès vient prendre la place 9 de l'hydrogène enlevé. H est donc nécessaire que le chlore » en excès des hyperhalydes offre toujours un nombre » pair. »

Que les halydes existent ou non comme tels dans les hy* perhalydes, les aldéhydes et les acides chlorés, peu im* porte. Quel que soit l'arrangement atomique qu'il nous plaira d'imaginer, nous ne détruirons pas ce fait, que certaiues substances peuvent éprouver des substitutions chlorées , sans perdre leurs propriétés fondamentales.

Telles sont les idées que j*ai émises autrefois sur les substitutions, et qui ont si fortement scandalisé les chimistes. Que j'aie comparé l'azote à Fantimoine, ou au bore et même au chlore , on aurait pu le concevoir , jusqu'à un certain point; mais faire jouer au chlore, le plus- négatif de tous les corps , le rôle de l'hydrogène qui est si positif, c'était méconnaître les notions les plus élémentaires de la chimie.

La première attaque partit de Giessen. M. Liebig critiqua non-seulement les idées que j'avais publiées, mais encore les analyses sur lesquelles je les appuyais. En conséquence il proposa d'autres formules qu'il crut devoir accompagner de personnalités blessantes pour moi. Malheureusement pour M. Liebig , il fut démontré tpie toutes les corrections qu'il avait faites étaient inexactes. Ce fut le premier échec du dualisme.

M. Malaguti fit alors ses belles recherches sur les éthers chlorés. Je saisis cette occasion pour revenir sur les substitutions, et je soutins que les éthers, ensecblorant, conservaient leur constitution et restaient éthers. Tignore complètement, disais-je, quel est l'arrangement des atomes dans l'éther acétique; est-ce (C*H«0*-+-0,C*H**), ou

(C*H«0» + C*H» -F H^O) ou (C*H*0*-*- C*H*), etc.? Je ne sais; mais je soutiens que, quel que soit cet arrangement, il reste le même dans les dérivés chlorés.

Si Ton me demandait ce que j 'entends par ces mots : que Yéther chloré reste éther , je pourrais d'abord répéter ce que je viens de dire , que Farrangement de Féther chloré est le même que celui de Féther normal. Mais je préfère laisser les hypothèses de côté et dire simplement qu'un éther est un corps qui s'obtient parla réaction d'un acide sur un alcool, avec élimination d'eau; dans certaines circonstances Fcther se dédouble soit en régénérant Facide et l'alcool qui lui ont donné naissance , soit en donnant des produits qui appartiennent à la famille de l'alcool et de l'acide, comme si cet éther était formé de deux groupes, l'un renfermant une partie des éléments de l'acide , l'autre une partie des éléments de l'alcool.

Eh bien , certains éthers chlorés peuvent s'obtenir en faisant agir les acides chlorés sur les alcools, avec élimination d'eau; et presque tous les éthers chlorés, soumise .l'action de Fanmioniaque anhydre , d'un alcool , de la potasse et même de la chaleur, se dédoublent en produits appartenant à la famille de l'acide et de Falcool qui ont servi à les former. Ainsi, Féther acétique, par exemple, donne de Facétamide; et Féther chloré, de Facétamide chlorée. On peut voir de nombreux exemples de ces dédoublements dans un résimié très-clair qui a été publié par M. Gerhardt sar ce sujet.

Les travaux de M. Malaguti excitèrent Berzelius à prendre la défense du dualisme. Traitant du haut de sa grandeur les idées que l'on avait émises sur les substitutions , il fit voir , en s'appuyant sur de pures hypothèses , il est vrai, qu'elles n'avaient pas le sens commun. Entre ses mains, les naphtalines mono, bi et trichlorées se transformèrent en chlorure d'iodécatesseryle, chlorure de décahexyle et chlorure de décapentyle. Le chlorure

de benzoïle CH'CIO devint un aci-chloride benzoïque a{C^*ff*,0»)-|-{C**H'%Cl«).

Toute la chimie fut simplifiée de cette façon.

Berzelius ayant confondu la loi des substitutions avec les remarques , les généralités et la théorie que j'avais publiées sur les substitutions, M. Dumas saisit cette occasion pour rejeter toute solidarité entre ses opinions et les miennes , en disani <jue sa théorie n'en était pas une, ce qui est vrai mais bien une loi empirique qui exprime une simple relation entre F hydrogène gui s'en va et le chlore qui entre y rien de plus.

Cependant quelques années plus tard , M. Dumas fît la découverte de l'acide acétique triçhloré. Frappé de voir que Tacide acétique et son dérivé avaient la même capacité de saturation , le même volume , se décomposaient d^une manière analogue sous TiDAuence de la baryte, donnaient Tun et l'autre un éther, etc., il adopta mon opinion , en disant que les atomes devaient avoir le même arrangement dans les deux acides , que ceux-ci , en un mot, appartenaient au même type { i ).

(i) Je Tots, dans diYers ouvrages de chimie, que beaucoup de personnes ne aaisissent pas la différence qui eiiste entre les idées de M. Dumas et les miennes sur les substitutions, quoiqu'il n^ ait cependant aucun rapport «ntre elles.

Les substitutions, ti Ton entend par là, et on doit Ventendre ainsi, le remplacement du chlore par le brome, Fiode , le fluor , ou le remplacement de l'argent par le cuivre, le fer ou le potassium , sont aussi anciennes que les idées de Richter et de Wenxel sur la décomposition des sels. On sait depuis longtemps que les corps simples se déplacent mutuellement de leurs combinaisons, le plus souvent équivalent pour équivalent; maison sait aussi que le contraire se présente encore assez fréquemment.

On savait que le chlore, en agissant sur quelques substances organiques, eonme Taeide cyanfaydrique, l'essence d'amandes amèns et la cire, en chasse un certain nombre d'atomes d'hydrogène , et que le même nombre d'atomes de chlore vient remplacer l'hydrogène enlevé. On savait que l'oiygène se comporte quelquefois comme le chlore. On savait enfin que l'hydrogène enlevé n'est pas toujours remplacé par son équivalent de chlore.

Deux questions se présentaient: i^ peut-on, à priori^ savoir si l'hydrogène

Alors Berzelîus, plaçant, pour ce momeBt senlement, la question sur son véritable terrain , examina si les propriétés de Tacide acétique ressemblaient ou non à celles de son dérivé chloré; il se prononça pour la négative; en conséquence , il attribua un arrangement atomique différent à chacun de ces acides, et il représenta leur composi-

enleré sen i^mplaeé o« dob par son équiyalent de chlore, et combien on pourra en enleyer sans substitution ; i9 que devient le chlore dans les nou- ▼eaux composés chlorés, quel rôle y jouo-t-ll, de quelle nature sont ses composés lorsqu'ils sont obtenus, soit par une substitution équivalente, soit par une substitution non équivalente P

Les deux questions , comme on le voit , sont tout à fait indépendantes Tune de l'autre. On peut découvrir la loi qui préside aux substitutions sans savoir ce qui se passe dans les corps chlorés , et réciproquement.

M. Dumas ne s'est occupé que de la première question , et, sous le non de théorie (il fait remarquer lui*mème qu'il aurait dû dire loi) des substitutions , il a donné les deux propositions suivantes :

1^. Quand on truite une substance organique par le chlore, le brome, Vieie ou Vo^o^ghte, ces corps lui eulèvenl généralement de Vkydtogèue; et, peur 1 équivalent d^hxdrçgène enlevé, il se face i équivalent de chlore, d» brome, d'iode ou d'oxjgène dans le composé.

3^. Si une partie de l'kydrogène se trouve, dans la substance organique, h Vétat tteau (comme dans l'alcool ) , elle sera enlevée par le chlore ou l'ojo^ghe sans Substitution.

Cette loi est précise et sans ao^îgulté ; je n'ai pas à examiner si elle est juste ou non ( vçgreM ce que je dis des substitutions chlorées dans oe chapitre, et des substitutions oxygénées dans le précédent). Tout ce que je dois dire, c'est que je n'ai pas adopté cette loi , et que j'ai formulé moi-même quelques propositions tout à fait différentes et qui ne s'appliquent guère qu'ans carbures d'hydrogène. Je n'ai donc rien à réclamer dans cette loi des substitutions, qui appartient tout entière à M. Dumas.

Quant à la seconde question, M. Dumas ne s'en est jamais ooeupé, si ce n'est après moi : c'est elle que j'ai eu longtemps en vue dans mes travaes (vctres mon qpinion sur ce sujet dans ce chapitre); c'est à propos d'elle que j'ai avancé cette proposition : Lorsqu'il j a substitution AQOiVAUinrt de Vhxdrogène par U chlore ou le brome, le chlore vient prendre la WLACH qui était occupée par l'hrdrogène et jouer, en quelque sorte, son rôle; pur couse' quent, le composé chloré doit avoir de l'analogie avec le comtposé dont il dérive.

U y a tellement peu d'analogie entre mon opinion , mes propositions et U loi de M. Dumas, que voici ce que cet illustre chimiste répondit à Berselios, qui le rendait un peu responsable de mes extravagances : • M. Berselins • m'attribue une opinion précisément contraire à celle que j'ai toajour*

( a43 ) lion ainsi :

Acide acétique ... C* e% 0' 4- H' ; Acide Irichloré ... C» 0» -+- H» O -h C Cl«.

Ce dernier était pour lui de Tacide oxalique combiné avec un cUoride oxalique inconnu.

On répondait à Berzelius , en lui citant la ressemblance

* émise , taToir que , dans cette occasion ( *) y le chlore prendrait LA PLACE » de l'hydrogène. Je n'ai jamais rien dit de pareil , et l'on ne saurait certain » nement lè déduire des opinions que j'ai émises sur cet ordre de faits. Si

• l'on me fait dire que l'hydrogène est remplacé par du chlore qui joue le

* même rôle que lui , on m'attribue une opinion contre laquelle je proteste

• hautement, car elle est en contradiction ayec tout ce que j'ai écrit sur ces a matières. La loi des substitutions est une loi empirique, rien de plus;

• elle exprime une relation entre l'hydrogène qui s'en Ta et le chlore qui

* entre. Je ne suis pas responsable de l'exagération outrée que M. Laurent m a donnée à ma théorie; ses analyses d'ailleurs ne méritent aucune con- » (lance. •

Nous nous sommes serris, M. Dumas et moi, d'un même root, substitution ; de là est yenue la confusion qui a régné sur ce sujet. Cette confusion a encore été augmentée par l'emploi des terminaisons particulière en ase, été, ise, etc., terminaisons qui ont été imaginées par M. Dumas pour exprimer la relation qui exbte entre le nombre d^atomes d'hydrogène enlevés et le nombre 'd'atomes fixés , et empUorés par moi pour exprimer que le corps chloré, dans le cas Jtune sahstitutiom éifuivaUnte ^ avait dû conserver la constitution du corps primitif.

Ainsi M. Dumas représentait la constitution de l'essence de cannelle par cette formule : C^* H** G* + H* ; celle du chlorure de cinnamyle par celle-ci : C" H** G* -♦- Cl", et la composition du chlorocinnose (= hydrure — 4 H*-h4 Cl*), par C* H* CI' G*, en disant qu'il nommait celui-ci provisoirement chloro^ cinnose, attendu qu'il ne savait comment représenter sa constitution moléculaire, ni à quel corps il fallait le rapporter.

Mon opinion était bien différente. Si j'avais regardé Vessence de cannelle comme formée d'une molécule unique C* H** O*, et si je l'avais nommée cinnamyle, j'aurais appelé le composé chloré rA/orocinnoie; si j*avais envisagé cette essence comme un hydrure C**H*^0' + H*, j'aurais nommé le composé chloré chlorure de ehlorocinmse C" H' Cl' O* Cl*; si je l'avais oon<

(*) H T«aals de faire le ehlerhydrate de chloréUiérlfle C^ H' Cl* + H* Cl* et on acé- Ute de Béthrlène ohlori. Je MalMSla qae le yreail^r avait la mAme ooniUtalion que la liqaear des Hollandalt, etqae, dans le second, les atomes étaient exactement disposés comme dans racélate de méthylène. C'est à propos de cette opinion qae Bersellos roolul rendre H. Damas responsable de mes erreurs.

lO.

des halydes entre eux p des hyperhalydes entre eux, en lui montrant que les ëthers chlorés se dédoublaient en produits appartenant aux familles des acides et des alcools qui avaient servi à les former, que les deux acides acétiques ont la même capacité de saturation, etc.) enfin, que tous les composés dérivés chlorés ont toujours le même volume que les substances normales dont ils dérivent. Mais Berzelius rejetait tous ces rapprochements et s'obstinait à mettre dans les places les plus opposées les substances normales et leurs dérivés chlorés.

Sur ces entrefaites, M. Wœhler descendit dans la lice;

sidérée comme un hydrate de dnnamyle C" H*^ G + H* O, j'aurais appelé le composé chloré hydrate de chlorocinnose, etc., etc.

Ainsi y malgré la similitude des terminaisons , malgré la même Talenr que nous donnions, M. Dumas et moi, aux mêmes Yoyelles, il n'y avait aucune analogie entre les idées que ces deux nomenclatures représentaient, si ce n'est que Tune et l'autre exprimaient la quantité d'hydrogène enlerée et la quantité de chlore fixée.

Je citerai enfin les exemples suiyants, pour faire voir la diffilrence absolue qui existe entre mon opinion et celle de M. Dumas.

M. Dumas représenUit l'alcool par G^H*h-H^O*, et l'acide acétique par C* H* O* H- H* O , et néanmoins il Toyait Un cas de substitution dans la conversion du premier dans le second :

Alcool — 3 H* + a O = acide acétique.

Puisque M. Dumas soutenait, à cette époque, que l'alcool renferme 3 atomes d'eau et que l'acide acétique n'en renferme que i , il est donc dair qu'il ne considérait, dans les substitutions, que le rapport qui exprime l'hydrogène enlevé et le chlore ou l'oxygène fixé , sans prétendre que le corps primitif ou le corps divisé appartinssent au in^ik type. Ceci est encore rendu plus évident par les exemples suivants, que M. Dumas citait en faveur de

sa loi :

Alcool — 4 H' + 4 O = >ci<^^ formique ,

Acide acétique — 3 H* + 3 O = ^ ' id.

Il est bien certain que M. Dumas, malgré l'équivalence de la substitution, ne considérait pas l'alcool , l'acide acétique et l'acide formique comme appartenant à un même type.

Ce n'est que beaucoup plus tard, lorsqu'il eut découvert l'acide chloracétique , qu'il adopta mon opinion sur le rôle du chlore dans les substitutions, et qu'il retendit aussi à l'oxygène, lorsque J'avais déjà cessé mot-mème de l'appliquer à ce dernier.

mais , beaucoup plus courtois que ses frères d*armes , il se contenu de lancer des plaisanteries contre les substitutions.

Il était parvenu, disait-il, en traitant le sulfate de manganèse par le chlore, à remplacer successivement et le manganèse, et l'oxygène, et même le soufre par du chlore. U avait ainsi obtenu un sulfate de manganèse chloré, qui ne renfermait plus ni manganèse, ni oxygène, ni soufre, et qui était cependant encore un sulfate.

Quoique moins habile que M.Wœhler, j^essayai d*imiter sa merveilleuse décovverte, et voici ce que je Gs : Je traitai de Tisatine par du chlore et par du brome , j'obtins des dérivés qui renfermaient a5 à 5o pour loo de chlore et de brome à la place de i à a centièmes d'hydrogène. Eh bien , malgré cette énorme différence dans la composition centé* simale , malgré la perte de l'hydrogène si positif, malgré la substitution du chlore si n^atif , voici les changements que l'isaline avait éprouvés :

Isatine. Isatine chlorée, bichlorée

Rouge orangé id.

Prismes de 1 1 3 degrés. ... • . id. de 1 14 degrés.

Se sublime en partie sans décomposition id.

Très-peu soluble dans Teau id.

Assez soluble dans Talcool et Téther id.

Dissolutions jaunes id.

Avec la potasse, échange d'abord H contre K. . . id.

Ce sel potassique est rouge-noirâtre id.

U donne, avec les sels d'argent , un précipité lie id.

devin id.

Il est trè^peu stable et absorbe promptement H'O,

en donnant de Tisatinate de potasse id. chloré.

Ce nouveau sel est jaune id.

Il régénère, par les acides, Tisatine id. chlorée.

L'isaline décompose le sulfure d'ammonium , en

prenant de Thydrog. pour former de Tisathydc . id. chluréc.

Celle-ci est en paillettes blanchûiros insolubles. . . id.

Itfttine. iMttne chlorée, biehlorée, eic

Elle se transforme 9 dans i en indinerose kl. diiorèe.

certaines circonstances . ( ou bien en isatine ... id. chlorée.

, , . , ( une amide srise id. chlorée.

L'ammoniaque forme, \ . . ? . , , . .

,,. . < une amide jaune id« chlorée.

avec 1 isatme. i .,, , , j 1.1 -

f un ac. amide rouge ecarl . id. chlore.

L'isatinate d^ammoniaque se transforme, par

l'cvaporation , en isamate jaune id. chloré.

Cet isamate, par la dessiccation, donne de Tisa-

mide jaune id. chlorée.

L' isamate et Tisamide donnent , avec les acides,

soit de l'acide isamique, soit de Tisatine id. chlorée.

L'isatine se combine avec le bisulfite de potasse ,

pour former un isatosulfite. id. chloré.

Etc., etc

Qù^en pense M. Wœhler? Si ce n'est pas aussi merveilleux que le sulfate de manganèse chloré, peu s'en faut.

Voyons quelle fut la réponse de Berzelius à mon Mémoire sur l'isatine.

Et d'abord je dois faire remarquer que la découverte de la chlorisatine et de la bichlorisatine avait été faite par M. Erdmann, qui ne connaissait pas l'isatine.

Berzelius , en rendant compte du travail de M. Erdmann, mit beaucoup d'insistance pour démontrer que les faits qui y étaient relatés , loin de s'accorder avec les idées que Ton avait émises sur les substitutions , venaient au contraire prêter iin nouvel appui au dualisme. Puis , avec son habileté ordinaire, il nous fit connaître le véritable arrangement des atomes dans la chlorisatine et la bichlorisatine.

Le dualisme, pour la troisième ou quatrième fois , jouait de malheur; car, au moment où M. Erdmann publiait son Mémoire, je découvrais l'isatine, je faisais avec elle directement ses dérivés chlorés et bromes, je leur trouvais une composition différente de celle que leur avait attribuée M. Erdmann, et celle nouvelle composition venait confir-

mer d'une manière étonnante les idëes que j'avais sur les substitutions.

En recevant mon Mémoire, Benelius reprit sa verve ironique; il eut pitié de l'état dans lequel se trouvait mon cerveau , et il chercha à démontrer que Tisatine, l'isathyde chlorées, etc., étaient, celle-ci un ^ofU-^pocA/ornte susporrindeneux, celle*Ià un hypocklorite fkli^indeneux , cette autre un acide du rubindène, etc. Il fallait être aveugle, disait-il, pour ne pas voir cela subitement, à l'inspection des formules brutes.

Un sous-hypochlorite volatil sans décomposition!

Un sous-hypochlorite indécomposable par l'acide sulfurique!

Un sous<*hypochlorite sans action sur les couleurs végétales!

Un sous-hypochlorite d'un oxyde inconnu, de porrindène inconnu ! et tous les composés de Tisatine traités sur le même pied! C'était à ne pas y croire.

Plus maltraité que jamais, je fis paraître de nouveaux Mémoires sur la naphtaline et sur le phényle. Je fis voir que les composés chlorés et bromes ont souvent la même forme que les substances dont ib dérivent.

M. Hofmann , en distillant Tisatine , la chlorisatine et la bichlorisatine , obtint de l'aniline , de l'aniline chlorée et de l'aniline bichlorée. Il annonça que ces dernières possédaient , ainsi que je l'avais prévu , les propriétés alcalines de l'aniline.

En traitant de la cinchonine par le chlore, j'obtins une cinchonine chlorée et bichlorée basiques et isomorphes avec la première.

Je fis agir ces alcaloïdes chlorés sur la lumière polarisée , et celle-ci fut déviée de la même manière, par les uns et par les autres.

Enfin , je préparai avec du sulfate de strychnine un sulfate chloré , et je fis administrer la -même dose de chacun

de ces sels à deux chiens de même taille. Ces animaux succombèrent en même temps , en donnant les mêmes symptômes d*empoisonnement.

Que fallait-il faire encore pour convaincre les partisans du dualisme? Couleur, solubilité, volatilité, densité de vapeurs, formes cristallines, métamorphoses, action sur la lumière polarisée, action sur l'économie animale, toqt venait déposer en faveur des substitutions.

Mais les expériences ne servaient i rien; le dualisme avait juré qu'il n'en démordrait pas.

Je venais de m'associer avec M. Gerhardt pour défendre et propager nos idées communes. Honteux de sa défaite , ce fut pour le dualisme une occasion de se venger. Disposant de nombreux Annuaires Scandinaves, germains et gaulois, il n'épargna aucune circonstance pour dénigrer mes travvaux , passer habilement sons silence les faits qui étaient favorables à mes idées, persifler mon style , injurier ma personne; j'étais un imposteur, le digne associé d'un brigand, etc., et tout cela pour un atome de chlore mis à la place d'un atome d'hydrogène , pour une formule cor^ rigée!

Je pardonne au dualisme ses injures, mais sa mauvaise foi , jamais. En voici l'histoire édifiante :

Que répondre à mes derniers travaux? car enfin des injures ne sont pas des raisons. Persister à nier l'analogie de certains composés, avec leurs dérivés chlorés, n'était plus possible; on s'empara de cette analogie même, que Ton avait tant niée, pour la retourner contre moi. Pour la troisième ou quatrième fois , on changea les formules de Tisatine et de la chlorisatine; puis on s'écria, sur un ton vainqueur : Si M. Laurent n'avait pas eu l'esprit tordu et faussé par ses absurdes théories, il aurait reconnu que l'analogie de l'isatine avec la chlorisatine tient aux copdlxs que ces deux corps renferment.

Un mot tombé de la plume de M. Gerhardt se transformait ainsi en une idée lumineuae pour le dualisme.

Dès ce moment, tout fut copule : les acides acétique, formique, butyrique , margarique , etc., les alcaloïdes, les étbers, les amides, les anilides, etc., devinrent des corps copules. De sorte que pour faire de Tacéunilide par exemple, on ne prend plus aujourd'hui de Tacide acétique et de Taniline , mais de l'acide oxalique coptdé que l'on recopule avec de l'ammoniaque copulée. Je n'invente rien , je ne cbai^e rien : est-ce ma faute si , en écrivant l'his* toire, j'ai l'air de faire un roman?

Qu'est-ce donc qu'une copule ?

Une copule est un composé imaginaire dont la présence déguise toutes les propriétés chimiques des composa avec lesquels il est uni.

Ainsi , l'acide margarique renferme de l'acide oxalique uni à la copule C'^H**; et l'acide butyrique, de l'acide oxalique uni & la copule CH^*.

Mais, dira- ton ,t{u'est-ce qui prouve que les acides margarique et butyrique renferment de l'acide oxalique?

Et c'est précisément parce que rien ne le prouve , qu'ils en renferment. Ne venons-nous pas de dire que les copules déguisent les propriétés des corps auxquelles elles sont unies ? Or, si par une réaction , on parvenait à rendre probable l'existence de l'acide oxalique dans l'acide margarique, cela prouverait que l'acide margarique n'est pas un corps copule!

Les réactions sont ici complètement insuffisantes pour nous dévoiler ce mystère, il faut l'esprit pénétrant du dualisme. Eh bien, soit! l'acide acétique est un corps copule; quel rapport cela a-t-il avec l'analogie qui existe entre certains corps et leurs dérivés ?

Le voici : l'acide acétique, disent ces messieurs, renferme maintenant de l'acide oxalique copule avec C* H*. L'acide trichloré renferme aussi de l'acide oxalique, mais sa copule

( nSo)

est C*C1*. Or, en mcltant en regard la œmposition des deux acides, on voit de suite que les atomes y sont disposes delà même manière , et que par conséquent ils doivent avoir des propriétés analogues :

(C»H«)C>0» + H>0, (C'a«)CO»-f-H*0.

La mauvaise foi est-elle flagrante? et que m'importent et vos copules, et vos radicaux, et tous vos châteaux de cartes? N'ai-je pas dit et redit que j'ignorais l'arrangement des atomes dans l'acide acétique; n'ai~je pas répété que, en tout cas, l'acide chloré devait avoir le même arrangement atomique que l'acide normal; n'ai -je pas dit que l'analogie qui existe entre ces deux acides était due à cet arrangement?

Est-ce que vous dites autre chose maintenant? Seulement, pour d^uiser votre défaite, vous habillez vos formules avec des copules , et vous prétendez connaître enfin le véritable arrangement des atomes. C'est possible, mais votre pénétration, sous ce rapport , me parait aussi suspecte que votre bonne foi ; vous avez trop souvent varié dans votre manière de voir à ce sujet , pour que je m'en rapporte à vous sans preuves.

Enfin, bon gré mal gré, la substitution de Thydrogène par le chlore est un fait désormais acquis à la science.

Nous verrons plus tard que ce simple fait retourne la science dans un autre sens , et permet de classer, nommer et formuler facilement la moitié des substances organiques.

Des substitutions azotées.

L'azote, le phosphore, l'arsenic et l'antimoine forment un groupe de corps équivalents, et qui ne paraissent avoir aucune analogie avec d'autres corps.

On peut dire qu'ils n'exercent aucune action sur les substances organiques , qu'ils ne se combinent pas directe-

ment avec elles , et qu'ils ne se déplacent même pas mutuellement de leurs propres combinaisons.

Enfin , ils possèdent un caractère très-remarquable, c'est de donner naissance aux alcaloïdes.

L'aaote nous représentant le phosphiwe, l'arsenic et l'antimoine, nous pouvons donc dire que la chimie organique* ne comprend que les combinaisons du carbone avec l'oxygène, l'hydrogène et Tazote.

Mais il est à remarquer que l'azote n'entre pas , si je puis m'exprimer ainsi , au même titre que les autres corps dans les substances organiques. Il semble que celles-ci ne comprennent que le carbone , l'hydrogène et l'oxygène , et que Tazote n'y entre que comme le représentant de l'ammoniaque, d'une part, et des acides nitreux ou nitrique, de l'autre.

Nous dirions volontiers que l'azotobenzide orangée, non oxydée, renferme un reste de l'acide nitrique qui n'attend qu'une influence favorable pour le régénérer , et que le cyanogène, non hydrogéné, renferme un reste de l'ammoniaque qui est tout prêt à régénérer celle-ci. Je reviendrai sur ce sujet, qui nous permettra d'établir une division importante dans les substances organiques.

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