‹ Méthode de chimieChapitre 75 sur 109 · NEUTRES · texte numérisé non relu

NEUTRES

L'ammoniaque exerce son action, non-seulement sur les acides, mais encore sur certaines matières oi^aniques neutres 9 en éliminant de Teau, et en formant par conséquent des composés qui ne sont pas sans analogie avec les corps copules; aussi la plupart d'entre eux sont-ils capables de se dédoubler, comme ces derniers , en absorbant de Teau. Si tous ne peuvent pas subir ce dédoublement , sous Tinfluence des acides et des bases , la raison en est très-simple. On Ta vu plus haut, pour moi, Taniline est un corps copule , c*est la phénolamide ; si on la met eu présence des acides, ceux-ci, au lieu de la dédoubler pour s'unir i l'ammoniaque, se combineront simplement avec elle; et si on la traite par les alcalis , ceux-ci n'auront également aucune tendance à opérer le dédoublement, puisque le phénol est une substance neutre.

Les acides monobasiques, comme nous le verrons tout a Fheure, ne forment d'amide, imide, etc., qu'avec un seul équivalent d'ammoniaque, car les amides de la forme

2 A -4- H* N — X Aq et

A'H- 2 H* N — X Aq sont suspectes.

Nous verrons également qu'il n'y a pas, pour les acides

Inbasiques , d'amides de la forme :

A -l-3e>N — xAq, A"+4H^N — xAq; Etc.

Eh bien , les corps neutres , ceux qui n'ont pas de capacité de saturation, ou dans lesquels on pourrait à peine soupçonner que cette capacité est égale à l'unité, sont suscepti-

Lies de se copuler, en proporlious irès-di verses , avec l'ammoniaque. Ainsi, Tessence d^amandes amères donne les combinaisons suivantes :

Benzolanilide Ess -|- H^N — Aq (*);

Dibenzalimide 2 Ess 4- H* N — Aq;

Thiobenzaldinc 3,Ess -h H» N — Aq (**);

Hydrobenzamide. 3 Ess + 2 H' N — 3 Aq;

Hydrobenzam. quadri-tiréique. 3 Ess + 4 ^^^^ — 3 Aq.

Lebenztle, la benzoïne, l'isatine, etc., neutres donnent également des amides les plus diverses.

C'est parmi ces CQmposés que se trouvent probablement la plupart des alcaloïdes.

Ainsi, l'ammoniaque donne :

Avec l'hydrure de benzoïle, de Tamarine;

Tbydrure de benzoïle nitré , de Tamarine nitréc \ le furfurol , de la furfurine ; Taldébyde sulfurée, de la thîaldine.

Je pense que les amides de la forme A -+- B — Aq, qu'on obtiendra avec les aldéhydes et les alcools, seront alcalines. On devra avoir, soit directement, soit indirectement :

Aniline OH«0 -f- H»N -« Aq;

Phénaldéhyde.

Base cies sels de cacodyle . C H* O 4- H' As — Aq ;

Aldéhyde.

Méthylaniine C H' O -f- H ' N — Aq ;

Méthol.

Élliylamine C H« -f- H»N — Aq.

Alcool.

L'amarine , la furfurine , la thialdine , la stibélhine (***)^

(*) Dans ce cas , ee n'est pas Tammoniaque, mais Taniline qui forme cette combinaison. Peu importe pour ce que je veux démontrer. {**) Il faut remplacer tout Toxygcnc par du soufre dans cette équation. (****) Je donne ce nom à la base ou à l'ammoniaque des sels de stibétbyle.

paraissent être des alcaloïdes à radicaux composés et aldéhjdiques.

Ainsi, ramarine 3C' H*0-|-2H»N — 3Aq;

Aldéhyde benxoîque.

la furfurine. . . ....... 3C*H^0'4-2H»N— 3Aq;

Aldéhyde furfurique.

la thialdine 3C'H*S + H*N— Aq suif.;

Aldéhyde tolfurée.

ACTION DE L*AMlCOiaÀQUB SUR LBS CHLORfDES, CYAHIDSS, ETC.

Le chlore , le brome , Fiode , le fluor et le cyanogène ont toujours été considérés comme les équivalents (d'apr&s la fonction) de Toxygène. Aussi dit-on que le chlorure de potassium correspond à Toxyde , le perchlorure de fer au peroxyde 9 le chloride phosphorique i l'anhydride, etc.

C^est encore k cause de cette équivalence que l'on a comparé les oxysels et les sulfosels aux chlorosels, et que l'on a miS) dans une même catégorie , les combinaisons des anhydrides et des chlorides avec rammoniaqtie.

J'ai fait voir, dans un des chapitres précédents, de quelle nature sont les combinaisons ammoniacales avec les anhydrides ] je vais maintenant démontrer que les combinaisons des chlorides sont d'une toute autre- nature, et fournir par conséquent une nouvelle preuve que Foxygène et le soufre ne sont point les équivalents du chlore et du brome. Je considérai d'abord les combinaisons des chlorides avec Tammoniaque comme des sels chloramidés. Ainsi, le chloride de titane devait former, avec i atome d'ammoniaque, de l'acide chlorotitanamique = Cl* Ti NH'; puis , avec un second atome, du chlorotitanamate d'ammonium = C'TiNH'Am. L'expérience semblait venir à l'appui de ma manière de voir, puisque le bichlorure platiniquc

( ^79 ) ne précipite, de ces composés, qu'une partie de l'ammoniaque.

Cependant je ne tardai pas à abandonner cette opinion, et, pour me rendre compte du fait précédent et d'autres propriétés de ces combinaisons, je fus conduit à ne consi* dérer toutes celles-ci , au nombre de quarante ou cinquante^ que comme des mélanges de cblorure, bromure, iodure, fluorure, cyanure d'ammonium, avec de nouyelles amides, chloramides, bromamides, etc. On devait avoir, par exemple, avec le cUoride RQ' et Tammoniaque :

RCP-t- H»N— HCI = RC1%H»N, RC1»-|- H'N— 2HC1 = RC1,HN, RCI»4- H'N — 3HCl=:R,N, RC1»-|-2H*N— 2Ha=:RCl,H<N% Etc.

L*acide chlorique, au lieu de se dégager, devait se combinera l'ammoniaque', de là un mélange de sel ammoniac et de cliloramide, ayant Tapparence d'une simple combinaison du chloride avec l'ammoniaque.

L'expérience est venue confirmer, d'une manière complète , ma manière de voir. Ainsi l'on a avec

Le chloride arsénieux. As CP + H' N -> 2 Cl H = As Cl NH ;

Ou , pour le mélange. . As CP + 3 H' N — 2 Cl Am=: As Cl MH ;

Le chlorure de cyanog. CnClH- H>N— Cl H =CN'EI';

Le chloride phosphoriq. PCI* 4- H» N — 3 Cl H =PCPN.

Ces chloramides As Cl NH,1?C1*N, etc., doivent aussi être considérées comme des corps copules qui ont éliminé ^ non de l'eau, mais de l'acide chlorhydrique , et qui , en absorbant de l'eau , régénèrent, non le chloride et l'ammoniaque, mais un composé correspondant au chloride et à Tammoniaque.

Ainsi, le chloride phosphoreux ammoniacal élimine Cl H et donne, avec Trau, de Tacide phosphoreux ;

( 2So )

Le cUoride phosphorique ammoniacal élimine Cl H et donne, avec l'eau, de Facide phosphorique*

Plusieurs chlorides se transforment en amides non chlorées qui sont identiques à celles qu'on obtient , ou que l'on pourrait obtenir avec les oxysels d'ammonium. Ainsi, le chlorure de benzoïle donne de la benzamide, et le chloride phosphorique se transforme en phosphamide.

11 serait impossible aujourd'hui d'indiquer quels sont les rapports qui existent entre les propriétés des chloramides et les équations de leur formation. Pour parvenir à les découvrir, il faudrait partager d'abord les chlorides en chlorides mono, bi et tribasiques; puis, suivant la quantité d'ammoniaque absorbée et d'acide chlorhydrique éliminée, on établirait les catégories suivantes :

Chlorides monobasiques.

Chlorides.. .. -f- H'N— i,a, 3 HO.

Chlorides bi basiques,

l -h aH'N — I, 5i, 3 HU.

Chlorides iri basiques.

I-h H^N— I, îi,3 HCI; + 2H>N— 1,2,3 ... HCI; -f-3H'N — I, 2, 3 HCI.

Toutes ces chloramides doivent donner, soit avec l'eau, soit avec les bases, l'alcool, l'ammoniaque, la chaleur, etc., une foule de composés intéressants et de réactions inattendues.

Ainsi , la chloroeyanilide , par la chaleur seule, forme de nouveaux corps; la chlorophosphamide, avec les bases, peut se transformer en acides pyrophosphamique et pyrophosphodiamique; la chlorarsénimide donne d'abord, avec l'eau, un chloro-arsénjte d'ammonium, puis de Tacide arsénicux, etc.

Le chlorure de soufre se comporte autrement que les autres chlorides, par la raison toute simple quHl n'y a pas d'acide oxygéné correspondant. Il devrait donner 3 Cl» S 4- H« N« = 3 Cl* W 4- S» NV Mais S» N« se décompose en sulfure d'azote S*N* et en soufre; de sorte que le chlorure de soufre ammoniacal est ai^ moins un triple mélange de chlorure d'ammonium, de soufre et de sulfure d'azote.

Suivant M. Rose, lechloride stannique et l'ammoniaque donneraient une combinaison , et non un mélange, soluble dans Teau et susceptible de se sublimer sans décomposition. Il serait très-important de vérifier ce fait; cependant je dois faire observer qu'il me parait suspect, parce que M. Rose trouve dans le produit primitif 10,9 d'ammoniaque, et i3,3 dans le produit sublimé. De plus, Vuiâ et l'autre auraient pour formule

tandis que, d'après MM. Persoz et Grouvelle, le produit non sublimé renfermerait Cl^ Sn + 2 H* M*.

Cependant le chloride stannique pouvant être considéré tout aussi bien comme un chlorure que comme un chloride, on pourrait admettre que la combinaison de MM. Persoz et Grouvelle est un chlorure d'ammonium

stannicé := Cl + ^^ N , et que la combinaison de M. Rose

est un chlorure double de stannicum et d'ammonium stan-

nîcé=(Cl,Sn)-f-(ci,^°NV

On sait d'ailleurs que le chloride stannique donne la combinaison suivante avec le chlorure d'ammonium :

2{Cl,Sn)+(Cl,H'N).

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