‹ Méthode de chimieChapitre 76 sur 109 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

RAPPORTS QUI EXISTENT EOTRE LES ÉQUATIONS Et LES PROPRIÉTÉS DES DIAMÉRIDES.

Nous venons d'examiner les produits qui proviennent de r action des acides , des chlorides, de rammoniacpie, etc., sur les substances organiques. Considérons-les maintenant d'une manière générale , afin de voir s'il existe quelques rapports entre les équations de leur formation et leurs propriétés.

Un seul et même corps peut s'obtenir par plusieurs procédés différents. Si donc nous voulions comparer les propriétés et le mode de préparation de deux corps , et si nous prenions, au hasard, une de leurs équations, nous ne parviendrions à faire aucun rapprochement entre celles-ci et les propriétés de ces deux corps. Ainsi les nitryles beuzoïque et acétique s'obtiennent de la manière suivante :

C H« O' -H H» N — 2 Aq = nitry le benzoîque , C NH -H (? H* O — Aq = nitryle acétique ;

et malgré les analogies qui lient ces deux nitryles , nous n'en saisissons aucune dans leur mode de préparation. Mais il n*en s^t^ plus de même si , à l'équation du nitryle acétique, nous substituons celle-ci :

C'H*0'-f-H'N — 2Aq.

On voit donc qu'il est nécessaire de faire un choix dans les équations. Je prends toujours celles qui se rapportent aux acides et à l'ammoniaque, l'aniline, etc., s'il s'agit d'àmides , d^anilides , etc. *, celles qui se rapportent aux acides et aux alcools méthylique, éthylique, etc., s'il s'agit d'éthers. Une équation présente- t-elle de Thydrogène sulfuré, de l'acide chlorhydrique par exemple; je la transforme, lorsque cela est possible , en é(|uation qui renferme de Fcau.

Ainsi , si je voulais comparer la formation de la benzamide à celle de Véther benzoïque, je n'écrirais pas les équations de la manière suivante :

Chlor. de benz . C H* Cl O 4- H' N — Cl H = bcnzamide ,

Ac. bcnzoïquc . C H« 0» -H C» WO — H* O = éther bcnioïque ;

je transformerais la première en celle-ci:

C H« O» f- H* N — H' O = benaamidc,

quand même cette amide ne pourrait s'obtenir par le dernier procédés

Si j'avais à comparei* la tbialdine avec un autre corps, je n'écrirais pas sa préparation de cette manière:

3C'H*0 4- 2H»S -h H»N — 3 H' O = thialdînc ,

je commencerais d'abord par opérer la substitution du soufre à Toxygène et j'écrirais

puis je donnerais la réaction

a*. 3C»H*S-f-H?N — H*S=lhialdine, que je transformerais même en celle-ci :

3 C H* O -+- H* N — Aq = aldine inconnue.

< Je pourrais alors, en comparant à l'amarine et à la benzo-*

limide par exemple, voir en quoi les équatîonsde ces corp»

se ressemblent ou di fièrent: .

3C'H«0H- 2H»N— 3Aq=:amanDe; a C H« O + H' N — Aq = benzolimide ; 3C^H*0-h H^N— Aq = aldine.

Cela posé , essayons d'abord d'établir une classification parmi tous les produits que nous avons à examiner. Non», pourrions partager tous les corps composés, tant de la chi-« mie minérale que de la cliîmîc organique , en deux grandes classes comprenant :

La première, les combinaisons simples ;

La deuxième^ les combinaisons copulées et celles qui s'obtiennent avec dégagement d'acide chlorhydrique.

Dans la première se trouveraient les acides , les sels, même ceux d'ammonium, Tacide formiobenzoïlique,etc. Cependant ce dernier n'est pas sans analogie avec les corps copules de la deuxième classe : en effet, ce qui nous frappe dans ceux-ci , dans les éthers par exemple, c'est de voir que les propriétés des corps qui ont servi à les former y sont dissimulées; c'estqu'ils ne se prêtent plus à la double décom* position saline ordinaire ; c*est d'être, néanmoins, susceptibles de se scinder en deux ou un plus grand nombre de produits qui sont précisément ceux qui ont servi à les former. Sous ce rapport , l'acide formiobenzoïlique est un véritable corps copule. Mais pour ne pas jeter de confusion dans les noms et les définitions, je considérerai d'abord tous les sels métalliques , les sels d'ammonium, d'aniline, etc. , comme des variétés de leur acide , à côté duquel je les placerai ; puis je partagerai tous les corps composés en deux grandes classes comprenant :

Les aplânes^ c'est-à-dire les combinaisons simples, et

Les diamérôneSy c'est-à-dire les combinaisons complexes ou divisibles (i).

Dans les aplôoes viennent se ranger l'oxyde de carbone , l'ammoniaque, les acides nitrique, chlorhydrique, formique , acétique, etc., leurs sels , la plupart des carbures d'hydrogène , les halydes , les aldéhydes , elc .

Dans les diamérônes nous trouvons tous les corps qui se forment par l'action des aplôncs les unes sur les autres , ai^ec ou sans élimination d'eau ou d'acide chlorhydrique, corps qui ne se prêtent pas à la double décomposition saline ordinaire , et qui se comportent comme s'ils étaient formés

(i) Je ne croU pas nécessaire d'entrer dans de pins grands détails sur cc& définitions. Certainement l'acide suUurique (aplône) est divisible. Mois il s'agit ici d'une divisibilité relative ; ainsi la sulfanilid« est une dùunérône.

( =»85 ) de deux ou d^un plus graud nombre de groupes susceptibles d'être séparés les uns des autres»

Je divise les diamérônes en

Diamérônes A , qui se forment avec élimination d'eau, d'acides sulfhjdrique (i)^ chlorhydrique; et en

Di'arfiérônes B y obtenues sans élimination.

Je laisserai de côté ces dernières qui renferment des corps dans le genre de Tacide formiobenzoïlique

= CH>0»-f-C'H«0;

du cacodyle composé , comme je Tai démontré , de deux

groupes identiques Kk Kk et susceptible de division sous

Finfluence du chlore qui donne a Cl Kk;

du stilbène , qui renferme peut-être 2 C^ H^ ;

de la métaldéhyde = 3 C* H* ;

de la quinone verte = C«H*0* + C«H«0«; etc.

LfCs diamérônes A se partagent naturellement eu hydro^ diamérides produites avec élimination de H' O, H'S, H*Te, H* Se, et en halodiamérides produites avec élimination de HQ, HB, HI, HFl.

Je ne reviendrai pas sur les halodiamérides \ ce que j'en ai dit plus haut suffit. Je ferai seulement remarquer qu^e toutes les halodiamérides, dont une des équations pourra se rapportera une équation d'hydrodiamé ri de, devront être classées dans ces dernières. Ainsi la phosphamide, qui s'obtient par le chlorure de phosphore et l'ammoniaque avec élimination d'acide chlorhydrique , devra être considérée

(i) Un corps qui se forme avec dégagement d'acide sulfhydrique n'est pa»

nécessairement un corps copule : ainsi l'hydrure de benaoile donne, avec

( C'H»0-»-H^S= ) ^ l'acide sulfhydrique, cette réaction : j ^^ , [«.Dans ce cas, ce

n'est qu'une simple substitution de Toxygène par le soufre. De même, lorsque Tacide sulfurique et le sel marin s'unissant, dégagent de Tacide chlorhydrique, il ne s'opère qu'une substitution du sodium à l'hydrogène. Mais le lecteur bénévole me permettra de passer rapidement sur les explications de ce genre.

( ^86 ) comme du phosphate d'ammonium moins de Teau, et, par conséquent, placée dans les hydrodiamérides.

Les hydrodiamérides doivent comprendre, à peu près, ce que l'on nomme les corps copules proprement dits. Cependant j'y range encore l'anilina , Thydrohensumiide, Vamarine, la quinonamide, la thialdine , etc., c*est-à-dire des composés qui s'obtiennent par la réaction de corps neutres ou alcalins les uns sur les autres. J'y range même toutes les combinaisons azotées , excepté les primitives qui sont les acides nitreux, nitrique et Tammoniaque (i); car, suivant moi , toute substance azotée renferme soit un résidu nitreux ou nitrique (les produits artificiels comme Tacide fulminique, la nitrobenzide, Fazotobenzide , Féther nitreux), soit un résidu ammonique (l'acide cyànique, les alcaloïdes, les amides).

En ayant égard aux fonctions et à l'origine des hydrodiamérides , on peut y établir les divisions suivantes :

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