‹ Méthode de chimieChapitre 94 sur 109 · CLASSIFICATION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION GÉNÉRALE

PREMIERE SECTION

PRINCIPES FONDAMENTAUX. - THÉORIE DES NOYAUX DÉRIVÉS (Carémidis). — THÉORIE DES DIAMÉRIDES. — FORMULES SYNOP- TIQUES.

PRINCIPES FOHDAHEITTAUX. .

Dans la première partie de cet ouvrage, j'ai fait voir combien les principes sur lesquels on s'appuie ordinairement pour classer les corps, sont incertains ou contradictoires. On se rappelle que pour Thuile de gaulthcria nous avons hésité entre dix ou douze places différentes , et que, en voulant partir d'un principe unique, de la théorie des radicaux composés , nous nous exposions a tomber, à chaque pas , dans des hypothèses plus embarrassantes les unes que les autres.

Je vais exposer, à mon tour, les principes fondamentaux sur lesquels je ferai reposer ma classification ^ les voici :

i^. Les combinaisons sont formées dans des rapports très-simples f et les métamorphoses se font aussi sui\>ant des équations très-simples*

Je citerai la composition d'un des corps les plus coiur plexes, celle de la myricine C**H'*0*, qui, malgré les grands nombi^es, peut se représenter par i molécule d'acide cétique plus i d'alcool mélissique , moins i molécule d'eau ^ celle de l'acide cétique, par i molécule de cétène, plus 2 molécules d'oxygène*, celle de l'alcool mélissique par

I molécule de mélissèiic, plus i molécule d'eau ^ enfin, celle du célène et du mélissène, par i mol^ule de carbone et i d'hydrogène.

Au lîeu de ces rapports si simples, voici ceux qu^on admet ordinairement : la myricine renfermerait C*' H'*^ O^ et serait composée de i molécule d*acide cétique anhydre et de I d'oxyde de mélissyle. Ces deux derniers corps C" H" O» + O et €•• H*" 4- O ne seraient plus susceptibles de simplification à cause des nombres 62 et 122, ou en équivalents 3i et 61, qui sont indivisibles.

Lorsque j'ai mis ce principe en avant, il y a quinze à dixhuit ans, on était loin de Tadopter, et, aujourdliui même, je ne connais personne qui soit disposé à en reconnaître la justesse. Aussi, a chaque pas rencontre*t*on des formules et des équations inacceptables, dans le genre de celles-ci :

Protéine O»H"N'»0'»;

Fibrine loC*» H^N'^O" -h S Ph»;

Fibrome €>• H"N'» 0" ;

Éponge 2oC^H"N'»0" -h PPh'»S*;

Bromate de cobaltammon. 6 B' 0*-h Co^ CH+ 1 4 H' N + 1 2 H'O ; Anorthite, . . (SSîCy-hgR'O) -h(8SiO^-h8R*(y).

Jction de t acide carbonique sur un carbonate de magnésie :

1 1 (8C0» -h gMg'O -h 5 H»0) -h 2C0* = 9(ioC0»-h iiMg»0-h5H»0)-h ioH»0.

Jction de la potasse sur un produit chloré du méthol :

3C'»H'*CI'»0*-|-9K«0-+-8H»0 = i8CIK-h4CH'0«-h6C«H«0»-f-2C*H*Cl«.

Décomposition du rubian par les acides :

Décomposition de l'acide rubérythrique par les acides :

Certainement, les chimistes ont reconnti depuis longtemps que, très^souvent, les combinaisons et les réactions ont lieu dans des rapports simples ; mais ils n'ont jamais songé, en présence des formules et des équations précédentes, k adopter le principe que je viens de citer.

a^. J'admets, avec tous les chimistes , que les propriétés des corps composés dépendent de la nature, du nombre et de V arrangement des atomes^ mais j' admets de plus que V ordre a souvent plus d* influence que la matière sur ces propriétés»

Ici , j'ai en vue les substitutions chlorées , Fisatine et la chlorisatine.

3®. Les propriétés des corps composés dépendent aussi des /onctions que remplissent les corps simples qui les constituent.

Ceci pourrait être considéré comme ime variante du principe précédent; cependant, en se rappelant que nous avons attribué plusieurs équivalents à un même corps simple , suivant les fonctions qu'il remplit, ou verta que la distinction que j'établis est nécessaire.

Mais pour appliquer ce principe, il faudrait avoir un tableau des corps simples dressé d'après leurs fonctions , dans le genre de celui-ci :

Ph

Se

Na

As

Mn

Mn

Sb

Fe

Mn

Fe

On j voit le manganèse occuper trois places différentes , dans la deuxième série a cause des manganatcs, dans la troisième à cause des permanganates , et dans la quatrième à cause des sels de manganèse. Il doit même occuper deux places différentes dans cette quatrième série, l'une à côté du magnésium, k cause des sels de manganosum, et l'autre à côté de Taluminium, à cause des sels de manganicum.

Je ne dois pas oublier de rappeler qae M. Hœfer, dans sa classiGcation des corps simples , a eu le premier Fidëe de placer le fer et le manganèse k o6té du magnésium et à côté de l'aluminium.

A la rigueur, ce n'est pas le fer qui est analogue à Taluminium et au magnésium, mais bien les combinaisons de PoiLyde ferrique avec celles de Talumine, et les combinaisons de Toxyde. ferreux avec cdiles du magnésium. Aussi je crois qu'il vaut mieux , pour respecter les analogies , dcmner aux divers équivalents du fer des noms, des poids et des symboles différents , comme dans le tableau suivant.

En étudiant les substitutions, nous avons vu que, quelque nombreux que fussent les corps simples qui entrent dans un composé organique, on pouvait toujours les rapporter aux trois suivants : carbone, hydrogène et oxygène, en y joignant l'azote comme le témoin de l'ammoniaque où des acides nitreux et nitrique. Je laisse de côté le silicium , le tantale, le titane, etc., auxquels je ne saurais aujourd'hui assigner une place cmivenable. Par conséquent, lorsque nous rencontrerons un composé dans le genre de oehd-ci, C*CrKPhS, en ayant égard aux fonctions que remplissent chacun des corps simples qui le constituent, nous le ramènerons immédiatement au type normal C H' NO. U faut, bien entendu , en excepter les cas dans lesquels un acide minéral est uni par exemple à un alcaloïde ou k un alcool pour former soit un sel , soit une amyde, soit un éther, etc.

Ainsi , le sulfate d'ammonium SO^ H* + H' N' ne doit pas cire ramené au type H» N» O», la sulfanilide S0« C"H" N» au typeC"H" J\« O", et le chlorate d'éthyle Cl 0»H-hC«H* au type C* H* O».

4". Les rapports qui existent entre le nombre des atomes du carbone et celui des atomes de Fkjrdrogène, de FoxygènCf de Fazote^ etc., exercent, sur les corps cornposés y une influence telle, que deux corps qui offrent des rapports semblables ont dès propriétés semblables.

( 391 ) . Jusqu'à présent, on s'est borné à constater que lorsqu'on altère le nombre des atomes qui entrent dans un corps composé, on altère aussi ses propriétés. Ceci découle du principe, que le nombre des atomes exerce une influence sur les propriétés de la matière. Ainsi l'oxyde de carbone et l'acide carbonique ne se ressemblent pas.

Dans mes premiers essais sur la classification, j'ai signalé les rapports qui existent entre le carbone et l'hydrogène (nCH*) du méthylène, de l'éthérène, dubutyrène, du cétène, etc. ;. entre le carbone .et Thydrogène (nCH*) des acides forraique , acétique , butyrique , etc. , cétîque et margarique ; entre le carbone et lliydrogène {n C* H^ + H* ) des radicaux méthyle, éthyle , amyle, etc. ; entre le carbone et l'hydrogène (nC* H* — H") des acides anhydres formîque, acétique, stéarique, etc.; entre le carbone et Thydrogène (C*H^)des combinaisons citréuique, térébénique, camphorique, pinique, sylvique, etc. Et c'est en me basant sur ces rapports que j'ai cru devoir, contrairement aux idées reçues, mettre dans une même classe les acides formique, acétique, stéarique et mai^arique.

J'ai également signalé les rapports qui existent entre le nombre des atomes dliydrogène, des carbures d'hydrogène et la somme des atomes d'hydrogène et de chlore, ou de brome des halydes et des hyperhalydes.

J'ai encore appelé l'attention des chimistes sur d'autres rapports de même genre qui n'étaient pas toujours basés sur des formules parfaitement exactes. Souvent même je me suis permis, et quelquefois avec raison, d'altérer les formules pour les faire coïncider avec mes idées.

Aujourd'hui > après que l'expérience a redressé beaucoup d'err^rs, je signalerai de nouveaux rapports, et je m'en servirai pour ma classification; mais je suis loin de pouvoir donner quelque chose de complet sur ce sujet; c'est une tentative qui mérite d'être poursuivie. Ainsi , l'on remarquera que , dans les acides simples et monobasiques (je ne

(39») parle pas des combinaisons qui renferment de l'azote), il y a presque toujours i volume d'un carbure d'hydrogène pour I volume d'oicygène ; dans les acides simples et bibasîques , I volume pour a ^ dans les aldéhydes , 2 volumes pour I. Dans les acides complexes (diaméracides, acide sulfobenzoïlique), on trouve, bien entendu, d'autres rapports. On en trouve paiement d'autres dans Tacide carbonique et dans les acides salicylique et anisique^ maison verra que ces derniers rapports peuvent être ramenés aux deux premiers.

Si certains acides, comme le citrique, le méoonique, le lactique, l'euxanthique , le tannique, etc., présenlent des rapports bien différents, c'est parce qu'ils ont également des propriétés bien différentes de celles des acides précédents et qu'ils ne sont peut-être aussi que des acides complexes.

Certains corps azotés comme les combinaisons uriques , alloxaniques , dialuriques , etc., présentent, en apparence, des rapports insolites et des métamorphoses sans analogues dans la science. J'espère faire voir que ces rapports et ces métamorphoses n'ont rien que de très-ordinaire :

Oxygène O

Soufre S

Ferran Fe

Magnésium... ,Mg Cobaltosum. . • Co Ferrosum Fe

Mangan. Mn Manganosum. . Mn

ÂlumiDium... Al

Cobalticum ... Co

Ferricum fe

Manganicum . mn

5"^. Comme la plupart des chimistes, j'admets quil y a une certaine prédisposition dans rarrangement des atomes, avec cette différence, que je crois qu'il nous est impossible de connaître cet arrangement ^ mais que nous pouvons néanmoins saiH>ir si dans tel corps il est le même que dans tel autre.

Ainsi j'admets que l'arrangement atomique est le même dans Tacide benzoïque et l'acide benzoïque nitré, dans Tacido acétique et l'acide chloracétique , dans l'isatine et la chlorisatine, dans la benzamide et Télher benzoïque,

quoique, dans aucun cas, je ne puisse dire quel est cet arrangement.

6^. Pour déterminer la place quun corps doit occuper dans une classification^ il faut avoir égard, non-seule^ ment à la *nature^ au nombre et à l'arrangement de ces atomes, mais encore et principalement, à ses métamorphoses ou à sa génération.

Je reviendrai dans un instant sur ce sujet.

En résumé, pour avoir une classification parfaite, il faudrait tenir compte

De la simplicité de la composition ^

De la simplicité des équations ;

Des rapports qui existent dans le nombre des atomes ;

De la nature et du nombre des éléments ;

De leurs fonctions et de celle des corps composés \

De l'arrangement des atomes ;

De toutes les métamorphoses ;

De l'analogie, du volume gazeux, de la densité, de l'isomorphisme;

Du point d'ébullition , de la quantité de chaleur développée pendant la combustion, etc.

Si les corps étaient bien classés , on verrait en même temps que les fonctions , les densités de vapeur, les métamorphoses, etc., le seraient également. Je m'explique par un exemple : les' carbures d'hydrogène NC H* sont sur une même droite dans ma classification. La densité de leur vapeur va en croissant comme les nombres i , a , 3 , 4 ) les points d'ébullition vont en croissant et en suivant une certaine loi ; la quantité de chaleur développée par leur combustion suit également une loi régulière; leurs métamorphoses se ressemblent, le nombre des atomes va en croissant, quoique la simplicité des formules reste la même :

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