‹ Méthode de chimieChapitre 95 sur 109 · CH', C'H*,..., C^H · texte numérisé non relu

CH', C'H*,..., C^H

enfin, ils doivent probablement présenter de l'analogie

(394) dans leurs formes , autant du moins qu^on peuten juger par Tanalogie de forme qui existe entre le formiate , racétate, le propionate et lé butyrate de cuivre, et entre quelques éthers du méthyle et de Téthyle.

La seule difficulté à éviter, cVst que les principes et les caractères sur lesquels on s*appuie ne viennent à se heurter et à jeter de la confusion dans la classification. Il faut donc éviter d^avoir une classe basée sur les fonctions , et puis d^autres basées sur la composition et sur Tarrangement des atomes ; c^r alors on retomberait dans les inconvénients des classifications ordinaires, où un seul corps peut trouver dix places difTérentes.

Par conséquent , il est nécessaire de subordonner les caractères les uns aux autres , tout comme les naturalistes subordonnent le nombre, la situation et la fonction des oi^anes. C^est ce que je vais essayer de faire dans le chapitre suivant.

Idée de la série.

Depuis la découverte de la pile électrique, les chimistes ont partagé tous les corps en trois grandes classes, qui comprennent les corps neutres, positifs et n^atifs. Les neutres, qui portent ordinairement le nom de sels, seraient formés par la réunion d'un corps positif avec un corps négatif soit simple, soit composé. Dans le cas où la réunion a lieu entre deux corps composés , le négatif porte le nom d'acide , et le positif le nom d'oxyde ou d'alcali.

La tendance à considérer les corps neutres comme des sels est si forte , que , quand les chimistes rencontrent des composés aussi diflérents que le sont le sucre , l'éthérène chloré f Toxamide et Fiodure d'azote, les uns des autres, ils s'empressent de faire des hypothèses sur l'arrangement de leurs atomes, afin de prouver qu'ils ont une constitution saline, et que celui^i est un carbonate d'éthyle, celui-là un chlorure d'aldéhydènc , cet autre un amidure

( 393 ) d'oxyde de carbone, et le dernier un iodure double d'azote et d'ammonium. Enfin, au fond de toutes les classifications, on retrouve toujours les divisions suirantes :

Les radicaux simples;

Les radicaux composés ; «

Les acides;

Les alcalis ;

Les sels.

Les divisions que j'emploie n'ont aucun rapport avec les précédentes: ainsi Ton a déjà vu que je confonds dans une seule classe les acides , les oxydes et les sels, sous le nom commun de sels.

En considérant tous les corps de la chimie, je prends pour caractère de premier ordre leur nature simple ou composée; ce qui me donne deux divisions principales en corps simples et corps composés. D'après la nature de la nuuière composante^ je partage ces derniers presque en autant de familles qu'il y a de corps simples. Parmi ces familles, se trouve celle du carbone ou des composés organiques. Je la coupe en tranches horizontales , ce qui me donne une division d'après les fonctions , puis je la coupe de nouveau en tranches verticales, d'après la génération , ce qui me donne les séries dont je vais d'abord m'occuper avec détail.

Le principe qui domine dans les classifications des sciences naturelles consiste k rapprocher les corps suivant leur ressemblance.

Voyons si ce principe est applicable à une classification chimique , et s'il est permis de placer l'un à côté de l'autre les corps qui se ressemblent le plus.

On se récriera , sans doute , à l'idée de séparer Tun de Tautre les corps qui offrent de l'analogie ; mais qu'on se rassure: car j'espère, en partant d*un point de vue plus élevé, démontrer que , tout en plaçant l'un à côté de l'autre

( 396 ) des corps qui ne se ressemblent pas ^ il est cependant possible de réunir en même temps et dans un même genre , les corps qui se ressemblent le plus.

La plupart des substances chimiques ont, pour ainsi dire, plusieurs faces, et, selon celle de ces faces que Ton prend comme terme de comparaison , on est forcé de choisir entre des classes tout à fait opposées.

Prenons comme exemple l'éther oxalique.

Envisagé comme un composé oxalique , on doit le placer à côté des oxalates et de Toxamide ; considéré comme on composé de Téthyle, il faudra le ranger auprès des éthers sulfurique , carbonique, camphorique , etc. ; sous un autre point de vue , nous devrions le mettre avec les oxalates de méthyle , de butiryle , d'amyle , de cétyle, etc.

Dans un cas comme dans Vautre , il sera toujours éloigné de corps avec lesquels il a beaucoup d*a£Bnités.

Ces considérations m'ont amené a me demander si le caractère de ressemblance est véritablement celui qui possède la plus grande valeur en chimie.

Qu'on me permette de supposer pour un instant que les espèces du règne végétal ont été fractionnées de manière que leurs diverses parties , racine., tige, bourgeons, feuilles, pétales, étamines et graines, se trouvent dispersées a la surface du globe. Un botaniste ira-t-il ramasser toutes les racines pour les mettre dans une même classe, ranger toutes les feuilles dans une autre, toutes les étamines dans une troisième? Non, sans doute; car Tobservation et la culture lui apprendront que certaines tiges engendrent certains bourgeons et certaines feuilles ; que ces feuilles se modifient et se transforment en feuilles calicinales, étamines, ou carpelles, d'une certaine nature; que ces carpelles engendrent des graines d'une structure spéciale, qui , à leur tour , reproduisent la tige , des feuilles et d'autres organes. Il serait nécessairement conduit à grouper en un seul tout ces êtres en apparence si disparates ; or , c'est pré-

( 397 ) cisément ce qu'a fait la nature dans la création des espèces végétales.

Je me suis demandé s'il ne serait pas conforme au véritable esprit de la science de grouper les substances chimiques en agrégations dont les diverses parties, disparates au premier coup d^œil , mais s'engendrant réciproquement, représenteraient dans leur ensemble (qu'on me passe l'expression) de véritables arbres chimiques.

Supposons notre arbre chimique constitué: il est évident que certaines parties qui le composent n'ayant pas plus de ressemblance entre elles qu'une feuille de chêne n en a avec un gland, l'étude de cet arbre sera assez difficile, puisque après avoir étudié un objet nous passerons à un autre, avec lequel il n'a souvent qu'un rapport de filiation. Mais l'étude de notre premier arbre une fois achevée, si nous plaçons à côté de lui l'arbre auquel il ressemble le plus , Tétude de celui-ci deviendra très*facile; car, pour ne pas sortir de notre comparaison , nous savotis déjà ce que c'est qu'une tige, un bourgeon, une feuille, etc., et comment ces parties se métamorphosent les unes dans les autres.

Le principe de la génération mutuelle ime fois posé pour une classification chimique, je dois m'expliquer sur ce que j'entends par génération chimique.

Lorsqu'on traite un composé par certains agents , il peut y. avoir ou génération, ou destruction. Il y a génération quand un corps provient d'un autre corps et peut à son tour engendrer celui-ci. Tel est l'acide acétique qui donne de Tacide chloracétique avec lequel on peut refaire de Facide acétique. Il y a destruction dans le cas contraire ; ainsi la métacétone est un produit de destruction du sucre, {f^ojrez, pour plus de détail , les réactions symétriques. )

Les corps qui s'engendrent ainsi réciproquement serviront d'éléments pour la construction de nos arbres ou de nos séries chimiques.

Jusqu'à présent, les chimistes ne sont pas parvenus à

( 398 ) refaire tous les composés à l'aide de ceux auxquels ils onl donné naissance. Il nous faut donc d'autres caractères, à défaut du précédent , pour reconnaitre si deux corps appartiennent à une même série.

Si plusieurs composés se métamorphosent en un seul et même corps, sans perdre du carbone, on peut les ranger dans une même série et en conclure que^ tôt ou tard, on pourra les métamorphoser aussi les uns dans les autres.

Ainsi je range, dans la même série, Tacide phénique, la benzine, la quinone et Taniline, qui peuvent se transformer en chloranil sans perdre du carbone.

Mais outre le caractère que je viens de donner, il y a encore une chose qui est commune à tous les composés d'une même série, et qui permet de tracer les limites de celle-ci. Je vais d'abord l'exposer d'une manière théorique; mais comme, dès la première page de ce livre, j'ai pris l'engagement de ne rien faire reposer sur des hypothèses, je donnerai la théorie dans un chapitre séparé, puis je me hâterai de revenir aux faits, comme seule base solide d'une lx>nne classification.

THÉORIE DBS KOTAtX DÉRIVÉS (cÂRÉMIDBs).

Qu'on me permette de poursuivre la comparaison que j'admettais tout à l'heure. Je demanderai si , indépendamment delà génération ou de la métamorphose, un botaniste ne pourrait pas reconnaitre que deux parties isolées, une feuille et un pétale par exemple, appartiennent à une même plante. La chose serait sans doute diSicile aujourd'hui; mais ne peut-on pas pressentir que, i l'aide d'une dissection plus parfaite, on pourra parvenir un jour a reconnaitre que toutes les parties d'une même plante renferment quelque chose de commun, un embryon, une cellule mère, dont la présence dans tous les oiganes permettra de concevoir pourquoi tous ces organes peuvent se métamorphoser les uns dans les autres ?

Quoi quil en soilde cette hypothèse ^ j'ai cherché s*il n'existerait pas dans toutes les parties d'un même arbre chimique, quelque chose d'analogue à cette cellule mère, en un mot un ncyau commun à tous les composés d'une même série; noyau qui permettrait de concevoir pourquoi ces composés peuvent s'engendrer réciproquement.

Dans mainte occasion, j'ai insisté avec force sur la stabilité des halydes, de ces groupes moléculaires qui reviennent sans cesse dans les réactions; j'ai appelé l'attention sur l'instabilité relative des hyperhalydes. J'ai toujours été étonné en voyant que la naphtaline six, sept et huit fois chlorée, par substitution équivalente, résiste à l'action de la chaleur et des alcalis , tandis que cette même naphtaline une ou deux fois chlorée, mais sans substitution, se détruit sous l'influence de ces deux agents , en régénérant constamment un halyde.

En considérant la forme cristalline, l'analogie, les réactions et principalement la stabilité des halydes et de la naphtaline, j'en conclus que ceux-ci constituent un groupe unique, un noyau, et que celui-ci entre comme tel dans les hyperhalydes qui renferment alors deux groupes formés, l'un par la naphtaline ou ses halydes, l'autre par le chlore en excès.

Il est vrai qu'on pourrait également se rendre compte de la stabilité des uns , de l'instabilité des autres et de l'analogie qui existe dans les composés de chaque classe, en supposant que les hyperhalydes renferment, non un groupe chloré, mais un groupe hydrochloré^ comme dans le second membre de ces équations :

€'• H* -+- Cl* = €'• W QV + H» Cl» ; C'*H'C1 -H Cl* = C'» H* Cl* -h H» Cl'; C'H^Cl» -h Cl* = O'WCV -f- H«C1»; Etc.

et c'est même cette seconde maniène de voir que j'avais d'à-

bord proposée; mais je l*ai abandonnée pour adopter Tarrangement indiqué par les premiers membres de ces équations . et cela, parce que le composé C^^H'Cl' + B^ chanffiS au* dessus de loo degrés se décompose en C'^H'Cl* et en B^; ce qui serait impossible, si une partie du brome était à l'état d'acide bromhydrique comme dans cette formule,

C"H*CPB'4-H»B. '

Si dans ce composé le brome n^est pas a l'état d'acide bromhydrique , le chlore , à cause de l'analogie et de Tisomorphisme , ne sera pas a l'état d'acide chlorhydrique dans celui-ci, C^^ H*C1*+CP, e^par les mêmes raisons dans ceux-ci, C"H'Cl-f- Cl*, C*«H» -i-Cl*.

Si la naphtaline et ses halydes restent teb en se combi* nant avec un excès de chlore ou de brome , il en sera de même lorsqu'ils se combineront avec l'oxygène, pour for* mer des aldéhydes ou des acides.

C" H* -I- O ne donnera donc pas C" H** O -h H* O ; et C'^H' +0* ne formera pas un acide hydraté de cette formeC'^H'*0»-hH«0.

En ayant égard à ce qui précède, considérant en outre que dans les aldéhydes et les acides formique, acétique, propionique, etc., margarique et mélissique, le carbone est i l'hydrogène dans le rapport de i molécule à i molécule, ou de I atome à a, tandis que ces rapports si simples deviendraient bizarres si l'on supposait] que, dans ces composés, une partie de l'hydrogène est à l'état d'eau ou d'hydrure, comme dans ces exemples: C*H*0*-h H'O, CioH'«0» -f-H*0, C"H"0»-hH« O, C«^H'»»0» 4-H*0, ou bien C"H""0* +H% etc.;

Considérant enfin les rapports qui existent entre la forme des halydes et celle des hyperhalydes naphtaliques, rapports assez obscurs, il est vrai, mais suffisants pour indiquer qu'il y a quelque chose de commun entre l'arrangement des atomes des uns et des autres , .j'en conclus :

( 4oi )

1^. Que les carbures d'hydrogène et leurs halydes forment des groupes ou des noyaux stables et analogues: stables quant au nombre des atomes et à leur arraugement, mais variables quant à la nature de ces atomes qui peuvent être de Tbydrogène, du chlore, du brome, de Facide hypo^asotique, ou d^autres corps tenant la place de Thydrogëne ;

2°. Que les hyperhalydes, les aldéhydes torrespondants renferment tous un carbure d'hydrogène ou im halyde qui forme un noyau ou un groupe i part.

En un mot, j'en conclus que dans les combinaisons de l'ëthérène, ou de l'hydrogène bicarboné, on a les arrangements suivants :

Halydei.

C' H' Cl C»H»CP

c»Ha^ C'a«

fiyperhalydes. C>H* -+-H C» H* -+- Cl C'H'Cl 4- Cl C'H'Cl» + Cl C«HCl> H- Cl C Cl* -h Cl

Aldéhydes.

C'H^Cl -+-0 C»H'Cl'-hO C'HCl» -f-O

Acides.

C'H* o W Cl

o w cv

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