C H CP
En appliquant le même raisonnement aux combinaisons du méthylène, du propylène, du butyrène, de l'amylène, etc., du cétène et du mélissène^ aux combinaisons du benzène, du phène, du toluène, du cymènc, etc., puis en plaçant à côté dWx leurs halydes, leurs hyperlaydes,' leurs aldéhydes et leurs acides; frappé de l'harmonie, de l'élégance et de l'extrême simplicité de ]eurs formules, je ne puis m'empêcher de voir dans celles-ci l'arrangement même des atomes.
En partant de ces idées, construisons un arbre ou une série avec un carbure d'hydrogène quelconque, avec C"H** par exemple , pris comme noyau.
Pour cela réunissons tous les corps qui , s'engondrant les uns par les autres, renferment ce noyau, et disposons- les
de la manière suivante :
Nuclénides I ç».g,.
Noyau fondamental f
iHyperhydrénide . . C* H'» 4- H' ; Dihalyde €•• H" -h Q' ; Télr-halyde €'• H'* -h Q* ; Hexhalyde €•• H'» -h Cl*.
Monalide €'• H'* -h O ;
MowADÉEs l Deutéride €'• H'* -h O' ;
Trîtonide €'• H'» -h O».
ou mieux encore ,
Xéromonadées.
Xéride
Dixéride
Anhydride T —
Di- anhydride .... T
Monodyadées Udolîdes €'• H" -+- OH».
D-Aq^) D-Aq )'
-Aq j - Aq' )
Les dyadées renferment des dyades en sus du noyau.
Les monadëes renferment des monades en sus du noyau.
Les monodyadëes renferment des dyades et des monades en sus du noyau.
Les mots monalide, deutéride et tritonide indiquent seulement une composition , sans rien préjuger sur la nature ou les fonctions des monadées.
Si nous voulions ranger tous les corps de cette manière, nous aurions un trop grand nombre de petites séries. Mais nous avons un moyen très-simple pour réduire ce nombre, en augmentant celui des corps qui entrent dans une même série.
En effet, à chaque type du tableau précédent, pris comme exemple, nous pourrons rattacher une foule de variétés différentes. Pour cela, nous serons obligés de prendre le contre-pied de ce que font les chimistes : nous réunirons co quMls séparent, et nous séparerons ce qu'ils réunissent.
Nous imiterons les botanistes qui rangent dans Tespèce Rose, la rose blanche, la rose jaune, la rose panachée, et n'attachent aucune importance aux couleurs des pétales, quoique ces couleurs puissent être formées de composés chimiques très-différents les uns des autres, c'est-à-dire que, dans le cas dont nous allons nous occuper, nous accorderons plus d'importance au nombre et à l'arrangement des atomes qu'a leur nature.
Rappelons-nous que le chlore, le brome, l'iode, le fluor, le résidu nitrique X et le résidu nitrique Y peuvent se substituer à Thydrogène et jouer en quelque sorte son rôle. En conséquence , prenons le noyau fondamental du tableau précédent, et opérons-y des substitutions équivalentes , c'est-à-dire enlevons i,a,3,..., lo atomes d'hydrogène, et remplaçons-les par le même nombre d'atomes de chlore, de brome, d'iode, de fluor, de X et de T. Nous obtiendrons ainsi un grand nombre de composés que nous nommerons nuclénides ou noyaux dérii^és, et que nous rangerons immédiatement à la suite du noyau fondamental.
Introduisons maintenant, dans les dyadëes, les monadées et les monodyadées, ces noyaux dérivés à la place du noyau fondamenul qu'elles renferment; alors nous aurons une foule de dyadées et de monodyadées dérivées.
Enfin nous augmenterons considérablement les composés d'une même série, en remplaçant, d'une part, de Thydrogène par des métaux, dans les corps qui sont susceptibles d'éprouver ce genre de substitutions, comme les deutérides et les tritonides, et, de l'autre, en remplaçant l'oxygène des monadées et des monodyadées par du soufre, du sélénium ou du tellure.
Notre première série , en s' agrandissant ainsi , n'en deviendra pas plus compliquée, et ell^ prendra l'aspect suivant :
Carbhydrène..
NucxiviKS. . . .
halydé..
nitre. . .
halydo-
nîlré.. C"e«a»X.
etc.
Hjperaydrène.
Dihalyde
Dtadées I Tétr-halyde
(Hyperhalydes).
Hexhalyde.
Monalide
Deutéride
MOHADisS.
Tritonide.
MoHODTADiis. • l Udolide,
C'*H"-+- CI*; C'»B« -4- a* ;
C"a»Ba»x
£10 H'« -4- O ; C'*Cl'*-i-0;
C'»Cl»»-4-S; €'• H'« -4- O»;
C'«Cl*K-+-0^ C'»H*X'-hO»; €'• H'* -h S» ; €'• H»» -+- O» ; C••H»K-^0';
C'»H'*-hH»0;
etc.
Cl*; B».
Ce tableau, comme on le voit, ne ressemble en rien à ceux qu'on nous donne ordinairement. H renferme 3o à 4o corps qui , dans la métbode de Berzelius, seraient éloignés les uns des autres et repartis dans une disaine de classes différentes. Remplaçons C*^ H^^ par C* H^, et nous aurons les composés de la série de Fbydrogène bicarboné, qui comprend la liqueur des Hollandais, le perchlorure de carbone, le cblorure d'aldéhydène, Taldéhyde, l'acide acétique, Tacide chloracétique, l'alcool , Fétber, etc.
Certainement les chimistes ont tu depuis longtemps que les corps que je viens de citer se métamorphosent les uns dans les autres; mais préoccupés de la théorie des radicaux, ils n'ont jamais songé à les rapprocher comme je viens de le faire. Ainsi M. Liebig met l'alcool et l'éther dans une même classe, parce qu'il suppose Texistence du même ra* dical, l'éthyle; l'aldéhyde et l'acide acétique dans une seconde, comme renfermant de l'acétyle; j'ignore où il place les corps clilorés. M. Dumas réunit dans la même classe tous les corps dans lesquels il suppose que le composé C^H' existe; elle renferme l'hydrogène bicarboné, la liqueur des Hollandais , Talcool et l'éther. Mais il rejette ailleurs l'acétique , parce qu'il y suppose, ou du moins y supposait cet arrangement , C^ H' 0^4- H' O. Il en séparait également Taldéhyde, le perchlorure de carbone , etc.
La série C^^ H^^y telle que je viens de la donner, est loin d*ètre achevée ; on n'y voit figurer ni les amides , ni les éthers, ni les acides amidés ; en un mot aucune diamérone, les combinaisons précédentes constituant les aplônes. Je vais m'occuper de cette seconde partie de la série, en la présentant encore sous un jour théorique.
THÉORIE DES DIAMÉRIDES.
De V existence des radicaux.
En examinant la théorie des radicaux, j^ai laissé de côté unie question importante , savoir s'ils peuvent exister libres. Comme cette question se lie intimement à la théorie des diamérides , je vais m'en occuper maintenant.
U doit paraître singulier, en présence du cyanogène, du cacodyle , de Téthyle, du benzoïle, etc., qui ont été isol&, de demander si les radicaux peuvent exister. Ma question est sans doute mal posée; je devrais demander si le cyanogène, Féthyle et le cacodyle libres sont des radicaux, si ce sont bien ceux dont on admet l'existence dans les cyanures, les éthers et les sels de cacodyle, et si Ton pourra isoler les radicaux des sulfocyanures, des persulfocyanures, des acides acétique, butyrique, citrique , etc.
Si cette question paraissait enveloppée de subtilité, il me suffirait de citer le benzoïle , que personne ne considère comme le radical des combinaisons benscoïques ; les vapeurs nitreuses dont les partisans des copules n'admettent pas Texistence dans les composés nitrés, et l'étbyle libre ana* logue au gaz des marais et non à un corps simple , pour faire voir que la question peut être posée et doit être résolue.
Pour mieux examiner ce sujet, je reviens sur mes pas, ayant i étudier les produits qui résultent de l'action des corps composés les uns sur les autres. Je reprends le produit de Faction d'un corps simple sur«>un corps composé.
La naphtaline chlorée était considérée comme un chlo* rure analogue au chlorure d'aldéhydène et renfeimant Cl + C^^ H^. Je disais , autrefois : Ce composé n'est pas une combinaison de chlore avec le radical C^* H'' ; c'est le représentant de la naphtaline C^^ H', c'en est une variété. La naphtaline soumise à l'action du chlore peut perdre un atome d'hydrogène ; le reste , ou C*^ H'', privé de cet atome ,
se détruirait si un autre atome ne venait prendre la place de Thydrogène enlevé; c'est le chlore qui vient prendre . cette place , et l'édifice napbtalique , ainsi étayé , conserve son arrangement. C^^ H'' est un corps incomplet, c^est un polyèdre qui , privé d'une de ses arêtes , se détruirait si Ton ne mettait une autre arête équivalente à sa place.
Je dis aujourd'hui, C^^ H'' ne peut exister, parce que le nombre des atomes d'hydrogène est impair. Il faut , pour éviter sa destruction, qu'une dyade, comme le chlore ou le brome, vienne combler le vide qu'il présente et former un nouveau corps à dyades paires.
La naphtaline, soumise à l'action de l'acide nitrique, perd encore i atome d'hydrogène, et le même reste C"H^ prend , non plus un corps simple , mais le reste des éléments de Tacide nitrique ou KO* pour remplacer l'atome qui lui manque. Mais réciproquement, nous pouvons dire que l'acide nitrique KO' H est un polyèdre complet, que la naphtaline, en lui enlevant OH, a laissé un résidu NO* qui ne peut exister à cause de son nombre impair. En conséquence, le reste des éléments de la naphtaline vient combler le vide offert par le résidu NO* et former un nouveau polyèdre complet C" H"' NO* à dyades paires.
L'ammoniaque est un polyèdre complet; on ne peut lui enlever une arête d'hydrogène sans le détruire; NH* ou l'àmide à nombre impair ne peut exister.
Le chlorure de benzoïle est un polyèdre complet, une variété de l'essence d'amandes amères ; on ne peut lui enlever son arête de chlore sans le détruire, car le reste, ou le benzoïle C H* O, à cause de son nombre impair, ne peut exister.
Mais si l'ammoniaque et le chlorure de benzoïle viennent à se rencontrer, la première perdra H, le second Cl, et les deux restes, ne pouvant exister isolément, vont se servir mutuellement d'arête ; NH* remplira le vide occasionné par le départ de Cl, et, réciproquement, CH'O templira le vide produit par l'élimination de H.
Pour faire comprendre ce remplacement réciproque de deux resiefty je supposerai que, dans l'ammoniaque et le chlorure de benzoïle, les atomes sont disposés suivant les figures hexagonales :
Fif. I. Fig. 3. Fif. 3.
hK
lU
Bjs et À, fig. I) représentent le chlorure de benzoile et Tammoniaque, au moment où ils vont réagir Tun sur Tautre, Taréte c en face de Tarëte h qu'elle doit enlever. Bz et A, fig. 2, représentent les deux restes pendant la réaction, et BA, fig, 3, les deux restes après, la réaction, ayant comblé, réciproquement, les vides qui s'étaient formés dans A et dans B.
La fig. 3 représente une diaméride ou une figure qu^on peut diviser en deux parties A et B , mais à la condition de restituer à B Tarète soit de chlore, soit d'hydrogène qui lui manque, et de restituer également à A l'ai^ète qu'il aperdue, ou bien une arête équivalente.
Sous un certain point de vue, la naphtaline chlorée C^^ H'' Cl pourrait être comparée à la diaméridey^fg*. 3 ; B représenterait la naphtaline et A le chlore. Cette diaméride pourrait se scinder en B et en A , mais k la condition d'une restitution. Il semble, au premier aspect, que B seul , ou le rcfste naphtalique, a besoin de reprendre l'arête qm lui manque^ tandis que A ou le chlore , étant un corps simple, n'en a pas besoin. Mais on oublie que le chlore est une dyade, et que, libre, il renferme Cl*.
Si les atomes sont disposés dans la benzamide comme dans l^fig. 3, peut-on dire qu'elle renferme deux groupes séparés, deux radicaux, le benzoile etl'amide^ peut-on avoir l'espérance d'isoler ces radicaux?
Cette figure ne présente pas deux groupes isolés, elle ne
renferme ni benzoïle ni amide; il y a une certaine prédisposition dans l'arrangement des atomes qui nous permet d'entrevoir la possibilité de diviser cette figure en A et en B, mais à la condition de rendre à ces deux parties des nombres pairs) car, nous le répétons, ni le benzode ni Tamide, à cause de leurs nombres impairs , ne peuvent exister. Si nous remplaçons l'ammoniaque par Taniline, nous aurons la benzanilide avec un groupement analogue à Isifig. 3. U n*y aura dans ce groupement ni benzoïle ni amide anilique \ mais il y aura quelque chose de l'acide benzoïque ou du chlorure de benzoïle ; il y aura quelque chose de Faniline. Ces deux témoins ne seront pas confondus^ le carbone s'y trouvera sous deux formes , prêt à régénérer le chlorure de benzoïle et l'aniline.
Cependant, dira-t-on, le benzoïle existe libre, et sans ses propriétés qui ne ressemblent pas à celles d'un corps simple, on pourrait très-bien supposer qu'il existe aussi dans les combinaisons benzoïques.
Examinons la valeur de cette objection : On essaye d'enlever de l'eau à l'acide acétique C'H^O', afin d'obtenir l'acide anhydre : s'il cède H*0, on obtiendra C'H'O, qui n'est pas l'acide anhydre. Pour donner celui-ci , il ne de-»
vrait céder que HO '' ce qui est impossible, à moins que a atomes ne se réunissent. Alors on aurait