DH* 0» — H»0 = O H
Peut-on dire, d'après cela, que l'acide acétique anhydre existait dans l'acide acétique d'où on l'a extrait? Ce serait dire que le contenant est plus petit que le contenu. H est vrai qu'on pourrait attribuera l'acide acétique cette formule^
et par conséquent y supposer la présence de l'acide anhydre ; mais on ne ferait que reculer la difficulté, car si C^H'O^ était la formule de l'acide acétique, C'H**0' deviendrait celle de l'acide anhydre.
(4io)
Je crois avoir démontré, avec surabondance de preuves, que si les cyanures , le chlorure de cacodyle et celui d'éthyle renferment CNM, Cl C* H* As, C1C*H', le cyanogène, le cacodyle etl'étliyle libres doivent contenirC* N*, C* H'* As* et C^H^^. Ne pourrait-on pas en conclure, comme pour Facide acétique anhydre, que ces radicaux ne peuvent pas exister dans les combinaisons d'où on les a extraits?
Remarquons d'abord une différence essentielle qui existe entre la composition de Facide acétique anhydre et celle de ces radicaux; c^est que la formule du premier est indivisible, tandis que celles des radicaux sont toujours divisibles en deux parties égales : ainsi le cacodyle = aC'H^As, le cyanogène = 2CN, Félhyle = aC'H*.
Or, conmie Fhydrogène libre est a H et qu'il se divise en deux pour former du chlorure, du bromure, du nitrate d'hydrogène. Cl H, BH, NO' H, ne pourrait-on pas admettre, par analogie, que les radicaux sont binaires et se dédoublent pour former des cyanures , des chlorures et des nitrates? C'est ce que nous allons examiner.
Lorsqu'on fait agir le zinc sur le chlorure de cacodyle , le chlore est enlevé, et Fou obtient du cacodyle. Cette réaction ne peut avoir lieu qu^à Ja condition que a molécules de chlorure de cacodyle y prennent part. La réaction n'est pas
Zn -h a C»H* As = Cl Zn -h O H* As;
car, premièrement, le zinc est une dyade qui ne peut se mettre en équation qu'à Fétat entier ou de Zn*, et, secondement, C*H'As, à cause de son nombre impair, ne peut exister. On doit donc avoir
Zn» -h 2 Cl C» H« As = a Cl Zn -h O H'» As».
Il reste à savoir si le cacodyle est C* H' 'As* ou bien (C* H* As)' analogue à H' ou Zn*.
Reprenons nos hexagones : soieht A et A deux hexagones égaux représentant 2 molécules de chlorure de cacodyle , les
deux arêtes de chlore c étant sur le point d'être enlevées par le zinc :
Fig. 4.
Fîg. 5.
Fig. 6.
Après Fenlèvement de ces deux arêtes, les deux restes, pour éviter la destruction , ou bien se réuniront en formant une molécule complexe , une diamérone, fig. 5, ou bien se confondront en une molécule simple et décagonale,^^. 6. Si les atomes sont disposés comme dans làjig, 6, c'est-àdire si le caçodjle libre n'est pas le radical des combinaisons cacodjliques , alors il devra , avec le chlore , se comporter comme une molécule simple de naphtaline, d^anilîne ou d'acide acétique, c'est-à-dire donner les combinaisons suivantes :
C*H"As»-hCI' ou H-CI«;
eH'ClAs»;
C* H" Cl As» + Cl';
C*H«Cl«As';
Etc.
Si , au contraire , les atomes sont disposés comme dans la Jig. 5, si le cacodyle est une diamérone, le chlore pourra la diviser en deux parties égales , mais à la condition de remplacer les arêtes qui manquent. On aura donc
(C»H«As)'4- Cl»= C»H«AsCl -h C^H-AsCI.
Alors il sera permis de dire que le cacodyle libre est bien le radical qui existe dans les sels cacodyliqué^; mais il faudrait ajouter que , même dans ceux-ci , il ne forme pas un groupe tout à fait isolé, et que son existence y est pour ainsi dire conditionnelle, puisque c'est un corps incomplet qui a be-
50În d'un complément pour se soustraire à la destruction.
Le cacodyle libre se comportant avec le chlore comme je viens de le supposer en dernier lieu, on peut admettre qu'il est bien le radical divisible qui forme les combinaisons cacodyliques , que ce radical soit ou non un hydro^ gène cacodinique, ainsi que je Tai admis dans un des chapitres précMents.
Avec le chlorure ou Tiodure d'éthyle , on obtient Téihyle, corps incomplet qui se double à Tétat naissant , pour former soit une diamérone avec le carbone sous deux formes, soit une Ogure décagonale avec le carbone sous une seule forme. Pour décider la question , on traite Téthyle par le chlore : il se comporte comme la naphtaline , comme Thjdrogène bicarboné , ou mieux comme le gaz des marais , qui est indivisible; il éprouve des substitutions chlorées , mais il ne se dédouble pas pour régénérer le chlorure d'éthyle. Il faut donc en conclure que ce n'est pas un radical , et qu^l n'existe pas plus dans les combinaisons éthyliques que l'acide acétique anhydre n'existe dans l'acide acétique. Si les éthers renferment de l'éthyle , si celui-ci peut un jour être mis en liberté, sa formule se représentera pas (C* H*)*. Isomère de l'éthyle que nous connaissons, il devra pouvoir se diviser en deux parties égales sous l'influence du chlore, et régénérer le chlorure d'éthyle.
On peut admettre que certains radicaux existent comme tels dans certaines combinaisons , mais que , une fois en liberté, ils se comportent tout autrement que des corps simples. Tel est, par exemple, l'acide hypo*azotique, qui existe dans les corps ni très spus une forme incomplète NO*. Vient-on à le mettre en liberté , il se double et donne l'acide hypo-azotique (NO*)*, qui ne possède pas les propriétés d'un corps simple. Ainsi , lorsqu'on fait agir le chlore sur la naphtaline nitrée, NO* est mis en liberté, non d'après l'équation suivante :
C'»H X -+- Cl = G" H' Cl -f- X,
car nous savons qu'une demi-molëcule de chlore libre n'existe pas, mais bien d'après celle-ci :
2 €•• H' X -♦- Cl' = 2 €•• H' Cl -f- X\
Ce que je viens de dire de Tacide bypo-azotique peut, sans doute, s'appliquer à d'autres corps qui sont peut-être incapables d^exister libres, mais susceptibles de tenir la place d'un corps simple dans certaines combinaisons. Tels pourraient être l'uranyle, Famide, l'éthyle lui-même dans certains cas : ces corps agiraient par leur masse , en remplissant les vides occasionnes par le départ de corps simples ; mais ils ne joueraient pas le r6le de ceux-ci , et ils modifieraient plus ou moins profondément les propriétés des composés dans lesquels ils seraient restés.
Ce raisonnement pourrait s'appliquer au cyanogène des
cyanures et du chlorure de cyanogène , qui , dans ces corps,
ne possède pas une existence à part, puisque, admcttons-Ie
pour un instant , ceuxHïi sont constitués comme le font voir
ces formules :
CMN, CGN.
On sait qu'en mettant ce dernier (le chlorure de cyanogène) en présence de Taniline, le chlore enlève i atome d'hydrogène à celle-ci, et qu'il se forme de la mélaniline C^*H^*IN*. Mais cette mélaniline est alcaline comme la cbloraniline et la nitraniline, et, de plus, elle se comporte avec le cyanogène libre exactement comme l'aniline. Il se forme : ' ' '
{ne ||7 fff ^^.^r + C' N' de la cvaniline :
!C*H'N ^s »,- ^ « -I- C' N* de la cvamélaniline.
C*H*CyN
L'analogie de ces deux bases et la connexion des deux for-, mules sont telles, qu'il est difficile de ne pas admettre qu'elles ont la même constitution , et que , par conséquent ,
la cyamélaniline est de la cyaniline dont l'atome dliydi gène est remplacé par Cy ou CN y qui n'est pas du cyanogène, mais le rësidu du corps que Ton nomme chlorure de cyanogène. Ce résidu n'est pas plus du cyanogène que Taldéhyde n*est de Tacide butyrique *, il tient lieu de Thydrogène qui manque, tout comme les vapeurs nitreuses dans la nitraniline.
Nous avons essayé de nous rendre compte de ce qui se passe lorsque deux corps composés, en agissant l'un sur l'autre , éliminent un seul atome d'eau ou d'acide cUorkydrique, comme lorsque le chlorure de kenzoïle ou Tacide benzoïque agissent sur Tammoniaque ou sur l'aniline. Examinons maintenant le produit qui se forme lorsque l'acide benzoïque et l'ammoniaque éliminent 2 atomes d'eau pour former le benzonitryle C H* N.
Faut-il voir dans celui-ci uu composé de cette forme CH'-i-N, ou de celle-ci C'H^-hlNH, ou bien, comme on l'admet généralement, un cyanure CN -h C* H'* ?
L'eau dégagée s'est formée par l'action de l'hydrogène de l'ammoniaque sur l'oxygène de l'acide. Les deux nouveaux vides sont encore comblés, mais par un plus petit reste de l'ammoniaque et par un plus petit reste de l'acide. Ces deux restes ne sont ni isolés ni confondus^ ils forment une nouvelle diaméride susceptible de division, et toujours k la condition d'une restitution des arêtes qui manquent.
Fiff. 7.
Soient A, yig'. 7, un chloride ou un polygone à quatre, cinq ou six arêtes de chlore, et B un alcaloïde ou un polygone hydrogéné. En réagissant l'un sur l'autre, ils pourront
perdre successivement les arêtes A et c, puis A* et c*, A' et c*, etc., en donnant les halodiamérides représentées par les Jig. 8 , 9 et lo :
Fig. 8. Fig. 9. Fig. 10.
On voit que les restes ne sont séparés ni confondus , et que , à cause de leur construction, ils sont prédisposés à se diviser en A' et en B\ en A'' et en B'', etc. , mais toujours à Li condition d'une restitution de c, c', c', etc., et de h , A', A', etc. , ou bien d'une indemnité équivalente.
Ainsi, avec le perchlorure de phosphore et Tammoniaque, on pourrait avoir successivement :
PCI* + H»N — Cl H = (PCIS H'N), (PCIS ffN)— CIH = (PC1SHN), (PCI», HN)— C1H = (PCISN).
Je n'admets pas que, dans les trois nouveaux composés, il y ait les radicaux H'N, HN, N, PCI*, PCP et PCP. Cependant les restes ne sont pas confondus : dans chacun de ces composés il y a toujours un témoin de l'ammoniaque et un témoin du perchlorure de phosphore , ou , ce qui revient au même, de l'acide phosphoriquc. En traitant ces trois composés par l'eau, par l'ammoniaque, par Facide chlorhy* drique, par la potasse , parla chaleur, etc. , on peut obtenir Un grand nombre de nouvelles combinaisons renfermant encore deux témoins qui sont toujours prêts , à Tappel du chimiste, à régénérer, Tun Tammoniaque^ et l'autre Tacide phosphorique.
Prenons le compose PCPN, ou le chlorophosphurc d'azote, et, au lieu de 3 Cl H qu'il a perdu, donnons-lui
une îndemnilé d^une autre nature, par exemple de Tarnmoniaque; alors on aura
P GPN + H'N ^ H'CP = P HN% phospham.
Le phospham, traité par Peau, donnera
PH N* + H' O s: P H> N> , phosphamide.
La phosphamide chauffée perdra de Tammoniaque en donnant
P H' N'O — H'N =r PNO, biphosphamide.
Ce même chlorophosphure d'axote, sous Tinfluence de Teau , se transformera , suivant les circonstances, en acide azophosphorique ou en acide biasophosphorique.
VientH>n maintenant à traiter le chlorophosphure d^azote, le phospham, la phosphamide, la biphosphamide, l'acide azophosphorique et l'acide biazophosphorique par la potasse ou par l'acide sulfurique; alors tous les témoins, recevant des indemnités équivalant à ce qu'ils ont perdu , r^énéreront l'acide phosphorique et l'ammoniaque.
Je sais bien qu'on attribue au chlorophosphure d'azote , au phospham, aux acides azo et biazophosphorique d'autres formules^ mais , nous l'avons déjà dit, M. Gerhardt et moi , et je ne crains pas de le répéter, toutes celles-ci sont aussi inexactes que les réactions sont incompréhensibles avec elles.
Si, dans les métamorphoses précédentes, on ne voulait voir qu'un résultat des affinités indépendant de l'arrangement atomique, il faudrait en conclure que l'aniline et la chloraniline devraient se composer autrement que Tammoniaque^ que les diamérides de cette dernière, par exemple, devraieut donner, avec la potasse, du chlorure de potassium. Eh bien, je crois pouvoir le prédire, eUes régénéreront l'acide et la chloraniline qui leur auront
(4.7) donné naissance. Que savons-nous d'ailleurs sur l'affinité? qui se serait attendu à voir la bichlorisatine, sous l'influence de la potasse en fusion , donner du carbonate au lieu de chlorure de potassium ?
Ce que je viess de dire pour deux corps composés qui donnentdesdiamérides en perdant I, 2, S^etc.^AqouHCl, peut s'appliquer à un plus grand nombre.
Ainsi Tacide phosphorique étant tribasîque, on pourrait obtenir avec lui un sei triple d'ammoniaque , d'aniline et d'éthylamiue. Ce sel triple pourrait se transformer en triamide amm-anil-éthylamique composée de quatre témoins, fig. 1 1 , P central ou phosphorique ^ Am , An et Et angu« laires ou alcalins.
Fi^. II.
Fig. la.
*Nous pourrions encore supposer que la triamide est formée, fig. 12 : i^ par de l'ammoniaque Am, a^ par de la nitrochloraniline An , X , Cl , et 3^ par l'éthylamine ou de Tanir moniaque éthylée .£. Cette diaméride se prêterait, suivant la nature des réactifs, à des divisions de plusieurs espèces. Ainsi elle pourrait régénérer les quatre corps qui ont servi k la former, ou bien laisser dégager la nitrochloraniline et l'éthylamine en donnant de l'acide phosphamique. Par l'hydrogène sulfuré, elle serait susceptible, en échangeant X contre Ad , de se transformer en une autre triamide à résidu de chlorosémibenzidam , etc. , semblable à des bulles
de savon accolées, fig. i3, mais dont le plan de jonction serait crevé ou enlevé. Il en résulte que les deux bulles, avec les vides, ne pourraient exister séparément, et qu'il faudrait pour*cela boucher les deux vides qu'elles forment par leur séparation. On pourrait imaginer plusieurs bulles accouplées les unes aux autres.
Fig. i3.
On conçoit qu'un tel édifice, sous un choc trop violent, pourrait se diviser, suivant des plans qui n^y existent pas, en acides phosphorique, carbonique et chlorhydrique , et en azote et hydrogène.
Si nous avionsloutes les diamérides sous les yeux, avec leurs arrangements respectifs, il nous serait facile de les classer \ mais cela n'étant pas , je me hâte d'abandonner les hypothèses pour revenir à Texpérience.