CHAPITRE QUATRIÈME
DES SENTIMENTS £T BES IMAGES; DU STTI.E; DOBS BÊVSLOPPEHKNTSL
■mrS DE !.▲ SEHBIBILIT^ ET DE L^IXÀGINATIOH Di^ I^ COMPOSI- . nOH UTTléSAIBB. — DE I«A. BENBIBILITé ET I>ES SENTDIBirrS. -^ PB t*lMAOINATIOE. — DES HUGES. — DBS 1IOUVB1IEB3S.
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coBtpoBitioA littéraire*
La sûreté du jugement et la force du raisonnement sont le premier mérite de l'écrÎTain, et peuvent seules donner une Tâleur réelle à la composition littéraire.
Mais cette composition reste froide et sans couletor, si l'auteur ne sait ranimer par la sensibilité et Fimagination, facultés précieuses, gui ont été inégalement départies aux hommes, mais que diacun peut activer en soi par le travail et par une volonté forte.
Plus l'écrivain a de sensibilité, plus il mettra de chaleur dans ses compositions : plus il a d^magination^ plus il pourra y déployer d'esprit.
Sans esprit et sans chaleur, une composition a beau être exempte de toute espèce de fautes, elle ne peut ni plaire ni émouvoir ; elle n'a aucun charme, et ne mérite pas plus le nom de composition littéraire qu'un traité de dessin linéaire ou d'arpentage.
DES SENTIMSNTS BT DES IMAGES. *n
De la ■ensibilité ei dei seBiijiieiitfl*
La sensibilité^ est cette faculté de Tâme par laquelle elle s^afTecte aisément et reçoit promptement les diiRerses impressions agréables ou douloureuses.
L'âme, en efEet, susceptible de toutes sortes d'im pressions, est faite pour être émue et agitée : selon les diverses impulsix)ns qu'elle reçoit, elle aime, elle hait; elle craint, elle espère ; elle méprise, elle admire ; elle s'indigne, elle plaint.
Ces divers mouvements de l'âme, nés de la sensibilité, s'appellent sentiments.
La sensibilité a cela de remarquable qu'elle est ordinairement contagieuse, c'est-à-dire que, par un effet sympatbique, les émotions dont nous sommes témoins se communiquent à nous. Qui est ému nous émeut.
Nous sourions naturellement en voyant sourire, et, à l'aspect des larmes d'autrui, les nôtres couJent.
Il suit de là que, pour émouvoir le lecteur, il faut que Técrivain soit ému lui-môme.
Si c'est un moraliste, par exemple, il ne nous fera aimer la vertu, et il ne nous fera détester le vice, que s'il est plein d'amour pour Tune et d'horreur pour l'autre. Ces sentiments passeront de son âme dans notre âme. Hais, s'il est insensible aux charmes de la vertu^ il aura beau s'exprimer en termes élégants et nobles, il nous laissera froids et, par conséquent, il restera toujours au-dessous de son sujet : car les vérités de la religion et de la morale ne sont pas faites seulement poui être l'objet de notre connaissance, mais aussi poui être celui de notre adoration et de notre amour. MaasiUon nous offre dans ses sermons d'admirables
1. Nous dèfiaiMOBi iei la êÉtmkHiU «ouidérée loiu le wppatt Utt*mixe.
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exemples du raisonnement animé par tout ce que la sensibilité a de plus vif et de plus tendre.
De rimairiBailoii.
LHmaginatîon est cette faculté de l'âme par laquelle la pensée se retrace les objets absente, soit réels, soit fictifs, et leurs combinaisons possibles, transforme ou modifie ces objets à son gré, et en crée même de nou* veaux.
L'imagination, par le pouvoir qu'elle a de nous représenter les choses autres qu'elles ne sont en effet, et sous un aspect plus riant ou plus triste que la réalité, peut devenir pour nous, dans la vie, la source de beaucoup de plaisirs et de peines, et donner naissance à bien des déceptions, si nous ne savons pas la régler.
Cette faculté vive et brillante est la source des beautés artistiques et littéraires ; elle inspire les œuvres du poète et donne aux compositions en prose du charme et de l'éclat. Mais elle ne doit jamais dominer exclusivement dans les œuvres de Tintelligence, et ses conceptions les plus hardies doivent toujours être soumises aux lois d'une raison sévère.
Le Télémaque de Fénelon présente le modèle de cet heureux accord entre Timagination et la raison ; dans ce livre immortel , la première ne cesse de donner du charme à la seconde, qui lui sert constamment de guide.
Des imag^efl.
Un des effets deVimaginatioriy c'est d'animer le style à l'aide des images*.
1. Ne pas confondre lei imaget coup que tontei lei imagée acient avec les figures. Beaucoup de fl- des figures, et que toutes les figures, surtout de métaphores, font gures soient des images* image; mais il s*en faut de beau^