CHAPITRE CINQUIÈME
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im %k TDtntnos i>ir TiiJLr.àXL litt^ sixbb, xt b'abosd ms L^nmoi^ tioR. -^ »B &jt i>nposiTX>s Bx DU HiAv. — DGs TKAasmon. — 1» l'analtsb bt db ul nxxHàas. — ds VÉtJOtxinùSi,
He la dlTislQK aatr»Tall Utténdre» et d'abord
de inNi^eattoM.
Nous aUonsmaiate&ant examina en quoi consiste le invail de la composition; quelles sont les règles générâtes de ce Iravftil, et enfin quelles sont les qu^dités nécessaires à récrivain pour y réussir.
Voyons d'abord en quoi consiste le ^avail de la compositicm littéraire.
ftrar peu qu'<m y réfléchisse^ on reconnaîtra qu'il wrppose nécessairement trois opérations de Tesprît
Bn effet» quelque sujet que l'on traite, et sous quelque fonne que ce soit, récit, discours, etc., on a nécessairement trois opérations à faire : trouver les choses •que l'on doit dire; les mettre dans l'ordre le plus con- , venable; les bien expliquer. C'est ce qu'on appelle, Wirtout en rhétorique*, ifW€fition, disposittonj élocution}.
LHnvention est ce travail de l'esprit par lequel on trouve, pour une composition quelconque, les choses 4ûe l'on doit dire : elle fournil dans le discours, les
A* Voir le sent de ce mot, quatrième, l'ocU'on, c'est-à-dire Tart V^n7"» S 2. de réciter à haute roii avec les gestei
*' C'est oe qa'oB ■«arme ordiiimi* cmiTenables. Voir le troi«ième chi^«
^22* ^ fww partiei de la rbé- de VApraiiDicB, relatiTement à cette
^*>4^t «nzqvrilet en a joint une * quatrième pextie.
.88 r PRECEPTES.
preuves ; dans la description, les détails ; dans le rècit> les incidents et les caractères des divers personnages ; dans tous les sujets que Ton traite, les idées et les sentiments.
C'est à la pénétration de l'esprit, à une imagination vive et à une instruction variée queTinvention doit ses principales ressources; on les étend et on les féconde, comme nous le dirons plus loin, par une méditation i^érieuse sur le sujet que l'on traite, et par une étude approfondie de tout ce qui s'y rattache.
De la dispOflltioK et da plan.
La disposition est ce travail de l'esprit par lequel on place dans l'ordre le plus convenable les divers éléments d'une composition quelconque, fournis par • l'invention.
En effet, il ne suffit pas d'avoir trouvé les choses qu'on doit dire ; il faut savoir les arranger dans l'ordre le plus méthodique et le plus intéressant; mettre chacune d'elles à la place convenable ; faire en sorte qu'elles s'éclairent et s'appuient mutuellement, qu'elles soient bien liées ensemble, et qu'elles forment un tout régulier.
L'art de la disposition consiste donc à établir, dans les diverses parties dont un ouvrage se compose, un ordre tel que chacune occupe la place la plus favorable à l'effet général de l'ensemble.
Cet ordre est ce qu'on appelle le plan^ d'un ouvrage.
Quand l'auteur, avant de s^occuper du style, écrit d'avance le plan de son ouvrage', ce travail prépara-
i 1. Voir les règles relatîTes à la $ S. Ces rèçles complètent oe que i d'^isiou du discours, chap. vi, nous disons icjL du |)<aA. l S^) ®^^<^ iQi^fchedu récit, chap. Yi, 3. Ou Ténoncô des principalea
idées.
tdre s'appelle esquisse^; il prend le nom à* ébauche lorsque les principaux développements sont indiqués et commencés en partie.
Des transitloiui.
Il est utile de lier entre elles les diverses parties de la composition littéraire. C'est à quoi servent les traii" sUions,
Oa appelle transition une phrase, ou simplement un oa quelques mots à l'aide desquels on passe d'une partie de la composition à une autre. Les meilleures sont celles qui, naissant du sujet même, ont une égale liaison avec ce qu'on a dit et ce qu'on va dire.
Après une digression qui se termine par un éloge de Malherbe, l'auteur de VArt poétique, revenant aux préceptes, veut parler de la clarté du style; une heuleuse transition le ramène ainsi à son sujet :
Tout reconnut ses lois% et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle :
Marchez donc sur ses pas, aimez sa pureté,
Et de son tour heureux imitez la clarté.
Si le sens de yos vers tarde à se faire entendre %
Mon esprit aussitôt commence à se détendre,
£t, de vos vains discours prompt à se détacher,
Ne suit point un auteur qu'il faut toujours chercher.
(BOILKAU.)
De Panalyse et de la synthèse.
Deux méthodes contrihuent puissamment à activer le travail de l'invention et de la disposition: ces deux niéthodes, que l'on confond quelquefois Tune avec l'autre, s'appellent, la première analysCy ou méthode
1. Voir ce même mot esquissey 2. Les règles imposées à la versi- *^ ^ii S 1» où il est employé dans fication par Malherbe, toïensuapeudififérent et s'applique 3. C'est-à-dire : Malherbe est *U description. clair, soyea-le ; si vous ne l'ôtea
pas, etc.
^ PBACXPZBi.
de décomposition; la sûcondd, syfUhèu, ou métbode du composition^.
L'analyse, pour arriver à comialtre xm tout^ Is dé^: compose en ses divers éléments, qu'elle examine sèpa* rément ; elle remonte de l'efTet à la cause et du résultat au principe ; la synthèse rasseioble des éléments dont elle compose un tout; elle descend de la cause àreflU^ et du principe au résultat.
Servons-nous d'un exemple facile à cdmprendn.
Je veux apprendre à quelqpi'mi caque c'est qpB Iti papier.
Procédons par Vimaiiyiê.
J'examine avec lui une fisoille de papier ; c'est wm pâte fortement pressée et composée de chiffons, d'eaa et de colle. Ces chiffcms sont du vieux linge ramassèds^ tous côtés; ce linge était de toile; eette toile était do. fil tissé ; ce fil n'est autre chose que les filaments déto»' chés de la tige d'une plante appelée chanvre ; le chanvie est le produit d'une graine appelée chènevis.
Procédons maintenant par la synûièse.
ïe prends pour mon point de départ le chènevi^ et je dis : le chènevis est unegraine qui produit une plante qu'on appelle chanvre; les tige& du chanvre sont garnies de filaments dont on fait du fil ; en tissant ce fil, on fait de la toile ; cette toile employée dans le ménage s'appelle du linge; quand le Imgeest vieux, il prendle nom de chiffons ; <m ramasse les chiffons, on en fonie une pâte au moyen d'eau et de colle; on presse cetttf pâte fortement^ et l'on obtient ce qu'on appelle le pap€t*
En général, pour s'instruire et pour découvrir la
L On te gardera bien d'attribuer ici formatloB d\iB tout parla ié*>
iei au mot compot^ûm le même nkm de ses parties : c'est le san'
seM qite celui Qu'il a dans le reste qii*lk«B grec le mot synthèse. <U»roaYnige. Uompotiiùm ii|
irité, on procède par Tanalyse : la raison en est claire :
a sous les yeux un effet, un tout» il faut le décomrpour savoir ce qu'il est.
On peut instruire les autres en procédant par la synthèse ; comme celui qui enseigne une chose la connaît en son entier, il peut, pour la faire connaître aux autreS) la prendre à son origine et à son principe.
Piesque toutes les connaissances humaines sont daes à l'analyse, et c^est la synthèse qui les enseigne.
ÂBSsi la première a été appelée méthode d'inf>emion^ ; laseconde, méthode de démonstration.
Ce qui n'empêche pas qu'on n'ait souvent démontré à l'aide de la première, et découvert à Faide de la seconde*.
Quand les idées principales sont trouvées, quand elles sont disposées dans Tordre le plus convenable, Paxitear n'a, pour ainsi dire, ettcote rien fait : il faut t^mer ces idées, c'est-à-dire les produire avec clarté, les animer, les embellir par les grâces du langage ; œ totrail s'appelle élocutian.
L'invention et la disposition réunies sont ce qu'on appelle proprement composition; Télocution, c'est le «yte».
C'est par le style surtout qu'un travail littéraire se recommande ; c'est le style qui donne du prix et du mérite aux pensées, qui fait vivre un ouvrage et qui ïend le nom de l'auteur immortel."
t D'wveiittvn, e*eit-à><UM né- baaae«op49p<noiiaeiâsiitiiAieiit
«oâ« pour découvrir une yérité, qui a'écarte quelquefois de leur ré»
■0 ftiH gfoéral, uo principe, «ne ritable moMptioa.
note. 3. Voir, sur le style, le chap. n et
^ Cet deux mots, analyse et syn- le chap. it.
n. mèouBS oéméraijbs dv travail de xji coxsposmos.
DES QUALITES ZnSCBSSAIRES ▲ TOUTE COMPOSITION. — DE l'uNITÉ. «— DE LA LIAISON. — DE LA CONVENANCE. — DE LA PRÉPAKATION. — DU MODE DE T&ATAIL. — DE LA BI^VISION.
Des qualités nécessaires à toute eomposltton.
Pour composer avec succès, c'est-à-dire pour réussir dans la triple tâche de Tinvention, de la disposition et de l'élocution, Técrivain doit observer certaines règles, dont les unes regardent plus particulièrement son csuvre, et les autres son travail.
Les qualités essentielles à Yœiwre sont Tunité, la liaison et la convenance.
Les règles relatives au travail embrassent trois choses : la préparation, le mode de travail, la révision.
De Ponité.
Toute composition doit être ime, c'est-à-dire il faut qu'elle présente un ensemble homogène, et que ses diverses parties soient réellement les parties d'un même tout, et non des morceaux rattachés les uns aux autres par le seul jcaprice de l'écrivain.
Pour que la composition soit wne, il faut qu'elle puisse se résumer, par exemple, si c'est une narration, en un seul fait principal auquel se rapportent tous les autres faits ; si c'est un discours, en une question principale qui domine et embrasse toutes les questions secondaires.
Faire deux ou trois narrations en une, coudre dans un seul travail plusieurs questions les unes aux autres, c'est trop souvent l'erreur des écrivains inexpérimentés.
n en est qui ne sauraient se renfermer dans leur
sujet, et qui se perdent dans des digressions sans nombre ; ces digressions, considérées en elles-mêmes, peuvent avoir du mérite ; mais il ne suffit pas que des choses soient bien pensées et bien exprimées, il faut qu'elles soient à leur place, et qu'elles fassent, pour ainsi dire, corps avec le reste de Touvrage.
La variétéy dans ime œuvre littéraire un peu étendue, loin d'être contraire à l'unité, lui donne un mérite de plus, en bannissant l'uniformité et la monotonie, qui produisent ordinairement Tennui. Mais cette variété ne doit pas dégénérer en une dissonance choquante. Par exemple, si la fin d'une narration doit être triste, il ne faut pas que le commencement en soit gai et enjoué;si la première partie d'un discours est embellie de tous les charmes de l'élocution, il ne faut pas que la seconde consiste en une dissertation sévère et froide.
En étudiant une belle et savante composition, par exemple la tragédie à'Athalie, par Racine, ou le DiS" cours sur Vhistoire universelle, de Bossuet, on comprendra mieux que par les définitions ce que c'est que l'unité dans les œuvres littéraires, et comment elle se concilie avec la variété de couleur et de ton.
ll« la liaison»
La liaison des divers éléments dont une composition est formée contribue à en faire sentir l'unité.
Il y a liaison^ lorsque les idées naissent les unes des autres, ou s'enchaînent naturellement. De cette liaison Dait la clarté, et de la clarté, Tintérêt. Le lecteur, conduit par le fil même des idées, les suit sans fatigue et les retient sans efforts.
Pour établir cet enchaînement heureux entre les diverses parties d'un môme tout, il ne suffit pas de dis-
poser dans im ordre naturel et logîqne les matërunu dont on a fait choix ; il faut encore, parmi les idées qui se présentent à Fesprit et gui conviennent au sujet, n'admettre que celles gui conduisent au but gu*on se propose, et gui y conduisent par le chemin le ^m court.
Rien ne s'oppose plus à ce gue le lecteur suive le fil des idées, et rien, par conséguent, ne nuit plus ila clarté et à l'intérêt gue ce gu^on appelle des longiteurs. Les longueurs, en effet, rebutent son attention: il se fatigue, il se rappelle difficilement ce gu^il a la^ et ne sait plus à guoi se rattache ce gu'il va lire.
On donne le nom de langueurs aux passages qu'on pourrait supprimer ou réduire sans inconvénient : par exemple, lorsgue l'auteur insiste trop longtemps, ou revient trop souvent sur les mêmes idées, lorsqu'il leur enlève leur mérite en les mettant à une place gui ne leur conviait pas, ou lorsqu'il jette de la confusion stff les faits importants par la multiplicité des détails.
Il ne faut pas confondre les longueurs dans la composition avec la prolixité dans le style. Un passage peut être écrit avec clarté et précision, et cependant faire longuewr; par exemple, guand, ne se liant pas parfaitement au reste, ou n'étant pas à une place convenable, ou disant inutilement ce gue le lecteur sait ou devine, il ralentit la marche de la composition.
Ainsi, il n'est rien de plus beau gue le dialogue de Joad et d'Abner dans le premier acte di^Athalie ; placé là, il forme à la tragédie une magnifigue introductioD. Mais supposons gue le poète eût placé ce dialogue au commencement du cinguième acte : ces vers, tout admirables gu'ils sont, dussent été une longueur, parce gu'alors le spectateur tremble pour Joas, attend avec
BU TRAVAIL US lA COMPOSITION. 95
. iffidSté le réfialtat de la lutte engagée, et supporterait ^impatiemment tout ce qni distrairait son attention.
La convenance consiste à se conformer aux exigences imposées par le sujet qu'on traite, par les circonstances où Ton se trouve, et par le résultat qu'on veut ol>lenir : ces considérations déterminent la manière dont la composition doit être conçue, et l'étendue qu'on doit lui donner.
Ainsi, on ne procède pas, lorsqu'on est obligé de terminer son travail en quelques heures, comme lorsqu'on a beaucoup de temps à sa disposition ; on ne se livre pas à des développements étendus, lorsque la circonstance exige un résumé substantiel; on ne cherche pas à être éloquent, lorsqu'il suffit de raisonner juste, et l'on ne se contente pas d'être bon logicien, lorsqu'il facttêtre éloquent*. Un historien n'écrit pas pour la jeunesse comme pour les hommes d'État : Racine ne traite pas sur la scène française le sujet d'Iphigénie comme Euripide l'avait traité sur la scène athénienne. Ia Fontaine fait tous ses apologues courts, parce que f esprit peut bien se prêter quelques instants à l'illusion 3*1016 fable ; mais, si l'on veut la lui imposer long- ^ps, il reconnaît ce que cette illusion a d'absurde, et s'en fatigue. Le poète italien Casti ne comprend pas Wtte nécessité fondée sur la nature même de l'apo- ^ logue, et fait une fable de vingt mille vers*.
C'est, comme lui, manquer à la règle de la conveîMoice littéraire que de raconter avec de longs détails ^ô anecdocte peu importante ; que de creuser pro-
; 1. V<^ ce que nous diio]iB,!c]L.TU, 9. Les Animaum parlant», polme ' ' tTtt les eonvmances oratoires. divisé en yingt-six chants.
SQ PRÉCEPTES. j
fondement un sujet à l'occasion d'une fête, par exemple ■ d'une distribution de prix, et de l'effleurer légèremenl ' dans une conférence, c'est-à-dire dans une réunion dei personnes qui cherchent à s'instruire ; de s'échauffer dans un rapport comme si l'on faisait un plaidoyer, et de rester iroid et impassible dans un plaidoyer comme si l'on faisait un rapport.
Di loi de la convenance exige encore qu^on établisse une juste proportion entre les diverses parties d'une môme composition, et que l'étendue accordée à chacune soit mesurée sur leur importance.
De la préparation.
Nous avons dit que les règles rejatives au travail de l'écrivain embrassent trois choses : la préparation, le mode de travail et la révision. Parlons d'abord de 1* préparation.
Pour ne point s'égarer dans le travail de la composition, pour y conserver l'unité, la liaison, la convenance, il est nécessaire, avant tout, de bien médiur son sujet, c'est-à-dire d'y réfléchir et de Tétudier en lui-même et dans ses divers rapports. C'est ce travail qui doit précéder tous les autres, qui ouvre à l'invention des sources fécondes, qui donne à la disposition une marche sûre, qui imprime à Télocution le caractère qui lui convient le mieux.
C'est, dit Buffon, pour n^avoir pas assez réfléchi sur son sajât qu'oa se trouve embarrassé et qu'on ne sait pas où commencer à écrire ; on aperçoit à la fols un grand nombre d'idées, et comme on ne les a ni comparées ni subordonnées, rien ne détermine à préférer les unes aux autres, on demeure donc dans la perplexité... Pour bien écrire, il faut donc pleinement posséder son sujet.... Poo^ peu que le sujet soit compliqué, il est bien rare qu'on puisse l'embrasser d'un coup d'œil ou le pénétrer en entier d'un seul et premier effort : on ne peut donc trop s'en occuper, c'est même le seul naoyefi
iTaffermiry d*étendre et d^éiever ses pensées : pins on leur donnera de substance et de force par la méditation, plus il sera facile ensuite de les réaliser par l'expression.
Pour s'aider dans ce travail, on peut jeter sur le papier, à la hâte et en abrégé, les diverses pensées qui s'offrent à l'esprit ; sans cette précaution, il se pourrait gue la mémoire laissât échapper des idées heureuses, çu'oii tâcherait ensuite vainement de retrouver.
Ldi méditation^ dans la plupart 'des cas, doit être précédée et soutenue par un examen sérieux des faits ; par exemple, quand on est chargé de faire un rapport, de discuter ou de plaider une affaire.
Ainsi les élèves, avant de composer une narration bistorique ou mixte*, doivent chercher à bien connaître Tévénement principal et les circonstances qui «*y rattachent. Avant de composer un de ces discours îo'on leur donne à faire dans les classes élevées des «rtléges, et qui sont le plus utile exercice de raisonnement et de style dont la jeunesse puisse s'occuper, ils doivent acquérir des notions exactes sur le personnage în^ils font parler, sur sa nation et sur son époque : négliger cette étude préliminaire, c'est s'exposer à ne fcire qu'une œuvre insignifiante, et même à tomber dans des fautes grossières.
Dn mode de traTall*
Quant au mode de travail, la première condition cest de travailler avec plaisir: on fait sans succès ce îtt'on fait avec répugnance ; mais, quand on trouve du plaisir à écrire, « la chaleur, dit Buffbn, naît de ce plaisir, se répand partout et donne de la vie à chaque
1. Voir chap.vi, S 2* p. 1X4, premier alinéa, ce qlifi noua entendons par "îlot.
MÉTH. DE COHP. ^
expression ; tout s'anime de plus en plus ; le sentimexU se joignant à la lumière, Taugmente, la fait passer de ce qu'on a dit à ce qu'on va dire, » Au reste, le travail de la composition est si attrayant par lui-même, il donne à Tâme un aliment si digne d'elle, qu'il est bien peu de jeunes gens assez malheureux pour ne pas l'aimer. La plupart, au contraire, regardent commeie temps le plus agréable de leur vie celui qu'ils ont pu consacrer à cette noble gymnastique de la pensée,
La seconde condition, c'est de travailler avec :m» sage lentev/r. De la précipitation naissent forcément l'incorrection des détails et l'imperfection de l'ensemble ; à la vérité, il est des cas où toutes les forces de l'intelligence s'exaltent et fermentent, pour ainsi dire, et où la composition peut être en quelque sorte improvisée ; c'est ainsi que la tragédie de Zaire, par Voltaire, un des chefs-d'œuvre de notre scène, a été conçue et versiûée en quinze jours. Mais, hors cesisas exceptionnels, on ne doit se hâter que lentement, et inûter Racine et Boileau, dont on disait qu'ils faisaient difficilement des vers faciles. La prose ne demande pas autant de temps que les vers ; néanmoins la rapidité ne doit jamais dégénérer en précipitation : quand ooe œuvre est médiocre, c'est une mauvaise excuse que de dire qu'on a mis peu de temps à l'achever ; peu importe au lecteur quel temps tme composition a coûté; ce qui lui importe, c'est qu'elle soit bonne. Il s'Mff^^ dûnx>, surtout pour les conunençants, non de faire vite» mais de faire bien. En acquéi^nt de l'expérience, ils apprendront à faire à la fois bien et vite.
Enfin il faut que le travail soit égal et sotueim. Qn^" quefois un écrivain novice jette, pour ainsi dire, tout son feu dans ses premières phrases ; le reste languit :
il ressemble au coureur imprudent qui épuise ses forces au commencement de la carrière, et qui ne peut plus ensuite que se traîner péniblement. Le succès appartient à celui qui parcourt toute la carrière d'un pas égal.
Ce qu'il y a souvent de plus difficile, c'est de bien l commencer et de bien finir. Le début ne saurait être trop simple ni trop dégagé de circonstances étrangères ; la fin doit être véritablement une conclusion, ea Borte que le lecteur satisfait, trouvant que la promesse faite par le titre a été remplie, ne demande rien «udelà. Débuter péniblement, terminer brusquement, tel est trop souvent le défaut d'un écrivain novice.
On ne doit pas, en écrivant, rechercher les ornements de la diction ; il faut qu'ils se présentent d'euxmêmes et naissent, pour ainsi dire^ sous la plume ; il en est de môme des mouvements et des images qui donnent de la vie au style, et même des formes de raisonnement. Dire, par exemple : Je placerai ici un syllogisme, là je ferai une métaphore, plus loin une apostrophe, ce serait un moyen infaillible d'âtre froid, forcé et faux.
De 1» itêmUiom.
Revoir son osuvre et la corriger jusqu'à ce qu^on l'ait rendue aussi parfaite que possible, c'est œ qu'on appelle la limer, la polir, par analogie avec l'occupation des ouvriers qui ne cessent de travailler le bois ou le métal jusqu'à ce qu'ils aient obtenu un poli parfait. Ce n'est guère qu'à force de ratures et de changements que l'écrivain arrive à ce résultat.
' En effet, lorsqu'il revoit, au bout de quelque temps, une œuvre dont il était d'abord satisfait^ il est surpris de la trouver si imparfaite ; les fautes qui, dans la cha<^
mO PRÉCEPTES.
leur de la composition, loi étaient échappées, lui sautent aux yeux : non-seulement les mots répétés, la Gonsonnance des syllabes finales, les pléonasmes vicieux, les constructions embarrassées, mais encore des imperfections plus graves qui tiennent au raisonnement même et au fond des pensées. Alors commence le travail de la révision, plus pénible que celui de la composition même, quelquefois presque aussi long. On examine les diverses parties de Tœuvre dans leur rapport avec l'objet qu'on se propose et avec reffet qu'on veut produire ; on développe ce qu'on n'avait pas assez expliqué : on réduit ce qu'on avait trop longuement développé ; on lie ce qui est décousu : on éclaircit ce qui est obscur ou équivocjue ; on efface les traces de recherche ou d'affectation ; on émonde, on supprime, on ajoute quelquefois ; on corrige ce qui est traînant, trivial, emphatique, négligé, faible, dur. Lorsque c'est l'ensemble même de l'œuvre qui est défectueux, on ne doit pas hésiter à tout refondre : c'est ainsi que Delille, après avoir traduit en vers français les Géorgiques de Virgile, soumit son manuscrit à un critique éclairé, et voyant, d'après ses observations, qu'il n'avait pas saisi Yesprit de son auteur, ne craignit pas de refaire la traiuction en entier ; de son travail primitif, il ne laissa . subsister que deux vers : c'est par ce moyen qu'il parant à'enrichir notre langue d'un chef-d'œuvre.
Cependant il faut savoir s'arrêter dans le travail de la révision : il ne doit être ni trop minutieux ni trop prolongé ; à force de corrections, on peut enlever à un ouvrage Tanimation, le coloris, et surtout c^ air de facilité et d'aisance qui donne au style tant de charme, frétait le défaut du célèbre d'Aguesseau : toujours mé- ; content de lui-même, il effaçait ce qui était bien pour y
DV TRAVAIL DB LA COMPOSITION. lAl
* substituer ce qu'il croyait être mieux, et, s'il ne gâtait pas ainsi ses ouvrages, il en diminuait le mérite, d'est ce que lui fit sentir un jour un excellent juge, à qui il venait de lire un de ses discours : « Votre discours est bon, et, si vous Taviez moins retouché, il se* lait meilleur. »
Il faut aussi, en corrigeant, se bien garder de remplacer des fautes par d'autres ; c'est ce qui arrive trop souvent. Boileau a dit à ce sujet :
Souvent la peur d*un mal nous conduit dans un pire : Un vers était trop faible, et vous le rendez dur. J'évite d*ètre long, et je deviens obscur. L*un n^est pas trop fardé, mais sa muse est trop nue*; L^autre a peur de ramper, il se perd dans la nue.
Un des plus sûrs moyens de réussir dans le travail
de la révision, c'est de consulter un ami éclairé et
.bieuveillaut, et de se soumettre à ses avis : en général,
les autres voient nos défauts et ceux de nos ouvrages
lûieux que nous-mêmes :
Faites-vous des amis prompts à vous censurer :
QuMls soient de vos écrits les confidents sincères.
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
Dépouillez devant eux Tarrogance d'auteur,
Mais sachez de l'ami discerner le flutteur;
Tel voas semble applaudir, qui vous raille et vous joue :
Aimez qu'on vous conseiUe et non pas qu*on vous loue.
(BOILSÂU.)
S m, BES ÇUAUTBS HEOESSAnUBS POUA AEU1SXS.SAH1 IX TAAVAIX. BIS LA COMVOtlTlOV.
DU TAussrr. — du oout. — db l'instbuotioh.
Du talent.
Le talent est l'aptitude de l'esprit à exceller, ou du moins à réussir, dans un travail littéraire quelconque,
1. Expression poétique qui signifie : Son style n*est pas suffisamment oxnè.
''^ PHÉCEPTES.
\ Nous entendon» ici par esprit l'âme œnsidérée dans Teterdce de ses facultés intellectuelles, et particulier relient de celle qui consiste à saisir rapidement les rapports des choses, à les combiner, à les exprimer^ faculté très*inégalement répartie entre les hommes. L'esprit ne déploie toutes ses ressources que lorsqu'il est fécondé par la réflexion, nourri par la mémoire^ enrichi par l'imagination, échauffé par la sensibilité.
Parmi les qualités de l'espril, les unes tiennent plus^* de la réflexion : ce sont la justesse, la pénétration, la profondeui*, l'étendue et la force ; les autres tiennent plus de l'imagination : ce sont la vivacité, la finesse^ la fécondité et l'agrément* Il est rare qu'un homme réunisse toutes ces qualités ; celui qui en possède jdasieurs à un haut degré est ce qu'on appelle un esprit supérieur*
L'esprit juste est celui qui voit les choses telles qu'elles sont réellement, qui procède rigoureusement dans la déduction, et qui apprécie nettement la valeur des analogies ou des autorités sur lesquelles Tinductîon s'appuie.
L'esprit pénétrant va au delà des simples apparence» et se forme facilement, d'après ce qu*il voit, des idéesjustes de ce qu'il ne voit pas.
L'esprit étendu embrasse une grande quantité de connaissances sans les confondre ; l'esprit profond sonde ce qu'eUes ont de plus caché, et suit d'un seul et même regard une longue chaîne d'idées;
La force d'esprit^ consiste dans Tunion de la justesse avec la pénétration, l'étendue et la profondeur.
1. Il ne s'agit pas ici de la foret tent de se mettre au-dessas de».
StMpriiy qualité morale. On ne dit, croyances et des opinions reçues^
ni dans ce sens, ni dans celni du et se prend généralement en man*
texte^ ttfrit fort : cette expression yaisipart. t'applique aux personnes qui affe&-
DTJ TRAVAII/ DK WL COMPOSITION. m
L^esprit fécond produit les idées avec abondance.
L'esprit vif brille par la promptitude des conception» et la soudaineté de& saillies.
L'esprit /în* excelle à analyser ce qu'on lui laisse voir, à deviner ce qu'on lui cache, à aiguiser l'expression de^ce qu'il dit et à laisser entendre ce qu'il ne dit pas.
V agrément résulte de la justesse combinée avec là vivacité,. la fécondité et la finesse.
L'esprit est ètroU quand il ne peut embrasser qu'un côté des choses ; frivole^ quand ce n'est jamais sur leur côté sérieux qu'il se fixe ; superficiel, quand il les juge d'après les apparences ; léger , quand il va de Tune à l'autre sans donner son attention à aucune ; confus, quand il ne las distingue pas bien les unes des autres ; 2êrU, quand il conçoit avec difficulté ; /oufrf, quand il ne peut s'élever ; stérilèy quand il ne produit que des mots au lieu d'idées ; faux enfin, ce qui de tous les défauts est le pire, lorsqu'il manque de justesse; et qu'il prend la vaine lueur de& aophismes pour la lumière de la raison.
Nous avons dît que l'aptitude de Tesprit à exceller dans un travail littéraire se nomme^talent.
Un homme peut réunir plusieurs genres de talent.; par exemple, Racine écrivait avec une égale supériorité en vers et en prose, Voltaire aussi ; il est rare c&» pendant qu'un homme possède un grand nombre de talents au même degré. Ainsi ce même Yoltaire a été adtnirable dans la tragédie, médiocre dans la comédie, ml dans la poésie lyrique.
Le talent élevé à sa*plus haute puissance prend le oom de génie. Le génie est rare et original. Dans l'art
LNepuconfondire sreela fhtettê dans le eanetère et dans la conttiiite*
304 P&ÉCSPTS8.
militaire, Napoléon; dans la politique, Richelieu ; dans réloquence, Bossuet ; dans la poésie, Corneille ; parmi les artistes, Michel-Ange, étaient des hommes de génie.
Ce qui caractérise le génie en littérature, c'est la vigueur et la profondeur des conceptions, Theureuse haiv diesse des tentatives, et surtout la force de création.
Quand on emploie ce dernier mot, on ne veut pas dire que Thomme de génie puisse réellement créer quelque chose : créer est une faculté qui n'appartient qu'à Dieu ; on veut seulement désigner par cette expression un talent d'invention très-supérieur à celui des autres hommes.
Un go^U
Le talent ne suffît pas pour réussir pleinement dans la composition littéraire ; il faut encore que l'auteur soit doué d^une faculté précieuse qu'on nomme le goût.
Le goût, considéré relativement aux œuvres littéraires, est l'aptitude à distinguer ce qui est bien de ce qui ne l'est pas, dans l'invention, dans le plan et dans le style.
Le goût n'est en quelque sorte que la justesse d'esprit combinée avQO la délicatesse du sentiment. Tous les jugements qu'il porte sont déterminés par une émotion : émotion de plaisir et de satisfaction, quand il approuve ; de mécontement et de répulsion, quand il blâme. Le goût a son principe dans l'amour du beau, qui, comme celui du bon et du vrai, est naturel à tous les hommes. Perfectionné par l'étude, il acquiert une délicatesse extrême : la contemplation de la nature et l'étude des œuvres de l'art deviennent alors pour lui \me source de pures et nobles jouissances. L'homme de goût découvre dans les chefs-d'œuvre du génie lit-
tèraire mille beautés qui échappent aux esprits sans coltore, et gui le ravissent.
En même temps que le goût nous révèle les beautés des ouvrages d'autrui, il nous éclaire et nous guide dans nos propres compositions.
L'homme qui n'a pas de goût s'égare sans cesse : ses plus heureuses inspirations sont défigurées par des butes. Il prend Fenflure pour la noblesse, la trivialité pour le naturel, l'emphase des expressions pour la chaleur du sentiment. Il ne sent pas ce que les convenances littéraires exigent de lui. Il est souvent en deçà ou au delà de ce que le lecteur désire. Il peut, par la force du talent, réussir dans quelques passages ; mais il ne fera jamais une composition entièrement bonne.
Lorsqu'un ouvrage satisfait pleinement le goût, on dit qu'il est beau; c'est en ce sens qu'on dit : a Ulphir génie de Racine est une belle tragédie ; — Les sermons du Petit Carime de Massillon sont de beaux discours; —le Misanthrope de Molière est une belle comédiç. b
Le beaUy dans les œuvres de l'art, est donc ce qui, en même temps, charme une âme sensible et satisfait un esprit juste. ^
Lorsque Tâme n'est pas seulement charmée, mais lorsqu'elle est comme transportée hors d'elle-même et subjuguée par l'admiration que le beau excite, le beau change de nom et s'appelle sublime.
n est impossible qu'un ouvrage, à moins d'être trèscourt, soit entièrement sublime : le sublime continu est au-dessus des forces de l'homme ; mais il suffit que les principaux passages méritent ce titre pour qu'on l'applique à l'ouvrage entier. C'est en ce sens qu'on dit de la tragédie des Horaces, par Corneille, de
lOS sbAcbptks.
œlle à'AtheUi$9 par Racine, de Varaisûn fimUbrtdÊi Condé^ par Bossuet, que ce sont des ouvrages siMifML |
Le goût se perfectionne par la contemplation habi- j tuelle du beau; il se déprave, lorsque le jugeme&t s'obscurcit, et que l'on se familiarise avee ce qui est: i forcé, trivial ou faux.
Un jeune homme, pour se former le goftt, doit liisi j les excellents auteurs, imiter leur manière d'écrire, et, | s^il est possible, soumettre tout ce qu'il conipose au ja^** | gement d'un connaisseur éclairé.
L'application raisonnée des lois du goût à Tappré* | dation des œuvres littéraires se nomme critique, La* I critique diflère de la censure^ en ce que la censure ne. \ fait que blâmer les défauts, au lieu que la critique, tout: i en blâmant ce qui est mal, loue ce qui est bien. i
Un sage critique est sévère et ne pardonne auGone faute grave ; en même temps il est bienveillant, et trouve plus de plaisir à louer qu'à reprendre. Il rsm i s-'arréte pas à des minuties, et, tout en donnant ao^ < détaiU de la diction l'attention qui leur est due, il ' n'oublie pas qu'il y a à juger dans une composition des choses plus importantes. Il sait qti'il n'est pas donné ^ Thomme de produire des ouvrages parfaits, et il excuse de légers défauts quand de grandes beautés les rachètent. Enfin, il ne juge pas les essais d'un aa-^ teur novice c(uiime les ouvrages des grands maîtres, et, tout en éclairant son inexpérience, il encourage ses efforts.
De llmlmctlon.
Enfin, il ne suffit pas que le talent soit êdeiTé p» le goût, il faut encore qu'il soit fécondé. par Vinstmc-tUm.
En général^ nos connaissances sont le germe de nos |ffoductions ; plus tm écrivain est instruit, plus il trouve Ifidées applicables an sujet qu'il traite.
JTinstrucHon s^acquiert par l'observation, par la conbrsation, et surtout parla lecture.
n ne faut faire que de bonnes lectures ; les mauvaises t l'esprit et dépravent le cœur. Pour ne pas s'é- , il faut choisir les livres d'après les conseils d'un
ide éclairé.
Comme on ne doit pas lire uniquement pour son
sir, mais, pour retenir et profiter, la lecture doit
attentive, plutôt lente que rapide : on ne laissera
en passer sans le bien comprendre ; on reviendra sur
qu'on a lu, et l'on en fera, si Ton a le temps, des lésumés et des extraits.
Tel est le moyen d'acquérir de l'instruction.
L'instruction, avant tout, doit être solide \ û vaut tnieux avoir appris peu de choses et les savoir bien, ÎQe d'avoir effleuré beaucoup de connaissances sans ®i posséder aucune.
Il est bon cependant que Tinstruction soit variée : l'esprit qui ne s'occupe que d'un seul objet devient étroit .
Enfin il faut que l'instruction soit appropriée au but îneron se propose. L'homme ne peut pas tout savoir, ^t est obligé de ne pas trop élargir le cercle de ses études, 8'il veut les parcourir avec succès. Il est des connais- 8ances que tout homme élevé avec soin doit posséder : par exemple, l'histoire générale, celle de la patrie, la ûUérature nationale, les premiers éléments des sciences physiques et naturelles, la biographie des grands hommes; quant aux autres objets d'études, chacun ^oit se déterminer pour ceux qui, eu égard à sa positon, lui offrent le plus d'avantages.
On se gardera donc avec soin d^une science indigeste^ qui chargerait Tespritsans le nourrir; d'une science frivolcy gui s^occuperait de choses sans importance; d'une science inopportune^ qui absorberait des instants dont on aurait pu faire un meilleur emploi.
On voit que la justesse d'esprit, qui est le premier attribut du talent et un élément essentiel du goût, peut seale aussi, en éclairant notre choix, donner à nos" études une direction utile.
D'où il est aisé de conclure que la première et la plus importante condition pour réussir dans le travail de la composition littéraire, comme dans la conduite de la vie, c'est d'avoir un esprit juste.
DESCRIPTIONS, KÉCITS, ETC. 10»