DIALOGUE. — DU HOMOLOGUE
D« AlAlogoe «B géaéval.
Le dialogue est un entretien entre deux ou plusieurs personnes.
On peut donner la forme d'un dialogue à l'exposition des doctrines littéraires ou philosophiques : on suppose, en ce cas, que les interlocuteurs s'éclairent mu- .tûellement par la discussion. Tels sont les dialogues de Fénelon sur l'éloquence.
Le dialogue est souvent employé dans la narration; il sert à faire connaître les pensées et les sentiments des personnages. Quelques narrations sont presque . entièrement composées de dialogues : par exemple, les fables de La Fontaîne, le Loup^tt l'Agneau, le Loup U k Chien, le Chêne et le Roseau»
Deux qualités sont nécessaires au dialogue dans la narration ; il doit être naturel et rapide :
Naturel^ c'est-à-dire que chaque personnage doit tenir un langage convenable à sa situation et aux sentiments qui l'animent ;
Rapide^ c'est-à-dire qu'il faut non-seulement éviter les divagations et les paroles oiseuses, mais encore ne mettre en dialogue que ce qui est nécessaire pour la clarté et pour l'intérêt, et faire du reste de la conversation un court résumé. Ainsi, dans le Meunier de Sans- Sofiwi, 11 y a un dialogue wif ei amusant entre le meaini^ 6t Tintendant^ maid la^Buite n'est pas dialoguôe : le roi mande le meunier.
Presse^ fiaifè^ cornet; ce fut peine inutile.
(Andhieux.)
Ensuite le dialogue recommence.
Pour donner plus de rapidité au dialogue, on supprime volontiers les mots il dit, il répondit, et autres semblables. Citons pour exemple le dialogue du meunier et de l'intendant :
Des bâtiments royanx Tordînaire intendant
Fit Tenir le meunier, et d*un ton important :
K l\ nous faut ton moulin; que veux-tu qu^on t*en donne?
— Rien du tout; car j*entends ne te vendre à personne. R vous favJt est fort bon : mon moulin est à ndoi. Tout aussi bien, au moins, que la Prusse est au roi.
— Allons, ton dernier mot, bonhomme, et prends-y garde.
— Faut-il vous parler clair? — Oui. — C'est que je le garde.
Voilà mon dernier mot. »
(Andrisuz.)
Dn monologue.
Quand un personnage parle sans avoir d'auditeur et ne s'adresse qu'à lui-même, c'est ce qu'on appelle un monologue : tel est le discours de Perrette, dans la fable du Pot au lait :
Il m*est, disait-elle, facile D*élever des poulets autour de ma maison :
Le renard sera bien habile S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ; U était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau?
(La FontainïO
Quelquefois le monologue est tourné indirectement à la troisième personne : tel est le monologue du bûcheron, dans La Fontaine :
DES LETTRES. 12b
Quel plaisir a-t-il en depuis qa*il est au monde f En est-il un plus pauvre eu la machine ronde?
Des pièces de théâtre ne sont composées que d'une suite de dialogues, entrecoupés quelquefois, mais trèsrarement, de monologues.
glV.lIBS
BàOLBS PB I.*ABT ifpiSTOLÀIBE. — DBS DIVEB8B8 80BTES DB LETTRES. » DU SOIN ET DES PRÉCAUTIONS MiCBSSAIBBS DANS LA GOBBBSrOSDAXrCB. — des pétitions et DBS BAPPOBTS.
Bè|^lM de Part éptetolaire.
Une lettre est la transmission par écrit de nos pensées à une personne absente.
L'art épistolairey c'est-à-dire l'art de composer les lettres, ne consiste guère que dans Tapplication des règles que nous avons exposées jusqu'à présent.
Il est clair que celui qui, ayant appris l'art de la composition et du style, sait écrire convenablement, est parfaitement en état d'écrire une lettre, et n'a pas besoin à cet égard de leçons spéciales.
Écrire une lettre, c'est exprimer ses idées, c'est raisonner, c'est raconter, c'est décrire, c'est discourir, c'est développer, c*est résumer : en un mot, la lettre îst une conversation avec une personne absente, conversation qui cependant doit être plus soignée que la conversation orale, parce que les paroles passent et que les écrits restent; et aussi parce que celui qui nous écoute saisit rapidement nos paroles au passage sans s'y arrêter, tandis que celui qui nous lit a tout le temps de les peser à loisir et de les revoir.
Ce mot de conversation fait assez comprendre quelle
VK TBÉCCPTES.
est la premâre qn^itô d'une lettre ;*apxès la» ebu*té, c'est la simplicité et le naturel. Il faut (cela résulte de ce que nous veaoos.de dire) éciiie conuue on parle^ mai% dans certains cas, un peu mieux qu'on ne park. Voilà, en deux mots, la loi du style épistolaiiae^.
Des dlTerse0 sortes de lettres.
On peut en généitrf-^&tlBgaerlfroîs principales sortes de lettres : les lettres d'amitié, les lettres de politesse, lâft lettres d'a£Eaire&.
Les première^sontcailes^imaiJesquflUe» an épaoobe son cœur avea ua père,, un ami,, un camarade, ou toute autre personne aimée. Le principal mérite de ces sortes de listtres est TefRision franche et sincère des sentiments qu'on éprouve : rien ne doit y sentir la contrainte. On peut multiplier les détails, parce qu'on sait qu'ils n'ennuieront pas les personnes à qui Ton s'adresse, et que même elles en sont avides ; un peu de négligence, loin d'être un défaut, est quelquefois un charme de plus :
n faat un pen, entra bons amis, laisser trotter les plnnies eouase elle veulent ; la mienne a toujours la bride sur le cou. (M** i»
WkflQWÀ,)
La plaisanterie est permise; et sûre d'être bien accueillie, pour peu qu elle soit spirituelle t
Ayez autant d'espiit qpe vous voudrez ou que vous ponnies dans une lettre où vous vous égayerez pour égayer vos amis.
(VOLTAIEB.}
Les lettres de poRtôfSR sont soumises à des Inèsséances plus sévères. liOS sujets en sont aussi variEs que les incidents de lia vîé sociale. On demande ou Fan jpomet un service ; on remercie àhms feveur ottwnie; on félicite, on encourage, on consolé ; on adresse des
DES LBTTRBB. UT
conseîlit^ dMiBoomnmiid^oûâ^.des^iBpinehes même ;
kCar un homme bien élevèmet toiijGfurs de la politesse
IJnaque dans ses reproches et dans ses plaintes. Ces
' scsites de lettres exigent plus de soin et d'art que le»
|rèeédentes;.mais ce soin doit toujours se concilier
«rec le natucel, cet art doit se cacher. Le ton de la
lettre sera naturellement déterminé par le sujet que
lion traite, et il n'y a point à cet égard de préo3pte h
donner. Seulement on ne saurait trop recommander,.
d'abord Texacte observation de toutes les convenances,
filen second lieu la précision, qui est comme une con*
▼enanoe de plus. Car on ne doit pas abuser du temps
«ide l'attention de ceux.à qui.on éiait;
S fai fait celle-cî plus longue que les autres, c'est que je ifaf pas- A'ie loisir de la ûùre pku courte; (Pascal.)
Les lettres dPaffaire^^ soit commerciales,, soit admii^ oistxativefi> soit de tout autre nature, ont un caracto particulier. Elles doivent rouler exclusivement sur l'objet en question,. et l'exposer avec toute la lucidité €^:tûiite la brièveté possibles* Dans les occasions où ces dfi92x qualités ne peuvent.se trouver ensemble,, on doit,. iBQs hésitation» sacrifier la. précision à la darté. Il Tant mieux revenir deux ou trois fois sur la même cii>ttmstance,. et répéter souvent le même mot, que de^ hisser le moindre nuage suc la pensée, la plus légèra ipivoquB dans les termes^ Dégager l'afTaire des dé» ^8 inutiles^ choisir ceux qni. sont, importants, et» ^>&&me nous vencai& dele dire,. les exprimer avec un& ^ûnciaion qui oa nuise jamais àla clarté : tel est le deloiv de celui qui édaùb une lettre d'aSaires. On doit Ittder copie iieitouteft las letljra& d'a£Eaires et d'admiïûatration.
123 PBECSPTES.
Dv 0oiB et des précastions néeeMalres d«M la eorrespoitdaiiee*
Bien sentir qui Ton est et quelle est la personne à qui l'on s'adresse, et réfléchir quelque temps aux objets sur lesquels on veut s'entretenir avec elle, telh est la triple cçndition indispensable pour bien parler, et, par conséquent, pour bien écrire. Ce n'est autre chose que la loi de la convenance appliquée sous œs trois rapports au style épistolaire.
Faut-il improviser ce que Ton écrit, ou bien faut-il préparer d'avance sa lettre, et môme faire un brouillon, et ensuite transcrire ? Chacun, à cet égard, doit consulter ses forces. Ceux qui n'ont pas une grande habitude dans Tart d'écrire feront bien de jeter leurs idées sur le papier avant de commencer leurs lettres; il est même très-convenable que les jeunes gens corrigent avec soin ce premier travail et n'envoient que la copie, ce qui souvent est d'autant plus nécessaire que, dans les lettres, l'usage ne permet guère ni les surcharges ni les ratures. On pardonne à leur âge de laisser paraîti?e un peu d'art et de travail dans le gtyle ; ce défaut est toujours plus excusable que les longueurs, les redites, l'obscurité et les vices de construction, auxquels la précipitation les expose.
Avant de signer sa lettre, il faut la relire avec soin, et s'assurer qu'on n'a rien omis de ce qu'on voulait dire, et qu'on n'a laissé rien d'équivoque dans ce qu'on a dit: car, dans la conversation, on peut se reprendre et expliquer une pensée qu'on avait d'aborïï mal rendue ; mais, dans la correspondance, cela n'est pas possible ; du moment où votre lettre est partie, vous ne pouvez ni en combler les lacimes, ni donner l'interprétation de ce qu'elle a d'obscur.
BBS LBTTEES. 1S9
Le plus parfait mod^e du style épistolaire est maiame de Sévlgné^
Des pétitions et des rapports*
'Les lettres prennent le nom de pétition lorsqu'elles îontiennent une demande succincte adressée à Tautorité pour obtenir justice ou solliciter une faveur.
La pétition diffère de la lettre en ce que la lettre doit toujours être envoyée clause et cachetée à la personne à qui elle s'adresse ; il n'en est pas de môme de la pétition, parce qu'elle est destinée à passer sous les yeux de plusieurs personnes, qui y mettent une apostille ou y consignent quelque observation.
La pétition doit exprimer avec netteté et avec énergie Tobjet de la demande et les motifs sur lesquels elle s'appuie : elle doit surtout être courte, afin que les perfioimes à qui elle est adressée ou communiquée puissent la lire rapidement et Tembrasser, pour ainsi dire, d*un coup d'oeil.
La lettre prend le nom de rapport lorsque celui qui l'écrit rend compte à une autorité supérieure, ou à iine assemblée, d'une mission dont il était chargé. Quelquefois le rapport est lu à haute voix par son auteur; plus souvent il est déposé sur le bureau de l'as- Bemhlée qui doit en prendre connaissance, ou envoyé sous forme de lettre.
Observer les choses avec un soin scrupuleux, dans leurensembleetdans leurs détails, dans leurs causes et àaus leurs conséquences; être à Tégard des personnes équitable et impartial ; ne rien omettre d'important; ne
^- Voir, dans la deuxième partie, dirers ayis relatifs & la correspoo- ;^Vii concerne les formaUtés et le dance. I wèaionial nsitéi dans les lettres, et
i UÉTH, DE COMP. 9
rien dire d'iimtile : telle est» tous le iiçpart aunal, la
tâche du rapporteur.
Coordonner avec méthode les faits relatifs à rezamen ou à Tenquète, et= en exprimer les résultats avec une précision qui n'exclut pas L'élégaucât .telle est sa tâche sous le rapport littéraixe.
DIT Biscotms. liai