‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 23 sur 73 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

DU mSGOUHS.

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Un discours est une allocution^ ordinairement préparée, quelquefois improvisée, qu'on adresse à un ou plusieurs auditeurs dans Tin^ention de les persuader.

Persuader ceux à qui Ton s'adresse, c'est maîtriser leur cœur en édairaiU leur intelligence, de manière à leur faire accueillir avec plaisir les vérités qu'on leur prouve.

L'auteur du discours s'appelle eratewr.

La faculté qui doit dominer en lui est Péloquence.

Be t^lo«tiienee et de la vkéioiiqiifl.

L'éioguence est la faculté d'agir sur les esprits et sur les cœurs par la puissance de. la parole; c'est grâce à elle que Torateur persuade.

Pour persuader, Torateur doit faire trois choses : convaincre^ plaire et toucher.

H parvient à convaincre par la force de la démonstra-

1. àllocvdion, paioles suivies adressées & plviieniB pertonnes, oa même à une seule.

tion; à plaire ^ par le charme du style* ; à toucher, par la chaleur du seutiment.

Mais comme la vérité seule a droit à notre amour, c'est à elle seule que Torateur doit demander ce triple succès. Egarer, à Taide du talent de la parole, la conscience des auditeurs, ce n'est pas être éloquent, c'est faire un coupable abus des forces de Tintelligence.

Des hommes qui profanent ainsi un des plus beaux dons que la Providence ait accordés à Tesprit humain ne sont point orateurs ; on les flétrit justement des noms de rhéteurs et de sophistes. « L'orateur, disaient les Romains, est Thonnéte homme possédant le talent de la parole. — L'orateur, dit Fénelon, est celui qui ne fait jisage de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour la vérité et la vertu. »

L'ensemble des préceptes qui dirigent le talent de Torateur forme ce qu'on appelle la rhétorique ou l'art oratoire.

Des parties da dlseonni.

La nature elle-même nous enseigne combien un discours doit avoir de parties : c'est elle qui nous apprend à ne pas entrer brusquement en matière, mais à préparer les esprits ; à exposer ensuite la chose dont il s'agit; puis à la prouver en faisant valoir nos raisons et en combattant celles de nos adversaires ; çnfin à terminer par une conclusion convenable.

Il suit de là qu'un discours peut avoir six parties : 1** Vexorde, qui prépare les esprits; 2° et 3° la proposition'^ et la division y qui exposent et partagent le sujet;

1. Et aussi par les mœurs. Voir dit plus volontiers les preuves; »n le J^ 2. lieu de proposition, on ditl'expon'

2. Les mots de proposition et de tion du sujet ou Vexposédu sujet.On confirmation sont aujourd'hui peu dit aussi plus Tolontiers le JJ»** usités. Au lieu de confirmation, on d'un discours que la division. *

DU DISCOVBS, 183

4* et 5« la confirmation^ dans laquelle Torateur développe ses preuves, et la réfutation^ dans laquelle il détruit les objections qu'on lui a faites ou qu'on peut lui faire; 6** la péroraison, qui conclut.'

Quelques discours ont une partie de plus, la narration^ y dans laquelle on expose le fait qui est l'objet de' la discussion; on la place après l'exorde ou après la proposition.

De ces parties du discours, les plus importantes, les 0us étendues, ou, pour mieux dire, celles qu'on peut appeler proprement le discours même, sont la confirmation et la réfutation, auxquelles les autres ne servent guère que de préparation et de conclusion.

Très-souvent l'orateur s'abstient de faire une division : il développe les diverses parties de son sujet sans les avoir annoncées.

Quelquefois le discours n'a pas même de proposition' : la proposition est en effet inutile quand les auditeurs savent d'avance quel sujet l'orateur va traiter, et sous quel aspect il Tenvisage.

De Texorde.

L'exorde est le début du discours; il a pour objet de rendre les auditeurs bienveillants, attentifs, confiants.

L'exorde peut se représenter sous quatre caractères différents.

Si l'on dit seulement quelques mots avant d'entrer en matière, c'est un exorde simple : tel est celui du discours du paysan du Danube au sénat romain.

1. Us appartiennent presque tou- que proposition ici n*a pas la signi- Jonrsan genre judiciaire. ncation qu'on lui donne en gram-

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