DE LA CEBTITUDE ET DE LA PBOBABILIT
(Voir page 13.)
Nous croyons devoir ajouter , pour rintelligence de ce paragraphe, quelques mots sur la certitude desjugements. ,
Un jugement est certain^ lorsque notre esprit y adhère compléta ment. Il 7 a cette difiBérenoe entr» te vérité et 1a certitade, que Ift vérité est dans les dioset «t la oertitode dain notre esprit. Ainsi une dioie peat être vraie sans que nous en ayons la oeirtitnde ; mais, comme elle n'est vraie pour nous que quand noiu en sommes oco^tains^ ces deux mots se prennent quelquefois Tun pour l'autre.
Il y a trois sorte» de cortâtndd : métaphyuqiif , physique et monde.
La certitude métaphysique est fondée sur l'essence même des choses : il est métaphysiquement certain que le tout est plus grand que sa partie, que tous les rayons d^un cercle sont égaux entre enz.
La certitude physiqw est fondée sur les lois qui régissent le monde visible : tels sont, par exemple, les calculs de Tastronomie, les prévisions de l'agriculture. Quand je mets en terre un noyau d'abricot, je suis physiquement certain que, s'il en provient un arbre, cet arbre produira des abricots, et non des noix ou des groseilles. ' La certitude morale est fondée sur la connaissance des hommes et sur les lois qui régissent les êtres intelligents. Ainsi, qu'un homme franc, loyal, m'afHrme ou me nie quelque chose, je suis moralement . certain qu'il ne ment pas.
H n*y a point de degrés dans la certitude : éLle est également fuiseante et invincible, soit qu'elle ait pour objet des vérités mét»-^ physiques, ou physiques, on morales.
Un jugement est simplement probable^ lorsqu'il présente l'appa-> renée de la vérité, mais que cependant cette vérité n*est pas évidente. Par l'examen et par le raisonnement, on parvient ordinairement à reconnaître s'il est vrai ou s'il est faux; quand on n'y parvient pas, la proposition reste probable ou douteuse ou simplement possible.
DE LA GOiarrSTTOnON 3SN GÉSÉRÀL. — TOnBNTJBSS ICUÊGAMTES BEUABQUABLB8. — TOUBNUBBS FA& L'iUFlUITIJi'. — 1BXB3fPLBS Dl XAUVAISES CONSTRUOnOm. — imnfiBSION. — ELLIPSE. — FI NAfiUB. — 8TLLEF8E.
De la eonstmcUon en génénl.
(Voir page 19.)
Ce qu'on doit rechercher snrtont dans la construction des phrases Ot des périodes, c'est le moyen de leur donner de Tenseinhle et de lier les membres entre enx si étroitement que Tesprit n'en soit frappa qne comme d'nn seul objet. Pour cela, il faut choisir et placer toujours les circonstances accessoires de manière qu'elles igoutent ^ la pensée principale et lui servent comme de preuve et de développement.
La Bruyère va nous en fournir un exemple.
Champagne, au sortir d'un long dîner qui lui enfle Testomac,et dans les douces fumées d*un vin d'Avenay ou deSillery, signe un ordre qu'on lui présente, et qui ôterait le pain à toute une province, si Ton n*y remédiait.
Les membres incidents, au sortir dPun long dîner ^ et dans les doueet fumées du om, sont ici nécessaires ; ils servent à motiver la phrase principale, et Fauteur lui-même va nous le faire voir; il continne:
M II est excusable : quel moyen de comprendre, dans la première heure de la digestion^ qu'on puisse quelque part mourir de faim?.
Cette phrase, ou, si l'on veut, ce paragraphe, a de Tunité. Mais si l'on écrivait : <* L'Académie française fut obligée de fiûio e ritique du Cid^ par soumission f ]<» volonté du oardLial de^Bi*
jheUen, qui abaissa la maison d^AtUrichs et fU trancher la titê au due k Montmorenqf^ » il est évident qu*on ferait une fort mauvaise ahiase, dans laquelle il n*y aurait ni unité ni ensemble, puisque les iemiers membres de cette phrase n'auraient rien de commun aveo le commencement.
n soffit même que les circonstances accessoires dont on fait usag^ soient étrangères à la pensée principale, pour qu'elles rompent runité de la phrase et pour qu'elles nuisent au sens. Le désir d'arlondir une période ou de lui donner vai» sorte d*éclat ne justifierait ^oint remploi d'accessoires inutiles.
Tonmiirea élèg^antes et remarquables.
5ila licence fut réprimée, si les haines publiques etparticnlières furent assoupies, si les lois reprirent leur ancienne , \igueur, si Tordre et le repos furent établis dans la campagne et dans les villes, c'est à lui, France, que tu le dois.
(PliCHISR.)
Trois fois le vainqueur s'efforça de rompre ces intrépides combattants; ^row/bis il fut repoussé par ,1e valeureux comte de Fontaines. (Bossuet.)
Mais enfin il faut céder; c'est en vain qu^à travers les to, etc^(lD.)
1 A Dieu ne plaise que nous réfutions nos frères avec indignation et amertume ! Plutôt nous condamner nous-mêmes à un silence perpétuel que de blesser jamais la charité à leur égard I (Fénelon.)
Malheur aux princes dont quelques particuliers se louent, quand la nation a lieu de se plaindre ! (Fénelon.)
Dans cette dernière phrase, il n'y a point dUmpréoation ; c'est B&olement une tournure vive. Le sens est : « Les princes dont, eto^ ^nt malheureux. »
Tournure» par Pinfinltlf .
Ne compter pour rien les travaux de Tenfance, et comluencer les sérieuses, les véritables études dans le temps où ^ous les finissons, regarder la îennesse non comme un âge
destiné par la nature au plaisir et au relâchement^ mtS^ comme un temps que la vertu consacre au travail et à Fap-i plication; négliger le soin de ses biens, de sa fortune, de santé même, et faire de tout ce que les hommes chérisseï le plus un digne sacrifice à l'amour de la science et à Far-! deur de s'instruire; devenir invisible pour un temps; se réduire soi-même dans une captivité volontaire, et s'ensevelir tout vivant dans une profonde retraite, pour y préparer dc^ loin des armes toujours victorieuses : voilà ce qu'ont fait les Démosthène et les Cicéron. (D'Aguesseau.)
JHzeiKplM de maiiTmises conatraetloiui.
On n'ignore pas que peu de temps après la mort d'Auguste commença la décadence de la poésie, qui s'éclipsa peu àpea; et demeura enfin comme éteinte dans les ténèbres de la barbarie, qui amena du fond du Nord ce déluge de nations féroces, qui, des débris de l'empire romain, forma lapinpart des États jut subsistent aujourd'hui en Europe. (Dubos.)
Ce qui rend cette constraction viciense, o*est que de ces quatre ^ relatifs, rtm se rapporte à poMe^ l'autre à barbariêj I0 iroiàim à dibàg9y le quatrième ii ÉktU,
Il les fit patriciens avant de les élever à la dignité de sénateurs, ^t se trouvèrent aussi au nombre de trois ceQls> (Vkrtot.)
Ce 9«u rend la construction yicieuse, parce qu'un pronom râi^ ne se rapporte jamais à un nom qui n'a pas été déjà détennisé. n fkllait dire : « A^ant de les admettre au nombre des sénateurs^ ,«i, etc. »
iknonne M le cahier» et fine est récriture.
(PSfnlTiIfhi)
n fÉAi toijgoura tendre À Ja perfection; et alors cette justice
DE Là biction. m
qni nous est quelquefois refusée par nos contemporains, postérité nous la rend. (La BruyèbeO
L'inversion est très-propre, à augmenter la force des oontrastM et i faire ressortir une idée. Bossnet pouvait dire :
Douze pêcheurs envoyés par Jésus-Christ, et témoins de la résurrection, ont accompli alors, ni plus tôt ni plus tard, ie que les philosophes n*ont osé tenter, ce que les prophètes ni le peuple juif, lorsqu'il a été ïe plus protégé et le plus fidèle, n'ont pu faire.
Mais Bossuet se sert d^une inversion par laquelle il fixe d'abord l'esprit sur les philosophes, fur les prophètes, sur le peuple juif protégé et fidèle; il nous fait sentir toute la grandeur de l'entreprise, avant de 'parler de ceux qui Tout accomplie, et il ne présente les dooze pêcheurs et raocomplifisement qu'à la fin de la phrase.
Alors seulement, et ni plus tôt ni plus tard, ce que les philosophes' n'ont osé tenter, ce que les prophètes ni le peuple juif, lorsqu'il a été le plus protégé et le plus fidèle, n'ont pu faire, douze pécheurs envoyés par Jésus-Christ et témains de sa résurrection l'ont accompli.
BlUpM.
(Voir page Sa) On soQS-entena un mot déjà exprimé :
Le fini s'anéantit devant l'infini : ainsi notre esprit devant Dieu; ainsi notre justice devant la justice divine. (Bossuet.)
Quelquefois on sous-entend avec une négation un verbe qui a été pris affirmativement : « Il y avait tout à redouter de la fureur d'An mbal, et rim à craindre de la modération de Fabius, n Suppléez i, n'y avait risn. D'autres fois on sous-entend sans négation un verbe qni avait été pris négativement. « Je ne suis paa irrité de votre étoorderie, mais affligé de votre ingratitude. » Suppléez je ««m. Enfin on sous-entend des mots qui n*ont pas été énoncés.
Ainsi, triste et captif, ma lyre toutefois
9éf6illait....<
.(Andsé CaAaonu}
m EXEMPLES ET ÉCLAUtCISSEMENTS.
Sappléez lorsqw j^étais.
Voioî one ellipse très-forte*
Le crime fait la honte, et non pas Véchafaud,
(Thomas Co&kbii.i.i.)
Cest-à-dire ei Véchafaud ne fait pat la honte, Celle^i est plus hardie encore et se rapporte à oelle ] de Iaois Racine qui est citée dans le texte :
Mon avare magnificence n'étalerait point aux yeux desiruiti auxquels à peine on osât toucher. (J. J. Rousseau.)
PléoBAsme*
(Voir page 90.)
I Je n'en ai reçu que trois, de ces lettres aimables qui me pénètrent le cœuf, » écrit Mme de Sévigné à sa fille. Qa*on retranche le pronom en^ la pensée sera la même, mais Texpression da sentiment sera affaiblie.
II y a des pléonasmes vicienx :
Je me contenterai seulement de cette unique réponse.
Cesi faire un pléonasme vicieux que d'exprimer une même idée par deux mots qui ont à peu près le même sens : Ce soldat est «stf" lant et courctgeux. Le pléonasme est encore plus blâmable si le second est moins fort que le premier : Ce soldat est intrépide et cosrageux. Mais on pourrait dire : Ce soldat est courageux et intrépUêf parce que le second mot igoute à la force du premier.
Les grands écrivains se sont permis quelquefois des pléonaimei pour ^jouter à l'énergie :
De tant de coups affreux la tempête orageuse Tient un temps sur les eaux la fortune douteuse
(BOILBÀU.)
Opaix! tranquille paxLÏ
(J. B. BoiTSisàu.)
Déjà pour réveiller sa fureur assoupie..»,
(ID
Syllepse.
Quand le peuple hébreu entra dans la terre promise, toat y célébrait leurs ancêtres. (Bossuet.) *
DE Là diction. 193
M. de Nemours ne laissait échapper aucune occasion de voir Mme de Glèves, sans laisser paraître néanmoins qu'il ks cherchât. (Mme os La Fayette.)
Un grammairien a dit à propos de cette phrase : « Qae veut dire Ui aa pluriel avec aucune occcuion au singulier ? — Cette critique, répond un littérateur, n'est pas fondée. Quand on dit : il ne laissait kkapper aucune occasion^ l'esprit se représente nécessairement qu'il 7 en a eu plusieurs ; c'est à cette idée de multitude que se rapporte k pronom les. n
OOMPAXAISOir. — ASTITHi^SB. — OOSTBABTB.
Comparaison .
(Voir page S4.)
Fénelon fait comprendre par une comparaison quel est le malheuitQz état d'un jeune homme qui se laisse entraîner par le vice :
Je me sentais afTaihlir tous les jours; la bonne éducation ^ j'avais reçue ne me soutenait presque plus ; toutes mes bonnes résolutions s'évanouissaient; je ne me sentais plus h force de résister au mal qui me pressait de tous côtés ; fayais môme une mauvaisS^onte de la vertu. J'étais comme 5n homme qui nage dans une rivière profonde et rapide : d'aLord il fend les eaux et remonte contre le torrent; mais, à les bords sont escarpés, et s'il ne peut se reposer sur le '^e, il se lasse peu à peu ; ses forces l'abandonnent, ses nombres s'engourdissent, et le cours du fleuve l'entraîne.
" I<M gens médiocres sont jaloux les uns des antres ; les hommes ''Tueurs s'aiment et se favorisent mutuellement. » Voltaire rend ^^ remarque plus frappante à l'aide de cette comparaison :
I C'est ainsi que la terre avec plaisir rassemble
I Les chênes, les sapins, qui s'élèvent ensemble :
I Un suc toajours égal est préparé pour eux ;
I ^ur pied touche aux enfers, leur cime est dans les deux
I Ml^TH. DE coup. 13
194 EXEMPLES ET ACLAIRCIBSEHENTS.
Leur tronc iotisnuilable et lear pompeafle tAte Résiste, ea se touchant, aux coups de la tempête. Ils vivent Tan ponr Tantre, ils triomphent du temps. Tandis que sous leur ombre on voit de vils sexpents Se livrer, en sifflant, des guerres intestines, El de leur sang impur arroser lenrs racines.
Les oompantisons sont quelquefois plus oourtei. ' Uasfiillon dit aux gens de guerre :
Vous ne devez compter sur la vie que comme sur un trisar ^e Yous laissez exposé sur un grand chemin.
Fénelon, parlant de la brièveté de la vie :
Les hommes passent comme les fleurs, qui s'épanouissent le matin, et qui le soir sont flétries et foulées aux pieds... • Les générations des hommes sont comme les ondes d'an fleuve rapide.
Voltaire, av trajet de Henri HI :
Sa gloire avait passé comme une ombre légère.
Antre toumnre :
Les éclairs sont moins prompts; je l'ai vu da mes yeox..^. Je Tai vu qui frappait ce monstre audacienx.
(YOLTAIBS.)
(Voir page 2ft.)
La jeunene vît d'espérances, la vmUesst de soforenirs.
Trop faenrenx le génie, ornement de la eoène, Qni, fbrmé par ThaHe ou cher à Melpemèney Egaycf^ ^ son choix ou tourmerOant lee ceBOES, Fait éclater le rire ou ruisseler les pleurs i
Où Vimprudent périi^ les kabiies protpèremL
CfOSaJOÊSL)
VU et grand, pauvre et riche, infini mais horn Noble et brillant anneaa de la chaîne inégale Qui du néant à Vétre embrasse rintervalle, De Vangê et de V insecte il partage le soit ; Faible itnmortel^ blessé du glaive de ia mort; Ea£aat de la powséére, héritier de la gloire; Un verl un dteti*!...
{COLAXDtAXr.)
Voot parUss en toldat^ je dois {igir ea rot.
(Lamotts.)
(7«Bt abuser de Tantithèse que de dire, eomme Fléehier, en parink dfime Jenaa fille douée d*iuie raison piématiuée t
Qui ne sait qu'elle fut admirée dams un âge où la autres iu umipas encore connues; qu'elle eut de la sagesse dans un temps 0Ù Ton n'a presque pas encore de raison ; qu'on lui confia les stertts les plus importants dès qu'elle fut en âge de les e»^ oindre ; que son naturel heureux lui tint lieu d'expérience, et <Iu'eUe M, capable de donner des conseils en un temps où 1^ autres sont à peioe capables d'en recevoir f
L'amour de Tantithèse a poussé eet éorivaîn jusqu'à dire, en par« Int éPune maladie eontagieuse :
C^ soupirs contagieux qni sortant dussim d'un imncfoiU PQw laiDS mourir ceux qui vivent,
Potre mourir ceux q\^i vivent!*.. Mais l'auteur voulait une anti^èse ^ mounara, et il ne s'aperçoit pas que ce qu'il dît est ridionle.
Contraste.
(Voir page SI.)
Uii auteur dépeint la désolation des rives du iTage ; iX la rend 08 .frappante par le contrai fe qu'elle offre avec le tableau riant qu'oQ OQ avait faussement traoé.
, LCenmres cette défiaMoA de page ISS. CeUe-oi est Imitée U iftosuae avec les deux autres qui Toung, poëte anglais. ** ti9UT«nt 4aDf la !'• jpartiei
Au nom de ce fleuve tant célébré par les poëtes, Timagi nation, involontairement réveillée, se retrace les plus riants tableaux; elle se figure des rives enchanteresses formées par de longues prairies émaillées des fleurs les plus odorantes; elle erre délicieusement exaltée sous T ombrage aromatique d'orangers épais, dont les rameaux, enlacés à ceux du laurier d'Apollon, se courbent sous le poids de leurs pommes d'or. L'haleine des vents tempérés, plus doux que le zéphyr même, y caresse im étemel feuillage, et la mobile surface d*une onde cristalline, qui, s'échappant à regret dans un lit étincelant de pierres précieuses, roule dans ses moDes sinuosités les paillettes d'or qui en forment l'arène. Au doux murmure de ce nouveau Pactole * se môle encore l'hannonieux concert que forment, en saluant l'aurore, mille brillants oiseaux parés du plus riche plumage. De gracieuses bergères^ d'heureux bergers conduisent dans ce fortuné séjour de superbes troupeaux, dont on n'exige que le lait superflu ou Tabondante toison, en dédommagement des soins qu'on leur donne, et qui n'ont à craindre ni le couteau du boucher, ni la dent cruelle des loups. Les animaux féroces sont inconnus dans ces lieux paisibles ; leur approche n'appela jamais au combat le chien fidèle. Le miel, naturellement purifié, y découle des troncs de chêne, le vin le plos généreux, une huile parfumée n'ont pas besoin que l'honune les vienne extraire des fruits qui les prodiguent, et nul climat dans l'univers ne rappelle mieux ces Champs Ëlyséens, où l'antiquité plaçait le séjour de paix promis aux âmes des justes.
Mais que la réalité est loin de la pompeuse réputation que, depuis les Romains jusqu'à nos jours, on s'est complu à donner au plus triste des fleuves I
Des bords arides âprement coupés à pic, un lit généralement tortueux, embarrassé et rétréci, des eaux jaunâtres,
1. Ririère de l'Aiie Mineure qui ronle, dit-on, de Ter danf lei ettu*
presque continuellement bourbeuses^yoilà ce qui caractérise Yéritablement ce Tage, parcourant une campagne ordinairement dépouillée, sèche, abandonnée, où l'ardeur du soleil dévore la végétation dure, courte, ligneuse, quand le' souffle des tempêtes n'en élève pas une poussière rougeâire qui pénètre les vêtements, et va donner sa teinte sinistre aux traits du campagnard, ainsi qu'aux tristes bouquets d'yeuses échappés à la destruction parmi des rocs dépouillés. Le vautour seul, entre les oiseaux carnassiers habitants de Faustère vallée^ y domine les airs, en menaçant des bandes malpropres de mérinos, guidés par des pâtres plus malpropres encore, malheureux et grossiers compagnons des animaux qu'ils défendent non-seulement contre les loups, mais encore contre les nombreux lynx dont les montagnes voisines sont remplies. Nulle partie de l'Espagne n'est plus sauvage ni plus pauvre que celle qu'on prétendait en être la plus riante et la plus riche ; et quelques points un peu moins déshérités de la nature, qu'on rencontre çà et là le long du fleuve que nous avons représenté tel qu'il est, ne sauraient lui mériter ce nom de Tage doré et cette célébrité qu'on lui donna, en adoptant comme vérités les exagérations des poètes. (BoRY DE Saint- Vincent.)
Voy«z plus loin un bel exemple de contraste dans le moroean de Bnffon : La nature sawage et la nature cultivée.
KThE riQVBÉ. — véroimiiB. — uétafhosb. — àlléoosib.
EXEMPLES DE DIVSB8ES TIGUBES*
Style figuré.
(Voir pagcf S9 et inÎT.)
LouiB XrV, lorsqu'un de ses petits-fils fut appelé à régner en **P*gne, pouvait dire ; " L'Espagne et la France ne seront plus di-
JSè EXEMPLES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.
▼ifééfl. *» n «ftt parlé k peu près sans figare, car cette métonymie, BêfOffnt et FTanc9f «st tellement ntitée, qu'elle peut à peine être oonndérée oomme nn trope. H ponTait dire : « Il n'j a pins de hn^ rière entre la France et TEspagne. » La fignre annût été plna mai* qnée. H a dît d^nne manière plus expressive : « Il n*y a pins de Pyrénées ; •* m^ d'antant plas heurenx qu'il ne convient qu^à ces dMS ocmttéea. Aoisi cette belle métonymie est devenue histofjqoe.
(Voir page 33.)
Ezemplea de métonymie.
Regardez dans Denain Taudacienz YilUrs Disputant le tonnerre à Yaigle des Césars.
(VOLTAIKS.)
relèverai la tombe, où manquera sa eenire, Mais où vivront du moins et son doux souvenir^ Et 900 nom, et nés Ters écrits pour Yavenir,
Tous les trois tour à tour ^''inondent de ce jut,
(BOILBAV.)
Hélas I ce peuple ingrat a méprisé ta loi ;
La nation chérie a violé sa foi ;
Elle a répudié «o» ^pouos el son j^érs.
Pour rendre à d'autres dieux un honneur adulêêtrê.
(Racinb.)
Profanes amateurs de spectacles frivoles, Dont Yoreille s*ennuie au son de mes paroles, Fuyez de mes plaisirs la sainte austérité.
(ID
A la fin j'ai quitté la robe poar Vépée*
(CO&NBIU^)
Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau.
(Ragan.)
Métonymie d« nom abstrait.
lions ne pouvons réfléchir Ibuis former des idées abstraites. Koi»