‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 43 sur 73 · Sens de eea deazven : cJe roler · texte numérisé non relu

Sens de eea deazven : cJe roler

te Tent eit sans tetpect, il renrene à la fois

Les bateaux des pécheurs et lès loarques des rois.

Si quelque heureux pilote, échappé de Torage,

Près du port arrivé, gagne au moins le rivage,

Son vaisseau, plus heureux, n*était pas mieux construit«

Mais le pilote est sage, et Dieu Pavait conduit.

(VOLTAIBS.)

PvBoxmifiastkm»

(Voir pM* 88y,Ugne 19^

Nous fûmes conduits, mon ami et moi, par nn chemin de fleurs, au pied d*un rocher affreux : nous vîmes un antre obscur; nous y entrâmes, croyant que c'était la demeure de quelque mortel. 0 dieux! qui aurait pensé que ce lieu eût été si funeste ? A peine y eus -je mis le pied, que tout mon corps frémit; mes cheveux se dressèrent sur ma tête; une main invisible m'entraînait dans ce fatal séjour ; à mesure qae mon cœur s'agitait, il cherchait à s'agiter encore. «Ami! m'écriai-je, entrons plus avant, dussions-nous voir augmenter nos peines. » J'avance dans ce lieu où jamais le sommeil n'entra et que les vents n'agitèrent jamais : j'y vis la Jalousie; son aspect est plus sombre que terrible; la Pâleur, la Tristesse, le Silence l'entouraient, et les Ennuis volaient autour d'elle.' Elle soufQa sur nous, elle nous mit la main sur le cœur, elle nous frappa sur la tète, et nous ne vîmes, nous n'imaginâmes plus que des monstres. « Entrez plus avant, nous dit-elle, malheureux mortels ; allez trouver une déesse plus puissante que moi. » Nous vîmes une affreuse divinité à la lueur des langues enflammées des serpents qui sifflaient sur sa tète : c'était la Fureur. Elle détacha un de ses serpents et le jeta sur moi ; je voulus le prendre : déjà,, sans qne je l'eusse senti, il s^était glissé dans mon cœur ..Je restai na moment comme stnpide; mais^ dès que le poison se ftrt répandu dans mes veines, je crus être au milieu des enfert

mon âme fut embrasée, et dans sa violence tout mon corpg la contenait à peine; j'étais si agité qu'il me semblait que je tournais sous le fouet des Furies. (Montesquieu.)

Autre exemple de perBonnifioation.

Dans sa majestueuse et sainte obscurité, Soudain s*ouvre un palais par TEtude habité: Là tout se tait, nul son n'importune Toreille: Mais le calme est actif et le silence veille. Des soins, des passions la turbulente voix Expire en approchant de ces paisibles toits. Là, loin du vain fracas d'un monde qu'elle oublie, La Méditation, assise et recueillie, Couve tous les trésors renfermés dans son sein, Et son front taciturne est penché sur sa main. Elle ne quitte point ce solitaire asile : Le regard incliné, la paupière immobile, D'un invisible objet que poursuit son ardeur Son œil semble de loin percer la profondeur. Au ravage du jour les Heures échappées Glissent légèrement, et d'ombre enveloppées; L'astre des nuits préside à des travaux constants, Et la seule pensée y mesure le temps.

(Thomas.)

Exemples de dlTerses ûgureê»

(Voir pages 89 et suivantes.)

Périphrase.

Four que la périphrase contribue à la clarté et à 1 élégance dn àtyle, il faut que les mots dont elle se compose aient un rapport marqué avec le sens de la phrase.

Yoioiy par exemple, deux périphrases différentes pour signifia Mu.

Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter l^s complots.

(Racinb.

Celui qui règne dans les deux et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et V indépendance , est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et terribles leçons.

(BOSSUET

Essayons, dans ces deux exemples, de changer les périphrases, et disons :

« Celui qni met nn frein à la furenr des flots est aussi celui qui se glorifie de faire la loi aux rois, etc. — Celui qui règne dans les oieuz et de qui, etc. , sait aussi arrêter les complots des méchants. »

Ces périphrases nous paraîtront froides, déplacées. Pourquoi ? C'est qu'alors elles ne seront point assez en rapport avec Faction attribuée à Dieu dans Chacune de ces deux phrases.

La périphrase, employée à propos, peut mdme tenir lieu de preuve. Ainsi Bossnet, au Heu de nommer la métempsycose, la désigne par une périphrase qui fait suffisamment comprendre toute l'ahsurcUté de ce système :

Que dirai-je de ceux qui croyaient à la transmigration des âmes ; qui les faisaient rouler des cieux à la terre, et puis de la terre aux cieux, des animaux dans les hommes et des hommes dans les animaux, de la félicité à la misère et de la misère à la félicité, sans que ces révolutions eussent jamais ni de terme ni d*ordre certain?

Antres exemples de périphrase.

Fils de saint Louis, montez au ciel! (Paroles de Tabbô Edgeworth à Louis XVI sur l'échafaud.)

J'estime plus ces utiles enfants Qui de Savoie arrivent tous les anSj

Et dont la main légère essuie Nos longs canaux engorgés par la suie»

(VOItTÂUI.)

90S EXSUPLES ET tCLAIECiSSEMENTS.

IntoTogiitioik

»... De Yotreboache. 6 ciel! pais-je rapprendre? Vons-mème sans frémir avez-vous pu Tentendre? SoDges-voos dans qaei sang tous adiez tous baigner?

(Racikk.)

Où nia-ie? de Baal ne TOt»-ie pas le piètre?

(ID

Quel fruit me revient-il de tous yos sacrifices? ▲Hfi l^soia du sang des boucs ou des génisses?

(ID

Par qael ordre, d soleil! Tiens-tn du sein de ronde Nous rendre les rayons de ta clarté féconde Y Est-ce moi qni t'appelle et qui règle ton cours T

(Lo«if SiàcnmJ)

Intfffogation sveo réponse.

JunoUdenns, rot de Jjuséàémmt^ «Tant que i» gaerm du Péloponèse ne soit déclarée, cherche à en dissuader ses ooneitfiywia ;

Peuple de Lacédémone, qui peut vous inspirer cette confiance? Est-ce Yotre flotte? Mais il faudrait de longues années pour la rétablir. Est-ce Tétat de vos finances? Maïs nous n'avons point de trésor public, et les particuliers sont pauvres. Est-ce fespérance de détacher les alliés d'Athènes? Hais, comme la plupart sont des insulaires, il faudrait être maîtres de la mer pour exciter et entretenir leur défection. Est-ce le projet de ravager les plaines de FAttique, et de terminer cette grande querelle dasf une oampagne ? Mais il serait absurde de croire que la perte d'une moisson, si facile à réparer dans un pays où. le commerce est florissant, ei^géra les Athéniens à vous demander la paix. (BARTHlojBrT.)

Autre exemple.

J'annonce un Sauveur humble et pauvre ; mais je l'annonce aux riches du monde. Que leur dirai-je donc, Seigneur? et

DJi JJl diction. 991

de quels termes me servirai-je pour leur proposa le mystère de YOtre pauvreté et de votre humilité? Leur dirai-je : Ne craignez rien? Dans Tétat où je les suppose, ce serait les tromper. Leur dirai-je : Craignez? Je m'éloignerais de l'esprit du mystère même que nous célébrons et des pensées qu'il inspire et qu'il doit inspirer aux plus grands pécheurs. Leur dirai-je : A£fligez-vous , pendant que tout le monde chrétien est dans la joie? Leur dirai-je : Consolez- vous tandis qu'à la vue du Sauveur qui condanme toutes leurs maximes, ûs ont tant de raison de s'afïliger? (Boijrdaloub, Sermon pour le jour de NoêL)

fisDclaxiuttioa,

0 Mpectaciel ô Uriomfh$ admirabla à mes yaux î

(Racxns.)

9a mère ...««Jk / qm» Vamowr %n$fiir€ é9 cmMroffêf Sa mère .... elle 8*âiaiioe au Biiiiea des «oLdaAs*

(VOLTAI&X.)

Odouieur! ô supplice affreux à la pensée! 0 honte qui jamais ne peut élre effacée 1

(BLàououl

0 nuit iernbie ! d nuit effroyablel où Ton entecidit letentir tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt! Madame est mortel (Bosbuet.)

IroMe.

C*était un heau siij«t Ab guerre Qa*un logis où lai-môme il n'entrait qu*en rampant 1

(La VoMtMkiiu.)

Agrippine dit à Néron, après la mort dé BritannîfflB :

.... Poursuis^ Néron; avec de tels ministres, Par des faits glorieux tu te vas signaler.

9ÛB EXEMPLES ET ÉCLAiRCISSEMElITS.

Athalie à Josabeth, en parlant de Joat :

..«. J^aime à voir comme tous rinstniisez.

ÇBLàcnn.)

AlidcNT à ses fnds bâtit an monastère....

C'est on homme d'honneur^ de piété profonde.

Et qui Yent rendre^à Dieu ce qu*il a pris au monde.

(BoiULàU.)

L'ironie pent avoir la louange pour objet, comme dans cette lettre adressée au prince de Condé, après la bataille de Bocrqj :

Oui, monBeigneur, vous en faites trop pour qu'on puisse le souffrir sans se plaindre. Ç*a été, en vérité, trop de hardiesse et de violence à vous d*avoir, à votre âge, battu de vieux généraux, que vous deviez respecter, tué le comte de Fontaines, qui était un des meilleurs hommes de Flandre, pris seize pièces de canon qui appartenaient à un grand monarque, et mis en désordre l'armée des Espagnols, qui vous avaient laissé passer avec tant de bonté.

Hyperbole.

Quoi! fille de David 1 vous parlez à ce traître! Vous souffrez qu'il vous parle!... Et vous ne craignexpas Que du fond de Vahtme entr*ouvert sous ses pas, Il ne sorte à ^instant des feux qui vous embrasent, Ou que, tombant sur luif ces murs ne vous écrasent?

(Racdib.)

Gondé, dont le seul nom renverse les murailles, Force les escadrons et gagn^ les batailles.

(BoiixÂu.)

Gradation.

Gomme on voit la foudre briller, éclater, frapper, abattre; ainsi son ardeur guerrière brille, éclate, frappe, ren;;rerse de toutes parts. (fifASCABON.)

Concession.

Maisillon vient de prouver qu*il est insensé de remettre la oonnr-

•ion à l'heure de 1b mort, parce que cette heure peut arriver tout à coup et lanB qu'on ait pu 8*7 attendre. Il ajoute :

Mais, je veux que le temps vous soit accordé, et que le ministre du Seigneur ait le loisir de venir vous dire, comme autrefois le prophète au roi Juda : « Réglez votre maison, car vous allez mourir; » l'accablement où vous serez alors vous permettra-t-il de chercher Jésus-Ghrîst?

Communication*

Voyez plus loin, dans le diecours de Miraheau, ce passage : Dtd' gmx me répondre^ et cet antre : Croyes-wmi 91M, porc» 91M, etc.

Correction.

0 vous qui survivrez à ma cendre glacée.

Si vous voulez charmer ma dernière pensée.

Un jour élevez-moi... Non^ tè$m*élevei rtefi;

Mais, près des lieux où dort l'humble espoir du chrétien,

Creusez-moi dans ces champs la couche que j^envie.

Et ce dernier sillon où germe une autre vie.

(Lamàetini.)

Dubitation.

Gains GraochuB *, pour exciter en sa faveur Tintérôt du peuple romain, s'écrie an milieu de l'assemblée :

« Où fuir? où me réfugier! Dans le Gapitole? il est encore teint du sang de mon frère. Dans ma propre maison? j*y trouverai ma mère qui pleure encore. »

Suspension.

Quand Ginéas * prit notre sénat pour une assemhlée de rois, il ne fut ébloui ni par une pompe vaine, ni par une élégance recherchée; il n*y entendit point cette éloquence frivole, Tétude et le charme des hommes futiles. Que vit

1. Il était frère de Tibérini Grao- S. Ambanadeuf de Pyrrhus à olms. qui avait été tué par le parti Rome. 4a sénat, et U éprouva le même sort.

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