La eos^oraisow et Vantithit9 ne cliese de V4pi$hètê
DB LA. OICTIOV. &
Ml* ; le rapport d'opposition s'appello anHthèn. La comparaison établit un rapport de ressemblance* entre deux choses, et rend Tidée de Tune plus claire ou qIus vive par son analogie avec l'autre : « Ce garçcm court comme un lièvre. «^ Il dort comme un hir. •» La vie de l'homme passe comme un ionge. » Un poète, parlant de la loi de Dieu :
Loi taînte, loi désirable»
Ta richesse est préféraUê A la richesse de Vor; El ta doucear est pareille Au miel doat la Jeune abeiile Compose sod cher trésor.
(f. B. Bovsflf AV.)
Les compositions du genre ordinaii*e n'admettent que des comparaisons très-courtes : ce n'est que dans la poésie et dans les morceaux oratoires du genre le pin» élevé que l'auteur peut se permettre de longues comparaisons. £n voici des exemples : Bossuec, par* lant du génie militaire du prince de Condé :
Gomme une aigle qa*0B voit toajoiin, soit qu'elle vole an nOieu dtt airs, soit qu'elle se pose sur le haut de quelque rocher, porter de tous côtés des regards perçants, et tomber si sûrement sur sa pioie qu'on ne peut éviter ses ongles non plus que ses yeux t li Tifs étaient les regards^ aussi vite et impétueuse était Tattaque» n fortes et inévitables étaient les mains du prince de Condé*
Toltaire, par une double comparaison, fait comprendre que, dans les troubles politiques, les hommes les plus vils parviennent quelquefois aux rangs les plus élevés :
Ainsi lorsque let vents, fougueux tyrans des eaux, De la Seine ou du Rhône ont soulevé les flots,
LHeeonfoiidexpataTeelaeompa- qu'on peut appeler négative, parce
foimm employée conme f onne de rai* qn'elle établit un rapport de attsem*'
fosnement ou comme moyen de dé^ hlance ; elle a quelque analogie avee
nIoppevBnt. Voy. lecbap. iT. Vemtithhe,
S. U y a autii une compavaisea
ffélèin m bfmiUeamat sor la Uct êm eném.
Ainsi, dans les faceors de œs embrasements Qoi changent les cités en de funestes champs, he fer, rairaiB, le plomb, que ies feint aimoHiMent, 8a môlaat 4aii8 la flamtte à Uor qa'ila tibnoafcinsfnt»
Vue compartûson prolongëe mtre i!etix persKAm^ ou entre deux choses se nomme pù/red^k. TeS «rif, dans la Henriade^ le pasaitèie «le dMX célèbres ministres, les cardinaux de tlicbelieu et de Mazarin :
Richelieu, grand, sablime, itn{AteaS>le envettoi, Mazarin, souple, adroit et dangetcux asiïi; L'un fuyant avec art et oédamt à fortigie, L'autre aux flots irrités opposant son courage, tbii84earhaiS'tepMi||la«LiaaB étttx^adoMa»
Il« PwMlthèaa, ém eoataMte»
mnamcdMi lus idleii o^p^àéet : mëUk kt»* ves; -^ nM> btmx»-,; -^fiGitiB) eâigeese. »
Tel 5r{{l0 au second rang qui ^édipse au pr«mter.
• ••..... IfbnsSenr, Ici pf^eot, mi 9te fitrt gfoMd soufilsi £iSt on pélU présent.
(lUcmi.)'
L'antilhèse- oppose anssi les pensées aux pensdesi: c Ce ne sont pas le& places qui honorent les hommes ce soùt les hommes qrd honorent les places, v -^ On' demandait à Phocion pourquoi il préférait toujours la paix à la guerre : c C'est, répondit-il, parce que pendant la pa&t tes. entamts euseveUÊ$eni leurs pèresi et que pendant la guerre les pères ensevelissent leinis eti&iitt. »
L*àn%it!ïes«!«st tm des iliis BfQlâftts: ornernseûtn dH style. »0n doit n'en user que saiMBKffil.
DE
VmfSG^ey wùJùdAi^è fÊM «ta ffMûA, fsmi le namf
Le «imfrwfe* eensiste 4am um opposicioii 4e eott»* leurs^ de tons, de situations^ de seiitÊmeiils, d'olyelt»
Ii8 contraste «st une SMrra ffieonde de iMamtés naimreKesBl artistiqMa. L'éelUtft i» bniild» la ftradxe pi^ dmsent ïà&a plmHl'imj^iOBsSM ma fliflleo dès lé&Um» «tdn alenoe de la naît, «t im «iieiidliiit Tnigaireexollt im moins de pîtié ^pM lèwiiqoÉtaftt de l' AArisepie «i ddHlalieyBèlisiftre, detnnidMrtl'aTiisiéiie.LeooiiteaBte «lire la misère de w gnoid tmmmm et ioai eadeaM» pM^érilë 4mmit fcitineiii le^dMS.
kitoâu, four mieux letofer rjflofettgilDle eelMlè ié LowsXIY, tai Ml eontraetst stec l'ipadtaie dee rois. ^^èaats 'QtréBt le IfeileMe j^eEeDmiMe fui pesto^':
HéUs! qaMiie d^tiBil M USUfS^ Ml DCMeMdt Mlu^f
Où les roisr «%QWir«intt éht iwm 4e ftieSiail^
S*eadonnaieiA vor le tieee, «t, me Mrtiotl tiMi iMime,
Laissaient leur sceptrelMtt iteSflfret Ad «NÉK «terea oMUteT
Aacan soin n'approchait d^ leur paisible cour*
Oi Tepenât^lii wrii^ •en dMinatt «Ml le Joer.
Ce doux siècle n*e8t plus. Le del impitoyable
X placé sur le tcdne on prince iefatigable :
llb'ratre mes d&ticefofê, il est soorâ'i ma -voir;
INis tes }#iit«i»sxrM«riei et iMeIt is «es ei^ML
ftca «8 pe«t acDètar sa ngUwMe Aoâaoe <:
L'été 9*a point de feui^ fl^er n**a pisîiftt de gtÉce\
l»e ré»ytM«e.
On rppelle épithète un a^lectif sans lequel Pidée de Vècrivain aerak suffisamment comprise, mais qui sert à toi^r à rexpres&ion plus de force ou plus d^ £r4oe«
1< Ce que nous disoni ici du con- contraste de l'antithèie, dont il eit ' feis u MtMene |>kiMii t t*artto «ceMM i* 4ÉHlsfpiaiMit
S8 ^ PltiCSPTBS.
Quand un adjectif est nécessaire à Pintelligence de la pensée, il n'est pas épithète : « Vhommejuste ne craini pas les vainei menaces des méchants. » Juue est adjectif; vaines est épithète.
Il est des adjectifs qui ne peuvent se placer qu^après le nom auquel ils se rapportent, d'autres qui ne peuvent se placer qu'avant ce même nom, d'autres qui changent de sens seloxi qu^on les pl^ce avant ou apràs. L*usage est à cet égard le seul guide que Ton puisse suivre ; on ne saurait s*en écarter sans s'exposer au rq^roche de négligence ou d'incorrection^
Cependant les grands écrivains s'affranchissent quelquefois de la rôgle imposée par l'usée. On ne met ordinairement lel adjectifs sottterrain et paternel qu'après les noms; la Fontaine les met avant :
Après qn'U «m Irolté, broutté, foit toas set tours, Jeannot Lapin retoorne aux êoutmrains i^faurt. 0 dieux lioq>îtaii«niI que vois-'je ici paraître t IHt ranioMl chatte du paUmel logit.
Il ne faut point prodiguer les épithètes, surtout en prose.
Il faut éviter les épithètes insignifiantes, surtout celles qui offrent à peu près le même sens que le nom auquel on les joint ; par exemple : obscurité ténébreuse, frî^ douleur; dites : obscurité profonde^ amère douleur.
Quelquefois des noms ou des adverbes peuvent tenir lieu d'épithète :
Adieu Paris, vUle d$ fumée et de houe.
(J. J. ROOMIAV.)
On peut voir dans les vers suivants combien l'heu*'
I. Toutei let diffieiiliéf rdatiTMà notre raitonni det âifiemltéi de !• la pUoe que doitoooap«r ehM««ad- langue /VanfattCtixar L«TM«x.8«é4., JeettftoatrétolMtdaMtoiJMlioii- Uhraitto d« L. Htahatlô «t Cl«»
i leox ehoix des épithètes coatribue à donner de Ta- |[ pëment à ce qu'on dit :
{ . Dbx» le réduit obscur dHine alcôve enfoncée
S'élève un lit de plume à grandi frais amassée ; Quatre rideaux pompeux, par un doUbU contour, En dèfeodent rentrée à la clarté du jour.
(BOILBAU.)
Supprimez les épithètes, et dites seulement : « Dans une alcôve s'élève un lit entouré de quatre rideaux, » toute la beauté du passage disparait.
S m. mu aspmsssiOMS nusas *v non vwimé. rmwmuam mi eteùuL. — dm nemuni» mo». — dbs fxqoiis
^ows avons dit qu'ea?pnm«r une idée» un jugement, c*est l'énoncer à l'aide des mots. Il y a deux sortes d'expressions : l'expression propre et l'expression figurée.
L'expression propre est celle qui représente directement et exactement son objet : « La jeunesse ; — la vieillesse ; — une chaleur ardente. »
L'expression figurée est celle qui associe à Tidée de son objet d'autres idées, ou qui même y substitue des idées analogues : « La fleur de l'âge; — le soir de fe vie ; — une chaleur dévorante. »
Si je dis d'un homme : « Il est irrité; » si je dis : ; < Il est doué d'un talent extraordinaire ; » je me sers ! des expressions propres. J'exprime les mêmes idées en ^ style figuré, si je dis : « Il est enflammé de colère ; » ù je dis : a C'est un aigle ^ t
^B«alepreBiieffeaeiBp]#, idéedufeiiMMfliéei.oeUedalaeotértf; du»
tours de phrase gui ajoatent i m q^tm dit de 1a fiT»cUé, de la force on de Tagréinent.
EclairdsaoQS cette dftfinitinn par on exemple, et montrons oonuDmi «Ut éàrm im priaMîpeB qw nous venons de poser.
Pour rendre une pensée, on a, je suppose, le choix entre deux exproadons : Fuse de œs expresaîoiis est orile qui, d'après les r^Ies ordinaires du langstge, énonce exactement cHto pensée sans y rien ajentor, sans en rien retrancher, sans la passionner ni Tem* hellir; qu'on se serre de cette expression, le style ne sera pas ilgnr§. Mais sf, pour rendre cette même
pflBsée aine ffai» d« dMROft» on es^plûit uM ^asgmm^ sion qui ajoute ou retmehe' à la pensée, qui Tembellit ou la pasiÎ0nae)i la st^ iM^imoi figuré.
Aiçisi l'on parle sans figure si l'on dit : • Jeune encore j^allais bientôt mourir. » Hais le style devient figuré si Ton dit :
J*ai m. mm tàin» imankm Décliner yen leur penchant; Av midi de met années Je tooobvi à ma oonslaiit.
Le langage dépouwu àM figures est froid et sans couleur; les figures donnent au style du mouvement et de la vie.
L'exposition* des sciences abstraites n'adm^ point les figures ; elles abondent dans tous les autres genres de composition, et la conversation même ne saurait s'en passer.
1» second, idée du vol rapide d^m HMtori^œ : il est bon de eonnadtre
olteau substituée à celle de roctftvi't^ ces figures, mais sans y attacher
créatrice de la pensée. trop d'importance.
1. On la» «pfêûe avnl ftgmm* 4» S«€if4^iréMMtallt%l?«vplioa4îoii.
vmu.Mtmov. fit
On appelle figures de mot^^cAks <fu OQoaistoot à ^!aftoy^r ua ]iHi4 pour un »«lre» cMtime quand je dis : i i!lfi9t «a aigle» » «a lûMt 'de: « Geet un homniade Itaie; <»€t /S^tiTétf ^ jMMée» oeUas qui modifientridée ffimfaiB par fictien» far mouvement, par combiiwo^ eamiaa guaad, a«i lieu ide dire : « Louis XJV iBKcmt J^eor de ee aoumeltre^ » Boiauet «'adxeise à Alger uAm» al dU : « Tu oéderaa ou tu tombecae «ms D» vainqueur, Alger^ lâfikie des dépouUlafl de la obiétientéU
Si l'on change les mots, la figure de mctta disparaît ; fl:n'T a ^h^ (te figura» ai je dia .: « C'est ua bomme de Itoie. » Si l'on ciianga ou » Ton suppsmie des mots, b %ire de penste peut aulMîater ; par exemple, r«|wsinipke subsiateinail dan» l^n^MoiÂe ei^desau», quand bien même on changerait tous les mcÂS : « Algar, iQhebie aus.dâpens des peuples ofarétiens, tu ta soumtbaa à Iiouia ou tu suceombenaa. »
pet ûguwcB te atoie.
Pes tropes en génênU.
Les figures de mots les plus usitées s'appellent tropes.
Nous vea&ons de voir qu'une idée peut se rendre ou |Si le mot propre, ou par une expression figurée*
n mt de là qu'un mot peut fttre employé ou au sens propre, ou au sens figuré.
Le sens propre, c'est la signification primitive du mot, c'estridée qu'il réveilledirectement etezactement. Mais qoand, par l'effet d'une analogie quelconquei ce mot
t C«tt0 dUitinotLon noua Mmbla Toir U aen«ioQ]|«r : toUà pourquoi ■!••(•« iispoitMite ;^ mti» tout les noTU on p^Kloai, ^wigM dd lûsàtçiàmi^ oot ara do-
n 9RtOBPTt8.
exprime une autre idée que celle qu'il devait d*aboid exprimer, on dit quHl est pris au $ens figuré; et c^eet ce qu'on appelle un trape.
Les tropes sont donc des figures par lesquelles oa prend un mot dans une acception qui s'écarte plus oa moins de sa signification primitive. Ainsi briUant^ au sens propre, se dit de la lumière ; au sens figuré, il ee ditdeFesprit, du«talent, d'une assemblée, d'un discours.
Ainsi le mot poison^ le mot soif^ sont pris au sens propre quand il s*agit d'une substance vénéneuse mêlée aux aliments, du désir de boire; ils sont pris au sens figuré quand on dit : c Le poison de la flatterie, la soif 4es conquêtes. »
J'emploie le mot ange au sens propre, quand je dis : « L'ange Gabriel ; » je l'emploie au sens figuré, quand, pour désigner une jeune personne remarquable par l'innocence des mœurs et par le charme du caractère, je dis : < C'est un ange. »
Faisons ici une remarque importante. La nécessité a détourné une infinité de mots de leur signification primitive, pour leur en donner en outre d'autres qui y ont quelque rapport. Ainsi, langue signifiait primitivement et signifie encore cette portion de chair mobile qui Vagite dans la bouche ; ce mot est pris dans une autre acception quand on dit : c La langue française; la langue musicale, t Ce n'est point faire une figure que -d'employer le mot langue dans ces deux dernières acceptions, puisqu'il n'y a pas d'autres termes pour exprimer les idées qu'il représente.
Comprenons donc bien que l'on ne fait aucune figure^ quand on dit la clarté d'un discours, une feuille* de
1. Ces mots pearent être figurét 9. PrimitiTement, elarté se disait pour le grammairien ou le lezicograr seulement du Jour : feuHh se digaitr pbe ', £U ne le sont pas pour VécriTaiB. Mulement des plttiitef ,
lapier, puisqu'on ne peut pas dire autrement. Mais çuand pour rendre une idée on a le choix entre un terme pris au sens propre e^un terme pris au sens figuré, et qu'on choisit le second, on fait une figure. Par exemple, quand on dit d'un soldat : « Il est tombé au champ d'honneur; » parce qu'on pouvait dire : t II a été tué dans un combat ; p et quand on dit de J. B. Rousseau, auteur de belles odes sacrées :
Le Brabant fut sa tombe, et Paris son berceau,
parce qu'on pouvait dire : « Il était né à Paris, et il est mort à Bruxelles. »
Il y a deux sortes de tropes : la métonymie et la métaphore; elles emploient toutes deux un nom à la place ft^nii autre : la première, par analogie ; la seconde, par comparaison.
De la métonymie.
On peut définir la métonymie un trope qui substitue au nom d'une chose le nom d'une autre qui a quelque rapport avec elle : rapport de cause, d'effet, d'espèce, de genre, de partie, etc.
Par la métonymie, on prend la cause pour l'effet : par exemple : l'auteur d'un ouvrage pour l'ouvrage lui-même : « J'ai lu tout Racine, » c'est-à-dire toutes les (Buvres de Racine.
L'effet pour la cause : « Il est l'auteur de bien des funérailles ; » c'est-à-dire : « Il a causé la mort de beaucoup de personnes. »
Le signe ou l'emblème d'une chose pour cette chose même : la croix, pour la religion chrétienne ; lé bâton de maréchal, pour la dignité de maréchal de France.
METH. DE COUP. 3
34 P&ËGBPTES.
L'instrument, pour la profession qui remploie, ou même pour l'homme qui exerce cette profession : « Une vaillante épée, une plume habile, » signifient souvent un brave capitaine, un auuur distingué.
Pour quel sujet nouTeau dois-je monter ma lyre?
c'est-à-dire : sur quel sujet dois-je faire des vers?
Le nom d'un pays, pour le peuple qui fhabite, ou . pour les chefs qui le gouvernent * : c La Franco est belliqueuse et lettrée ; — La France et l'Angleterre se sont unies pour maintenir l'intégrité de l'empire ottoman ; » et en général le contenant pour le contenu : ce Boire une bouteille ; » ou le contenu pour le contenant : « Tout Paris a joui de ce spectacle ; » c'est-àdire : a Tous les habitants de Paris. »
Un nom abstrait pour un nom de personne ou de chose : a Vamitié s'alarme facilement ; pour un ami s'alarme ; « le gouvernement, » pour les hommes qui gouvernent.
La métonymie prend la partie pour le tout : « Une flotte de cent voiles^ » c'est-à-dire de cent vaisseaux; le tout pour la partie : « Les mortels^ » pour les hommes; la matière dont une chose est faite, pour la chose même: « Croiser le /er, » pour croiser Vépée; le singulier pour le pluriel : « L'ennemi s'avance, » pour les ennemis; le nombre déterminé pour le nombre incertain : « Vingt fois, » pour plusieurs fois.
Elle substitue un nom propre à un nom commun
1. Quel(|aefr-iiDeg de ces métony- usuellei gn'il est deyena à peu prêt «des ontsi bien pr'sé dans la langue im^postible de parler autrement.
Dl LA DICTION. 35
«t réciproquement : « Le Fils de ITiomme, » c*estrà-dire ksus-Christ.
Un Auguste aisément peut faire des VirgUes;
c'est-à-dire un prince qui protège les kttres peut faire snrgir de grands poètes.
Elle étend et altère la signification propre d'un mot: c'est ainsi que tomber signifie quelquefois périr; qu'on dit : « Aller à cheval sur un bâton, d
C'est par une sorte de métonymie qu'on change les personnes des verbes; un maître dit à ses élèves: 9^ Nous n'étudions pas, » c'est-à-dire vous n'étudiez pas ; ou les temps : c II s'avance, il est vainqueur, » pour il s^avança et fut vainqueur.
On pourrait indiquer plusieurs autres usages de la métonynaie. Nous avons fait connaître les principaux.
' De la métaphore.
Nous avons vu que la comparaison établit un rapport de ressemblance entre deux objets : « La vie de l'homme sur la terre est comme un combat. — *La colère de Biexx^st comme wn feu dévorant. »
La métaphore, plus hardie, donne à un objet le nom même de Tobjet auquel l'esprit le compare : « La vie de l'homme sur la terre est un combat. -^ La colère de Dteu est un feu qui dévore. »
Toute métaphore peut se résoudre en une comparaison.
Examinons ces expressions métaphoriques : « Éclai^ rtz-mxii des lumières de votre expérience. — Ce jeune homme est enflammé d'amour pour la gloire. — La jeunesse est le printemps de la vie. »
Nous y reconnaîtrons œs comparaisons faites par l'esprit : « L'expérience est comme une lumière qui éclaire notre raison. — L'amour de la gloire est comme un feu. — La jeunesse est, dans la vie humaine, ce que le printemps est dans l'année. »
Quelquefois une comparaison commencée se termine en une métaphore :
L'honneur est comme une Ue escarpée et sans bords; On n'y peut plus rentrer quand on en est dehors,
(BOIXEAU.)
Et, semblable à Vabeille. en nos jardins éclose, De différentes fleurs f assemble et je compose Le miel.q}ie je produis.
(J. B. Rousseau.)
De toutes les figures qui peuvent orner le langage," la métaphore est la plus belle et la plus riche : elle donne de la variété et de la vivacité aux pensées, en les revêtant, pour ainsi dire, d'images sensibles. La Fontaine, en parlant de la mort du sage, dit d'abord simplement :
Rien ne trouble sa fin.
Mais quel charme n'ajoute-t-il pas à l'expression de cette pensée, en la reproduisant par cette belle métaphore :
• G*est le soir d*un beau jour !
On doit éviter d'abuser de cette figure et de la prôliguer.
On doit aussi éviter d'employer les métaphores bizarres, forcées, contraires au génie de la langue ; comme cet auteur qui appelle les forêts Us cathédrales de la nalurCj et qui dit d'un coupable qu'il s'est enfoncé dans les sombres cavernes du crime; mais on dira bien
DE LA DIOTION. »
qa'un homme s'est souillé par le crime, que les forêts sont un sanctuaire où Von sent la présence de Dieu.
Les expressions métaphoriques doivent toujours avoir une certaine noblesse. Un Anglais faisait une métaphore très-ridicule dans notre langue, quand il disait d'un de nos illustres écrivains : « Cet homme est le quinquet de sa patrie. » La métaphore eût été convenable s'il eût dit : « Cet homme est le flambeau de son pays. »
Il ne faut pas, non plus, que les métaphores soient en désacbord les unes avec les autres. On peut dire^ d'un conquérant: « Il tonne, il foudroie. » On peut dire aussi de lui : « C'est un lion. » Mais on ne peut pas dire : « Ce lion lance la foudre de toutes parts. »
Une métaphore continuée et prolongée devient une allégorie.
L'allégorie consiste à présenter une suite d'idées qui servent de comparaison poïir en faire ehtendre d'autres. Je dis d'une personne qui s'est écartée de ses devoirs : c C'est une brebis égarée. » Voilà une metaphore. Je puis continuer et dire, par exemple : « C'est une brebis égarée ; mais le bon pasteur ne l'abandonnera pas ; il se mettra à sa recherche ; il la ferî rentrer dans le bercail. * Voilà une allégorie. C'es une suite d'idées qui servent de comparaison poui faire entendre celle-ci : « Cette personne a oublié ses devoirs ; mais Dieu veillera sur elle, lui inspirera de meilleurs sentiments et l'amènera à une bonne conduite. » *
Bossuet veut nous faire comprendre que celui qui a déjà fait de grands progrès dans la vertu est exposé à en perdre ^out le fruit, s'il cesse de veiller attentivenient sur lui-même. Pour rendre cette idée plus sen-
siWe, il nous représente tm navigateur qui s'endort sur une mer tranquille, et qui périt victime de sa téméraire confiance :
Rien de plus funeste que rassoupissement de Tâme qui crsit être avancée dans la vertu. L'esprit veille et dispute contre le sommeil^ selon le précepte du Sauveur. Hais une voix secrète lui dit pour Finviter au repos : « Tout est calme, tout est tranquille ; tomes les tempêtes sont apaisées : le ciel est serein, les vagues dociles, le vaisseau s'avance tout seul : ne voulez-vous pas prendre un peu de repos? » L'esprit se laisse aller et sommeille; assuré sur la face de la mer calmée et sur la protection du ciel dont il a (ait si soo» vent répreuve, il abandonne le gouvernail et laisse aller le vaisseaa à l'abandon : les vents se soulèvent, il est submergé.
La parabole est une allégorie en forme de récit ; elle laisse entrevoir, sous les voiles transparents d'une action feinte, quelque grave et importante vérité : TÉcriture sainte nous en offre plusieurs exemples ; la plu célèbre est celle de Y Enfant prodigue.
C'est encore par allégorie que Ton personnifie une chose, une idée, c/est-à-dire qu'on lui attribue la figure, les sentiments, le langage d'une personne réelle. La poésie, la peinture, la sculpture, sont fè«* condes en allégories de ce genre. Ainsi Ton représente le printemps sous les traits d'un jeune homme couronné de fleurs : l'/iiver, sous ceux d'un vieillard transi, qui réchauffe ses mains sur des charbons al* lûmes. Le plus ordinairement ces allégories ont un sens moral. On représente la justice sous les traita d'une femme qui tient une balance, et dont les yeux sont bandés, pour faire comprendre que le juge doit pojser les raisons, sans considérer les personnes.
l\ est une stupide et lourde déité ;
V Ignorance est son nom ; la Paresse pesante