POUILLE
Voyez plw Iûm» ^ USjt dan« It àhmttrw^ Bvita à Néron, nn bel exemple d'tfxgament personnel *
Un jour, il m*en souvient, etc.
944 EXEMPLES ET ÉCLAI&CISSBlfENTS.
TRAVAIL DE LA COMPOSmON.
Transitioii*
(Voir page 89.)
Dsnfl son disooixn sar la fermeté, d'Agnessean dit que le juge doit résister aux séductions du plaisir, aux sollicitations de ses amis et aux prières de sa famille. Voici comment il passe du premier de ces objets au second :
Vous qui fuyez sans déshonneur des ennemis qu*on ne combat que par la fuite, vous ne serez pas même encore sans périls : il est un autre genre d'ennemis que vous ne fuiret point, et que vous ne devez point fuir, et que vous trouverez souvent dans vos amis mêmes.
Et il passe ainsi du second objet au troisième :
Le sacrifice de l'amitié immolée à la justice aurait bientôt décidé la question et résolu le problème ; mais que ce sacrifice coûte à une âme commune I et cependant il est encore des victimes plus chères, que la justice exige de la fermeté du magistrat: c'est peu de cesser d'être ami, il faudra souvent qu* il cesse d'être père; et que, comme si liens de la nature étaient rompus, il ait le courage de dire à sa famille : Je ne vous connais point; je ne suis point 'à vous, je suis à la justice. (D'âoctessbâu.)
Béviaon.
(Voir page 99.)
Loin de se laisser éblouir par l'heureux succès d'une éloquence subite, il reprend toujours avec une nouvelle ardeur
le pénible travail de la composition. G*est là qu il pèse serapnleusement jusqu'aux moindres expressions^ dans la balance exacte d'une sévère critique ; c'est là qu'il ose retrancher tout ce qui ne présente pas à l'esprit une image vive et lumineuse; qu'il développe tout ce qui peut paraître obscur ou équivoque à un auditeur médiocrement attentif; qu'il joint les grâces et les ornements 'à la clarté et à la pureté du discours; qu'en évitant la négligence, il ne fuit pas moins l'écueil également dangereux de l'affectation, et que, prenant en main une lime savante, il ajoute autant de force à son discours qu'il en retranche de paroles inutiles, imitant l'adresse de ces habiles sculpteurs qui, travaillant sur les matières les plus précieuses, en augmentent le prix à^ mesure qu'ils les diminuent, et ne forment les chefsd'œuvre les plus parfaits de leur art que par le simple retranchement d'une riche superfluité. (D'Aguesseau.)
349 EXJEHFLBI CT
DSSGRIPnONS, RÉCITS, DIALOGUES, LËTIBEg.
(V<âr page O»:)
Un homme, s'est rencontré, d'une profondeur d'esprit incroyable, hypocrite raffiné autant qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout cacher, également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre, qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance; mais, au reste, si vigilant et si prêt à tout, qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle lui a présentées ; enfin, un de ces esprits remuants et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde. Que le siort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en parait dans l'histoire à qui leur audace a été funeste ! Mais aussi que ne font-ils pas, quand il plaît à Dieu de s'en servir ! 11 fut donné à celui*ci de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois. (Bossuet
Un antre écrivain aurait pu dire : <* Cromwell était nn de ces prodiges de scélératesse qui apparaissent de temps en temps dans l'univers comme d*effrayants phénomènes^ etc. » Il aurait bien dit, mais comme tout le monde peut bien dire. Bossuet dit tont oda d'im seul mot : Un homme s'est rencontré ; et de plus il dit mieux, parce qu'il fait entendre avec ce seul mot ce qu'il y a de plus extraordinaire, et qu'il y monte l'imagination. Voilà ce que j'appelle la langue de Bossuet. (Là Habpb.)
DESCRIPTraHS, BSaiS, DIALOGTHS, I;£TTR£S. «7
finiHum ne vit que pour ad, et tout les antres hommai >«i«imhle sont. à ton égard oomme s'ils n'étaient point. Non cQOÈeni ie remplir à june table la première place, il occupa iœysfflil .celle de deuiKittttres;!! oublie que le repas est ponf lui «t pour toute la compagnie; il se nead maître du plat^tl fidteûii psopredetteque. service.: il ne s'attache à aucun des imets iqu!i] m'»! achevé d'^seoyer de tous, il voudrait pouvoir }» e«vaurer tous tout âL la lois. Il se £ait, quelque part oùil se trouve ^, uj»e manière ' d'établissement, et ne sou8t« paepltts d'être .pressé au sermon ou au théàtte (p»eidans4a chambre. Il n'y a dans un carrosse que les places du' fond qui lui conviennent ;ilans toute auXre^ si on veut l'en croire, il j)âlit et tombe en faiblesse. S'il fiait un voyage avec plusieurs, il les prévient dans les hôtelleries, et Û sait toujouys se conserver dans la meilleure chambre le meilleur lit :11 tourne tout à son usage; ses valets, ceux d' autrui, courent dans le même temps pour son service : tout ce qu'il trouve sous sa main lui est propre, bardes, équipages : il embarrasse tout le monde, ne se contraint pov^r personne, rie plaint personne, ne connaît de maux que les siens^ que sa réplétion et sa bile; ne pleure point la mort des autres^ ^*^P* prébende que la sienne, qu'il rachèterait volontiers * fie l'extinction du genre humain . (La Bruyère,)
JLa plus noble conquête que l'homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal, qui partage avec lui lés fatigues de la guerre et la gloire des combats ; aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l'affronte ; il se fait au bruit des armes, ill' aime, il le cherche, et s'anime .de la môme ardeur. Il partage aussi ses plaisirs : à la chasse, aux tournois, à la course, il brille, il étincelle. Mais, docile
1. En quelque Ueu qu'il se trouve* 3. Pour racheter sa mort, il wojSi S. Une «ofta. ftenit Tolomiera .!• .gaore huaudni
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autant que courageux, il ne se laisse pas emporter à son feu; il sait réprimer ses mouvements. Non-seulement il fléchit sous la main de celui qui le guide, mais il semble consulter ses désirs; et, obéissant toujours aux impressions qu'il en reçoit, il se précipite, se modère ou s*anrôte, et n'agit que pour y satisfaire. C'est une créature qui renonce à son être pour n'exister que par la volonté d*un autre; qui sait même la prévenir; qui, par la promptitude et la précision de ses mouvements, l'exprime et l'exécute, qui sent autant qu'on le désire, et ne rend qu'autant qu'on veut; qni, se livrant sans réserve, ne se refuse à rien, sert de toutes ses forces, s'excède, et même meurt pour mieux obéir.