‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 59 sur 73 · Il se nommait Robert, né en 1183, mort en IdOS · texte numérisé non relu

Il se nommait Robert, né en 1183, mort en IdOS

ir76 EXEMPLES ET ÉGLAIItCISSEMEKTS.

Dans les enfoncements de cette obscure enceinte, Il trouve un vaste espace, effrayant labyrinthe, D*où vingt chemins divers conduisent à Fentour. Leqnel choisir? lequel doit le conduire au jour? ' Il les consulte tous : il les prend, il les quitte ; L*effroi suspend ses pas ; Teffroi les précipite. Il appelle; Técho redouble sa frayeur.

De sinistres pensers viennent glacer son cœur. L*astre heureux qu'il regrette a mesuré dix heures Depuis qu'il est errant dans ces noires demeures. Ce lieu d'effroi, ce lieu d'un silence éternel En trois lustres^ entiers voit à peine un mortel; Et pour comble d'effroi, dans cette nuit funeste, Du flambeau qui le guide il voit périr le reste. Craignant que chaque pas, que chaque mouvement. En agitant la flamme, en use l'aUment, Quelquefois il s'arrête et demeure immobile. Vaines précautions! tout soin est inutile; L'heure approche, et déjà son cœur épouvanté Croit de l'affreuse nuit sentir Tobscurité. Il marche; il erre encor sous cette voûte sombre; Et le flambeau mourant fume et s'éteint dans l'ombre. Il gémit; toutefois d'un souffle haletant. Le flambeau ranimé se rallume à l'instant. Vam espoir! par le feu la cire consumée. Par degré s'abaissant sur la mèche enflanmiée. Atteint' sa main souffrante, et de ses doigts vaiocas Les nerfs découragés ne la soutiennent plus : De son bras défaillant enfin la torche tombe, Et ses derniers rayons ont éclairé sa tombe.

L'infortuné déjà voit cent spectres hideux : Le délire brûlant, le désespoir affreux, La mort!... non cette mort qui plaît à la victoire. Qui vole avec la foudre et que pare la gloire; Mais lente, mais horrible, et traînant par la main La faim qui se déchire et se ronge le sein. Son sang, à ces pensers, s'arrête dans ses veines : Et quels regrets touchants viennent aigrir ses peines I Ses parents, ses amis, qu'il ne reverra plus. Et ses nobles travaux qu'il laissa suspendus. Ces travaux qui devaient illustrer sa mémoire. Qui donnaient le bonheur et promettaient la gloire!...

Cependant il espère, il pense quelquefois

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