‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 61 sur 73 · En 1140. 3. CTesHi^dire qu'on se prostemftt · texte numérisé non relu

En 1140. 3. CTesHi^dire qu'on se prostemftt

%, Ce fflit a^n dâeu Van 396 n^ant .di«niiit lui. J. G. Après la mort d'Alexandre, 4. Disciple et petit-nevea d'Ali7«iBtaqw»devliifr roi à» ïlkxaoe. ifaloto.

no EXEMPLES ET ÉCLA1SCIS8SMERT8.

et ce nom tous l'avez élevé si haut, que, sans voos €ûre tel, il ne nous est plus permis de Tavilir. »

Les vices d'Alexandre étaient extrêmes comme ses vertos : il était terrible dans sa colère; elle lo rendait cmeL H fit saisir Callisthène, ordonna qu'on le mit dans une cage de ter, et le fit porter ainsi à la suite de l'armée.

J'aimais Gallisthène, et de tout temps, lorsque mes occupations me laissaient quelques heures de loisir, je les avais employées à l'écouter : et, si j'ai de l'amour pour la vertu, je les dois aux impressions que ses discours disaient sur moi. Je ne voulus pas l'abandonner dans le malheur, j'allai le voir. « Je vous salue, lui dis-je, illustre malheureux, que je vois dans une cage de fer comme on enferme une béte sauvage, pour avoir été le seul homme de l'armée.

— Lysimaque, me dit-il, quand je suis dans une situation qui demande de la force et du courage, il me semble que je me trouve presque à ma place. Ce n'est pas que je sois insensible : vous ne me faites que trop voir que je ne le suis pas. Quand vous êtes venu à moi, j'ai trouvé d'abord quelque plaisir à vous faire voir une action de courage. Mais, au nom du ciel, que ce soit pour la dernière fois ! Laissez-moi soutenir mes malheurs, et n'ayez point la cruauté d'y joindre encore les vôtres.

— Callisthène, lui dis-je, je vous verrai tous les jours. Si le roi vous voyait abandonné des gens vertueux, il n'aurait plus de remords, il commencerait à croire que vous êtes coupable. Non, la crainte ,de sa colère ne me fera pas abandonner un ami.

Cependant Alexandre, ayant appris que je respectais la misère de Callisthène, que j'allais le voir, et que j'osais le plaindre, entra dans une nouvelle fureur. « Va, me dit-il, combattre contre les lions, malheureux qui te plais tant à vivre avec les botes féroces I » On différa mon supplice, pour le faire servir de spectacle à plus de gens.

On me mena dans la carrière. Il y avait autour de moi un peuple immense, qui venait être témoin de mon courage ou

de ma frayeur. On lâcha contre moi un lion. J'avais plié mon manteau autour de mon bras : je lui présentai ce bras, il Yonlut le dévorer : je lui saisis la langue, la lui arrachai, et la jetai à mes pieds.

Alexandre aimait naturellement les actions courageuses : il admira ma résolution, et ce moment fut celui du retour de sa grande âme. 11 me ût appeler, et, me tendant la main : « Lysimaque, me dit-il, je te rends mon amitié, rends-moi la tienne. Ma colère n*a servi qu'à te faire faire une action gui manque à la vie d'Alexandre. » (Montesquieu.)

DIALOOUB. — MONOLOaUB*

Dialogue*

(Voir page 123.)

Le moxœan suivant est un modèle de dialogue»

Dortîgny est nn homme en place, riche et égoïste. On vient de lui annoncer qn*nn homme pauvrement vêtu lui apporte des nouvelles d'un de ses proches parents, nommé Yanglenne, qui s'était établi à la Guadeloupe, et dont il n'avait pas entendu parler depuis long-

Premier dialogue.

PORTIGRYj 'VAHCUbBZlIlB.

DoRTiGNT (à parf). Ah I mon Dieu ! quel messager ! qu'il est sec! (Haut,) Parlez, monsieur, qpi'avez-vous à me dire?

Vanglenne. Dieu soit loué! mon cher cousin! Que j*ai du plaisir à vous revoir ! M'auriez-vous entièrement oublié ?

DoRTiONT. Quoil monsieur, vous seriez?... Je ne vous remets pas.

Yanolenne. Je m'appelle Vanglenne ; je suis votre proche parent*

Dortîgny. Je me souviens, monsieur, d'avoir eu un parent de ce nom; mais nous l'avons cru mort.

Vakglenme. Il vit, hélas! et c'est moi.

«s EXEMPLES ET ÉCLAmOISSEICENTS.

DomiGinr. U y a si longtemps, monsieur, que vous ^e ^^ardimikepez de ne peint me rappeler vos traits.

Vanolehhb. Qk ! je vous reconnaîB bien, moi ; mais Je eBis bien plus changé que vous, et cela n'est pas étonnant. Les ' fitità^aes, les peines, les chagrins, le long séjour dane un <jimat étranger.... Mon son de voix, 4n moins....

IkmnoNT. Je ne dispute point, monsieur, de rideal^feé.

Vakgleiwe. Je vous ai souvent pressé dans naes bms; ^d* il vous en «onvieone, nous fûmes amis.

DoRTiGHY* Amitié de collège, d'^àinoe; mais à qnoi«ëla revient-il, s'il vous plaît? Quels ordres, monsieur, avezvous à me donner?

Vanglenne. Je n'en ai point, mon cher cousin : le pauvre, hélas! les reçoit, etai'>eQidoinne pas.

DoRTiGNY {à part). Oh ! il va me demander de Taisent.

Vanglenne. J'étais établi à la Guadeloupe.

DoRTiGNY. A la Guadeloupe, seSt, monsieur. (A parU) Va, retourne aux antipodes.

VAKOfjBNms. J'avais amassé quelque «fhese avec b^aoooup de peine.... Baigna prêter Toreille à ma triste infcartime* Ayant eu le malheur de perdre maléauBie etsnoR Sk^^ «t n'ayant plus rien qui m'attachât à un pays étranger, Jesé»solus de revenir en France. L'amour de la patrie parlait vivement à mon cœur. C'est le dernier sentiment qui s'éteigne; il faut être sépai^ de «sa f«itrîe peur sentir combien elle ^qiûert 4e dwwes dans l'âlo^^nenimt.

âoRTKiNY (à jMrf)u (^«1 iusitppQutii^le :dédKElt !

YAVGunwïE. ilm vaisseau, chaigé detnaftetite^SoiÉsaie, a fait sidJi£ra§9 sur les oôtes .d'Ëi^agne; j'jsi tout perdu; aMm jmlheflAr est consiMé pair ke joBniAinc : leèiiiek.^ZftMfMe... Dix de mes compagnons de voyage se sont noyés en nesdffmt smiXîx les imattMuneux débris de leur IbxAune.

DoRTiGNY. Ils sont, après tout^ fort heureux : pulmB*j00 A'A^eat plais Fien.au isoonde, a»t9i»t iiaut-..

Vangienne. Vous avesihiea raison, 6e i}^ ««ni pas )le£|>fai8 à plaindre; j'ai envié plus d'Kine fcfts<leiur aorl. ie mjii^qgné

DESCRIPTIONS, afiCïTS, DIALOGXnES, LETTRES.

Pftri& qu'avec des peines in&mes. Si voue Baviez ce que j*ai souffert en route ! Que Tinfortune ttêine après goi d'humiliations ! 3fal6 }B me suis armé de oonfitauoe et de caurviige. J*«rriY6, et je m'io^ortae de vous : avec quel plaisir j'apprend» que Yous possédez une heureuse aisance !

BoRTzaNY. Qui vous a dit cela, sooosieur?

VikHQi<£NKs. Pardon.... mais cet aiaeuhJeiaent, cethdtel, le luxe qui vous enviroime....

DoRnoNY, Hé bien, xn<«isû^r, •o^«s4 eowme Umt le ioaonde Vous avez Tadmifaticm eisph9.<Ài|ud4'un uauv^u 4éb«i<qué«

VijiaLENKE. iCelui qui maaque du néd^ssaire fait màlffsé lui des remarquas sugx touit ce qui liBppe ses Ngards, Il voily il sent la distance extrême qui le sépai^ de ceux qui i^ooJi

heureux.

D0ETI6NY. Mais, monsieur, permettez-moi de ?oii8 le dire, votre conduite est fort étrange. Y&us vous intcoduisez ici par supercherie, vous prenez un faux nom, sous préitexte de nous apporter des nouvelles à'im parent; mois oe subterfuge est un mensonge naalhonnôle.

ÏAMGLSNNE. J'ai cru, sous cet habit, qui ne révàle qiie trop mon indigence, ne devoir point me &Àm coonaître à -vos -domestiques. C'est par diaerétion, mon dier cousin^ par ^setétiûin, je vous rafinim, que j'ai usé ide ce moyen qui «OGiiait ma détaresse.

DoRvifiNY. Vous pou'viez m'écrire.

Vjjhu^£nk£. Une leltm n'aurait jaanais parié comme ma pfféeence. J'ai conçu plus d'espoir «pa venant vous auppliar Bim«-m6me -et vous exposer de vive voix ma doivkloiuf e^ie siÉxiatittii.

DoHTiGNY. J'entends : vous m'avez choisi de préférmioe pcRor réparer lee torts des él^ents. Parée que le sort v»us «iaitmon cousin, vous ferez onaufrage «ir'les c6tes d*£flpognci, et mcûj'en aérai Teaponsabie à Paiis. Vous viendorm au bout de vingt ans me dire : Me voici, seceoirez-moi!

^Asm^Kioai. Oïd, j'aiieeUe priàna à. 'vous faire, je ne voui le déguise point.

S84 EXEMPLES ET ÉCLÂIRCISSEUENTS.

D0RTI6NY. Vous aviez donc mis tout sur le même vaisseau?

Yanglekne. Hélas! oui.

D0RTI6NT. Gela est fort imprudent; mais vous le fûtes toujours.... Au reste, ce qui est au fond de la mer ne peut pas revenir sur l'eau à mon commandement, et, malgré tout le désir que j'en aurais, je ne puis vous le restituer.

Yamolenne. Je le sais; mais je ne prétends point vous être à chaîne, j*implore seulement de l'emploi ; pourvu qu'il ne soit pas avilissant, quel qu'il soit, je le prendrai. J'entends un peu les affaires; mon écriture est convenable; on sera content de mon exactitude. J'aspire à un modique emploi dans vos bureaux ; ou bien, daignez me recommander, et je serai bientôt placé.

DoBTiONY. Bientôt placé! mais vous ignorez donc qu'il y a des surnuméraires qui attendent depuis plusieurs années, qui sont reconunandés de toutes parts et même par les pxdssancesf On ne peut pas, non plus, les tuer pour vous Êdre place.... D'un coup de pied sur le pavé de Paris, on fait naître un régiment de commis, de secrétaires.... Lés gens du nouveau monde ne doivent point ôter le pain à ceux de celui-ci.

Yanqlenne. Oh ! mon cousin, je demande un emploi qui ne nuise à personne : il y en a de tant de sortes! Mais, si le service se mesure au besoin, personne en ce moment n'est plus pressé que moi.... Non, je ne rougirai point d'en faire l'aveu.... Demain je manque de pain, si ce soir votre générosité ne me met à portée d'en gagner. Je n'ai que vous de parent dans cette immense ville, que je ne connais plus. Je consens à tout faire; mais, au nom de Dieu, soulagezmoi dans ce moment.

DoRTiGNY (à part). Me débarrasserai- je de lui en lui donnant une pièce de cinq francs?... Non! joli parent, par ma foi! (Haut) Allons, monsieur, on verra. Je parlerai, je vous le promets ; repassez, repassez.

^NGLENNE. Yous parlerez pour moi? Yous me permettez de repasser?

DoRTioNY. J^ remuerai ciel et terre, et, s'il se présente quelque chose, on vous le fera dire.

Vanglennb. Vous remuerez ciel et terre!... Mais il faut pour cela, monsieur, que vous sachiez mon adresse.

DoRTiGNY. Ah ! oui, oui ; eh bien, votre adresse?

Yanqlenne. Hue de la Huchette, au Cadran-Bleu.

DoRTiQNY (à part). Quelle horreur! Peut-on demeurer rpe de la Huchette? Il ne s'en ira pas!

Vanglennb. Voulez-vous que je vous récrive?

DoRTiGNY. Non, je la retiendrai bien.

Vanglennb. Allons, je cesse de vous importuner. (Il saltie comme pour s'en aller.)

DoRTiGNY (« part). Enfin m'en voilà quitte,... il revient : ah! quel supplice!

Vanglenne (revenant sur ses pas). Mais, monsieur, avant de sortir, j'ai une chose à vous demander, et que vous pouvez m' accorder sur-le-champ.

DoRTiGNY (avec humeur). Point de préambule, monsieur; voyons, de grâce, finissons.

Vanglennb. Donnez-moi, je vous en supplie, l'adresse de ma cousine, de votre chère sœur.

DoRTiGNY. 11 y a longtemps qu'on ne l'a vue ici, monsieur ; elle me néglige; d'ailleurs que pouvez-vous attendre d'elle? Elle mène une vie obscure, elle est pauvre....

Vanglennb. Je vous demande son adresse avec la plus vive instance. , •

DoRTiGNY. Mon portier vous la donnera; je ne la sais point exactement. Mais j'ai quelques affaires pressantes en ce moment, vous voudrez bien....

Vanglennb [marché à reculons). Pardonnez à mes importonités. Je suis plongé dans le besoin le plus extrême..*. Si vous pouviez faire en ma faveur un léger eÊTort.... je souffre.... (Dortigny secoue la tête.) Rien.... allons.... le vrai courage consiste à souffrir avec résignation ; je suis homme et je conserverai la dignité *d'homme.... Je souhaite^ monsieur^ que vous ne connaissiez jamav* «ombien il est àovt*

m EXIEKPLBS £r ÊCLAIltGTSS'ÈMËKTS.

ItMireux de tomber tont à coup dans Tindlgenee. Je vous ai décelé ma misère; mais, si vous m'êtes secourable, du moins par vos recommandations, si vous ne me trompez pas dans la promesse que vous m*avez faite, vous n'aurez pas abusé du respect qu'on doit aux malheureux. Je me retire. {Dartigny pousse, pour ainsi dire, Vanglenne hors de ehéi lui, tandis que Maison entre ; de sorte que les deux personnages se rencontrent face à face. Mutson est un riche agent de change.)

Deuxième dialogae*

noAvxcmr» mMJtMwst.

MuLSON (à part). En croirai-je mes yeux? Dourville à Paris?

DoRTiGNY {à part). Mes recommandations seraient, ma foi, bien placées ! Je donnerai ordre qu'on lui ferme la porte.

MuLSON {regardant sortir Vanglenne). C'est vraiment luL

DoRTiGNY. Vous veuoz me délivrer à propos. Qu« n'êtesvous arrivé il y a une demi-heure 1

MuLSON (à part). On le congédie froidement; on le salue à peine. Me serai-je trompé? (A Dortigny en s' approchait.) Connaissez-vous cet homme qui sort de chez vous?

Dortigny. Faiblement.

MuLSON. Oh ! je le vois bien.

Dortigny. A combien le trois pour cent?

MuLSON. A 77. Dites-moi : vous ne saviez donc pas à (£qi vous parliez tout à Theure?

Dortigny. Pardonnez -moi. Eft le quatre et demi?...

MtJLSON. A 104 fr. 95.... Et vous ne recoûduiseîs pas pôsnectueusement un tel personnage?

Dortigny, Vous voulearrire.

MuLsoN. Non, parbleu, je ne ris pâS, mais votre côndtdtB envers lui a droit de m'étonner. Je mettraiis ma main atl feu que vous ne le connaisses pas.

BbRTtaNV. Je vtms^ dii? que jd lô cottnu&.

DESCRIFTiaKS, RÉCITS, DULOffOïS, LETTRES. 28»

HuLsoK. Et vous le traitez ainsi! Un des plus riches particuliers du royaume !

DoRTiGNY. Vous avez des visions, mon cher Mulson ; un agent de change devrait mieux se connaître en hommes. ITavez-vous pas remarqué son habit?

Mulson. Oui, son habit m'a un peu surpris; mais je sbiè que le personnage est original dans sa conduite, et cela n'empêche point que, sous cet habit, ce ne soit le fameux Dourville, de la Guadeloupe.

DoRTiGNY (riant). Ah! Ahl Ah! Gomme vous vous méh prenez, mon cher! Cet homme se nomme Vanglenne, et sa foirtune est des plus minces.

Mulson. Vanglenne ou Dourville, le nom n'importe : je connais Thomme, et cet homme est opulent.

DoRTiQNY. Et moi, je vous dis que cet homme est dans l'indigence la plus extrême.

Mulson. Je soutiens, moi, le contraire. Il a été marié deux fois; il est veuf depuis dix-huit mois, n'a point d'en-fants, et jouit d'une fortune immense.

DoRTiGNY. Que dites-vous? une fortune immense et point d'enfants!

Mulson. Oui, mon cher, point d'enfants et une fortune immense. Je l'ai vu, il y a trois ans, pendant quatre mois, à la Guadeloupe, et je vous réponds qu'il m'a reconnu. Mais il a baisbé les yeux, je ne sais pourquoi, comme pour ne pas me reconnaître.

DoRTiGNY. Vous uc savcz pas pourquoi? Eh bien, je vais vous le dire : c'est que cet homme, riche de vos libéralités, venait de me demander du secours.

Mulson. Il a pu vous demander du secours pour se divertir ; mais il est plus riche à lui seul que vous et tous vos voisins.

DoÊTiGNY. Faut-il vous dissuader entièrement ? car cela m'impatiente à la fin. Apprenez que cet homme est un mien cousin, que Dieu confonde ! et qui me tombe sur les bras, arrivant en effet d'Amérique après vingt ans d'absence.

S8B EXEMPLES ET iCLAI&CISSEHENTS.

MuLSOH. C'est votre cousin ! Eh bien, il venait pour vooe éprouver.

DoRTiG5T. M'éprouver?

Mdlson. C'est dans son caractère. Dans sa vie, il a Hait vingt tours de cette espèce, et tous plus plaisants les uns que les autres.

DoBTiGmr. En vérité, mon cher Mulson, vous m'efiiayez.

MuLSON. Je vous assure, sur mon honneur, que votre cousin est le négociant de la Guadeloupe qui jouit du plus grand crédit. J'ai négocié de son papier, papier doré, ma foi.

DoBTiGMT. Je frissonne. Il avait donc changé de nom?

MuLsoN. Il se nommait Dourville. Mais que fait le nom quand la personne est la même?

DoRTiGNY. Je le croyais mort depuis vingt ans ; et revenir dans cet état!

MuLS0!ï. Il est d'un caractère enjoué, vif, aimant à causer des surprises, généreux, même magnifique.

DoRTiONY. Généreux ! magnifique !

MuLsoN. S'il a joué le tour plaisant de venir vous emprunter de l'argent sous un habit usé, vous lui en aurez donné, et cela se sera terminé de part et d'autre par de grands éclats de rire?

DoRTiGNY. Mais je l'ai reçu un peu froidement.

MuLSON. J'en suis fâché : il est infiniment sensible aux bons procédés comme aux mauvais. C'est un homme excellent pour ceux qu'il aime, mais terrible pour ceux qu'il n'aime pas.

DoRTiGNY. Mon cher Mulson, 11 faut ne vous rien déguiser : je ne lui ai pas fait l'accueil qu'il méritait.

MuLsoN. Mais à votre âge, est-ce qu'on ne devine pas un homme riche? Mais quelque chose parle....

DoRTiGNY. De grâce, hâtez- vous de me réconcilier avec lui.

MuLsoN. Je le verrai; je reviendrai ce soir; je ferai ce qui dépend de moi. Adieu.

Monolof^e.

(Voir page 124.)

DoRTiONY (seul). Juste ciel ! un parent si riche et sans enfants! Ai-je perdu sans retour mon héritage? Gomment ré- ' parer?.... Il faut de la présence d'esprit, de la souplesse. Ahl si j'avais pu soupçonner l'opulence de cet homme! Assis à ma table, logé dans mon hôtel, choyé, fêté, caressé, je le tiendrais présentement dans mes filets.... Ahl Fortune! tu as pris plaisir à m' aveugler ce matin ; mais je ne me tiens pas pour vaincu : non, tu ne m'échapperas pas. (Mercier.)

Yoyez, en outre, le dialogue d'Horaoe et de Curiace, p. 225.

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