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Ijettres*
(Voir page 126.) Exemples.
HARras aviJAnT5 raâs de moviRiit^ a êi^isabeth.
Quoique je doive mourir par un arrêt signé de votre main, ne croyez pas que je meure votre ennemie. Je suis d'une religion qui m'apprend à supporter tous les maux du i inonde, comme la vôtre vous permet de les faire impunément. Bien que je sois condamnée comme criminelle, je n'en suis pas moins innocente. Je ne serai point décapitée jpour avoir voulu vous ravir la vie, mais pour avoir porté une couronne après laquelle vous soupiriez. La foi qui fit prier saint Paul pour Néron me fait aussi prier pour vous. Mon supplice, que vous regardez comme ignominieux, mettra- le comble à ma gloire. Ne croyez pas m'avoir immolée impunément; souvenez- vous qu'un jour vous serez jugée ainsi que moi. Loin de souhaiter de me voir vengée, quoique cette vengeance fût juste, je m'estimerais, au contraire, infiniment heureuse, si la mort temporelle que je
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990 EXEMPLES ET ÉCLAmcrSSEUBNTS.
vais soiifûrir tous conduisait au chemin de cette autre yie qui doit durer autant que Tétemité.
Adieu, madame, songez qu'une couronne est un bien fort dangereux, puisqu'elle a ùdt perdre la yie à votre cousine.
Louis XrV permit à sa nièee, comme à la oonr soiut le non de MademoUelley d'épouser nn homme qui n'appartenait pas k mnd famille souveraine, le duc de Lauzun. Cette nouvelle surprit tout le monde, et Mme de Sévigné s'empressa de la mander à ses amies de Lyon.
A peine la lettre da Mma de Sévigné éte&ti>elle partie, qfii9 déjà Louis XIY avait révoqué la permission qu'il avait accordée.
Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante^ la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singuUère^ la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus imprévue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus éclatante, la plus secrète jusqu'aujourd'hui, la plus digne d'envie; enfin une chose dont on ne trouve qu'un exemple dans les siècles passés^ encore cet exemple n'est-il pas juste*; enfin une chose qu^ôn ne croirait pas à Paris, comment la pourrait-on croire à Lyon? une chose qui fait crier miséricorde à tout Ife monde; une chose qui comble de joie madame de Rohan et madame de Hautevfflé*, une chose enfin qui se fera dimanche, où ceux qui la verront croiront avoir la berlue ; une chose qui se fera dimanche, et qui ne sera peut-être pas faite lundi. Je ne puis me résoudre à vous le dire, devinez-la; je vous le donne en trois. Jetez- vous votre langue aux chiens?... Eb bien! il feut donc vous la dire : M. de Lauzun épouse dimanche, au Louvre, devinez qui? Je vous le donne en quatre, je vous le donne en dix, je vous le donne en cent. Madame ;
1. Au douantaM sièele, la tobv» <1u' roi Loufif U Gros éptMMa wt J^S"^ de Tillustre maison (te Momnmrônçy. S. Parentes du dwr de Lauzun.
de Goulanges dit : Voilà qui est bien difficile à deviner I c'est madame de La Vallière. — Point in tout, madame. — C'est donc mademoiselle de Retz?— Point du tout : vous êtes bien provinciale ! — Ah ! vraiment, nous sommes bien bêtes ! dites-vous : c'est mademoiselle Golbert. — Encore moin3. —C'est assurément mademoiselle de Gréqui. — Vous n'y êtes pas. Il faut donc vous le dire. Il épouse diînanche, au Lpuvre, avec la permission du roi, mademoiselle.... mademoiselle.... devinez le nom; il épouse Mademoiselle, fiUe du fçu Monsieur*, Mademoiselle, petite-fille de Henri IV; mademoiselle d'Eu, mademoiselle de Bombes, mademoiselle de. Montpensier, mademoiselle d'Orléans, Mademoiselle, cousine germaine du roi. Mademoiselle destinée au trône ; Mademoiselle, le seul parti de la France qui fût digne de Monsieur*. Voilà un beau sujet de discourir .\si vous criez, si vous êtes hors de vous-même, si vous dites que nous avons menti, que cela est faux, qu'on se moque de vous, que voilà une belle raillerie, que cela est bien fade à imaginer, si enfin vous nous jfli^s des injures, nous trouverons que vous avez raison : nous en avons fait autant que vous. Adieu. Les lettres qui seront portées par cet ordinaire' vous feront voir si nous disons vrai ou non.
J^ai été consterné, mon cher ami, en apprenant la funeste nouvelle que vous me mandez. Je vous croyais heuretrx, et jouissant de vos succès, au sein de votre famille; et, dans ce moment même, vous êtes menacé d'un affîreux malheur 1 Hélas ! (pelle triste chose que le cours de la vie humaine! et comme tout y est empoisonné I Je conçois toute rétendue de votre douleur, car je connais la tendre sensibilité de votre âme. Vous qui peignez si bien les sen-