I. GMtani duo d^Orléani, Irèfe 8. Par ce counriw
de Louis XIII. 4. Dncis était un podte tsagique ;
S. Philippe, duo d'Orléans, frère Thomas était orateur et poôte. 4e Louià XIV.
timents de la nature, et qui faites verser aux autres des larmes si douces, faut-il que vous en répandiez vousmême de si cruelles ! Ah ! vous êtes malheureux par vos vertus comme les autres le sont par leurs vices. J'aurais bien désiré, mon cher ami, dans des moments si tristes, être auprès de vous, pour vous donner au moins les faibles consolations de l'amitié ; je sais combien elles sont insuffisantes ; mais il m'eût été doux du moins de pleurer avec vous et de partager vos douleurs. Ah ! vous étiez du moins placé entre deux âmes tendres et sensibles comme la vôtre ; la^ meilleure et la plus respectable des mères, qui vous aime comme un fils, et vous chérit encore comme T ornement et l'honneur de sa vieillesse, doit, sinon vous distraire de vos chagrins, du moins en adoucir le poids. Le ciel vous réserve encore une fille digne de tout votre amour, et dont la santé vous promet un sort plus heureux. Oui, mon cher ami, vous vivrez, vous vieillirez dans ses bras, et vous retrouverez en elle toute la tendresse de celle que vous êtes menacé de perdre. On n'est point tout à fait infortuné sur la terre quand on peut être aimé, quand il nous reste de quoi aimer nous-mêmes. Je voudrais que mon amitié pût être de quelque prix pour vous, pût contribuer du moins à soulager vos peines : s'il suffit pour cela de les sentir bien vivement, croyez que personne n'en est plus pénétré que moi, ne vous est et ne vous sera jamais plus attaché. C'est votrç heureux et excellent caractère, plus encore que vos grands talents, qui à formé cette union, et qui la conservera, j'espère, jusqu'au de/nier moment de notre vie. Ne vous abandonnez pas trop à la douleur, je vous prie ; et surtout défendez, s'il est possible, votre imsFgination de ces idées mélancoliques qui poursuiveiit trop aisément les âmes sensibles et fortes c'est un nouveau poison, plus cruel que la douleur même, et qui ajoute e^ôre à l'infortune, en la nourrissant sans cesse d'image/ lugubres et tristes. N'allez pas vous enfoncer dans la solituiue, que vous devez désirer, mais qui vous serait funeste. jVous y seriez livré tout entier à vos chagrina
et à vous-même. C'est de vous surtout, mon cher ami, que vous devez vous défendre en ce moment. Vivez, restez auprès de ceux que vous aimez et qui vous aiment; ils entendront le langage de votre cœur, et sauront y répondre; mais la solitude est muette, ou ne parle que des maux de la vie à ceux qui les éprouvent. J'espère être bientôt en état d'aller vous rejoindre, et nous pourrons passer notre été ensemble. Nous retrouverons ces entretiens paisibles où nos heures coulaient si doucement. Nous apprendrons l'un avec l'autre à supporter le fardeau de la vie et à nous tromper au moins quelques instants sur cette foule de maux qui la désolent. Ah! je serai heureux, si quelquefois, du moins, je puis, au fond de votre âme, suspendre le sentiment de vos douleurs. Je compte partir de Nice à la fin du mois, et me trouver à Paris vers le 20 ou 24 mai. Vous jugez, mon cher ami, combien je serai impatient de vous embrasser; ce sera pour moi un plaisir bien doux après dix -huit mois d'absence. Ma sœur me charge pour vous de mille choses tendres, qu'elle pourra bientôt vous redire à vous-même. Elle a lu votre lettre avec les mêmes sentiments que moi, et nous nous sommes souvent affligés ensemble. Adieu, mon cher et meilleur ami; je vous embrasse bien tendrement et de tout mon cœur, comme je vous- aime. Ménagez votre santé; la mienne est moins mauvaise qu'elle n'a été pendant deux mois; mais il s'en faut bien qu'elle soit rétablie.
A UNE MÂBE QUI CiATE SON ENFANT*
Je vais m'exposer à vous déplaire, madame, je le sens hien : vous allez peut-être voir en moi un censeur importun, un contradicteur morose; mais mon sincère attachement pour vaus et pour votre enfant ne me permet pas de garder plus longtemps le silence. Je dois vous parler avec franchise, tandis qu'il en est temps encore. J'aime mieux être aujourd'hui indiscret, que de me faire accuser plus tard d'avoir été indifférent.
9M EXEMPLES £1 ÉGLAIEGISSEKENTS.
C'est de votre tendresse pour Alphonse que je venx youb parler. Certes, quelque vive qu'elle soit, je suis bien loin de la blâmer. 11 y a tant de douceur à aimer son enfant! Rien d'ailleurs n'est plus légitime. Mais aimez-vous votee fils en mère prudente, éclairée, et attentive aux intérêts de son avenir? Je crains que non, madame : je crains que votre extrême tendresse ne vous ait engagée dans une fausse route ; en un mot, permettez-moi de vous le dire, je croifi que vous gâtez votre enfant,.,. Ce terme vous parait dur; je n'ai pu m'empêcher de l'employer : c'est le seul qui rende bien ma pensée.
Je reconnais avec vous les bonnes qualités d'Alphonse, et quelque éloge que vous fassiez de lui, j'y souscris avec plaisir. Mais le plus heureux naturel se corrompt quand on lui témoigne une indulgence excessive. Un âge si tendre a contintiellement besoin d'être averti, redressé, réprimé ; votre enfant ne l'est jamais : vous n'avez pas la force de le contrarier. Gela suffirait pour le gâter. Mais il y a. plus :.par une faiblesse dont vous seule ne vous apercevez pas, vo«s encouragez en lui des défauts naissants, qui peuvent, avec le temps, avoir des résultats déplorables.
Par exemple, lorsqu'il s'est emporté à quelque excès d'impatience, ou même de colère, ou lorsqu'il s*est abandonné à quelque caprice extravagant, vous l'excusez, vous riez même, sous prétexte que, dans un enfant si jeune, tout cela est sans conséquence ; ou, si vous lui faites voir votre mé*contentement, il pleure, et sur-le-champ vous êtes désarmée par ses larmes; il vous tarde de voir la joie renaître sur son front et le sourire sur ses lèvres ; vous lui prodiguez vos embrassements, vbus lui demandez presque pardon de l'avoir affligé : il suit de là que plus il fstit mal, plus il est comblé d'eneouttatgements et de caresses.
Voilà pour rôdueation ; pour Fin^rûetion, 'il en est 'te même. Alphonse ne travaille qu^autam qu^îl le veut, et comme il le veut. Toutes les excuses que sa paresse petil inventer pour se dispenser d'a^r en eleuËtiB sont biein ac*
cwêââées de "vouis. Aussi, ma^ré son intelIigeQce naturelle, •espirogrès sont à peu près nuls. Quand il se plaint de ses mottveS; V0OS lui donnez raison, ou, si toub i^s défendez emitre lui, c'est si faiblemei^, qu'il devine aisément qu'au fecd'^ votre pensée ils ont tort. Quand ik se plaignent de M, vous les soupçoimez intérfeurement d'être injustes envers :eét en£ant, de méconnaître ses bonnes qualités, d*âtt»cker de l'importanee à des riens, d*avoir pour d'antres élèves un© préférence secrète.
fit cepwidattt, le plus ardent de vos vœux, c'est le bonh&ûx de votre fils. Mais, madame, Alphonse grandit. Quand, accoutumé par vous à vt«r dans ïa maison toutes les volontés fléchir devant la sienne, il se trouvera obligé de' vivre dans' le monde avec des é^ti:x ou des supérieurs, qui ne hii passeront rien, sera-t-ll heureux 7 Quand, ayant contracté la fatale habitude ée ne rien faire ou de ne faire qffeee qui lui plaît, il sera contrainf de travailler, ncfn Selon son goût, mais selon la nécessité, et que son încapaché lui îiendra toute profession ou pénible ou aËême împossîbïe, sera-t41 ^heureux? Et la mère qui, en fiattaût et en "csEBcourtfgeant des défauts dont !1 eût été èi facile de le corriger, lui aura prépanré un tel avenir, sera-
t^dftfe hcfureuse elle-même?
'Ih! craignez qu*ators Alplhonse ne vous adresse, intérieurement du moins, de justes Teproches. Sans doute, il aura toujours pour vous le même respect, la même tendresse : j'aime à croire qùll ne ressemblera pas aux autres enfants gâtés, qui, pour la plupart, deviennent insensibles et profondément égoïstes. Mais tout en vous ahnant, il croira avoir à se plaindre de vous, et ce sentiment, dont le respect contiendra l'expression, n'en sera que plus amer.
'Ee&iarquez qfue jen^actese^s pas .conane possibles des résultats qui, dans les enfants d'un naturel moins généreux qu'Alphonse, ne sont malheureusement pas rares. lamaiâ il me ressemhlexa àces jeunes :geiaiB deat .lesàé-
S90 EXEMPLES Et E0LAI&CI8SEMEMT8.
fauts, ii*ayaiit pas été réprimés de bonne heure, prennent avec Tâge un développement effirayant ; qui, habitués à ne pas craindre leurs parents, s'abandonnent sans scrupule au désordre, et qui, lorsque enfin on veut les faire rentrer dans le devoir, répondent aux exhortations par rindifférence la plus complète, et quelquefois même aux reproches par rinsolence. Non, Alphonse ne peut inspirer de telles craintes : il a un trop heureux naturel, il a continuellement sous les yeux de trop bons exemples pour devenir jamais ce qu'on appelle un mauvais sujet. Mais songez-y bien, sur dix mauvais sujets, il y en a neuf qui ne le sont devenus que par suite de l'indulgence excessive de leurs parents.
Faites donc sur vous-même un effort généreux, madame: soyez sévère avec Alphonse, quand il faut l'être; exigez qu'il soit studieux et soumis à ses maîtres ; ne souffrez en lui ni emportements ni caprices. Sachez le priver de vos caresses quand il ne les a pas méritées. Quand votre cœur souffre par suite des peines salutaires que dans son intérêt on doit lui infliger, cachez-lui vos larmes, et ne paraissez sensible aux siennes que quand le repentir ou quelque autre sentiment louable les fait couler.
Suivez avec persévérance ce plan de conduite : Alphonse deviendra le meilleur de nos jeunes gens,' et sa mère sera la plus heureuse des mères. (B.)
Formalités nsitées dans les lettres.
(Voir pages 125 et 129.)
La politesse veut qu'on laisse du blano an haut de la première page, et qu^en avant de la première ligne, on place le mot Monsieur (on tont autre titre, comme Mon cher bienfaiteur^ Mon meilleur ami, Madame, etc.).
La manière la plus respectueuse est de commencer la première ligne de la lettre seulement au milieu de la première page; de placer le mot Monsieur (ou tout autre titre dû à la personne) à une distance à peu près égale entre le haut de la page et la première ligne, u^ peu plus près cependant de ce derziier côté, et de no
i oommencer les pages suivantes qu'à la hauteur od se trouve le mot ' Mimsieur, dans la première.
Cest ainsi qu'on doit commencer la lettre ; quant à la manière de la finir, l'usage exige qu'on la termine par une formule d*amitié, de politesse ou de respect.
1<> D'amitié, comme : Je vous ejnbrasse ou Jt t^mibrcusê, Tout à «0115, Mille (unitiés^ Votre fils dévoué» Ton ami pour la vie. Ton frhre (guA faime toujours.
29 De politesse, comme : Agréez Vassurance (ou VeTpression^ ou PKommage) de mes sentiments dévoués^ de ma haute considération ^, ou
J*ai l'honneur d'être, avec la plus haute considération',
Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur*.
Quelque étrange qu'il soit, dans nos mœurs, de dire à quelqu'un qu'on est son serviteur, quand on ne l'est pas réellement ; quelque absurde que devienne cette expression, lorsque c'est une dame qui écrit et qui se déclare ainsi la servante des gens à qui elle s'adresse, il 7 a des cas où l'on doit se servir de cette fofmule : c'est lorsqu'on écrit à des personnes envers lesquelles on est obligé au oérémonial le plus strict.
3** De respect, comme : Agréez Vassurance (ou Vhommage^ ou ïexpression) de mes sentiments respectueux^ de mon respect inaltérable â» ma reconnaissance respectueuse^ etc.
La formule respectueuse est celle-ci :
Je suis avec respect (ou avec un profond respect, ou avec le plus profond respect).
Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur.
1. On n'emploie le mot de par- 9. Ou avec le plus sincère dévouéfaite considération et\a^toTmM\e j'ai ntentj on avec les sentiments les Vhonneur de vous saluer qu'avec un plus distinguéSf etc. inférieur ou un égal» à moins qu^on 3. Ou votre dévoué serviteur ^ etc. n'ajoute à cette dernière, formul^ Si c'est une femme qui écrit, elle quelques paroles polies où respeo- substitue au mot de serviteur celui tueuses. de servante.
998 EXEMPLES ET ÂQLAIAGi&SEMENXS.
Une faut pas dire J^ai Vhonnêwr d^être avec respect; cette fonauie est contraire aa 1^011 usage*
Quelquefois, après avoir [fini et signé la lettre, on ajoute quelç^wes lignes en pôst-acriptum. L'usage ne per^^iet les pott^scriptum que dans les lettxes d'amitié ou dWaired.
Le papier dont on se sert pour écrire une lettre doit être trèsptopye^ rogné, o^est^à-dive isaiis barbe; la feuille doit être double ; pottr itiB teltres de comméKïe, on peut se contenter d*iine feai!Êe simple; mais la feuille simple a cet inconvénient que, lonst^u'onla plie, le cachet peut recouvrir une partie de récriture. On doit loisssr une marge en écrivant; mais il ne fkut ni tracer cette nsarge au crayon, ni surtout piler le papier pour la marquer. Quand on écrit ttux ministres et aux diiecteurs généraux, à Paris, on emploie du papier de grande dimension, qui se vend dans tous les magasins sous le nom de papier ministre,
La lettre doit être pliée de manière à former ce qu'on appelle vulgairement im etirré limg; <m peut atdni mettre 'la lettre sous enve> loppe, ce qui est plus poli ; on peut faire cette enveloppe soi-même on en acheter de toutes faites chez les marchands. Il est quelquefoia prudent de ne point se servir d'enveloppe : c'est quand on craint qoc^ ' plus tard, la date de la lettre ne soit «ontestée. Le timbra de la poste apposé sur la lettre même peut servir de preuve.
Oit'OMlM^ttii te kftreii 80itttv«e de la cdDe, soit avec de petits fragments de pâte qu'on appelle pains à cacheter, soit «tea une composition qu'on appelle cire <V Espagne; cette troisième manièie de cacheter eitt la plm polie. Quand on est en deuil, obi ee sert de oir€f noire (m de pains à cacheter mrirs.
Lorsqu'on craint que celui à qui l'on adresse une lettre, ne sachant pas de qui elle vient, ne la refttse, On peut ajouter sur l'adresse le n<»n ou la qualité de la personne qui l'écrit : c'est c& qui 8^*$^p^e ^ oolttre^tgMr,
Lorsque, par ses fonctions, on a le droit de correspondre sans frais avec une administration quelconque, on neimet pas la lettre sous enveloppe ; on la plie en quatre, et on la ferme à l'aide de deux bandes que' P<in ieau)hétt0,'«it traar l^^tiiie desquelles on met l'adresse et le contre-seing. Dans ces sortes de lettres, il ne doit être question que d^affaives de service,; il est intesdit dtj parkr «le 4oat .-tmtm chdBCy *môm»'«i pBtP^tripttm,
(Quasd'on éeiit^'im ^mctioiiiSEdre ftiblie^'poor unw aMMr.i^dtthrB àees fonctions, et qa^n'n'a^S'&v«eluriûàr6îtde,fran^ii«, on-diâi affranchir sa lettre.
DESCEIPTIONS, BÉCITS, DIALOGUES, LETTRES. n^
On ëorît, sans être obligé d'afflranchir, aux ministres et au direotenr général des postes *. Tontes les lettres qn'on leur adresse sons enveloppe leur parviennent sans frais.
On peut afifranchir des lettres à&fàire-'part ^ (pourvu qu'elles soient imprimées ou gravées), moyennant un droit de dix centimes, pour quelque destination que oe soit.
On doit indiquer avec soin, soit en tête de la lettre (tout à fait au haut de la première page) soit au hsLB de la lettre et un peu au-dessous de la signature, le liiu et lejow où Ton écrit ; le nom du lieu doit être très-lisible, ainsi que la signature.
L'adresse doit être parfiûtement liaible : on lui donne ordinairement cette forme :
A Momieur
Monsieur (le nom et la qualité)
à (n(An de la commune),
département de,,., ou par (nom du bureau de poste,. s'il n'y en a pas dans la commune).
Si la lettre est adressée dans une VLDe oonsidérable, il faat indiquer la rue et le numéso de JarmaiMn.
1. Les lettres «drdsséesausrininls- «ommuni^ue la nouvelle d'iln na-
tres ne doivent pas être adSiMseiif riage, dhine naissance oud'Mi dé-
liûide. ces : on les plie de manière qu*on.
S. Cest-à-dire par lesquelles on puisse voir le contenu.
BZORDE. — PROPOSITION ET PIYISION. -^ CONFIRMÂT lOK ET ElÉPD- TATION. — PERORAISON. — EXEMPLE d'uN DISCOURS' DE PEU
d'Étendue.
fixorde.
(Voir page 183.)
EXOBOE DU DlSCOmS DU PAYBAIf DO DAlfVBE A17 flÊliAT