‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 65 sur 73 · Plns^ffablo. 8. Ne eompierontjamais · texte numérisé non relu

Plns^ffablo. 8. Ne eompierontjamais

avec des prières; et, admirant dans nn si grand prince une amitié si commode et un commerce si doux, conservez le souvenir d'un héros dont la bonté avait égalé le courage. Ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien ! Ainsi puissiez- vous profiter de ses vertus, et que sa mort, que vous déplorez, vous serve à la fois de consolation et d'exemple!

Pour moi, s'il m'est permis, après tous les autres, de venir rendre les derniors devoirs à ce tombeau, 6 prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets! vous vivrez éternellement dans ma mémoire : votre image y sera tracée, non point avec cette audace qui promettait la victoire; non, je ne veux rien voir en vous de ce que la mort y efface ; vous aurez dans cette image des traits immortels,: je vous y verrai tel que vous étiez à ce dernier jour, sous la main de Dieu, lorsque sa gloire sembla commencer à vous apparaître. C'est là que je vous verrai plus triomphant qu'à Fribourg et à Rocroy ; et, ravi d'un si beau triomphe, je dirai en actions de grâces ces belles paroles du bien-aimé disciple : « La véritable victoire, celle qui met sous nos pieds le monde entier, c'est notre foi . »

Jouissez, prince, de cette victoire; jouissez-en éternellement par l'immortelle vertu de ce sacrifice. Agréez ces derniers efforts d'une voix qui vous fut connue. Vous mettrez fin à tous ces discours. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte : heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint! (Bossuet.)

VÎEBOBAISOn DU SEBHOIV DE MASSIIil^OIi SUR I«A infemiTiS

D'un jkinsviiwim

Que conclure de ce discours? Que l'impie est à plaindre de chercher dans une affreuse incertitude sur les vériffes de la foi la plus douce espérance de sa destinée ; qu'il est sans foi, sans culte, sans Dieu, sans confiance : qu'il est à

DISCOURS. ai3

plaindre, s'il faut que TÉvangile ne soit qu'une fable ; la foi de tous les- siècles, une crédulité; le sentiment de tous les hommes/ une erreur populaire; les premiers principes de la nature et de la raison, des préjugés de l'enfance; le sang des martyrs que l'espérance d'un avenir soutenait dans les tourments, un jeu concerté pour tromper les hommes ; la conversion de l'univers, une entreprise humaine; l'accomplissement des prophéties, un coup du hasard ; en un mot, s'il faut que ce qu'il y a de mieux établi dans l'univers se trouve faux, afin qu'il ne soit pas éternellement malheureux! 0 hommes I je vous montrerai une voie plus sûre de vous calmer; craignez cet avenir que vous vous efforcez de ne pas croire; ne vous demandez pas ce qui se passe dans cette autre vie dont on vous parle; mais demandez-vous sans cesse à vous-mêmes ce que vous faites dans celle-ci; calmez votre conscience par l'innocence de vos mœurs, et non par l'impiété de vos sentiments ; mettez votre cœur en repos en y appelant Dieu, et non pas en doutant s'il vous regarde. La paix d'un impie n'est qu'un affreux désespoir. Cherchez votre bonheur non en secouant le joug de la foi, mais en goûtant combien il est doux. Pratiquez les maximes qu'elle vous prescrit, et votre raison ne refusera plus de se soumettre aux grands mystères qu'elle vous ordonne de croire. L'avenir cessera de vous paraître incroyable, dès que vous cesserez de vivre comme ceux, qui bornent toute leur félicité dans le court espace de cette vie. Alors, loin de craindre cet avenir, vous le hâterez par vos désirs ; vous soupirerez après ce jour heureux où le Fils de l'homme, le père du siècle futur, viendra conduire dans son royaume tous ceux qui auront vécu dans l'attente de la bienheureuse éternité. (MAssUiLON.)

exemple d'an dlscoars de pea d'étendue.

Discouns DE BicHAnD coïijn DE 1.10N5 Boi i»'aisgi.e-

Bicbard, prisonnier de Temperenr d'Allemagne, et accusé devant lui, 86 justifie.

314 £XEM!pLES et ÉCLAIRGISSEUENTSi

On lai reproohait de s'être lié avec le roi de Sieîle, ennemi à» Henri VI; de s^Otre attiré Pinimitié du roi de' France Plnlipp^Aogiiste; d'avoir usurpé le rojauxne de Oijpre et d'en avoir dispeeéj d'avoir fait nn outrage aa duo d'Autriche* On prétendait qu'il «ivai fait aseauiner le marquis de Montferrat et entretenu des relatiais coupables avec Saladin. Enfin, on lui reproehait de n'avoir pas pris JévoMlcm.

Riohard réfata tontes ces iia|»tations.

Après un court ezorde, vient la réfutation; una Analysa aoBV»> nable, en foone de péroraison, termine, le disoours.

Je suis né danB un ivog à ne itndre compte de mes actions qu*i Dieu; mais elles sont de teUe natuie, qa*éBGS ne craignent pas même le jugement des hommes, et parti<> calièrement, seigneur^ d'nn pnnoe aussi juste que vous.

Mes liaisons ayoo le ioi.de Sicile n*OBi rien qui tous wX an fâcher : j*ai pu.mônager un hcHnnœ ^nt j'avais bescia» sans offiottser un prince dont j'étais ami. Pour le roi de France, je ne sache rien qui m'ait dû «ttirer sùa chagrin, que d'a¥Qlrété plus ^heureux que lui. Soit roocasion, soit la fortune, j'ai fait des choses qu'il eût voulu amr faôtas : voilà tou^ mon crime à 6(m égard. Quaatiau tyran de Ghyprei 4dkacttn sait que je n'ai âtât ^e venger les injures que j'ay93B reçues le premier. Sa me vengeomt de lui, j'ai aftenehi ses sujets du joug sous lequel il les accablait. J'ai dispesé de ma conquête, c'éitait mon droit; et si quelqu'un avait dû y trouver à redire, c'était l'empereur de Gonstantinopie, avec lequel ni vous ni moi n*avQns pas de grandes saaswam il g^urder. Le duc d'Autiâche s'esit tnop vengé de rinjurO'deni il se plaiojt, pour la compter encore parmi mes cmaos^ Il a.vait manqué le premier, en faisant arbprer son d^apa^li dans un lieu où nous commandions, le roi de FiranGe,et n^> en personne : je l'en punis trop sévèremfsnt; il aeu.aa Uk vanche au double : il ne doit plus rien avoir sur le cœur que le scrupule d'une vengeance que le christianisme ne permet pas.

L'assassinat du marquis de Montferrat est aussi éloigné -de mes mœurs, que mes intelligences prétendues ayec S|ir ladin sont peu vraisemblables. Je n'ai pas témoigné jusqu'ici

DISCOUKS. 3Î5

craitidre assez mes ennemis pour qu'on me croie capable d!jattaqi;er leur vie autrement que l'épée à la main, et j'ai faîA as^z de m«J à Saladin pour faire juger que, si je ne Fat pa& tralii, je n'ai pas été son ami. Mes actions parlent pour moi et me justifient mieux que mes paroles. Acre pris, deux batailles gagnées, des partis défaits, des convois enlevés, avec tant de riches dépouilles dont toute la terre est témoin que je ne rme suis pas enrichi, marquent assez, sans que je le dise, que je n'ai pas épargaé Saladin. J'en ai reçu de petits présents^ oosan^e.des fruits et choses fiemUlables, que ce Sarrasin, non moin» recommandable par sa politesse et sa générosité que par sa valeur et sa conduite, m'a de temps en temps envoyés. Le roi de France en a reçu comme moi; et ce sont des honnêtetés que les bravée gen% pendant la guerre, se font, les ouas aux autres ,«8aîs con^ipieaca.

On dit que ja n!ai pu pri& JôrusaJbm; je raujRaifi prise si on m'en eût tJonné le temps : c'est la faute de mes ennemis, non la mienne ; et je ne crois pas qu'aucun homme équitable me puisse blâmer d'avoir différé une entreprise qu'on peut toujours faire, pour apporter à mes peuples un secours qu'ils ne pouvaient plt» longtemps attendre.

Voilà, seigneur, quels sont mes crimes. Juste et généreux comme vous êtes, vous reconnaissez, sans doute mon innocence, et, si jo ne me trompe, je m'aparçois que vous êtes touché de mon malheur.

(Esktraît da-VBisdùire des Ràfolutùmi d'Aja^leterre, pas le P. nlOmiiAMfiw)

HŒUBS ET JBiAff OKS >0|l4TQiM&i^ •^ m»?AFl9mm.0i»AT0»>SS*

(Vbir pftge» 141 et lU.) Nons avons indiqué dans le texte le diswofnrs deBarriunli Néron

comme tm modèle de ce qu'on appelle mcgwn oraMres. Cest en mdme temps nn modèle de pathétique.

Néron, pendant les trois premières années de son règne, avait paro' bon et yertnenx ; tout à conp sa férocité, si longtemps contenae^ éclate : il vent faire périr Britannicns., son frère d^adoption, dont les droits à Tempire lui portaient ombrage : Burrbus, ancien gonvernenr de Néron, instruit par lui de ce projet, fait d'abord éclater son indignation et sa douleur.

Non, quoi que vous disiez, cet horrible dessein Ne fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein. ....De votre bouche, ô ciel ! puis-je l'apprendre? Vous-même sans ft'èmir avez-vous pu l'entendre t Songez-vous dans quel sang vous voulez vous baigner? Néron dans tons les cœurs est-il las de régner? Que dira-t-on de vous? quelle est votre pensée?

Néron l'interrompt en disant :

Quoil toujours enchaîné par ma gloire passée, J'aurai devant les yeux je ne sais quel amour. Que le hasard nous donne et nous ôte en un jour! Soumis à tous leurs vœux, à mes désirs contraire, Suis-je leur empereur seulement pour leur plaire?

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