‹ Méthode de composition et de style; ou, Principes de l'art d'écrire en français suivi d'un choixChapitre 7 sur 73 · BU RAISONNEMENT · texte numérisé non relu

BU RAISONNEMENT

S I. uoiM OBBRaukuBS su mAiso;

DB UL PSEUVE EN GÉNÉRAL ET DE LA DéMOHBTIULTION. — DU &àl- SONMEMENT EN GÉNÉRAL. — DES BASES DU RAISONNEMENT ; I>B LA déduction; DB l'induction; de l'AUTORITI^. — DE LA DÉMONS- TRATION FAR L^ ABSURDE. — DE LA CONSEQUENCE DANS LB BAI- SONNEMENT.

De la preaTe en général et de la démonstration*

Après nous être occupés, dans le premier chapitre, des pensées considérées en elles-mêmes, et, dans le second, des moyens de les exprimer et de les embellir, nous allons voir maintenant comment on peut en reconnaître et en constater la vérité et la justesse : ce qui a lieu à l'aide du raisonnement, et s'appelle ordinairement prouver.

Prouver une proposition quelconque, c'est la rendre certaine, de douteuse qu'elle était ou pouvait être auparavant.

Avant d'être prouvée, cette proposition peut s'ap^ peler question.

On examine, on discute une question ; on prouve, on démontre une proposition.

Ainsi un auteur peut dire : La terré est-elle aplatie aux pôles ? telle est la question que je vais examiner ; » ou bien : « La terre est aplatie aux pôles et renflée à l'équateur ; telle est la proposition que je vais démontrer. »

En général, on peut dire que celui qui cherche à

DU KâlSOKNEHIENT. 58

leconnaltre la vérité examine et discute une question, et que celui qui, convaincu d'une vérité, tâche d'en convaincre les autres^ prouve ou du moins cherche à prouver une proposition.

L'un et l'autre parviennent à leur but à Paide d'une ou plusieurs propositions, qu'on appelle preuDM, et qui produisent l'évidence.

Quand on ne peut pas parvenir à rendre une proposition évidente, on tâche au moin3 de la rendre vraisemblable.

La découverte et la démonstration de la vérité, c'està-dire la discussion de la preuve, ont heu à l'aide du raisonnement.

On n'emploie le raisonnement que pour découvrir ou prouver une vérité qui n'est pas apparente.

Dans tous les autres cas, la simple exposition des idées suffit.

Dn ralsomteinent en fpéiiéral.

Raisonner^ c'est, d'un ou de plusieurs jugements, tirer un autre jugement ; c'est reconnaître qu'une proposition contestée dérive nécessairement d une proposition reconnue comme vraie, et est, par conséquent, ▼raie.

Cette proposition à laquelle on a recours pour reconnaître la vérité d'une autre, est ordinairement ou un axiome de la raison, ou un fait non contesté, ou une proposition déjà démontrée.

Éclaircissons cette théorie par des exemples.

Je veux savoir si la faiblesse dé caractère, que tan. de personnes ne regardent que comme un défaut excusable, est un vice.

Je pose cette proposition, qui ne soufEre aucune dif-

"^4 PRÉCEPTK9.

ûculté : « Toute habitude qui conduit à de mauvaises actions est un vice. » C'est là un axiome de la raisc», que personne ne peut contester.

Je fais la remarque suivante : t La faiblesse par la«* quelle nous laissons prendre de l'ascendant sur nous aux personnes qui n'v ont aucun droit, nous conduit aux mauvaises actions que ces personnes exigent de nous. » Je vois alors clairement que la faiblesse mérite le nom de vice*.

Je veux prouver que le séjour de Londres est peu agréable ; j'établis ce fait, qui n*est point contesté : « Le soleil, à Londres, ne brille presque jamais. » J'en conclus, avec une grande apparence de raison, que le séjour de Londres n'est guère agréable.

Je veux démontrer que, quand deux lignes droites se coupent, les angles opposés au sommet sont éganx. Il a déjà été prouvé" que tous les angles droits sont égaux entre eux, et que toute droite qui en rencontre une autre fait avec elle deux angles adjacents dont la somme équivaut à deux angles droits. Raisonnant d'après ces données, je dis : « Le premier angle et le second égalent deux droits : le second et le troisième égalent deux droits : donc le troisième égale le premier. D

Bans ces trois exemples, j'ai prouvé la proposition qui était douteuse à Taide d'une proposition qui ne Tétait pas, en faisant voir que celle-là était la conséquence nécessaire de celle-ci : j'ai fait un raisonn»ment.

Ainsi donc, poser une proposition reconnue comme vraie, et montrer qu elle a un rapport nécessaire avec

1. Ce raisonnement est un syllo- est démontrée ensuite 1« propoa^ gisme. tion citée ci-dessus comme exem-

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