XV.98) (XV
destiné à s’appliquer le long de ces mouvements avec lesquels il devra se raccorder (240). Lorsque deux faisceaux concourent à un ensemble, ils doivent, comme l’indique la figure 241, harmoniser leurs ensembles l’un
,oo MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE
avec l'autre ; et on pourra remarquer que le plus long peut avoir ses extrémités plus larges que l’autre, ce qui est conforme à la nature meme des
courbes harmoniques qui le composent.
Les faisceaux croisés peuvent également être transformés en surfaces. L’exemple 242 montre un effet de ce genre où les croisements s’effectuent dans des parties déjà épaisses, ce qui est moins bon que quand c’est dans la région où les éléments sont les plus minces que le
croisement a lieu (243).
'Formation des fleurons
nomme fleurons des ornements en surface ayant un axe de symétrie et dont les courbes sont harmoniques. Les fleurons servent à constituer des semis de figures isolées, ou à être reliés par une tige à des mouvements courbes, et en particulier au rinceau.
Les fleurons dérivent des faisceaux harmoniques de toutes les sortes et peuvent présenter des prolongements et de nombreuses formes accessoires ; mais leurs parties solides et caractéristiques dépendent
principalement du faisceau lui-même.
La figure 244 nous donne en A des courbes simples harmonisées
entre elles et rapportées à un axe. La première courbe, vers cet axe, est prolongée de façon à ce qu’elle le touche aussi bien à sa paîtie supérieure qu’à son point de départ C. Pour former un fleuton il suffit de mener par l’extrémité des autres courbes des mouvements B qui viennent se raccorder en descendant avec les courbes A, en sorte que les surfaces se trouvent fermées. Les courbes B forment donc des courbes en S avec la partie inférieure des courbes A. On comprendra que la place occupée par les extrémités libres des courbes soit voulue et étudiée. La figure 244 bis montre la figure complète qui est l’une des plus simples que l’on puisse créer. Un deuxième exemple avec courbes en S est indiqué dans la figure 245. Les deux seules courbes A seront unies 1 une à l’autre par une seule courbe en S raccordée D. Mais la courbe
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
extérieure primitive sans emploi pourra donner également naissance à une surface fetmée par une nouvelle courbe en S harmonique aux autres et descendant jusqu à 1 axe. 11 faudra alors observer une harmonie de largeur maxima entre les espaces B et C ; 24 5 bis donne le fleuron au complet. Comme nous le recommandons toujours, que le lecteur étudie bien ces premières figures destinées à poser un principe, en faisant abstraction de leur simplicité. Plus une figure démonstrative est schématique, et plus elle parle clairement. Nous n’avons employé ici que des faisceaux courbes symétriques rapportés à un axe, sans nous préoccuper de la forme générale qui pouvait en résulter.
Lorsqu’on désire composer un fleuron, il faut avoir déjà en vue une forme déterminée pour son ensemble, une silhouette générale donnée, et un faisceau canevas peut alors être tracé en conséquence.
Mais nous préférons rester dans les généralités quelconques pour ce commencement de démonstration.
Plusieurs solutions peuvent se présenter pour une même donnée. La figure 243 p ctïzntz les courbes en S proposées B. Une des solutions sera de procéder comme dans la figure 244 par un raccord de courbe simple A. Mais au milieu reste un espace vide qui sera fermé par une même courbe allant rencontrer l'axe. Un autre moyen de compléter le fleuron est de relier les courbes données par des courbes en S raccordées de l’une à l’autre C avec courbes complémentaires au bas et
au milieu vers l'axe (247). Enfin les mouvements B (248) peuvent etre encore raccordés au-dessus par des courbes simples D qui ferment les surfaces. La courbe voisine de l’axe peut subir encore une inflex.on inférieure. Ces trois manières de procéder sont montrées terminées dans les figures 246 bis, 247 bis et 248 bis. Nous pouvons faire observer
246bs 247bs 248bis
que les faisceaux courbes rapportés à un axe, des figures ci-dessus, auraient pu se réunir en un même point sur cet axe, ce qui ne change rien à nos démonstrations.
Les données A peuvent être des courbes en S avec leur courbure tournée vers l’axe (249). La façon de procéder est exactement la même, et c’est par une autre courbe en S que le fleuron sera formé en B. Dans cet exemple la deuxième courbe vient rejoindre l’axe à cause de la distance qui sépare les premiers éléments, line autre solution est montrée
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
dans la figure 25o, où la deuxième courbe C est placée au-dessus des
autres , ces deux figures complètes sont données dans les numéros 249 bis et 2 5o bis .
Dans un faisceau à courbes opposées, les espaces qui séparent les surfaces à créer seront réglés par la séparation des courbes à l’endroit où l’opposition se produit D (25 1), et la convenance exige qu’il ne se trouve pas entre les autres surfaces des espaces très différents ; les
249 bis 250 bis
courbes A et C seront donc raccordées en conséquence, la largeur B appartenant à la courbe la plus longue sera la limite extrême des autres largeurs (25 1 bis).
Les courbes ondulées peuvent aussi être harmonisées en surface, soit qu’on emploie aussi une ondulée B (25 2), soit au contraire qu’on choisisse une courbe en S continue (253). Les ensembles de ces figures sont indiquées sous les numéros 252 bis et 253 bis. L’usage des ondulées demande des précautions; d’abord la courbe donnée A (254) doit être assez régulière, et l’ondulation seconde doit s’harmoniser avec soin avec
,ni MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE
la première sans présenter d 'étranglements C, qui séparent la surface qu'on désire obtenir en masses inharmoniques B, E qu on voit dans le premier détail de la figure a54. Au moyen de la courbe en S ce danger est moins à craindre; encore, faut-il que la partie E de cette courbe vers sa naissance s’harmonise avec le départ F de la courbe, sans cela
il ne manque pas de se produire un étranglement désagréable en D ; la masse B n’aura plus rien de choquant. Les deux exemples donnés dans la figure 254 sont donc fautifs et sont fréquemment tracés de cette façon par les commençants inexpérimentés. La figure 2 55 piésente le problème résolu, mais en sens inverse; car, ici, les courbes données A sont des courbes en S reliées harmoniquement par des ondulées B, et la suivante (256) rétablit les conditions de la figure 253. L ensemble est donné figure 256 bis . Dans tous les cas 1 harmonisation des deux
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
courbes est obligatoire à leur racine C (255, 256) ainsi que nous l’avons établi Chapitre XV, 106 et suivantes.
Des courbes très dissemblables, en dehors des faisceaux proprement
dits, peuvent concourir à la formation des fleurons, et si nous avons d’abord choisi ceux-ci c’est afin de simplifier la question. La figure i5y
256 256 bis
montre un exemple de courbes rapportées à un axe dont deux seulement s’harmonisent à leur racine. On s’efforcera de réunir toutes les surfaces en une harmonie commune, ainsi que nous l’avons développé dans le
Chapitre XV, figures i i o et suivantes, en complétant la courbe inférieure par un contour qui sera la liaison cherchée en le faisant harmoniser avec
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les mouvements supérieurs. La figure complète est montrée 2 5 y bis . Une seconde solution est donnée dans la figure 258 ; la courbe du haut est
258 blS
raccordée librement en montant vers l’axe, le mouvement B fait opposition à l’extrémité à la donnée A en venant à sa racine former une ondulation
saillante C destinée à combler le vide formé par la courbe inférieure avec laquelle elle s harmonise ; enfin cette dernière est complétée par un
259 259 bis
mouvement harmonique en haut avec B. La figure 258 bis en donne l’ensemble. Ces figures sont très élémentaires et les ornements qui en
dérivent très sommaires, mais elles sont préférables à de plus complètes
par la clarté des principes qui en ressortent, parmi lesquels nous ne devons pas oublier l’aspect des vides qui s’arrangeront toujours conve¬
nablement par une bonne harmonisation des courbes. Au reste, les courbes données en premier lieu sont des plus arbitraires, et rien n’oblige
262 bis
à choisir de tels assemblages plutôt que d’autres ; mais il fallait montrer par des points de départ ingrats que tous les problèmes étaient solubles.
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
Nous avons vu dans les figures 257 et 258 des terminaisons de masses de formes diverses; mais ces formes peuvent présenter encore une plus grande variété due uniquement à la fantaisie de l’artiste. En effet, les courbes terminales des faisceaux peuvent, comme nous l’avons vu plus haut, prendre des formes très indépendantes de leur racine. C’est ce que 1 exemple 259 nous montre avec un faisceau très ordinaire de courbes simples; il faut seulement que les mouvements complémentaires soient
en harmonie sur une certaine longueur avec les courbes primitives (ensemble i5c)bis).
La figure 260 est donnée par des courbes ondulées terminées en volutes ; les courbes secondaires, après s’ètre écartées graduellement, comme toujours, viennent en ce cas rejoindre les volutes, ce qu’on voit en entier figure 260 bis. 11 faut prendre garde, dans ces volutes en surface de faire en sorte que l’espace restant autour de la volute reste bien harmonique aussi (A, 261), autrement il en résulte un très mauvais effet, car il ne suffit pas que la surface C (261 bis) s’harmonise, l’espace B doit le faire également; c’est là une erreur très commune, qui provient de ce que
J10 Méthode de composition ornementale
le dessinateur regarde seulement le trait qu'il trace et non, en meme temps, les espaces qui sont à côté, ainsi qu’on doit le faire.
Des courbes opposées peuvent se réunir par leurs volutes ; la figure 262 formée d'un faisceau ondulé en est un exemple, et l'on y voit les mouvements opposés A réunis par une courbe simple B, l'ensemble étant donné 262 bis. Les deux figures 203 et 264 montrent des applications
des principes que nous venons d’établir ; une partie des contours sont des lignes modifiées. Comme on le voit dans la figure 203, les masses qui composent le fleuron peuvent être sensiblement égales, grâce à un mouvement contraire placé au bas; mais il ne faut pas penser que ce soit la manière habituelle de procéder, car dans le cas d’une forme d ensemble dans le genre de la figure 259 bis, qui est assez évasée, le résultat seiait très mauvais, parce que toutes les terminaisons seraient tournées dans le même sens et aucun contraste ne s’y produirait. Au contraire, pour
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
construire des fleurons convenables, il faut chercher des oppositions dans 1 importance relative des surfaces ainsi que dans leurs mouvements.
Nous donnerons encore quatre figures de faisceaux courbes en surface ne formant pas de fleurons, mais pris en eux-mèmes comme ornements proprement dits. La figure 265 montre deux faisceaux réunis par leurs
racines dont une partie est rectiligne, alors que dans la figure suivante (266) le même système est observé avec des courbes harmoniques. On voit ici que le mouvement des racines peut jouer un rôle ornemental important et que chaque masse du faisceau devient un motif au bout d’une tige. Les deux autres exemples (267, 268) montrent des faisceaux croisés. Chacun de ces motifs pourrait facilement être considéré comme
une moitié d'ornement dont l’axe serait du côté des fonds noms pour un effet plein, ou du côté des fonds blancs pour^un fleuron plus leger.
26^ seront composés de par¬
ties larges faisant opposition à des tiges étroites.
La figure 269 montre une application de ce principe ainsi que les suivantes. On a pu remarquer que les volutes peuvent se greffer sur d’autres mouvements et se présenter en surface par deux harmoniques qui viennent se réunir au centre de leur révolution; ainsi, la figure 270 montre la volute A, venant sortir du mouvement C, et une volute plus petite B qui sort à son tour de la volute A. 11 est à noter
que la logique veut que la volute A soit plus faible de largeur que le mouvement C, et la volute B plus faible aussi que celle A. La figure montre en pointillé que l’harmonie exige qu’on suppose ces courbes continuées à l’intérieur les unes des autres pour assurer leur tracé. Le fleuron 271 est une application de ce qui vient d’être dit, et n’est orné que de volutes seulement. Dans le suivant (272), on peut observer, dans le doublement des aplats,
des prolongements en crochets, en faisceaux, en volutes, système kqui constitue une des plus précieuses ressources d’enrichissement des
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
ornements quels qu’ils soient et que nous retrouverons encore dans un autre Chapitre. On y constate aussi cette distribution inégale des masses qui contribue au bon effet. Dans le cas où les fleurons ne sont
reliés à aucune tige et sont isolés en semis sur un fond, leur pai'tie inférieure sera traitée en amortissement dans le genre des parties supérieures et centrales, mais d’un développement moindre. Cette partie inférieure sera construite sur un petit faisceau tourné en sens inverse de celui qui a servi au mouvement principal.
Formes en surface dérivées de deux courbes placées symétriquement
|—N examinant la position relative à un axe de symétrie que peuvent ES prendre deux courbes simples ou deux courbes en S identiques, on peut en déduire les douze cas principaux qui suivent que nous rebons par une courbe symétrique en pointillé pour en faire une surface fermée.
Pour la courbe simple nous aurons les six positions suivantes . la concavité des courbes vers l’axe, le haut et le bas des courbes sur une même verticale (273); la même position générale avec le haut des courbes
écarté et le bas rapproché (274); la position identique inverse, le haut rapproché et le bas écarté (275). Viennent ensuite les courbes simples dont la convexité regarde l’axe; le haut et le bas des courbes à égale distance (276); le haut écarté et le bas rapproché (2 77); la position inverse (278).
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
Pour la courbe en S, nous voyons la concavité en haut vers l’axe pour les trois mêmes positions; la courbe verticale (279); la courbe écartée du haut (280); la courbe écartée du bas (281). La convexité en haut vers l’axe; la courbe verticale (282); la courbe écartée du haut (283); la courbe écartée du bas (284).
La distance des courbes à l’axe ne dépend pour ces douze cas que
de la volonté de l’artiste et n’a rien de limité. Toute forme large symétrique est plus ou moins comprise dans ces douze types de dispositions qui ne concernent, comme cela a été voulu, que la courbe simple et la courbe en S. Sans doute qu’il eût été facile d’allonger cette nomenclature de courbes symétriques et de mouvements ondulés ; mais, comme
toujours, il n’y a que les propositions élémentaires qui soient claires. La volute aurait aussi pu être choisie, seulement les courbes symétriques ondulées ou en spirale ne sont que des dérivées des deux premières.
Nous donnons huit exemples de ces dispositions qui ne sont que des points de départ et montrent assez les transformations que peut subir un principe absolu en apparence, et par lequel on fera bien en tous cas de
fixer une idée ; on y verra les adjonctions forcées et les accessoires qui
viennent compléter la forme d'abord préconçue, puis changée dans son
principe par la fantaisie du moment; on y verra enfin que les principes
simples sont féconds et ne
lient aucunement l’artiste, mais bien au contraire lui donnent un point d’appui précieux.
Ainsi, la figure 285 ne paraît pas dériver du type 2 j5, parce que la surface s’est développée en dehors des courbes données qui y sont visibles ; c’est parce qu’en partant de l’idée de comprendre une large surface entre elles, le crayon a
préféré suivre une idée greffée sur la première; mais que, si la donnée de la figure type 275 n’avait pas été d'abord posée, la figure ,85
n’aurait peut-être pas été faite. Ceci est pour montrer que nos règles ne sont là que pour suggérer à l’artiste des formes pour lesquelles il faut une décision première, et non pour, nécessairement, tourner les difficultés.
La figure 286 montre avec évidence le type 276, mais il est certain que la courbe supérieure l’emporte dans l’effet, et ceci pour les mêmes raisons que celles que nous donnons ci-dessus. 11 en est absolument de même pour l’exemple suivant (287) où les éléments accessoires inférieurs sont venus nécessairement compléter un ensemble harmonique.
La figure 288, tout en restant dans le type suivi (279), comporte au bas un mouvement rentrant non prévu dans celui-ci. Si, en employant
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT
les douze dispositions indiquées, le programme exigeait une surface médiane libre, il serait bien facile d’écarter les développements montrés
(XSZI.Q77)
(Xm.279)
dans nos figures pour atteindre ce but, en allongeant les parties moyennes de nos exemples. Chaque moitié de nos dessins deviendrait ainsi
] ’ extrémité ornée d une surface allongée quelconque, dtoite ou courbée.
La surface, comprise entre les couibes données de la figura 28c) qui ne renferment pas non plus une surface pleine, piésente au bas deux
masses accessoires. La forme suivante (290) accuse bien les deux courbes
dans sa division intérieure; de même que la figure 291 les montre a
l’extérieur, ainsi que la sui-
vante (292).
Comme nous venons de le dire, rien n’eut été plus simple que de prendre les douze figures types en en éloignant plus ou moins les courbes et en y ajoutant quelques prolongements en volute, laissant l’intérieur de la surface plein et uni. Mais c’est là un travail trop facile, et nous en avons préféré un plus instructif. Le traitement uniforme de ces exemples en permet la
comparaison. (YVÏ.9%4) 292
Ces douze dispositions de courbes peuvent en outre être associées à des droites horizontales et former ainsi de grandes surfaces fermées dont les bords latéraux seront douze fois variés ; si l’on y joint les courbes symétriques, on possédera ainsi une collection de formes de tables propres à recevoir des inscriptions ou des titres, soit qu on laisse droites les lignes horizontales du haut et du bas, ou au contraire qu’on les courbe aussi légèrement.
Nous remettons la suite de ce Chapitre après 1 exercice pratique N° 9.
(SZI283)
GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT