‹ Méthode de composition ornementaleChapitre 11 sur 33 · EXERCICE N- IX · texte numérisé non relu

EXERCICE N- IX

Programme

(planche 9)

Coussins de canapé en broderie d’application composée d'un grand fleuron au milieu et d’autres secondaires (o'"5 0 sur om5o) .

e travail nommé application consiste en général en motifs découpés ^ quon recoud sur un autre tissu; il en existe en dentelles, mais il ne s agit pas de cette sorte-là et, au contraire, de tissus d’espèces les plus diverses. On peut y faire entrer en effet tout ce qui peut se coudre, depuis la toile, le drap, le velours, le satin, la peluche, la soie travaillée ou non, jusqu aux feutres, cuirs, peaux de daim, fourrures et aussi les étoffés à dessins.

On conçoit les contrastes de grains, d’épaisseurs, d’éclats variés dont dispose un tel programme, car ces matières si nombreuses et diverses qui ne servent, dans ce genre de broderie, que pour les ornements en surfaces, sont, en outre, serties ou brodées et rehaussées de soutaches, de cordonnets, de lacets, de ganses, de toutes matières aussi, y compris les métaux brillants ou mats. On peut en outre broder les surfaces à l’aiguille et les rehausser de paillettes, de perles et même de cabochons de verre ou de métal. Nous sommes loin d’avoir énuméré toutes les ressources que comportent de tels ouvrages dont la richesse peut dépasser tout ce qui se fait en tissus. On peut meme y adjoindre la broderie en relief qui est cependant un art spécial exigeant un grande pratique.

11 y a donc fort peu à dire sur la technique de cet art dont, à notre avis, on n’a pour ainsi dire encore rien tiré, à l’exception de quelques paravents ou tapisseries, bien qu’on en fasse depuis des siècles, ou quelques petits objets comme ceux qui font le sujet de notre programme, et que les limites de cet ouvrage, ainsi que les considérations théoriques qui s’imposent ici, ne permettent pas d’amplifier davantage.

Quand la broderie proprement dite ne joue pas un rôle important, l’exécution des applications d’étoffes se fait assez rapidement par toute personne adroite sachant bien coudre.

Dessin des Aplats.

An peut néanmoins observer quelques précautions dans les dessins qui O seront composés en vue de travaux d'application de ce genre, et nous indiquerons quelques défauts à éviter dans le dessin des parties appliquées qui ne sont autre chose que des aplats de couleur, clairs sur

fond foncé et foncés sur fond clair.

C'est d'abord toujours une erreur que de vouloir découper un ornement compliqué d'un seul morceau (i) quel que puisse être le mérite de ce

motif. L’expérience montre que ce découpage est plutôt difficile pour être correct, et plus difficile encore à appliquer sur son fond sans déformations ni fronces, bien que dans la pratique on colle du papier derrière et qu’on colle le tout sur le fond. L’effet lui-même est moins heureux que si l’artiste le fait consister en morceaux rapportés sur un tracé d ensemble (2); il en résulte en ce dernier cas une plus grande légèreté d aspect,

GROUPEMENT ET DEVELOPPEMENT

et, comme on ne peut guère laisser les pièces appliquées sans être bordées ou serties par un point de broderie ou une soutache quelconque, ce sont ces soutaches et ces broderies qui seront chargées de relier entre elles les parties isolées constituant l’ensemble de l’ornement. 11 y a alors en effet un contraste et une variété d’aspect et de tons entre les appliques larges et les tiges ou terminaisons minces du motif d’ensemble. Cela ne veut pas dire qu’on doive s’interdire d’une façon absolue le découpage en une seule pièce d’un ornement relativement simple, puisque les points de broderie peuvent toujours intervenir pour y apporter des améliorations d’aspect, et que la pose d’un grand nombre de pièces séparées présente aussi de la difficulté. Cependant il peut en résulterune certaine

irrégularité plutôt favorable au bon effet, et qui en empêche la froideur.

Ces pièces séparées seront plutôt larges que maigres , la figure 3 est défectueuse en ce sens, et doit prendre 1 aspect de la figuie 4, car il est inutile et peu pratique de compter sur 1 aplat poui les paities légèies du dessin. Les longues tiges étroites (5) seiont, pour la même raison, supprimées, ou alors élargies (6) si le dessin le permet , autrement

l’applique gagnera à être en deux morceaux (7).

Les motifs composés d éléments égaux et maigres (8) doivent aussi être rejetés et remplacés par des groupements formant oppositions de mouvements et de largeurs (9). Le mauvais aspect est encoie aggtave si les liaisons des éléments égaux du fleuron sont rattaches lourdement à

la tige centrale (10). Quand même la composition serait bonne en ellemême, ce dernier défaut en amoindrirait les qualités, ainsi qu’on le voit dans la figure i i . Dans le procédé de l’application, il est néan¬

moins facile d’apporter un remède à ce mauvais effet au moyen des soutaches qui constituent le dessin définitif; mais l’observation faite ici est d’ordre général et concerne un défaut de tracé lourd et commun. On

y remédiera en séparant les éléments de l’ornement, qui prendront aussi de la légèreté à leur racine (12). Le mieux est de supprimer totalement les tiges minces.

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

lin autre défaut déjà signalé (3) pour des parties d’ornement est également mauvais pour des ensembles quelque bien dessinés qu’ils soient,

c est la maigreur qui fait que, à petite distance, le travail devient confus; ainsi la figure i3, défectueuse à cause de cela, peut être facilement transformée en un effet plus gras (14). On comprend que la ganse ou soutache employée à border empiète un peu sur l’applique et, de ce fait, la diminue encore.

Les mouvements d’ornement doivent être souples et bien courbés pour être beaux et non froids et roides ( 1 5), ce qui avec des liaisons lourdes donne aux compositions un détestable aspect très fréquent dans les dessins qu’on livre au public.

Les étranglements et l’inharmonie dans les courbes, toujours à éviter dans n’importe quel motif, doivent ici être également très surveillés, ainsi que cela a été remarqué à propos des figures 25i et suivantes de ce chapitre, où se trouve l’emploi des courbes ondulées. La figure 1 6 est un exemple de ces défauts où 1 on voit en B une série d’étranglements inharmoniques et en C une grande lourdeur

d'aspect due à des égalités successives de largeurs. 11 est rare que les dessinateurs inexpérimentés ne soient pas comme att.res par cette fau e qu'on ne voit jamais dans les belles broderies anciennes, et qu. s étalé sans vergogne dans les plus luxueuses devantures.

Soutaches et Ganses.

~OMME les broderies ou soutaches sont appelées à orner le bord des C masses ornementales, ainsi que nous l'avons montre plus haut, figure 272, au moyen de volutes ou de prolongements, il faudra aussi prendre la précaution de ne pas trop serrer les aplats, de maniéré a ce qu’il reste des espaces disponibles entre eux pour cet objet, ainsi qu on le voit en A, figure 17, où les contours s’enrichissent comme à la figure

272 ci-dcssus.

Non seulement les soutaches ou cordonnets sertissent les formes appliquées en en masquant la couture et en reliant les divers aplats de

la composition, mais on peut par ce m0yen unir aux formes principales des groupes d’éléments plus légers, ainsi qu’on le voit dans la figure 18. Ces groupements peuvent même en quelque sorte constituer des masses suffisantes pour dessiner des parties importantes de fleurons si les éléments en sont rapprochés ( 1 9). Néanmoins, si ces petites pièces sont très resserrées, il y aura avantage, pour la facilité de la couture, de n’en faire qu un seul morceau, et, en ce cas, ce sont les ganses ou les soutaches qui en opéreront la division. Lorsqu’au contraire, ces petits groupes sont un peu éloignés du motif principal, on pourra les relier à celui-ci par des courbes harmoniques en faisceaux

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

réguliers ou même croisés (20) à la condition de se garder de la moindre négligence dans le tracé de ces courbes et d’éviter les croisements disgracieux ou confus (21).

Les soutaches, lacets, cordonnets, ganses ou points brodes jouent donc un rôle des plus importants dans les travaux d’application ; on peut même dire qu’à eux seuls ils produisent plus de la moitié de l’effet, et que si le tracé des appliques demande un soin très grand au point de vue de la silhouette générale, les ganses forment les tiges légères et

apportent l’élégance dans un tracé lourd en apparence, la richesse et la finesse par les prolongements des formes sur le fond. Ils constituent aussi l’unique moyen d’effectuer le développement si puissant et si ornemental des doublements , tant en lignes simples que modifiées, et les ondulations de la soutache n’ont pas besoin de correspondre à un découpage identique de I applique parce que son épaisseur cache suffisamment la couture.

Lorsque les aplats sont larges et de grande dimension on ne saurait les laisser vides, tant à cause de 1 effet que paice que 1 étoffe de 1 applique est flottante en son milieu, car elle est appelée tôt ou tard a

décoller. On peut donc y faire entrer les soutaches ou cordonnets qui y dessinent des détails comme nous le verrons ci-dessous ou bien y coudre des paillettes, selon un dessin préconçu, suivant le milieu ou le

bord de la forme (22). La broderie sera également employée dans ce but avec succès, soit qu’on la dispose par groupes et régions (23), soit qu’on lui fasse suivre une direction harmonique à celle de l’applique. Il faut

seulement éviter de trop couvrir cette dernière, car on lui enlèverait de sa vigueur d’aspect surtout si la matière employée par la broderie est beaucoup plus claire que le fond quand celui-ci est foncé et réciproquement. Mais si le ton de la broderie ajoutée à l’intérieur des grandes

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formes se rappioche de la couleur de celles-ci, on peut en augmenter indéfiniment la richesse.

Les points de broderie passés en travers de la couture et s’étendant à la fois sur la forme et sur le fond peuvent, s’ils sont assez serrés, éviter une ganse continue (25), et créer ainsi de la variété dans le traitement des diverses parties du motif ornemental. Les deux moyens peuvent être combinés comme dans la figure 26 où l’on voit une soutache continue autour de 1 aplat, avec une autre en courbe brisée qui double la première sur le fond, et des points de broderie en dehors correspondant aux

brisures. Dans l’intérieur de la forme se trouve un motif carré formé de broderies ondulées relié à l’origine des courbes par des points isolés ou des paillettes dont nous verrons l’emploi un peu plus loin.

Les cordonnets et ganses de diverses espèces, soit lisses, soit en torsades, forment un relief intéressant par la vie et la richesse qu’ils ajoutent aux appliques. Us relient les formes avec un aspect solide que ne possède pas au même degré la soutache plate. L’art de la soutache, comme celui du cordonnet, consiste à les couper le moins possible et à s’efforcer de suivre le dessin en les faisant se croiser d une façon régulière soit toujours dans un même sens, soit symétriquement par rapport à l’axe de l’ornement si celui-ci est en contre-partie.

La figure 27 donne un aplat assez lourd augmenté de petits motifs séparés qu’on reliera pour former un tout au moyen de cordonnets ou de ganses comme l’indique la figure 28. Dans cette dernière on a même fait

pénétrer la ganse à l’intérieur de la forme pour lui donner plus de richesse et de légèreté sans couper une seule fois sa marche continue. Les aplats

peuvent se trouver relativement éloignés les uns des autres sans aucun préjudice pour l’effet général. La figure 29 donne en A trois motifs de

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

médiocre importance dont l’effet va se compléter singulièrement, surtout si 1 on double la tige qui réunit les trois motifs (B); il en est de même de la partie de motif accessoire de la figure 3o dont les aplats sont petits,

égaux et éloignés (C) et d’un tout autre aspect après la liaison (D). On voit donc combien peu sont utiles les parties minces et étroites dans la broderie d’application; cela évite un travail long, difficile et peu aisément correct, d’un caractère toujours lourd et chargé.

Jîplats superposés

Quand les surfaces des appliques sont assez larges, on peut encore • y ajouter d’autres formes en surface d’une couleur et d’un tissu différents ainsi que le montre en A et B la figute 3i . Dans la partie large C

on pourrait aussi en loger, mais ici la ganse viendra se contourner en volute et remplira suffisamment ce vide en même temps quelle sortira en prolongements (D, 3 2) pour donner de la légèreté à ce motif. Les aplats séparés de la figure 33 pourront être reliés au motif central par un premier cordonnet formant les tiges et pénétrant 1 intérieur des appliques et celles-ci entourées encore d une autre espèce de point d’un ton différent de celui du cordonnet. On augmente de la sorte la richesse de la couleur, car celle des sertissures compte pour beaucoup. La figure 35 montre un fragment d’étoffe appliquée très simple de forme (A) dont on enrichit

le contour uni par une ganse à ligne modifiée, c’est-à-dire brisée, ondulée ou festonnée (B), qui modifie l’aspect de la figure sans que celle-ci soit autrement découpée. Cette même ganse se ramifie sur le fond soit en allant relier le motif C, soit en formant des courbes de prolongements importantes, les ganses se redoublant sur elles-mêmes. On observera que celles-ci peuvent parfaitement se croiser les unes sur les autres; le point qui les fixe sur le fond peut produire aussi un effet coloré particulier, et sa répétition par séries rapprochées de deux, trois, quatre points et plus contribue à l’enrichissement général par la couleur particulière de ce point.

Les points si nombreux usités en broderie, surtout ceux qui forment épaisseur, seront aussi employés avec succès, mais le travail est plus long,

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tel est le point dit de chaînette et le point rapproché en surjet sur soie floche dont nous donnons un exemple figure 36 et qui sont d’un charmant effet. Sur un drap bleu foncé nous coudrons les aplats éloignés A en flanelle rouge vermillon intense, ainsi que les formes B de même matière mais jaune ocre foncé. Sur les premiers nous appliquerons les parties C en velours bleu outremer, assez foncé aussi, de façon à avoir

une harmonie très ferme et riche. Celle-ci n’existe pas encore à vrai dire à cause du côté entier des couleurs employées, mais tout va changer par l’emploi des points de broderie. Les formes A seront d’abord ornées sur leur bord de points simples perpendiculaires aux contours et en soie d’un rouge plus clair et plus laque que les fonds rouges, lin point en surjet de même matière et de même couleur sertira les bords de ces aplats en y créant des refends qui en diviseront la masse. Une chaînette rose foncé entourera les aplats B, tandis que les superpositions C seront bordées et refendues par le même point mais bleu clair un peu vert. Pour tout le reste, soit les tiges, soit les prolongements et volutes des motifs, on se

servira de chaînettes de soie d’un blanc pas trop cru. Il n’y a que les petits motifs accessoires F qui seront en vert bleu clair. Les petits centres en spirale à la base des trois masses supérieures seront en so.e jaune clair. L'effet général sera riche et vif mais non criard et cependant les tons employés sont aussi durs que possible ; cela tient aux sertis et au grand nombre de courbes blanches qui occupent le fond. La figure 37 montre

à plus grande échelle quelques détails de ce travail, soit en A le ton rouge et en B le bleu; en C on voit les points simples du bord et le point en surjet ou dit de 'Boulogne rose foncé (M.) avec un refend D , en K se montre la chaînette bleu clair avec ses refends et en E la spirale jaune, le point de chaînette agrandi en N. La figure 38 donne des chaînettes de tiges avec volutes simples F et volutes doubles G ; les prolongements terminaux H. On voit en L qu’il ne faut pas redouter les faisceaux juxtaposés qui permettent de nombreuses ramifications et produisent un bel

GROUPEMENT ET DÉVELOPPEMENT

effet solide. En 1 est figuré un emploi de la chainette tournée sur elle-

même grâce à sa souplesse et pouvant produire une bordure de spirales qui servira pour d’autres formes.

11 est bien inutile d’entrer plus avant dans Je détail du métier luimême. Mais, comme toujours, il y a dans toute industrie des indications

précises pour celui qui compose et peut tirer de son savoir en ce genre des effets autrement beaux que s’il ignorait entièrement ces détails. Non seulement les exigences imposées à l’artiste ne le gênent en rien, mais elles lui apportent au contraire une foule d’idées qu’ils n’aurait pas eues en ne connaissant pas ces ressources.

Paillettes et Cabochons.

K-ous n’avons que peu de chose à dire de ces accessoires du travail N d'application proprement dit. Il suffit qu'on sache qu'une fois qu'on , commencé à en introduire dans un de ces ouvrages il faut les rappeler m peu partout, tout en insistant sur certaines parties des motifs.

La figure 39 montre les paillettes plates ordinaires avec lesquelles on peut obtenir de charmants effets. Les cabochons qui sont de dimensions plus grandes sont très variés de forme et de profil. On les emploie pour les centres des groupes de paillettes plus petites. Notre figure en montre six espèces différentes B, C, D, E, F, G, dont les profils sont indiqués en dessous. En réunissant des paillettes autour, pour en former de petits motifs, on arrive à une richesse incomparable d’effet et d'eclat.

Les motifs composés de paillettes sont d'abord indiqués par une simple ou double fine torsade de métal ou soie et métal qui sert de tige, et les paillettes sont cousues de chaque côté comme la figure 40 1 indique en A et B. On peut, en alternant deux espèces, produire comme en C des effets très brillants.

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Mais les combinaisons avec les appliques peuvent être très nombreuses et nous nous contentons d’en donner un fragment figure 41. L’aplat A est serti d une ganse de couleur, et entre les intervalles du découpage on

a mis les cabochons D d’un brillant effet; l’applique B n’est sertie en ondulation que d’un côté, l’autre est bordé de cabochons C et dans le milieu est une rangée de paillettes ; enfin en E se trouve un petit motif sans applique composé uniquement de paillettes et d’un cabochon au centre.

Composition

A PRÈS les explications qui précédent il ne reste que peu à dire touchant l\ l'exécution du programme parce que les exemples figurés, qui son des motifs isolés, sont précisément ceux qui correspondent à l'ornement d'un coussin en étoffe d'application. Mais il ressort de ces exemples l’exacte adaptation des principes émis à la fin du Chapitre XV qui précédé, figure no à >27, qui permettent de relier n'importe quels mouvements courbes à une commune origine pour en faire un ornement complet. Ces liaisons sont ici des ganses, des soutaches, des cordonnets qui par leur couleur différente du fond constituent un ornement solide et visible par le soin qu'on prend de l’établir plus clair ou plus foncé que le fond.

Au lieu de se contenter de courbes pures et simples, on peut remarquer que nous avons muni les mouvements des ganses de prolongements ou tout au moins de modifications qui leur enlevent leur sécheresse et, surtout, opèrent un mélange nécessaire entre le fond et l’ornement; ce qu’on exprime en disant que Y air, c'est-à-dire le fond, doit se mélanger à l'ornement. La sécheresse, quelle que puisse être la purete du dessin, est donc un des plus grands défauts qu'un artiste doive éviter. Il est très malheureusement à constater que c’est une épidémie actuellement régnante, car les ornements durs et secs sont le plus fréquemment en usage. Nous ne suivrons pas cet exemple et nous nous efforcerons, au contraire, avec les moyens très simples et peu dispendieux que nous avons décrits plus haut, de produire ce que nous avons nomme déjà souvent le sentiment de la richesse que l'on confond stupidement avec l’éclat de l’or et auquel on préfère la plus triste froideur, la plus insigne et prétentieuse pauvreté, par une sorte de jansénisme ornemental qui n’est autre chose que de l’indigence d invention.

Le principe de la composition des aplats courbes est, avons-nous dit, de procéder par grandes surfaces larges et simples dont les contours seront étudiés soigneusement en vue d’une belle harmonie de formes.

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