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XV 11 . IO

En dehors de ces dispositions différentes de rinceaux dont le nombre pourrait être augmenté, nous pouvons passer en revue quelques autres cas

(xvil . lo) 47

tel que celui de la figure 49 où les mouvements accessoires A se courbent en dedans pour venir croiser l’ondulation, et auxquels il serait bon

(xvil . 10) 48

d’ajouter une volute de remplissage B. L’exemple suivant diffère de celui qui précède en ce que le mouvement, au lieu de naître sur la convexité

RINCEAUX 287

de 1 ondulation, part de sa concavité. Il est utile d’y joindre d’autres volutes B pour l’harmoniser (5 o).

Mais les croisements peuvent aussi être produits par les volutes raccordées du deuxième ordre, au lieu de l’être par celles des premiers

mouvements accessoires. Tel est le cas de la figure 5 1 où ces croisements sont dirigés dans le sens du mouvement général, tandis que dans l’exemple suivant ils le sont en arrière (5 2).

Les rinceaux bouclés peuvent donner lieu à un grand nombre de (XV [L 2) 50

croisements, soit que les mouvements accessoires partent du rinceau, soit qu’ils proviennent de la boucle qu’il forme. Dans la figure 53 la boucle est croisée par une première volute A partant du rinceau et celui-ci est croisé par une volute naissant sur l’extérieur de la boucle, B.

Le rinceau de la figure 54 montre des volutes croisées provenant de l’intérieur de la boucle avec volutes raccordées dont 1 une croise le rinceau.

La figure 55 présente un rinceau rebouclé d’un effet bien équilibré,

dont la boucle principale est croisée par un grand mouvement accessoire A, et le rinceau par une volute raccordée B. Dans la figure suivante

(56) le mouvement secondaire A part de la boucle au lieu de provenir du rinceau, ainsi qu’un autre mouvement croisé B. Nous ferons remarquer

(XVII. If) 53

que tous ces exemples sont tirés des figures précédentes du même chapitre pour que la démonstration en soit plus suivie.

(XVII. If) 54

Le rinceau rebouclé de la figure 5y montre un premier mouvement accessoire partant de l’extérieur de la grande boucle, A, et une volute

croisée sur le rinceau, B, partant de ce mouvement, lequel émet une deuxième volute croisée C avec volute raccordée D pour combler le vide restant. On aurait pu faire croiser cette dernière sur le mouvement

RINCEAUX

renversé suivant, B . Enfin une dernière volute raccordée sur la boucle vient croiser encore le rinceau en E. La fin du mouvement A vient de plus croiser la petite boucle au centre, et les autres vides pourraient être entièrement garnis par de petites volutes accessoires.

Les rebouclements peuvent avoir lieu non seulement sur le rinceau, mais aussi sur les mouvements secondaires. Cette disposition est applicable en n’importe quel cas et pourrait l’être à la plupart de nos exercices. Dans la figure 58 le mouvement accessoire A vient couper la

grande boucle et en forme une lui-même se terminant en volute. Cette dernière pourrait être dirigée en un autre sens, en tenant compte des vides où elle pourrait se placer en l’absence des autres volutes raccordées.

Toutes ces figures auraient pu être tracées avec plus de précautions, de façon à leur donner un parfait équilibre. Pour cela il suffit d’étudier une partie de l’ondulation principale que l’on retourne au moyen

d’un calque pour obtenir l’effet alterné. C’est alors qu’il est possible de

a9o MÉTHODE DE COMPOSITION ORNEMENTALE

se rendre compte des modifications à apporter pour qu il en resuite un bon balancement des lignes et des vides.

Liaisons croisées

| es croisements, au lieu de ne se faire que sur une seule branche du L rinceau, peuvent avoir lieu sur la bifurcation de deux lignes. Ils prennent en ce cas plus particulièrement le nom de liaisons croisées . Nous n’insisterons pas longuement sur ce cas particulier facile à appliquer à toutes sortes de rinceaux à mouvements secondaires.

Il suffit de prolonger une volute raccordée jusqu’à ce quelle embrasse

la bifurcation d’un mouvement accessoire avec le rinceau lui-même, comme pour serrer ou consolider cette naissance (A 5q). Les végétaux à vrilles nous en fournissent des exemples naturels. Le rinceau bouclé de la figure 60 nous en fournit deux exemples en A et B.

Quand les rinceaux ont un corps, des épaisseurs variables sont

indispensables à un bon effet; l’ondulation générale aura cette épaisseur constante, et la plus forte; les mouvements destinés à se terminer diminueront de largeur de leur départ à leur extrémité. S’il se trouve des ondulations doubles, en général leur force sera la même, tandis qu’avec un nombre impair de grands mouvements, celui du milieu pourra dommer

RINCEAUX

les autres. Nos dessins au trait ne disent rien de cette question d exécution, dans laquelle les croisements seront visibles et qu’il faudra faire passer alternativement l’un par-dessus l’autre pour que les lignes se compensent; mais cette règle n’a rien d’absolu.

Faisceaux croisés sur le rinceau

iNSi que les volutes, les faisceauxcourbes peuvent venir croiser le rinceau ou ses mouvements secondaires. La figure 6 1 en est un exemple simple. On comprend que la fantaisie puisse se donner libre carrière dans le

départ, la direction et la forme des faisceaux qui seront toujours dirigés pour le mieux de la variété, de l’équilibre et des oppositions des lignes.

U n faisceau courbe peut avoir son origine entre un mouvement accessoire (A 62) et le rinceau lui-même B. Le faisceau ici employé ne croise

les autres éléments que par les volutes qui le terminent en sens opposés. La figure 63 donne un faisceau courbe naissant sur le mouvement

accessoire et venant en son entier croiser la ligne du rinceau dans le sens du mouvement général ; tandis que la figure 64 montre une variante de

(XVlI.i5A) 64

cet effet à l’inverse de ce même mouvement. Mais, comme dans la figure 61 , un faisceau courbe simple peut naître sur le rinceau et tenir la place des

volutes principales et accessoires. Par son mouvement courbé il peut venir partiellement croiser le rfnceau en arrière ou en avant (65). (XVII. 15*) 66

Les faisceaux courbes qui partent d’un mouvement secondaire peuvent non seulement croiser le rinceau, mais aussi servir par tous leurs éléments

(XVH-5) 67

de liaison croisée (66). Très souvent les faisceaux courbes se suffisent à eux-mêmes pour créer des effets originaux et francs comme ceux qui

sortent du double rinceau de la figure 67, tant en arrière qu’en avant. Les figutes 68 et 69 en sont d’autres exemples que nous aurions pu varier à 1 infini en regrettant de ne pouvoir, faute de place, nous livrer à d’aussi

(XVir.26A) 68

intéressants et féconds exercices. L’emploi des faisceaux courbes est non seulement du meilleur effet dans n’importe quel cas, mais il a cette grande

(xvrr 4-2) 69

importance (figures 1 9 à 25) d’être la base, le point de départ, le canevas des plus beaux ornements que l’on puisse imaginer et que nous ne pouvons développer dans ce recueil de principes fondamentaux et simples.

J pinceaux ornés d'éléments simples

En dehors des mouvements accessoires, volutes ou faisceaux que nous venons de voir, on peut encore orner les rinceaux de motifs répétés, identiques ou alternés ; telle une branche ne portant que des feuilles ou des feuilles et des fleurs d’une meme espèce.

Pour établir ces effets, nous ferons comme précédemment en d’autres cas, nous aurons recours aux éléments primitifs simples qui sont des ensembles, des places ou des carcasses de motifs pouvant être aussi

riches que l’on voudra, et qui se distribueront d’autant plus facilement que les éléments employés seront plus dépouillés de détails.

Nous avons eu l’occasion de traiter cette question à propos d’axes rectilignes dans le Chapitre VI (H à Z), et pour des axes courbes dans

le Chapitre XVI ( j 93 à 209) en montrant que la position des éléments simples en surface était réglée relativement aux axes de ces surfaces, axes qui peuvent être perpendiculaires à l’élément courbe de contact,

inclinés systématiquement par rapport au même élément, ou portés par des tiges accessoires, droites ou courbes.

Ce qui est applicable à des axes rectilignes ou courbes l’est donc

aux rinceaux qui ne sont que des axes courbes en mouvements répétés et continus. Ces éléments peuvent être placés d’un seul côté du rinceau (7°), les espaces restant seront, soit laissés vides, soit garnis d’ornements ou de fonds d’autre espèce. (Consulter pour ce placement, XVI ,

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193 à 209.) Mais les motifs sont plus habituellement placés des deux côtés du rinceau, leurs points d’attache se trouvant en un même lieu (71) ou places les uns entre les autres, autrement dits alternés (71 a). Dans

ces trois exemples nous avons employé le carré, mais toute autre figure, comme le cercle (72), peut et doit être essayée.

Ces figures de piincipe sont le véritable moyen de varier les ornements, et il n en existe aucun autre, puisqu en dehors du carré, du

cercle, du triangle équilatéral (qui sont les meilleures formes) et des autres polygones réguliers, on peut donner à ces carcasses simples toutes les proportions de longueur ou de largeur qu’on juge convenables,

toutes les inclinaisons possibles, et tous les écartements de motifs indifférents.

La figure j3 nous montre ainsi des rectangles inclinés régulièrement le long du rinceau, et la figure 74 des triangles isocèles allongés, parallèles entre eux, en disposition opposée. Le lecteur peut s’exercer

aux combinaisons alternes omises ici, pour ne pas allonger outre mesure cet article.

La volute proprement dite, non plus considérée comme mouvement, mais seulement comme motif, peut être employée au même usage, qu elle

soit en dispositions opposées {y 5) ou alternes. Ici la volute est raccordée au rinceau, mais elle peut parfaitement en partir avec un angle (76). Elle peut aussi, raccordée ou non, avoir son mouvement rentrant (77)*

Toutes les dispositions de courbes rapportées à un axe rectiligne du Chapitre XVI (1 à 42) devront être essayées, et beaucoup d’entre elles le seront avec succès. Mais nous ne pouvons donner toutes ces figures

auxquelles le lecteur peut suppléer. Les droites modifiées aussi, quelles qu’elles soient, pourront garnir le rinceau ; telle la figure 78 où l’on voit des droites ondulées inclinées sur la courbe et terminées par une volute. 11 est une remarque faite déjà (XVI, 193 à 209), sur les arrangements

RINCEAUX

que nous venons de voir, et que nous répétons, c’est qu’il faut prendre garde, sur les parties convexes du rinceau, de ne pas trop serrer les motifs pour que ceux qui sont placés en regard dans la partie concave ne

viennent pas à se croiser, et trouvent encore une place suffisante pour qu entre eux reste un petit espace. A/Vais cette observation, qui devait être faite pour le cas où 1 ornement doit être absolument régulier, ne doit

pas gêner l’artiste qui exécute, s’il juge à propos de serrer ses motifs. La fantaisie permet tout, et il suffira de mettre moins d’éléments dans les parties concaves du rinceau que dans son extérieur convexe.

C’est ainsi que dans les rinceaux portant des mouvements accessoires, on est quand même forcé ou de supprimer des motifs vers la naissance des mouvements (A 79), que ce soit sur le rinceau ou sur le mouvement

29g méthode de composition ornementale

accessoire, ou de diminuer graduellement la longueur des éléments dans les angles des deux courbes, comme on le voit dans la figure suivante.

La figure 80, montrant des mouvements accessoires plus allonges et accompagnant plus longuement le rinceau, prête d’autant plus aux memes remarques pour le placement des volutes raccordées qui le garnissent. Cette voie est des plus fécondes en résultats intéressants, et rien ne

serait plus aisé que d’en faire un volume.

Rinceaux ramifiés en surface

| usqu’ici nous n’avons envisagé le rinceau qu’employé a orner seule- J ment des frises ou des montants. 11 peut cependant couvrir n’importe quelle forme de surface et d’une façon indéfinie, promenant avec caprice ses mouvements accessoires aussi loin qu’on pourra le désirer. Cette façon d’orner les sut’ aces est des plus faciles et ne demande que de la pondération et du goût. Si les dessinateurs peu artistes peuvent trouver

des ensembles corrects par le raisonnement, les commençants font presque toujours des fautes dans les lignes des mouvements ; les artistes seuls trouvent du premier coup un gracieux et fantaisiste équilibre.

Nous allons essayer au moyen d’un seul exemple de faire voir pour quelles raisons on peut commettre des fautes en distribuant un rinceau sur une surface. Cette surface sera ici un rectangle (81).

La première faute à éviter est, en choisissant le grand mouvement du

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rinceau qui doit déterminer tous les autres, de ne pas faire une courbe trop aplatie (B), qui resterait constamment visible et dont l aspect tendrait à se rapprocher d une ligne droite inharmonique égarée au milieu d’un ensemble de courbes, mais de lui donner un mouvement prononcé (A). On peut même accentuer davantage le mouvement marqué A et lui donner la courbure violente C ; seulement il y a là une limite qui ne doit pas être franchie, parce qu une courbe qui revient trop sur elle-même tend à former des compai timents fermés dans lesquels l’exécutant ne dispose plus de sa liberté d action. Quant à la courbe plate B, comme nous le disons, elle présente le même défaut qu aurait une ligne droite inclinée au hasard, en restant pour ainsi dire isolée des mouvements qui en partent et sera disgracieusement renforcée par leurs naissances (8 i a).

Cependant un tel parti pourrait être adopté à la condition expresse qu il fût voulu , c est-à-dire répété en contre-partie ou en série suivie, avec 1 intention formelle que cette ligne l’emportât sur tous les autres mouvements d’une façon très marquée.

On peut formuler ce principe que la courbe choisie comme rinceau doit visiter déjà par elle-même les principaux points de la surface donnée, sans que le mouvement d’ensemble de ce rinceau soit nécessairement en ligne droite, comme dans les frises où il est forcé de l’être, et sans que ce mouvement se referme trop sur lui-même, car on pourrait vouloir le faire partir près d’un angle et lui faire suivre à distance les contours de l’enveloppe générale, ce qui formerait une sorte de spirale modifiée; mais ce ne saurait être qu’un cas très particulier.

Ceci étant posé, nous allons prendre ce même mouvement A de la figure 8i comme point de départ de nos exercices. Ce rinceau n’a rien qui l’impose dans le rectangle donné plutôt qu’un autre du même genre. Sa naissance et sa direction sont arbitraires, car il pouvait prendre son origine sur n’importe lequel des quatre côtés de la surface donnée ou même dans l’un de ses angles ; aller de droite à gauche, de bas en haut ou de haut en bas ; comporter un plus ou moins grand nombre de courbures, lesquelles ne sont pas forcément toutes égales, mais que la logique et l’esthétique veulent plutôt plus grandes au départ et diminuant un peu vers l’extrémité. Mais la volonté de l’artiste est au-dessus de ces conditions si les convenances d’un ensemble l’exigent.

La première remarque qui s'impose, c'est que les grandes concavités du rinceau A ouvrent, pour ainsi dire, les bras à des mouvements secondaires (D, 82 a), qui sont ici choisis en volutes. Pour compléter la surface donnée, il suffit de greffer sur ces mouvements d’autres volutes presque égales aux premières, ou allant en diminuant d’importance vers les bords du rectangle, de façon à meubler complètement cette surface. En ce

cas, l’œil, en mesurant les espaces vides, distribue les volutes comme si c'étaient des cercles voisins les uns des autres, et apprécie les endroits où ces cercles peuvent être logés sans produire de trous ni de tassements. La figure 82 montre le rectangle complété en remplissant les petits espaces restants de volutes d’un ordre inférieur. On doit observer que les volutes raccordées les unes sur les autres doivent 1 être en accen tuant te mouvement de la première, comme en B, et non en prolongeant la partie la plus plate de sa courbe en C. (Voir plus clairement B et C en 82 a.) Nous signalerons plus bas cette remarque dans les exemples

fautifs.

Une fois les volutes établies en projet, si une partie de 1 ensemble paraît un peu vide relativement au reste, et fait tache claire, on rétablit l’effet homogène en resserrant un peu les tours de la volute qui se trouve en cet endroit, et en les desserrant si une partie du même ensemble paraît

trop foncée.

Mais, au lieu de volutes comme dans la figure 82, on peut employer des mouvements courbes qui forment de véritables rinceaux accessoires ramifiés comme dans les exemples X et Y (A, 83 et 84). Nous montrons

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ces deux dispositions différentes sur un même grand mouvement pour que le lecteur apprécie sa liberté qui est encore étendue bien au-delà, car il peut choisir n’importe quelles autres ramifications en observant ce qui a été dit sur le mouvement du rinceau lui-même (81). C’est dans le choix de ces mouvements secondaires que l’artiste doit porter toute son attention, car il en est pour eux comme du mouvement principal, ils appellent les volutes ou les motifs dans la concavité de leurs courbes, et celles-ci une fois arrêtées, le travail ne peut plus se modifier ni s’améliorer comme on le désire, malgré les plus grandes précautions. Comme nous allons en voir de nombreux exemples, ce seront toujours les mouvements

accessoires trop peu accentués et trop longs qui barreront la route a un bel ensemble. 11 est vrai qu’au lieu de déterminer à l’avance le mouvement de la figure 8 1 , le dessinateur pourrait disposer un peu partout un certain nombre de mouvements en volutes bien équilibrés et qu’il serait toujours facile de relier en un rinceau unique ; mais si ce moyen peut donner de bons résultats, la ligne générale est alors imprévue et n’est qu’une conséquence au lieu d être une cause. De plus, cette jigne, plus forte, plus marquée que les autres mouvements, joue, le plus souvent, un rôle déterminé quand il se trouve deux panneaux de ce genre en contie-

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