CH. XVJ
PL. jo
ECOINÇON EN CARREAUX CERAMIQUE
RINCEAUX
Lignes et mouvements défectueux .
faut avant tout, nous ne cesserons de le redire, éviter les courbes * longues et plates. La figure ] i montre bien dans les mouvements B et C ce défaut propre à tous les commençants. La courbe B possède en A un mauvais départ, qui ne s’harmonise en rien avec les lignes générales de l’espace donné. La longue courbe allant de D en C a de plus le défaut du faux parallélisme avec le quart de cercle et ne peut porter que des mouvements accessoires trop petits pour sa longueur; ceux de
la grande volute en D ont le tort de suivre Je contour de l’arc sans être assez contrastés avec cette direction. La figure i i a montre un exemple encore plus inharmonique, par sa courbe principale coudée vers le milieu de sa longueur, malgré des croisements qui coupent sa rentrée vers l’arc de cercle. Les départs des mouvements doivent prendre une naissance qui s’harmonise, avons-nous dit, avec les lignes de la surface à orner. Si, comme dans nos exemples, cette naissance est au bas de l’écoinçon, la solution préférable sera une tangente à l’une des lignes qui délimitent l’ensemble. Comme cet ensemble est toujours muni d’un
filet ou d’une bordure d’isolement pour éviter l’aspect d’une pièce
d'ornement coupée dans un fond, il est tout indique de venir greffer le départ des ornements sur cette bordure comme dans la figure en F ou en E. On peut à la rigueur partir aussi du milieu de la base en re les deux lignes du contour général et en s’harmonisant avec elles, G.
Mais lors même que le départ de l’ornement serait correct comme enC figure .3, si le mouvement principal est trop long et trop plat, 1 effet
sera des plus désastreux quel que soit le soin que l’on prenne de couvrir cette courbe de volutes croisées; le peu qu’on en verra sera toujours
nuisible, et l’œil appréciera désagréablement la forme de 1 espace compris entre la grande courbe et l’arc qui délimite l’écoinçon. Nous pouvons encore signaler comme mauvaises les compositions où il n existe pas qu’un seul grand mouvement général, comme on peut le voir dans les quatre qui occupent la figure 14; en ce cas il ne s agit plus d un rinceau, mais plutôt d’un faisceau de courbes dans le même sens. Mais ici, la défectuosité des lignes provient surtout de ce que les deux courbes supérieures du faisceau continuent mal la courbe de 1 arc. Cela ne veut point dire que les faisceaux, pas plus que les naissances multiples, doivent être toujours proscrits ; les premiers sont un programme spécial, et en ce cas on s’arrange pour qu’ils forment des contrastes avec
RINCEAUX
les lignes de la forme d ensemble, comme on en voit dans lafigure i 5; les mouvements à double naissance sont aussi parfaitement acceptables quand, par les croisements, ils se pénètrent harmonieusement (i 6). Mais il est impossible de signaler toutes les fautes qui peuvent être commises par des esprits qu on dirait créés exprès pour cela, avec cette aggravation qu’ils possèdent souvent une exécution exécrablement parfaite.
Nous ne pousserons pas plus loin ces généralités qui sont suffisantes pour signaler les principaux défauts qui peuvent se rencontrer dans les
compositions de ce genre. 11 est encore cependant une recommandation utile à faire, c’est de laisser voir le fond , car c’est lui principalement qui accuse le jeu de l’ornement, de sorte que, s’il est trop couvert, certaines parties d’ornement, trop serrées, ne présentent de loin que des paquets informes.
Avec le tracé des carreaux la composition, avons-nous dit, demande quelques précautions. Lafigure 17 montre le tracé de notre programme avec bordure et carreaux; en appliquant le procédé présenté dans les figures 1 à 6 de cet exercice, le dessinateur devra s’arranger autant que possible pour que les intersections des cercles avec les lignes des carreaux soient franches; mais cela ne suffit pas entièrement parce que
les mouvements intérieurs des volutes doivent aussi être surveillés Dans la figure .7 se voient les raccords principaux, et la figure ,
donne les volutes et les croisements au complet.
Quant au développement de ces rinceaux, celui-ci peut consister en doublements des contours, volutes accessoires ou petits motifs (XV! 1 , 7o à 80) si la place le permet. De même on pourra aussi terminer les volutes par les petits motifs indiqués dans les figures «o9 a 3o* et leur application (3o3 à 3 1 3), sauf dans le cas d'un rinceau serre comme ici.
Il serait utile de prévoir un trait gravé en creux dans la pâte des carreaux avant leur cuisson, ce qui complique un peu le travail; ce trait creux suivrait tout ceux de l’ornement, sauf peut-être les petits détails de l’intérieur des formes, et comprendrait les doublements. Il en résulterait des accrocs de vive lumière qui donneraient à 1 ensemble un aspect plus précieux.
Dans la figure 18 on peut remarquer que le cintre produit des fractions de carreaux de diverses formes que le céramiste devra fabriquer à la main ou dans des moules spéciaux, mais dans ces pièces il en est deux particulièrement qu’il vaudrait mieux laisser appartenir au carreau
RINCEAUX
voisin à cause de leur exiguïté ; ce sont les petits triangles A et B, dont la pointe effilée serait difficile à exécuter; nous les avons cependant laissé figtnet dans la planche jo. On pourra y observer que le rinceau et ses pi olongements courbes croisés suffisent pour garnir entièrement l’espace donné avec une suffisante richesse grâce à un doublement qui accuse de simples modifications de contours ou quelques très petits motifs qui y sont ajoutés. Si le grand mouvement courbe à droite et en haut, près de 1 arc, était trop dominant, il pourrait s’ensuivre de l’inharmonie dans 1 effet d ensemble, bien que cette courbe soit loin d’ètre plate; mais le rinceau qui donne naissance à la grande volute l’emporte nettement sur 1 autre par la vigueur de sa tige et l’importance de ses spirales. C’est ce qu on peut constater plus clairement dans la planche 10. Les courbes croisées doivent, le plus souvent, passer les unes sur les autres, en alternant ce passage tantôt dessus tantôt dessous, mais sans aucune rigueur. Cet effet d’entrelacs est utile en ce sens qu’il fractionne les trop longs mouvements et introduit une certaine variété dans l’aspect général. L’entrelacs est une sorte d’imitation du relief, mais dès que des doublements apparaissent sur le fond, cet effet cesse. On peut cependant s’arranger pour que les courbes, en se découpant toutes franchement sur le fond, n’accusent aucune superposition ; de même, en supprimant la plupart des mouvements accessoires et en rentrant les grandes volutes plus à l’intérieur de l’écoinçon, il aurait été facile de garnir tous ces mouvements de motifs comme le sont les rinceaux des figures 70 à 80, ou 3o3 à 3 1 3 ci-dessus.
MOTIFS COMPOSÉS
es motifs élémentaires que nous venons d’étudier suffisent, avec leurs nombreux dérivés et leurs groupements, pour constituer toutes sortes d ornements dont ils sont, comme nous l’avons vu Chapitre XVI], la carcasse ou, si l’on veut, la distribution en surface; et par-dessus tout, on ne peut que le répéter cent fois, les cinq ou six figures géométriques en surface primitives sont de beaucoup les plus importantes.
Grâce aux courbes, on peut modifier dans un sens plus positivement ornemental ces figures simples, ainsi qu’on a pu le voir dans le Chapitre XI 1 1 (i à 26) qui précédé, et déterminer d’avance des formes générales courbes ou constituées de droites et de couroes.
Avant d’en compléter le rinceau, ces formes vont être examinées séparément et en groupements; séparées, elles peuvent, comme celles du précédent Chapitre, indiquer seulement des distributions d’espaces dans les vides laissés par les mouvements du rinceau; et groupées, former des ornements utilisables.
Le sujet est très vaste, comme tous ceux de ce livre indistinctement, et nous nous efforcerons de l’abréger le plus qu'il sera possible. Si le lecteur trouve ces exemples trop nombreux, nous lui répondrons qu’ils pourraient l’être encore infiniment plus, et que nous regrettons de ne pas avoir pu les multiplier, à cause de leur incontestable utilité; l'emploi de ces formes détermine, en effet, le caractère distinctif des groupements et leur élégance par l’ensemble.
Motifs en surfaces simples modifiées
Si, par exemple, le carré de la figure i du présent Chapitre donne la situation, la dimension et le sens de la carcasse du motif, les courbes simples concaves qui modifient ce carré lui impriment un caractère ornemental spécial, soit que la figure ainsi modifiée ne constitue qu un
motif qu’on peut développer à loisir, soit qu’un groupement de formes quelconques contenu dans ses limites en résulte.
La figure 3 est également un carré, mais vertical au lieu d’ètre sur l’angle, modifié par des courbes simples également concaves. Les figures 2, 4 et 5 sont aussi des carrés modifiés par des courbes simples, mais convexes et concaves dans chaque exemple.
MOTIFS COMPOSÉS
Dans les figures 6 à 9, on peut voir l’emploi des courbes en S et
Il y a, comme on peut le voir, bien des moyens de modifier cette
figure du carré par l’emploi des diverses courbes avec dispositions en
contre-partie ou gironnées que nous nous dispensons de mentionner, transfor mations ci-dessus du carré vertical s'appliquent toutes au rectangle vertical, horizontal ou oblique, et nous jugeons mut, le de les montrer.
Le triangle équilatéral est modifié dans les figures , o à , 2 uniquement par des courbes simples, et dans les exemples 1 3 a 1 7 et 20 par es mcr"“ courbes et celles en S. Les figures 18 et ,9 sont des tnang es isoce modifiés de la même manière; d'autres exemples auraient pu en e re donnés dans les positions indiquées au chapitre precedent.
Les modifications employées dans toutes ces figures sont produites, comme on peut le voir, par des moyens très simples, les deux courbes simple et en S, et cette dernière courbe symétrique (haut des figures 6, 7, 9, bas de la figure ,5, côtés de la figure 19) qu'on peut nommer
ondulation.
MOTIFS COMPOSÉS
Ce sont au reste les moyens les plus sûrs de ne pas compliquer les formes et de leur conserver un caractère voulu et simple. Mais selon le tracé primitif employé, il est nécessaire de se servir de courbes plus variées comme dans les rectangles des figures 21 et 22; la surface ainsi
déduite n’étant plus aussi strictement conforme à l’aspect du rectangle primitif, tout en en étant quand même un étroit dérivé.
L’application des principes qui précèdent se montre dans les losanges 23 et 24, et les deux cercles des figures 2 5 et 26. Le cercle présente de grandes ressources pour la construction des formes ou groupes concentrés placés à l’extrémité des volutes qui en indiquent d’avance la place circulaire, et les modifications courbes du cercle peuvent être très nombreuses et intéressantes. Le demi-cercle de la figure 27 rappelle le
3ü4 méthode de composition ornementale
t lo fi rn irc> il et le secteur circulaire 29 en est traitement du rectangle de la r g >
un autre exemple ; on peut observer de même que le segment de
, < * nuc> 1^ secteur de la figure 32.
Le secteur circulaire est en outre montré dans d'autres variations
dans les figures 3o, 3 1 et 3 3 . .
Le trapèze est indiqué avec des changements semblables dans les
figures 34> 35, 36 et 37, et la zone circulaire dans la figure 38.
Le lecteur imaginera facilement à la vue de ces exemples les ressources que lui présentent les figures géométriques ordinaires pour la construction des belles formes pleines et simples, si difficiles à trouver dans l'invention ornementale. Il est impossible, avec cette méthode claire et aisée, de tomber dans la bizarrerie et la monstruosité; car, fait bien
MOTIFS COMPOSÉS
remarquable, on s’aperçoit que ces figures dérivées ont une grande parenté avec celles de la nature.
A partir du point où nous sommes arrivés, on remarquera de plus en plus cet acheminement vers la création naturelle, et cette observation est la meilleure preuve de l’absolue vérité de notre méthode, nous l’avons déjà constaté.
Nous aurions pu, dans un ouvrage plus étendu, appliquer ces principes féconds en résultats probants aux figures en relief et aux solides. Mais
cette tâche dépassé celle que nous nous sommes imposée, ce livie n étant qu’une série de points de départ et non un tableau complet de toutes les formes imaginables. 11 nous suffit qu un fi î conducteui , si ténu soit-il, relie nos chapitres sans lacune tiop vaste. D auties pouiiont complète! ce travail avec la plus grande facilite.
Surfaces divisées
*. |ous pensons devoir donner encore quelques exemples plus nombreux l'J relatifs aux divisions des surfaces simples du Chapitre Vil. Les figures qui en résultent sont moins pleines et plus maigres que les
précédentes et participent des groupements. Mais ici ces groupements ne sont pas toujours composés de figures semblables à cause de l’irrégu¬
larité des divisions. Les figures 3c) à 42 dérivent du carré divisé, et celles 43 et 44 du rectangle. 11 suffit, comme on le voit, de traiter chaque division partielle comme l’ont été les figures simples montrées plus haut.
L emploi des divisions montre nettement l’intention de ne pas occuper une place donnée par un motif compact, mais, au contraire, d’y chercher un effet de légèreté.
Ici, les lignes de divisions indiquent seulement les séparations de 45 46 47
masses, lesquelles remplissent, par leur ensemble, tout le tracé primitif. N ous en avons exprès choisi de très simples dans les triangles (45 et 46), dans le cercle et le demi-cercle (47 et 48) et dans les fractions du cercle (49 et 5 o).
Mais les figures primitives choisies peuvent, tout en constituant les
motifs dans leur entier, n’utiliser qu’une des divisions comme partie pleine du motif, et remplir les vides restants pat des pt o/ongcmcnts . En ce cas, la surface primitive ne subsistera plus que poui tegîet 1 ordonnance des
parties pleines qui en seront conservées, et l’aspect definitif des motifs pourra être rendu ainsi extrêmement léger, tout en conservant son unité et sans avoir recours à des groupements proprement dits de formes égalés.
Ces prolongements peuvent être de simples volutes ou des fractions de rinceaux comme nous le voyons dans les exemples suivants tirés du
Chapitre Vil. Ces simples effets suffisent pour former des motifs parfaits, élégants et originaux, tant il est vrai que la carcasse première joue un rôle d’importance et d’harmonie pour l’ensemble de la forme totale.
Les figures 5i à 56 sont dues au carré et il n’est pas besoin de dire qu’elles auraient pu être traitées fort différemment. Autant que possible,
des traces de l’enveloppe générale primitive doivent être conservées, car, autrement, le choix de cette enveloppe ne se trouve pas justifié, et, dans le cas où il l’eût été par la place disponible utilisable pour construire
MOTIFS COMPOSÉS
un motif, il en résulterait des vides inharmoniques. C’est ainsi que, dans la figure 55, il reste l’angle supérieur gauche non occupé, lacune
(VII. 20) 55 (VIL 38) se
facile à remplir par une
petite forme ajoutée. Le rectangle de la