‹ Methode de cor-alto et cor-basseChapitre 91 sur 92 · DU COUT ET DE LA CIUCE · texte numérisé non relu

DU COUT ET DE LA CIUCE

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Après les définitions que d.J. Rousseau et Voltaire ont donne du goût dans les arts, il serait par trop téméraire à un homme non lettre/! écrire sur le même sujet: on renverra donc le jeune musicien au dictionnaire de musique delun, et au dictionnaire phi losophique de l’autre.

Nous aurions voulu essayer de faire comprendre, par quelques exemples comparât i fs, les dilVerens cas ou des choses, bonnes en elles-mêmes, peuvent cesser d être telles, par une mauvaise application; mais, ce travail conduisait trop loin; 1 idee du Goût avant autant de rannl îeations qu’il y a de moyens de diversifier toutes les especes de traits de chant ou de difficultés, ainsi que les expressions qu’on peut leur donner, et I es ornement dont on peut les embellir. Ces exemples devenaient d’autant plus liltieiles .. présenter, que dans la musique , comme dans la danse théâtrale, les genres se mêlent de plus en plus: Les hommes de goût qui fréquentent l’Opéra, se plaignent axer raison, de ce qu il têy a plus qu une maniéré de danser, quelle que soit lasiluation des personnages dansant, et le lieu où la scène se passe. On pourrait, dans bien des

ras, faire la même remarque sur la musique; elle vit de variété, dit on;ee principe feut être vrai ; mais on en abuse, et Ion défiguré souvent un caractère marque et prononce auquel l’Auditeursetait attache', parce qu’il l’avait mis dans une certaine disposition qu’il désiré garder, et qu’il est de l’intérêt de l’Auteur de conserver. D’ailleurs, quelques executans qui veulent brillera tout prix, attachent peu d'importance a crtfe considération: Ils croiraient leur réputation compromise, s’ils rendaient avec trop de simplicité un caractère naïf; s’ils ne mettaient ce qu’ils appellent du sentiment, dans

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plein Ae Ç.ile'i .11. clantaicnt un Adasio anus le sureha

Agit al <>, sans al

<t«w les valeurs, exagérer les nuances, brusquer les oppositions.

arger de notes;ou

un

-e faut pas, sans doute, que le Musicien ne soit que le lecteur dune musiquequelconque , et dans laquelle il est placé en première ligne: il faut qu’il soit l’Acteur qui drb.lr son rôle avec l’accent propre aux paroles, et aux sentimens qu’elles expriment.

H V ;i P'»"dant ici cette différence, que l’aeteur ne peut, dans aucun cas, changer le texte, pour dire mieux ou plus que le porte; et que le musicien, au contrairement se permettre quelques changemens, soit en plus, soit en moins, pour rendre l’expression, non pas plus vraie; mais plus énergique, plus sensible ou plus variée. Toute musique alors, est, pour ainsi dire, un sujet que le musicien explique et commente de différentes maniérés, pour en rendre les idées plus palpables, pour les faire mieux concevoir.

Il ne doit donc rien exprimer qui n’ait un rapport direct avec le fond et la forme de ers idées.

11 v a trois puissans moyens dorner la musique, savmr:par les agréinens ou notes de goût -, par les articul itions;par les notes de passage. Mais parmi ces moyens il faut encore savoir choisir ce qui convient le mieux au sujet donne; Far exemple, les (irupetti de trois oh de quatre* notes, seraient troji recherches pour un caractère simple ou naïf, tel que la pastorale, 1 air villageois ou celui de montagne: le triilr serait trop brillant, les broderies déplacées; mais 1 Appogiatura simple ou double, exécuté mollement sur le repos ou cadence mélodique , convient beaucoup a ce genre, qui ne veut rien de recherché. Les morceaux pathétiques veulent aussi beaucoup de simplicité dans I execution: la douleur et le desespoir, les emportemens de la colere, les fureurs de l'amour ou de la haine, ne s’expriment point par des ornemens , des figures, des discours fleuris; mais par une expression énergique , par des nuances marquées, par des contrastes frequens . Les ornemens donnent de la grâce a la musique, et la grâce ne convient qu’aux sentimens doux, aux [uu/ted en •pr<--j>fton*i , comme dit -IJ. Rousseau. Cependant les plaisirs ont leurs licences, les hauts laits commandent I enthousiasme , I (* héros a de la lierte, de la grandeur, de la magnificence; et re-t alors que l’abondance des ornemens est bien placer, si tonte lois ils ne sont pas trop prod igu es : car I a débauche n’est pas du plaisir, la prodigal if e n est pas de la geueros 1 1 c ,

1 eut housiasme ne doit pas degenerer en folie, et la grandeur en orgueil, t'oyez donc simple sans trivialité, élégant sans recherche, riche sans osf en! af ion, eest-a -dire : n’exagerez jamais en aucun sens, n’entassez pas les ornemens , ne prodiguez pas les moyens . Un monument qui présenterait les différens ordres d’architecture mêles et confondus, serait effroyable avoir.

La C.râeed) en musique, consiste particulièrement à donner aux chants, aux

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I rta ns le Dictionnaire philosophiqne.

tpail, au, agTcinens, aux broderies, la nuance , lartic. luHon ^pression qui 1rs fou. 1,. mieux valoir, selon le caractère de musique Hans lequel les uns et les autres sont placés.

Par exemple, le Coule a plus de grâce que le Pointent celui-ci ,, lus que le Pique. [ja nuance du Doux au Porta de l'onction; la nuaneecontraire a quclqu’aprcte, surtout quand elle est brusquée: celle qui les reunit tous deux est la plus gracieuse.

Chaque caractère, enfin, a son genre de grâce, qu’il faut savoir distinguer; mais il

rst peut être moins difficile de choisir les nuances, les articulations, les agrcmens, les contrastes propres à tel ou tel caractère, que de savoir les amalgamer, les foudre adroitement et à propos; en user sans en abuser; ne faire que ce qu’il faut, et quand .1 le faut: c'est le type d un rare ta lent, joint a un goût exquis.

|.e goût , la grâce ,1e sentim rnt,sonf des qualités que la nature accorde aux uns et refuse aux autres: l'homme froid aux sensations que fait éprouver la musique, s'il est malheureusement destiné à l'exercice do cet art . ne sera jamais qu’une machine d orchestre; mais celui qui se sentira vivement ému en entendant les chefs -d'oeuvre de nos ( ’omposifeurs anciens et modernes, s’élèvera certainement au-dessus de ses confrères, ou ru alisera avec les plus célébrés dentr’eux.

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