‹ Méthode de dédoublement personnelChapitre 11 sur 32 · HR · texte numérisé non relu

HR

tions que la volonté sera assujettie à une épreuve sérieuse, ayant une réelle valeur.

On peut encore s’astreindre à compter, une ou plusieurs fois de suite et à l’heure fixe, les perles d’un collier ou les grains d’un chapelet. Cet exercice ne demande pas d’effort musculaire sensible, mais une attention soutenue; il ne met guère en œuvre que la volonté, sans aucune fatigue corporelle. A ce titre, il convient plus particulièrement aux personnes affaiblies ou malades dont la débilité physique s’oppose à un travail musculaire.

Un exercice plus difficile sera celui de se lever, pendant un certain temps fixé d’avance, pendant un nombre de jours déterminé, à une heure plus matinale que celle dont on a l’habitude. Si l’on craint de ne pouvoir se réveiller au moment voulu, il faut se munir d’un réveil ou prier quelqu’un de vous avertir.

Si vous êtes fumeur, si vous avez l’habitude d’aller au cercle ou au café, décidez que vous ne fumerez plus ou que vous resterez chez vous, sans sortir, pendant huit jours.

Ces derniers exercices sont pénibles. On doit du reste considérer comme tel tout exercice qui vient à l’encontre d’une habitude acquise ou invétérée. On doit les réserver pour parfaire l’éducation de la volonté quand celle-ci a déjà acquis un certain développement et qu’elle s’est accrue par d’autres exercices faciles. Leur réussite témoigne que la volonté possède, ià ce moment, une vigoureuse fermeté. Si vous ne réussissez pas dans un exercice, ou si vous êtes réellement fatigué avant sa terminaison, vous devez le modifier ou en prendre un autre. Un insuccès ou un effort pénible vous indiquera que vous avez trop présumé de votre force, que votre entraînement n’est pas assez avancé^

Insistez beaucoup et longtemps sur les procédés simples et faciles; variez-les, changez-les souvent, mais habituez-vous à les bien faire, à réussir. N’ajoutez de complications ou de difficultés nouvelles que lentement, avec précaution.

Et surtout, n’oubliez pas que, pour arriver au but, il vous faut du temps et de la persévérance...

La volonté s’accroît par l’entraînement, c’est-à-dire par la répétition d’exercices simples, longtemps continués, et de difficultés croissantes; elle se conserve par la continuation de ces mêmes exercices ou d’exercices analogues.

Cet entraînement doit être pratiqué par intermittences périodiques, séparées par des intervalles d’inaction, puisque nous avons vu qu’après un travail quel qu’il soit, il faut une période suffisante de repos pour que le système nerveux puisse récupérer la force dépensée et perfectionner les résultats acquis pendant l’action.

Il sera bon d’y procéder à des heures fixes bien choisies, et bien déterminées, toujours les mêmes, parce qu’il est une loi du système nerveux qui le porte à reproduire, à un moment similaire, l’acte auquel on l’a soumis antérieurement dans une circonstance semblable.

L’exécution de l’acte nouveau est ainsi rendue plus facile; de sorte que, avec la même dépense de force que précédemment, on pourra solliciter l’ensemble nerveux pour un acte plus énergique, comportant plus de longueur, plus de fatigue ou plus de difficulté.

Ce dernier résultat correspond à une augmentation de la force générale. L’entraînement fortifie l’organisme tout entier, développe l’énergie de la volonté, et nous permet d’accroître cette énergie constamment.

Par cette volonté incessamment soutenue et fortifiée, nous pouvons arriver à influencer toutes nos fonctions, et à posséder la maîtrise de nous-mêmes, aussi bien dans l’ordre intellectuel et psychique que dans l’ordre physique...

L’éducation de la volonté peut être entreprise à toute période de la vie humaine. Pourtant, autant que possible, il vaut mieux commencer dès le jeune âge afin de prendre de bonnes habitudes qui, par la suite, dispenseront d’efforts pénibles, de travail corporel, et d’application intellectuelle.

Si l’on procède tardivement à cette éducation, on peut se heurter à des habitudes mauvaises, déjà invétérées.

qui augmentent la difficulté et retardent la réussite. Néanmoins, malgré ces obstacles, il est possible, même dans un âge avancé, de réaliser des effets appréciables et avantageux.

Tous les résultats obtenus par les exercices qui ont pour but l’éducation de la volonté, et tous les bénéfices acquis grâce à cette éducation peuvent être conservés et augmentés en faisant usage de l’auto-suggestion volontaire.

En effet, si la volonté est indispensable pour obtenir une bonne auto-suggestion, réciproquement l’auto-suggestion peut être utilisée pour l’éducation et l’accroissement de la volonté. Elle pourra permettre de concentrer sur cette faculté toute la force nerveuse disponible, toute la puissance et toute l’activité du cerveau.

L’opération auto-suggestive consistera à se répéter mentalement qu’on a une volonté forte, une volonté énergique. C’est une leçon qu’il faut faire apprendre au cerveau; à force de la répéter, on finira par la graver profondément; l’idée sera acceptée, se maintiendra, se développera de plus en plus, et, à l’occasion, se traduira en acte.

Du reste, l’auto-suggestion intervient de façon inconsciente dans tous les exercices physiques, musculaires, intellectuels, usités pour le développement de la volonté et s’appliquant spécialement à l’idée de volonté.

On peut l’adjoindre consciemment à la volonté chaque fois qu’on veut utiliser celle-ci pour l’amélioration d’une autre faculté cérébrale particulière, pour l’accomplissement d’un acte considéré comme difficile, pour la correction d’un défaut, pour la suppression d’une habitude vicieuse.

Par exemple, si l’on est d’un naturel emporté, violent et irascible, on devra, pendant l’exercice physique volontaire, se suggérer qu’on est calme et patient. Si l’on s’aperçoit qu’on a le caractère faible et qu’on Se laisse facilement influencer, on se fera la suggestion qu’on a le caractère ferme et qu’on ne subit l’influence de personne.

Si, pendant quelques jours, on veut se lever de bon ma-

lin, plus tôt qu’à l’ordinaire, on devra, pendant ce même exercice physique, appliquer son attention sur l’idée de se lever sans fatigue et sans ennui, à l’heure voulue.

De même, si l’on est fumeur, alcoolique, vicieux en quoi que ce soit, on devra, en travaillant physiquement, se faire l’auto-suggestion curative appropriée à ce cas déterminé.

On devra se livrer à la pratique de l’auto-suggestion associée à un exercice volontaire dans les conditions extérieures et accessoires les plus favorables, c’est-à-dire dans le silence, le recueillement, ^isolement, à l’abri des distractions imprévues, et autant que possible, toujours à la même heure.

Le calme et la tranquillité de la nuit, les moments de repos qui précèdent le commeil sont éminemment propices à cette opération. Chaque soir, avant de s’endormir, on peut jeter un coup d’œil rétrospectif sur les événements qui se sont produits dans la journée, sur les faits qui se sont accomplis, et se servir de l’auto-suggestion associée à un exercice physique volontaire pour accroître la volonté, combattre les actes, les idées, les sentiments reconnus mauvais, pour fortifier tout ce qui est bon et utile, entretenir la confiance dans le succès et là foi dans un avenir prospère.

Il n’est pas nécessaire d’y consacrer beaucoup de temps; l’important, c’est d’y penser; quelques minutes peuvent suffire.

Enfin, pour terminer ce chapitre, j’indiquerai deux exercices préconisés par d’Àlba (1) et d’autant meilleurs, à mon avis, qu’ils peuvent s’appliquer à toutes les espèces possibles d’auto-suggestion.

— Se retirer dans une chambre très calme, et, y ayant fait l’obscurité, s’étendre sur un lit et se mettre en état de relaxation musculaire, c’est-à-dire de suspension de la tension des muscles, pouvant seule opérer un repos parfait de l’organisme. Concentrer alors sa pensée avec

(1) Traité élémentaire de Magie scientifique, 1 br. in-8, Paris, s. d.

3e plus de force et le plus longtemps possible sur une entreprise quelconque dont vous souhaitez ardemment la réussite; chercher à se représenter clairement l’objet de ses désirs, et, pendant le temps de l’exercice, qui peut durer une demi-heure, la pensée doit se concentrer exclusivement sur lui. Se répéter mentalement ou à haute voix des paroles affirmatives de réussite.

La difficulté de cet exercice réside dans la concentration absolue et soutenue, ainsi que dans la suggestion que l’on doit se donner. Si l’on n’arrive pas à se convaincre assez intimement de la réussite, le résultat ne se manifestera pas, puisque la matière astrale n’aura pas été mise en action. Cet exercice devra être répété à diverses reprises, tout en poursuivant toujours la même réalisation jusqu’à sa réussite. Ce procédé, très puissant, peut ctre appliqué au bonheur, à l’amour, à la santé; il fournira en tous les cas des résultats stupéfiants. Celui qui désirera l’entreprendre avec succès ne devra pas poursuivre la réalisation de choses trop difficultueuses...

— L’exercice suivant facilitera le précédent: — Chercher à se représenter une image mentale d’objets, de monuments, de personnes, de visages, etc., que vous avez vus représentés ou que vous connaissez. Plus cet exercice sera répété, plus l’image acquerra de netteté. Cette représentation est très forte pendant le rêve, alors que, devant nos yeux mentaux, défilent des scènes que nous croyons réelles.

Tous les préceptes pratiques de préparation et d’autosuggestion contenus dans ce chapitre, ont donné d’excellents résultats aux étudiants qui s’en sont fait l’application avec suite et ténacité. Leur usage raisonné et correctement poursuivi est un facteur de volonté de premier ordre, et quiconque s’y applique patiemment, fût-il du caractère le plus faible et le plus indécis, doit arriver à se créer une volonté qui ne sera plus ni du désir, ni de la velléité, ni, au contraire, de l’entêtement, de l’obstination ou de l’opiniâtreté, mais une volonté vraiment digne de ce nom et contenant en soi la voulitodynamie à venir

Page 1