C. — Un but poursuivi
Dans la présente étude, l’objet c’est le corps astral (âmesensitive) qu’il nous faut envisager dans une modalitéspéciale; nous étudierons ensuite par quel procédé nouspouvons agir sur lui; enfin le but poursuivi, c’est-à-dire l’extérioration de ce corps astral ou, en d’autres termes, le dédoublement personnel de l’être humain dont les pages qui précèdent montrent la théorie, sera en dernier lieu examiné pratiquement.
De là deux parties dans ce chapitre: — le corps astral considéré comme basé sur la force neuro-psychique, et le procédé d’entraînement.
A) La force neuro-psychique (1).
Tout ce qui existe vit d’une vie propre, l’astre et la
(1) Cette force a reçu bien d’autres noms qui peuvent dérouter l’étudiant; on l’a appelée — et on l’appelle encore — force dynamique, vitale,biolique, neurique, rayonnante, magnétique, physiologique, odique, etc.. C’est, en somme, la lumière astrale des occultistes spécialisée dans un organisme; si j’emploie le terme de neuro-psi] chique, c’est que cette appellation répond exactement à l’étude poursuivie en ces pages, puisque, émanée dans un organisme par le système nerveux, elle s’y sublime ‘ pour devenir une énergie, une force-substance hyperphysique qui constitue le substratum du corps astral.
plante l’animal et le caillou. Cette vie universelle, constamment émanée par son centre primordial dont la connaissance nous est forclose, répandue dans l’univers entier, arrive à la terre par l’intermédiaire du soleil; sur notre globe, elle se modifie, prend toutes les modalités possibles: animale, végétale, minérale; et, dans l’animal, elle pénètre en chaque organe et devient vie cérébrale, cardiaque, nerveuse, etc. La vie est donc une force secondaire, mais elle n’est pas l’énergie propre. Comme l’a fait remarquer M. Lodge, président de la section de mathématiques au Congrès de Y Association britannique pour Vavancement des Sciences , « la mort d’un animal n’affecte pas, le moins du monde, la somme de l’énergie; toutefois, un animal vivant exerce sur l’énergie une action qu’il n’exerce plus après sa mort; la vie est donc un principe dirigeant... »
D’un autre côté, Ii. Spencer dit quelque part: « Les forces universelles existantes d’attraction et de répulsion, qui impriment un rythme à tous les changements mineurs de l’univers, impriment aussi un rythme à la totalité de ces changements, produisent tantôt une période immense durant laquelle les forces attractives prédominent et causent une concentration universelle, tantôt une période immense, durant laquelle les forces répulsives prédominent et causent une diffusion universelle, des^ ères alternatives d’évolution et de dissolution... »
Donc: attraction, répulsion sont les deux manifestation de la Vie. L’attraction produit la force centripète, la gravitation universelle, et la répulsion donne naissance à la force centrifuge qui tend à projeter hors de leur orbite les corps en mouvement: le fonctionnement parallèle et, par suite, l’équilibre de ces deux forces constituent la vie de l’univers.
Or, l’homme, microcosme, doit être constitué comme l’univers, macrocosme. Voyons donc ce qu’est l’homme à cet égard.
En l’homme, nous trouvons trois courants de vivification: le système lymphatique, qui forme la vie, le systc-
me sanguin qui l’entretient, et le système nerveux qui la régit (1).
Ces trois systèmes produisent chacun un double courant dont l’un se dirige vers la périphérie et l’autre vers le centre; par exemple, le sang se dirige par l’artère vers la surface cutanée, où il aboutit aux vaisseaux capillaires qui, par les veines, le renvoient au cœur, etc.
Mais, pour l’étude particulière que nous poursuivons n ces pages, c’est surtout la force nerveuse qui nous intéresse, et c’est elle que nous allons avant tout étudier.
Voyons d’abord comment elle se forme.
Le système nerveux, dans son ensemble, est constitué par deux sortes de substances, de structure et de couleur différentes.
L’une, la substance grise, est composée de cellules (ou neurones) juxtaposées les unes aux autres; l’autre, la substance blanche, est composée de longs filaments.
Les cellules grises élaborent une force qui est, probablement, analogue, sinon identique, à la force électrique, et qui constitue la force nerveuse. Les filaments blancs servent de conducteurs à cette force (comme les fils électriques servent de conducteurs à l’électricité) et la distribuent aux divers organes pour que ceux-ci puissent effectuer le travail qui incombe à chacun d’eux. Elle s’accroît et se renouvelle par des apports continus qui lui viennent du dehors sous la forme de vibrations lumineuses, calorifiques, électriques, etc., et aussi par les forces dégagées, dans l’organisme et l’intimité des tissus, lors des phénomènes physiques et chimiques de l’assimilation et de la désassimilation, lors de la transformation des aliments composés en aliments plus simples.
La force nerveuse se trouve répartie dans les moindres ramifications du système nerveux; mais elle est surtout produite et emmagasinée dans les ganglions du grand
(1) De là le symbole des trois Parques antiques: Clolho qui ourdit lo fil, Lachésis qui ïe file, et Atropos qui le coupe (ou le respecte); j’ai développé cette théorie dans la Sorcellerie des Campagnes, à laquelle je préfère renvoyer le lecteur, (1 vol^ in-8° s. d. — Henri Durville, imprimeuréditeur).
sympathique, dans la moelle épinière, et dans les massescontcnues dans le crâne. Et, comme le cerveau est de beaucoup la partie la plus volumineuse et la plus importante de tout le système, on doit le considérer comme étant le siège principal de la force nerveuse. De sorte que, sauf indication contraire, nous pouvons admettre que la lorce nerveuse émane entièrement ou presque entièrement du cerveau.
Mais l’activité cérébrale ne produit pas seulement de la force nerveuse; elle produit aussi de la volonté: c’est dire que la volonté peut être considérée comme une émanation de la force nerveuse, qu’à son tour elle gouverne et peut faire servir à un travail utile.
Conséquence de l’activité cérébrale, elle réagit, inverseraient, sur cette activité et peut l’appliquer à une opération déterminée.
Dans le cas de fonctionnement de la volonté, la force nerveuse disponible se divise en deux parties, en deux forces secondaires: l’une alimente le centre cérébral qui préside à la volonté; l’autre se porte à la localisation cérébrale qui gouverne et actionne l’organe sollicité au travail.
Ces deux forces se dépensent simultanément et séparément pendant que la volonté est agissante; leur intensité a donc tendance à diminuer, et ne tarderait à s’épuiser si des apports nouveaux et continuels ne venaient compenser la déperdition qu’elles éprouvent.
Mais pendant que la volonté est en action, le cerveau continue à recevoir et à fabriquer, ou, pour mieux dire, à élaborer, à transformer de la force nerveuse dont l’origine primordiale est extérieure à l’organisme, comme nous le verrons plus loin; l’élaboration de cette force nerveuse en peut jamais s’arrêter; un arrêt complet ou une diminution trop forte dans cette production entraînerait un ralentissement rapide et, bientôt, la cessation de tous les phénomènes vitaux.
La dépense de force qui maintient la volonté, et la dépense de force utilisée pour le travail voulu sont donc
compensés par l’apport continu d’une nouvelle force nerveuse.
Si cet apport est considérable et suffisant, l’activité de la volonté et le travail en exécution pourront se soutenir longtemps.
Si l’apport est faible et insuffisant, la volonté faiblira, le travail s’arrêtera; l’organisme témoignera de son impuissance par une sensation ou un sentiment de fatigue.
Le résultat final est donc sous la dépendance de cet afflux de force nouvelle, c’est-à-dire sous la dépendance du cerveau; il sera d’autant plus grand que la puissance de production du cerveau en force nerveuse sera plus forte et plus rapide.
Par conséquent, si nous voulons accomplir un travail considérable et longtemps soutenu, — que ce travail soit matériel ou cérébral — il est indispensable que la force de volonté d’une part, et la puissance de production du cerveau d’autre part, soient aussi intenses que possible.
Tout ceci nous montre combien sont étroitement unies la volonté — que nous avons déjà étudiée dans son essence et dans son mode d’utilisation — d’une part, et, d’autre part, la force vitale neuro-psychique.
Nous n’examinons ici que son élaboration par le cerveau et la façon de l’utiliser en vue du but proposé.
Il a été dit plus haut que cette force s’accroît et se renouvelle par des apports continus qui lui viennent du dehors: la manière d’utiliser ces afflux extérieurs sera étudiée plus tard (1), en vue d’y trouver le moyen d’augmenter et d’accélérer le travail d’élaboration, en force neuro-psychique, de l’organisme. Pour l’instant nous n’allons voir que sa façon d’être dans l’organisme normal, et celle dont on peut l’utiliser pour arriver au dédoublement personnel.
N’oublions pas que la base du fantôme extérioré est le corps astral, c’est-à-dire la partie de l’être où réside la sensibilité. Or, la sensibilité étant fonction de la neuricité, c’est de la force neurique en général et de son déve-
(1) V. chap. vm, g A.
loppement qu’il faut avant tout s’occuper, puisque plus îa force neuro-vitale sera développée, plus elle aura tendance à s’extériorer.
De même que notre globe — ou notre univers, comme en voudra, puisque, suivant l’enseignement de la Table d’émeraude, « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » — absorbe la vie émanée de sa source pour la renvoyer, modifiée, épurée, évoluée, vers le centre commun, de même l’homme doit être soumis à cette loi. Autrement dit, les courants vitaux, en lui, ne doivent pas s’arrêter à son épiderme, mais avoir leur origine et leur épanchement en dehors de lui: c’est en effet ce qui est. Dès longtemps le magnétisme avait enseigné que l’homme, l’être quelconque vivant, est parcouru par un courant de force extérieure, pris par lui dans son ambiance et restitué à son ambiance après une sorte d’évolution. Pour spécifier, l’homme est en quelque sorte un composé de trois aimants (v. fig. 17) dont chacun répond à une des trois dimensions, et dont les pôles sont disposés comme suit:
Longueur
Largeur
Profondeur
Positif (émis s if) Tête
Côté droit Poitrine
Négatif
(réceptif)
Pieds
Côté gauche Dos
L’homme étant beaucoup plus étendu dans le sens de la longueur que dans celui des deux autres dimensions, il s’ensuit que le courant gauche-droite est plus puissant que les deux autres. Aussi est-ce sur ce courant que le Dr Baraduc s’est appuyé pour établir la théorie de la réception et de l’émission de la force vitale, et, par suite, des tempéraments et des divers états de santé.
Quelques mots sur la conception du Dr Baraduc sont ici nécessaires.
Suivant sa théorie (1), qui recevra peut-être des inodi-
(1) La force vitale, notre corps fluidique. sa formule biomclriquer 1 vol. in-8, Paris, 1893. Voir aussi: Dr Bonnaymé: La Force psychique et les Instruments servant à la mesurer (1 vol. in-12, Paris, 1908. — Henri Durville, imprimeur-éditeur).
fications de détail, mais dont l’idée générale demeurera, l’homme en parfaite santé, l’homme bien équilibré est celui qui restitue à l’ambiance autant de force qu’il en a
reçu (1). Pour mesurer à la fois la force reçue et la force lestituée, ce biologiste se servait du magnétomètre Fortin, dont il modifia simplement quelques details.
(1) A proprement parler, il n’existe pas d’individus absolument équilibrés: chacun, suivant l’heure du jour, la saison, l’état moral, etc., restitue plus qu’il ne reçoit ou vice-uersa — D’autre part, le principe de l’égalité de réception et de restitution de force, bien qu’en soi très exact
Fig. 17.
— Polarité d’ensemble du corps humain.
Cet instrument se compose essentiellement (y. fig. 18) d’un fil de coton, très fin et non tordu, fixé, au sommet, sur un support et terminé en bas par une aiguille de fil de cuivre recuit, autour de laquelle le fil de coton vient s’enrouler sur la partie médiane, sans aucune ligature ou boucle à cet endroit. L’aiguille de cuivre est mobile sur un cadran divisé en 360 degrés, au-dessous duquel est une bobine de fil fin entourant un cylindre de verre horizontal. Le tout peut être contenu dans un cylindre de verre de diamètre suffisant, destiné à isoler l’appareil de tout courant d’air et de la chaleur, auquel cas la partie supérieure du fil de cocon est' fixée au centre du plateau — également en verre — qui clôt l’appareil par le sommet. Le sujet place ses doigts (main droite ou gauche) à environ cinq centimètres de l’appareil, et les phénomènes d’attraction ou de répulsion ont lieu.
Il est, en outre, quelques mesures de précaution à preu* dre: par exemple, fixer l’appareil dans l’angle de deux murs épais, afin d’éviter les vibrations extérieures, — et dans une obscurité relative pour neutraliser l’influence de la lumière. De plus, l’appareil doit être orienté dans la ligne S.-N. de façon que cette ligne passe par le plan médian vertical du sujet. Enfin, il faut présenter l’extrémité digitale de la main (droite ou gauche) à une des extrémités de l’aiguille, de telle façon qu’à travers la convexité du verre, le plan de la main soit perpendiculaire au plan de l’extrémité de l’aiguille; et la durée de l’observation doit être de deux minutes ou cent vingt secondes, jusqu’au moment où — attraction ou répulsion — l’aiguille s’est fixée à un point différent de celui où on l’a observée avant l’expérience.
La force que l’être prend dans l’ambiance est une force astrale quelconque dont nous n’avons pas à nous occuper ici; celle qu’il émet est, surtout et avant tout, de la force vitale modalisée neuriquement, ainsi qu’il résulte
au point de vue théorique, ne peut s’entendre, en pratique, de façon absolue, en ce sens qu’un tiers seulement de la force prise à l’ambiance lui est restituée telle quelle; les deux autres tiers forment en quelque sorte le capital-vie et ne sont restitués à l’ambiance qu’apres avoir subi certaines modifications dans l’organisme.
des travaux du Dr Baréty (1) : ceci est à retenir en vue de ce qui sera dit plus loin.
Etant expliqué que l’être vivant, suivant les circons-
Fig. 18. — Le Biomètre du Dr Baraduc.
tances, et suivant le côté de soi-même qu’il observe, peut donner lieu à trois formules: attraction, neutralité, ré-
(1) Le magnétisme animal, étudié sous le nom de Force neurique rayonnante, 1 vol. in-8, Paris, 1887.
pulsion, le Dr Baraduc en a déduit neuf types différents, qui sont:
Droite. Gauche, v O/O
Types principaux (très rares) ) A/A
Types secondaires
A/R — ]a plus fréquente.
(H- 5° — 5° marque l’équilibre parfait).
Or, si nous nous rappelons, d’une part, que, comme il vient d’être dit, la force humaine qui s’extériore est de la force neurique, et, d’autre part, que la neuricité constitue en grande partie le corps astral, il nous sera logique d’en déduire que l’individu qui aura le plus de facilité pour extériorer son corps astral sera celui dont la formule biom étriqué sera R/R.
Mais il tombe sous le sens qu’une telle formule ne peut se présenter qu’exceptionneliement et de façon très momentanée, puisque, pour extériorer de la force, il est nécessaire d’abord d’en tenir en réserve, qu’il a fallu prendre quelque part, c’est-à-dire, en fin de compte, au réservoir commun; par suite, l’individu qui présente la formule R/R est, au moins en principe, sujet à d’énormes variations tant dans le sens positif que dans le sens négatif, puisqu’il lui a fallu antérieurement présenter sinon la formule A/A, au moins une formule approchant.
Il n’y a donc qu’un conseil à donner à l’expérimentateur qui, d’emblée, présenterait la formule R/R: c’est — son équilibre neurique étant des plus instables — de s’abstenir de telles expériences: il y a danger pour lui à s’y livrer (1).
La conclusion à tirer de ce qui précède est que l’entraînement doit amener l’expérimentateur à présenter une formule aussi rapprochée que possible de R/R, et, dans
(1) Lorsque le phénomène de dédoublement personnel se produit inconsciemment, c’est généralement chez des individus présentatnt cette formule R /R. ^
ce but, il doit suivre ses propre progrès, journellement à î’aide du biomètre dont le mécanisme a été indiqué plus haut, ou de tout autre instrument de mensuration.
B) Appareils de mensuration .
Je viens de parler du biomètre du Dr Baraduc parce que, au moment où je poursuivais mes expériences, il y a près de vingt ans, c’était l’appareil le plus perfectionné qui existât pour mesurer l’extérioration de la force neurobiolique, parce que c’est avec lui qu’avait eu lieu toute mon expérimentation préparatoire, et enfin parce que j’avais acquis, — sous la direction du Dr Baraduc luimême, une grande expérience de son maniement; mais ce n’était pas le seul qui existât alors.
Dans les premières éditions du présent ouvrage, j’ai décrit en détail, avec figures à l’appui, la plupart des appareils et instruments alors en usage pour atteindre le même but, et qui étaient: le bioscope du Dr Collonges — l’appareil de Lafontaine — l’appareil inventé par M. Boirac, recteur de l’Académie de Dijon, et vice-président de la Société d’hypnologie et de psychologie — le galvanomètre de M. de Puyfontaine — les trois appareils de W. Crookes — le sthénomètre du Dr P. Joire, président de la Société universelle d'études psychiques — le premier appareil Fayol — l’appareil de Thore — les multiples et très simples instruments imaginés par MM. de Tromelin et Pravdine, etc. On voit que nous n’étions pas démunis de moyens de contrôle.
Mais, depuis lors, M. Fayol a créé un nouvel instrument qui, basé en principe sur son appareil antérieur, comporte des modifications et améliorations permettant de le regarder comme le plus parfait, à tous points de vue, de tous les instruments de ce genre existant à l’heure actuelle.
Je donne d’abord la vue d’ensemble de cet appareil (fig. 19) puis le détail (fig. 20).
En voici maintenant la description telle que l’a donnée
Fauteur dans les nos de décembre 1912 et suivants du Journal du Magnétisme et du psychisme expérimental. Cet appareil est basé sur un principe nouveau:
1° Ce principe est caractérisé par l’emploi d’un axe central en acier, reposant sur un pivot inférieur et maintenu à sa partie supérieure par une chape pivot;
2° L’appareil est composé d’un socle 1, en bois de for-
Fig. 19. — Appareil Fayol.
me circulaire servant d’appui à toutes les pièces nécessaires à son bon fonctionnement;
3° Le socle devant toujours être placé dans la position horizontale, à cet effet un niveau d’eau de forme circulaire permet d’en vérifier la jiosition;
4° Si cette dernière n’est pas obtenue immédiatement, on la règle au moyen de quatre vis calantes, moletées 3, disposées à cet effet dans le socle;
5° Deux douilles taraudées dans toute longueur sont encastrées dans l’épaisseur du socle et reposant à la surface de celui-ci sur deux épaulements, 4 a, pour serrer la perpendiculaire des tiges 5, qui sont vissées dans ces douilles;
6° Ces douilles servant de base aux deux tiges précitées, 5, vissées dans la perpendiculaire absolue au socle;
7° La traverse 6, entretoise sert en même temps de support à la vis crapaudine, 8, qui joue dans le trou central 9, ce qui permet le réglage du corps cylindrique;
8° La vis crapaudine est munie en son centre d’un saphir, 10, servant de chape à l’axe de l’appareil, et as** sure en outre un minimum de frottement;
Fig. 20. — Coupe de l’appareil Fayol.
9° Sur le socle 1, et dans l’axe de la crapaudine est fixée une pièce métallique, 12, recevant un second saphir, 11, servant de pivot, 13, à l’axe central.
10° Deux écrous de serrage, 17, sont vissées à l’extrémité supérieure de chacune des tiges de support de la traverse entretoise pour maintenir celle-ci dans la posL tion horizontale;
Le corps cylindrique, 14, est constitué par un cylindre en clinquant d’acier étiré et trempé, dont les extrémités sont munies d’entretoises, 15, lesquelles sont fixées au pivot, 13, rendant ainsi le cylindre solidaire du pivot central. Le corps cylindrique est entièrement soudé à l’étain en ce qui concerne son assemblage.
Les parties essentielles de l’appareil sont recouvertes < ’un globe de verre, 17, à seule fin d’éviter l’oxydation de ces organes.
D’autre part, pour éliminer l’élément calorique, c’està-dire pour empêcher qu’on puisse rapporter les mouvevements du cylindre à des courants de chaleur émanés par l’organisme de l’opérateur, M. Fayol a imaginé un réservoir — écran métallique — qui s’interpose entre la main et l’appareil, et qui peut s’emplir et se vider à volonté, de façon qu’on y puisse introduire des liquides ou matières solides, sans inconvénient, tant au point de vue calorifique qu’au point de vue plastique, des différents corps pouvant servir d’isolants ou de conducteurs du dynamisme humain (fig. 21).
Comme on utilise cet appareil absolument dans les mêmes conditions que le biomètre du Dr H. Baraduc, je n’entrerai pas ici dans les détails de l’expérimentation qu’il permet. Le lecteur qui désirerait de plus amples renseignement à cet égard pourra se reporter au Journal du Magnétisme et du psychisme expérimental (1) où Fauteur expose lui-même les multiples expériences faites avec son appareil devant une commission de contrôle.
D’autre part, on n’a pas toujours besoin d’un instrument d’absolue précision et il est des cas où l’on désire simplement savoir si le sujet émet ou non de l’énergie biolique en quantité suffisante; je terminerai donc cet alinéa par la description de deux petits appareils très faciles à construire — ils peuvent en quelque sorte s’improviser — très peu connus et qui sont aptes à rendre de véritables services.
Le premier — appareil à flotteur — a été construit par moi et pour mon usage courant; le second, indiqué par J. Lermina dans sa Magie pratique (2) est encore de construction plus simple; les voici l’un et l’autre.
— Appareil à flotteur . — Il se compose essentiellement
(1) Nos de décembre 1912, de janvier, février et mars 1913.
(2) 1 vol. in-12, Paris, s. d. (Henri Durville, imprimeur-éditeur).
d’un flotteur pour pèche à la ligne dont on a retiré la plume pour n’en conserver que le liège verni; sur ce flotteur, on fixe par le milieu, soit un tube de paille d’environ 20 centimètres, soit un fil d’aluminium d’égale longueur dont les extrémités sont garnies d’une ailette de papier (1); pour équilibrer le système, on place en dessous du flotteur un clou de fer de poids suffisant, à tête quadrangulaire et dont les angles ont été soigneusement .aiguisés en pointe pour donner le moins de frottement possible. Au fond et au centre d’un vase circulaire en
Fig. 21. — Ecran métallique.
verre, par exemple d’un pot à confitures, on place un petit gobelet à liqueur également en verre lisse. Puis on emplit le récipient d’eau à hauteur convenable, et, à la surface de cette eau, on place le flotteur de liège dont il vient d’être question, de façon que la tête du clou soit retenue dans le petit gobelet contre les parois duquel ses angles glisseront, empêchant le flotteur de la surface d’obéir à la force attractive des bords du récipient. Cet objet étant de forme circulaire et se mouvant dans l’eau, le travail de friction peut en être considéré comme nul, et il obéira avec la plus extrême .sensibilité à la propulsion du fluide extérioré (fig. 22).
Une personne qui a eu l’occasion d’utiliser ce petit ap-
(1) On peut utiliser deux pailles ou deux fils d’aluminium, qui, dans ce cas, sont placés en croix.
pareil m’a dit pouvoir supprimer même le frottement de la tête du clou contre l’intérieur du petit gobelet de verre en supprimant le petit gobelet lui-même. Dans ce cas, elle annihile la force d’attraction exercée sur le flotteur par les bords du récipient en élevant, à l’intérieur de ce récipient, le niveau de l’eau au-dessus de ses bords de façon à créer un ménisque dont la bordure repousse le flotteur et le contraint à rester au centre de l’instrument. Je n’ai pu pour ma part réaliser ce desideratum , et il est vraisemblable qu’il a là une question de diamètre que je n’ai pu étudier. Quoiqu’il en soit, je livre ce détail aux essais du lecteur.
J’aborde maintenant l’appareil le plus simple — et peut-être le plus inconnu qui existe.
— Le Tourniquet de papier. — Un bouchon, une aiguille et une feuille de papier à cigarette suffisent pour l’établir, et il peut être improvisé à tout moment n’importe où et dans n’importe quelle circonstance.
Sur un bouchon de liège, on fixe verticalement par le côté du chas une aiguille à coudre ordinaire. On prend ensuite une feuille de papier à cigarettes que l’on plie deux fois du même côté, d’angle opposé à angle opposé; on égalise ensuite les plis de façon à donner à l’objet une forme aussi régulière que possible; enfin on le place en équilibre parfait sur l’aiguille, de telle façon que l’intersection des deux plis repose sur la pointe de l’aiguille. On obtient ainsi un objet excessivement léger et mobile, apte par suite à ressentir tous les courants qui peuvent l’influencer, et, naturellement, les courants d’attraction ou de répulsion émis par les doigts. On s’en sert dans les mêmes conditions que celles des instruments similaires; mais il va sans dire que, au point de vue précision, un tel instrument est des plus défectueux, puisque le moindre souffle, la simple agitation de l’air causée par la respiration de l’opérateur suffit à le faire mouvoir et par conséquent à fausser les résultats qu’il est appelé à présenter. On n’est même pas sur, à moins que la température extérieure soit exactement 37°, c’est-à-dire celle du
corps humain, qu’il n’est pas influencé dans ses mouvements par le rayonnement calorifique; mais enfin, à ce point de vue, il présente les mêmes inconvénients que la grande majorité des autres appareils. Tel quel, néanmoins, il peut rendre des services, pourvu qu’on y supplée, de temps à autre, par l’emploi d’un autre instrument plus précis.
Tels sont, à l’heure actuelle, les appareils employés à la mensuration de la force psychique. Comme chacun d’eux s’applique mieux à tel individu qu’à tel autre, et
Fig. 22. — Appareil à flotteur.
est plus approprié à certains organismes, c’est à chacun des expérimentateurs de faire les essais nécessaires pour posséder l’appareil qui lui donnera journellement la mesure approximative d’extérioration de sa force neurique; car il est nécessaire que l’on se tienne au courant des progrès réalisés dans la neurification de l’organisme,
comme il va être expliqué au chapitre suivant; il est, eiï effet, très imprudent de se soumettre à un entrainement, quel qu’il soit, sans en suivre attentivement les progrès, de façon à parer à tout accident possible.
En tout cas et quel que doive être l’appareil adopté, il sera bon, de temps à autre, de se tenir au courant de ses propres chiffres biométriques par l’emploi au moins accidentel du biomètre de Baraduc ou de l’appareil Fayoi, car ils sont les seuls instruments établis scientifiquement sur des bases précises pour mesurer la répulsion de la main droite et l’attraction de la main gauche. Tous les autres appareils mentionnés ci-dessus sont assez concluants en ce qui regarde la main droite (qui est en somme le côté principal à suivre, puisque c’est ce côté qui extériore surtout la force neurique), mais très imprécis au point de vue de la main gauche, pour laquelle certains d’entre eux marquent tour à tour, et sans cause bien définie, de l’attraction ou de la répulsion pour le même organisme: il doit y avoir là une loi particulière dont nous ne connaissons pas encore les données.
Nous allons maintenant nous occuper du mode d’entraînement propre à amener l’extérioration du corps astral.
C) Mode d’action .
Le corps astral étant principalement composé de force neurique, et la force neurique étant la force que l’homme extériore surtout, cela revient à dire qu’augmenter la force neurique c’est à la fois dynamiser le corps astral et faciliter son extérioration.
Par suite il nous faut dire quelques mots des tempéraments que l’on confond trop souvent avec le caractère (1) et que je définirai: Etats physiologiques déter-
(1) Le tempérament constitue la valeur dynamique d’un organisme, 't le caractère en est la traduction psychique; le caractère est, en quelque sorte, fonction du tempérament.
minés par la prédominance d’un élément, d’un organe ou d’un système.
Pour éviter toute cause d’erreur, il convient avant tout d’expliquer ici ce que sont en réalité les tempéraments, suivant la conception de la physiologie actuelle.
Les termes — bilieux — nerveux — lymphatique — sanguin — qu’on emploie dans le langage courant pour distinguer les différentes sortes de tempéraments, ne sont qu’un reliquat des anciennes théories humoristes qui n’ont plus cours à notre époque, où elles sont remplacées par les théories biologiques et surtout physiopsychologiques.
A l’heure actuelle, il y a tendance à ne considérer le tempérament qu’au point de vue de la nutrition et de* l’élimination, ce qui donne lieu à la classification de trois tempéraments qui sont:
1° Le tempérament d’équilibre des échanges;
2° Le tempérament d’élimination incomplète;
3° Le tempérament de nutrition insuffisante.
C’est là la classification du tempérament comprise scientifiquement, et elle n’a, comme on peut le voir, aucun rapport avec celle qui est restée dans les idées courantes.
J’aurais pu, certes, me baser sur cette classification, mais il y a quelque apparence que j’aurais été beaucoup plus difficilement compris du lecteur.
Aussi, je préfère utiliser la classification « vieux style », plus connue, plus compréhensible par suite, et dont les données sont mieux à la portée de tous, — avec la certitude que le lecteur m’en saura gré..
Donc, pour parler le langage commun, les tempéraments se divisent en quatre classes principales: Lymphatiques, sanguins, bilieux, nerveux — bien que certains physiologistes nient l’existence du tempérament bilieux qu’ils regardent simplement comme le début d’un état pathologiques du foi«.
1° Tempérament lymphatique. — La lymphe, qui do-
WÊÊËÊÈÈËÊÊÊÊ
mine clans ce tempérament, est le liquide transparent, salé, très coagulable, où se rencontrent les leucocytes dont le rôle est d’expulser en quelque sorte, ou de neutraliser, tous les éléments hostiles qui peuvent s’introduire dans l’organisme. Le lymphatique, par suite, vit surtout, si l’on peut s’exprimer ainsi, dans son propre intérieur. Il présente une remarquable aptitude de résistance aux influences extérieures nocives, mais, par suite, n’est pas apte à s’extériorer lui-même.
2° Tempérament sanguin. — Le sang, qui est la caractéristique de ce tempérament est la base de la force physique; c’est dire que, chez les individus doués de ce tempérament, les forces matérielles prédominent sur les forces astrales ou psychiques, et que, pour eux encore, l’extérioration est peu aisée.
3° Tempérament bilieux. — La bile sert à l’assimilation des éléments nutritifs en achevant la transformation des substances grasses et en liquéfiant les corps nzotés: c’est donc un facteur général d’une force qui peut aussi bien prendre la modalité sanguine que la modalité nerveuse; à ce titre, elle aide au dédoublement, et les individus doués de ce tempérament peuvent s’extériorer plus facilement que les précédents, mais ils sont plus aptes, en principe, à ressentir passivement les phénomènes psychiques qu’à les produire activement. Au point de vue spécial qui nous occupe, un bilieux sera plutôt un bon sujet réceptif qu’un bon expérimentateur.
4° Tempérament nerveux. — La force nerveuse étant le principal élément de l’aérosome, il en résulte que le tempérament nerveux est réellement celui qui convient i\ l’opérateur: c’est donc la neuricité de l’organisme qu’il faut avant tout développer.
Une remarque est à faire: l’extérioration du corps astral étant le résultat d’une déséquilibration voulue, il s’en suit qu’il vaut mieux, pour arriver à ce but, émettre une moindre quantité de force neurique qui n’est pas
remplacée dans l’organisme par la récupération de force extérieure, plutôt que d’extériorer un torrent de fluide nerveux qui se trouverait aussitôt contrebalancé par l’entrée dans l’organisme astral d’une égale quantité de forces extérieures. Il en ressort que le sujet présentant la formule biométrique très équilibrée A 60° /R 60° sera beaucoup moins apte à se dédoubler que celui dont la formule sera par exemple A 10°/R 50°.
De tout ce qui précède, il résulte que, au point de vue de l’expérimentation psychique, le lymphatique pur n’est susceptible de presque aucun phénomène, mais, par contre, est complètement soustrait aux hallucinations; le sanguin sera surtout exposé à des hallucinations subjectives et objectives; le bilieux sera plus apte à constater les phénomènes objectifs, et le nerveux pourra les produire tout en étant sujet aux hallucinations objectives (1). De là, en ce qui nous occupe, deux classes de tempéraments: les négatifs ou passifs (lymphatiques et bilieux) et les positifs ou actifs (sanguins et nerveux). Mais il es! assez rare de rencontrer le tempérament absolu, c’est-àdire purement nerveux, purement bilieux, etc.; très généralement, un tempérament est d’ordre composite : sanguin-lymphatique, nerveux-sanguin, etc., avec prédominance souvent marquée d’un élément sur l’autre.
Dans ces conditions, on peut classer ces tempéraments dans l’ordre suivant:
Nerveux.
Nerveux-bilieux. s
Bilieux-nerveux.
Nerveux-sanguin. >-
Sanguin-nerveux.
Nerveux-lymphatique.
Lymphatique-nerveux.
(1) M. Decrespe, Pour devenir expérimentateur , recherches sur les conditions d'expérimentation personnelle en physio-psychologie (1 br. in-12., Paris, 1896), excellente étude à laquelle j’aurai dans la suite plus d’un emprunt à faire. (Henri Durville, imprimeur-éditeur).
Les autres n’étant susceptibles que d’exceptionnelles manifestations psychiques, nous ne les notons pas.
L’effort d’entraînement doit donc être dirigé surtout vers la modification du tempérament dans le sens nerveux, suivant les procédés que nous examinerons plus loin.
Mais avant, il nous faut indiquer de façon précise les caractéristiques de chaque tempérament, afin qu’on puisse les reconnaître et les distinguer les uns des autres à première vue.
Tempérament lymphatique. — Becquerel indique comme suit les caractères propres aux individus lymphatiques: cheveux rouges ou blonds, fins; yeux bleus; peau fine et blanche; système pileux peu développé; chairs molles; orifices muqueux peu colorés; volume exagéré du nez, des lèvres, des oreilles; dents altérées; joues plaquées de rouge; mains et pieds volumineux. De plus, suivant le Dr L. Thomas, leur système musculaire est peu développé, leur marche est nonchalante; ils résistent mal à la fatigue, et transpirent facilement. On observe fréquemment, le soir, surtout chez les femmes, un peu d’œdème au niveau des malléoles. Chez eux enfin, les maladies sont rebelles, et ont une tendance à passer à l’état chronique.
D’autre part, le Dr Leniez (1) dit que les sujets de ce. tempérament se feraient remarquer par leur peau blanche et fine, leurs cheveux blonds, leurs yeux bleus, leurs formes arrondies, un peu féminines, la mollesse de leurs tissus, la lenteur de leurs mouvements et leur apathie générale. Ils paraissent sentir moins vivement que les autres, et sont ordinairement très lents à prendre une décision. Ce tempérament, que l’on crut basé sur la prédominance du tissu lymphatique, est fonction, tout simplement, du ralentissement de la nutrition.
(1) Les tempéraments, par le Dr Leniez, médecin-major de 2« classe à Saint-Cyr, dans le Bulletin de la Société de médecine militaire française. n° du lor avril 1909.
Tempérament sanguin. — Le tempérament sanguin est caractérisé par l'activité de la circulation, par le développement du système capillaire et par la coloration animée de la peau et des muqueuses. C’est le plus hygiénique et le plus favorable à la santé. Les individus à tempérament sanguin sont généralement doués d’une force musculaire développée, d’une intelligence et d’une imagination étendues; chez eux, les maladies donnent lieu à une réaction fébrile violente; elles ont généralement une invasion franche, des symptômes bien assurés, une marche régulière, et se terminent fréquemment par la guérison. On admet généralement que le tempérament sanguin prédispose aux hémorrhagies et à l’apoplexie, mais cette tendance est loin d’être démontrée (Dr L. Thomas).
Selon Dechambre, le tempérament sanguin est caractérisé par l’accroissement de la masse du sang et du nombre proportionnel des globules, par un développement plus considérable du système vasculaire et par la suractivité fonctionnelle des capillaires généraux et parenchymateux. Il entraîne presque fatalement la prédominance des fonctions de nutrition sur celles de relation. Les gens sanguins ont, en général, la peau rosée, la face colorée d’une teinte vermeille, les cheveux châtains et souples, une physionomie animée et gaie, des formes arrondies et gracieuses. Leurs forces musculaires sont développées, leur imagination ardente, leurs passions violentes, mais passagères, leur caractère aimable et généreux. On remarque, enfin, qu’ils sont très portés aux plaisirs de l’amour. Henri IV et Mirabeau seraient des types du tempérament sanguin.
Tempérament bilieux. — Comme il a été dit plus haut, un certain nombre de physiologistes nient l’existence du tempérament bilieux qu’ils considèrent comme un état pathologique dénotant le début d’une affection du foie. Néanmoins, voici les principaux caractères qu’on accorde à ce tempérament: Teinte foncée et légèrement jaunâtre de la peau; cheveux noirs; système pileux abondant, muscles vigoureux; formes rudes et sans embon-
point; charpente osseuse forte; digestion facile; intelligence développée; caractère ferme, décidé, persévérant; ambition et opiniâtreté (Dr L. Thomas). La peau est d’un brun plus ou moins foncé, le système pileux, très abondant, est fortement coloré en noir, les yeux, également noirs, s’accordent avec les traits accusés du visage, pour donner à la physionomie un caractère à la fois intelligent et ferme.
Les individus de ce tempérament, écrit de son côté Adelon, ont en général beaucoup de capacité, leurs sensations et leurs passions sont intenses et durables; leurs déterminations fortes, hardies, -i suivies avec une persévérance à toute épreuve; ils se distinguent par une grande ambition et par une opiniâtreté non moins grande à la satisfaire. Ce sont surtout les caractères de ce tempérament que présentent les plus grands hommes qui ont honoré l’humanité par l’élévation de leur caractère et ceux qui l’ont désolée par leur ambition effrénée. Et il donne comme types de ce tempérament Alexandre le Grand, Jules César, le czar Pierre et Napoléon.
Tempérament nerveux. — Il est difficile de donner au tempérament nerveux des caractères précis; il est caractérisé, dit Fleury, par l’irrégularité des fonctions, la mobilité et l’excitabilité exagérées du système nerveux. Chez les nerveux, les muscles sont généralement grêles, les mouvements brusques, saccadés; l’imagination est ardente, les passions violentes, mais elles naissent brusquement et s’éteignent de même; l’intelligence est vive, mais incapable d’une attention longtemps contenue; la sensibilité est exagérée; ils redoutent la douleur et l’exagèrent lorsqu’ils la ressentent. Le tempérament nerveux exerce une influence remarquable sur la plupart des maladies; il détermine des troubles de l’innervation qui revêtent une gravité plus apparente que réelle. Les nerveux sont sujets à un grand nombre d’affections telles que les névralgies, la gastralgie, l’hystérie, l’hypochondrie, la manie, etc.
Adelon — mais en ceci, il apporte une nouvelle confu-
sion entre le tempérament et le caractère — trouve qu’avec une intelligence qui peut s’élever jusqu’au plus haut point, ces tempéraments nerveux présentent toute la grandeur et la misère du caractère moral de l’homme, alliant quelquefois la noblesse, la dignité, l’amour de l’humanité avec la susceptibilité, la peur du ridicule, l’envie, la haine, la cruauté, la misanthropie la plus profonde. — Voilà donc, dit le Dr Leniez (1), un tempérament, dit nerveux, basé au demeurant sur la maigreur et la faiblesse musculaire. C’est évidemment la cause de cette maigreur et de cette faiblesse qui constitue ce tempérament, et on s’explique bien mal pourquoi on l’a appelé un tempérament nerveux, car ce n’est autre chose qu’une signification psychique qui a servi à la classification. Pour lui, en résumé, la caractéristique qu’on s’est efforcé d’en établir revient à un tempérament d’intoxication chronique qui est la part des organismes mauvais éliminateurs des produits de déchets.
Voici enfin le tableau des complexions suivant le Docteur Duz (2).
Complexion lymphatique. — Le corps est froid au toucher.
Caractère . — Timidité.
Chairs . — Molles, grasses et boursoufflées.
Cheveux. - — Blonds.
Démarche . — Lente, nonchalante.
Face. — D’une blancheur naturelle ou pâle.
Formes. — Arrondies.
Poils. — Imperceptibles.
Pouls. — Petit, rare, lent , mou.
Veines. — Etroites et profondes.
Yeux. — Gris ou bleu clairs.
Complexion sanguine. — Le corps est humide au toucher.
Caractère. — Vif, prompt à s’emporter mais facile à se radoucir, gai, jovial, riant aux éclats, affable, volage et inconstant.
(1) Loc. cit.
(2) Zodiolugie médicale ou Etude des tempéraments individuels et de thérapeutique appliquée , 1 vol. in-12, Paris, s. d.
Chairs. — Ni trop molles ni trop fermes.
Cheveux. — Châtains ou noirs.
Démarche. — Vive.
Face. — Rosée sur une peau blanche.
Formes. — Plus accentuées que chez la complexion lymphatique.
Poils. — Blonds ou bruns.
Pouls. — Grand, accéléré, fort.
Veines. — Larges, saillantes, bleus.
Yeux. — Brillants, plutôt bleus que foncés.
Complexion bileuse — Le corps est chaud au toucher. Caractère. — Beaucoup d’esprit; âme agitée; énergique, opiniâtre; passions violentes; force de caractère. Chairs — Maigres, dures, d’un brun jaunâtre.
Cheveux — Noirs.
Démarche — Active, inquiète.
Face — Plus ou moins foncée, brun jaunâtre.
Formes — Sèches, maigres, dures.
Poils — Noirs, abondants.
Pouls — Fort, battant avec vivacité.
Veines — Grosses.
Yeux — Plus ou moins foncés; d’un brun jaunâtre.
Complexion nerveuse. — Le corps est sec au toucher. Caractère. — Esprit pénétrant et réfléchi, sujet à la crainte, à la tristesse, à la colère, à la rancune, variant souvent dans ses volontés, dans ses désirs; méditatif.
Chairs. — Lisses, garnies de poils très noirs.
Cheveux. — Noirs.
Démarche. — Vive.
Face. — Pâle, de couleur plombée.
Formes. — Grêles des membres; finesse des traits. Poils. — Très noirs.
Pouls. — Petit, rare, dur.
Veines. — Grosses.
Yeux. — Plus ou moins foncés.
D’autre part au point de vue sexuel , le tempérament
nervoso-sanguin se rencontre surtout chez l’homme, et le tempérament nervoso-lymphatique le plus souvent chez la femme.
Au point de vue professionnel, on peut classer en principe et sauf exceptions:
Parmi les nerveux: les gens du monde;
Parmi les lymphatiques : les ecclésiastiques et les petits rentiers;
Parmi les sanguins: les bouchers et les sportmen.
Et enfin, parmi les bilieux: les petits commerçants, les petits employés, les ratés, les méconnus, les jaloux, les coquettes, tous ceux que domine la question d’argent ou que torture une passion.
De ce qui précède, il résulte que, pour pouvoir provoquer à volonté l’extérioration du fluide nerveux, il faut, quand on est bilieux, sanguin, et surtout lymphatique, chercher à se névroser au moins temporairement, et dans une certaine limite que la prudence la plus élémentaire engage à ne pas dépasser, limite variable d’ailleurs avec la résistance de l’organisme qu’on possède.
Ainsi, un lymphatique atteint de débilité congénitale, un rachitique tuberculeux, par exemple, ne devra pas s’élever au-dessus de la formule biométrique A 30°/R 30° à A 40° /R 40°, ou autre analogue; un nerveux, mal équilibré, devra au contraire viser à devenir plus calme, plus insensible pour ne pas risquer de se déséquilibrer tout à fait et de voir son nervosisme devenir la névrose pathologique dont le moindre inconvénient, au point de vue qui nous occupe, serait de troubler son jugement et de fausser par conséquent les indications qu’il croirait trouver dans ses expériences de physio-psychologie. Il serait donc fort imprudent d’entreprendre l’entraînement psychique sans un guide compétent, à moins qu’on ne connaisse parfaitement son propre tempérament et les règles de cet entraînement. Dans tous les cas, il est indispensable de rester toujours maître absolu de sa volonté et de savoir exactement ce qu’on fait: c’est en cela que le tempérament lymphatique est infiniment précieux, parce qu’il met, mieux que tout autre, à l’abri de la sug-
gestion, — hétéro ou auto-suggestion. (M. Decrespe, loc. oit.)
Avant de s’astreindre à développer en soi la neuricité, il convient de ramener son tempérament à la règle normale en éliminant les causes accessoires de trouble qu’il peut comporter. A cet effet, le régime végétarien et la règle de vie qui suit sont à recommander, auxquels il convient de s’astreindre durant une huitaine.