RÉGIME D’EXCITATION NERVEUSE
Alimentation: très sobre, végétaux, légers comme cidessus: lait, œufs.
Boisson: vin blanc mouillé.
Abstention formelle: Poisson et fromage.
Régime: Peu de sommeil (cinq à six heures). — Chasteté absolue. — Douche froide au lever. — Occupations absorbantes et douces; travail intellectuel; peu de travail manuel et, dans ce cas, rien que du travail de patience. — Développement de la sensitivité physique et morale*, méditations, réflexions.
Excitants moraux: Emotions multipliées, profondes mais sans violence.
Excitants physiques: Electrisation (plutôt statique). — Couleurs sombres (vivre dans la pénombre, sortir au crépuscule et le soir).
Excitants chimiques: Café, encens, kola.
Les excitants ne doivent être utilisés qu’à la fin du régime, comme simples adjuvants, et leur abus est à dé-
(1) Telle était du moins l’opinion générale professée il y a peu de temps encore. A l’heure actuelle, la psycho-physiologie enseigne que l’on peut avoir action par certains procédés, sur toutes les parties de l’organisme même les plus réfractaires. — Voir à ce propos les Précis de Vaiilo-sugoeslion volontaire, par le Dr Géraud-Bonnet, déjà cité.
conseiller de la façon la plus formelle. D’autre part, les narcotiques légers (tabac, chloral, etc.), n’ont aucune influence sur l’entraînement proprement dit, mais leur action sur le cerveau ne peut que nuire, en des expériences où il s’agit avant tout de conserver la plénitude de ses facultés intellectuelles.
Ce régime définitif doit durer au moins six semaines à deux mois pour donner des résultats (1). Si possible, il est bon de le faire coïncider avec une cure d’altitude (500 à 1.000 mètres), mais au calme, c’est-à-dire loin de tout casino ou mouvement mondain.
Le régime ci-dessus est applicable dans la majorité des cas; mais si le tempérament à modifier comporte une prédominance trop forte de lymphatisme, allant jusqu’à la faiblesse, ou, pour ramener à la question qui nous occupe, se trouve trop dénué de neuricité, il convient d’user d’abord du régime intensif et très détaillé qui suit.
Ce traitement comprend:
1° Régime alimentaire: Pain, œufs, poisson, viande, corps gras (beurre, graisse). Farineux riches en légumine, pommes de terre, haricots, pois et lentilles, sel en assez grande quantité.
Au point de vue des médicaments , c’est principalement aux bases brome, iode, et surtout arsenic qu’il faut s’adresser.
2° Aération et climat: Vie au grand air. Beaucoup de lumière de soleil. Climat marin (supérieur, comme efficacité, au climat de montagne).
L’air marin est excellent, d’abord par sa pureté, et ensuite par la stimulation respiratoire qu’il provoque, accroissant l’oxydation des tissus et relevant, par suite, l’activité des échanges nutritifs. C’est également un excitant du système nerveux.
3° Traitement hydro-minéral: On utilise surtout les
(1) On pourra pendant tout ce temps porter une ceinture électrique à courant modéré, de façon à exciter la neuricité sans énerver.
eaux chlorurées sodiques, sous forme de bains, lotions* douches [par exemple Balaruc (Hérault) et surtout Bourbon-h Archambault (Allier), Bourbonne-les-Bains (Haute- Marne)], qui sont excitantes du système nerveux.
Très précieuse également, à ce point de vue, est beau de la Bourboule (Puy-de-Dôme) qui renferme, en proportions à peu près égales, du chlorure de sodium, du bicarbonate de soude, présente surtout une certaine teneur d’arsenic (28 milligrammes par litre), et est prise en boisson, bains, douches.
De même les eaux chlorurées sodiques fortes, comme Dax, Salies-de-Béarn.
Enfin, une dernière variété d’eaux minérales utilisées pour combattre le lymphatisme est représentée par les eaux chlorurées sulfurées, telles que: Amélie-les-Bains* Barèges, Cauterets, Challes, Luchon, Uriage.
4° Stimulation nerveuse: La stimulation nerveuse ne peut guère être demandée à des médicaments; elle doit être surtout cherchée par les moyens psychiques ou physiques (v. ci-dessus) : Electricité statique, aéro et climatothérapie, et surtout balnéothérapie et hydrothérapie.
Dans ces derniers modes, c’est l’action nerveuse qui* avec le froid, active la nutrition. Le bain froid augmente l’urée, l’acide carbonique et l’acide urique, c’est-à-dire active les combustions organiques. Cette hydrothérapie sera employée sous forme de douches froides, bains froids, douches écossaises.
5° Excitants moraux, physiques et chimiques, occupations, etc.: Comme ci-dessus.
Dans tous les cas, que l’on ait recours au régime ordinaire mentionné plus haut ou bien à ce régime intensif, on utilisera deux fois par jour, au lever et au coucher (si l’on peut y adjoindre un troisième essai au milieu de la journée, cela n’en vaudra que mieux) l’appareil Fayoî, ou tout au moins un des instruments de mensuration psychique dont il a été question plus haut, et dont chaque indication sera reportée sur un agenda.
On tiendra soigneusement compte des indications relevées sur le livre de laboratoire qui comprendra en outre; le nombre des repas, la quantité et la nature des aliments solides et liquides ingérés à chaque repas; le nombre d’heures de sommeil, la relation des occupations du jour avec indication de leur durée; les éléments météorologiques (la température, l’électricité, l’humidité, la pression barométrique, le vent, etc., sont des excitants physiques naturels de l’organisme), la nature, le mode et la durée d’application des excitants artificiels, ainsi que TelTet qu’ils auront produit, etc. On ne devra pas oublier non plus les constatations physiologiques: fréquence et régularité du pouls, rythme respiratoire, poids du corps, couleur et température de la peau, aspect de la langue, du faciès, des muqueuses, souplesse et sécheresse des cheveux et de la barbe, essais dynamométriques, etc. — Noter surtout scrupuleusement les accidents pathologiques: migraines, torpeurs, insomnies, embarras gastriques, constipation ou diarrhée, etc., et, si ces indications diagnostiquent une trop grande fatigue, ne pas hésiter à cesser immédiatement le régime : il vaut mieux ajourner l’expérience ou même y renoncer définitivement, que de risquer de détériorer son organisme (M. Decrespe, loc. jcit).
Il est à noter que ce régime a surtout en vue les adultes dans la force de l’âge; il ne convient donc ni aux jeunes gens incomplètement formés (jusqu’à 22 ou 24 ims) ni aux hommes qui commencent à décliner (45 à 50 ans) ni surtout aux femmes dont la délicatesse organique pourrait s’en trouver fort mal.
Quand toutes les constatations dont il vient d’être question s’accorderont pour démontrer que la neuricité se développe, alors, mais alors seulement, on pourra faire usage des excitants, mais, je le répète, à titre d’adjuvants seulement et non en basant l’entraînement sur eux. Dans tous les cas, aucun des excitants employés ne devra avoir .d’action sur le cerveau. Alors, la poussée finale se produira, et vous pourrez procéder à l’extérioration de votre jrorps astral.
Est-ce à dire que vous serez alors maître de vos « sorties en astral »? Ce serait une grave erreur que de le croire; vous aurez en main seulement l’outil nécessaire, l’instrument de votre extérioration; vous pouvez vousdissocier, mais vous ne savez encore ni diriger votre fantôme extérioré, ni lui faire accomplir tel acte, ni garder le souvenir de ceux qu’il a accomplis, etc. Vous êtes en un mot dans la situation d’un enfant qui, voulant faire une promenade en bateau, a réussi à sauter dans une embarcation amarrée à quai, mais à qui manquent et la clé du cadenas pour s’éloigner, et les avirons et les voilespour voguer, et le gouvernail pour se diriger. Tout celar direction, action, souvenir, c’est affaire de la volonté, mais c’est aussi, c’est surtout affaire de pratique; et, seulement quand cette étude abordera la pratique, je pourrai dire comment on peut atteindre à ces desiderata . Ce qu’il convient de faire savoir dès à présent, c’est que les essais, avant d’arriver à la maîtrise complète de soi, du-' reront — à part d’excessivement rares exceptions — des* mois, et peut-être des années.
Il y a certes d’autres procédés pour arriver à une sorte de dédoublement personnel, mais je les déconseille abso-' lument, les uns parce qu’ils sont trop violents et atta-' quent le cerveau (opium, morphine, etc.) (1), les autres parce qu’ils vous enlèvent votre libre arbitre et votre
(1) Parmi les agents psychiques qui produisent indéniablement le dé-' doublement et dont je déconseille l'emploi de la façon la plus formelle' d’abord parce qu’ils ont une influence nuisible sur l’organisme, et ensuiteparce qu’ils laissent très rarement le souvenir intact, se trouve, en première ligne, le chloroforme.
Les individus, dit le Dr Simonin, qui subissent l’influence de l’anesthésie, lorsqu’ils conservent l’intelligence pour s’en rendre compte, croient' avoir un corps d’une subtilité impalpable.
Un des clients du Dr Isidore Bourdon lui racontait que, pendant l’opé-' ration qu’on venait de lui faire sous l’influence du chloroforme, « il tuf semblait qu’une brise délicieuse le poussait à travers les espaces comme une âme doucement emportée par son ange gardien. »
D’après le Dr Sédillot: « Les chairs peuvent être froissées, meurtrie»,divisées, le client ne le sent pas; son esprit plane dans des régions in-'' connues, franchit les espaces sans fin, accomplit en quelques minutes les événements de plusieurs années; ou bien il est plongé dans des extase»' et des rêves souvent accompagnés d’un vif sentiment de bien-être et de bonheur. »
Fletwood Cromwell Warley, l’inventeur des câbles transat’antiques, raconte qu’ayant fait usage, un soir, de chloroforme pour apaiser une doi^
volonté (hypnotisme, etc.), et, les uns et les autres, parce que, s’ils vous mènent rapidement an dédoublement, annihilent toute maîtrise de soi-même quand ce dédoublement est opéré, et, par suite, vont à l’encontre du but final poursuivi.
On peut affirmer avec certitude que quiconque a recours à de tels moyens ne peut aboutir qu’à une extérioration incomplète — soit parce qu’il ne peut se manifester objectivement, soit parce que la conscience est abolie en lui, soit enfin parce que sa volonté, sa personnalité même ne sont plus à lui. En usant de ces procédés, ou il piétinera sur place en détruisant son organisme matériel (fumeurs d’opium), ou il ne sera plus qu’une chose entre les mains de son guide (sujets hypnotiques); dans tous les cas, il s’interdit d’aller plus loin, plus haut, en emmenant sa conscience avec soi.
De plus, il est encore d’autres moyens qui facilitent la sortie du corps en astral mais que je déconseille également, bien que pour de tout autres raisons: il n’ont pas encore été étudiés, ou ne l’ont pas été suffisamment pour qu’on puisse savoir quel fond faire sur eux. Parmi ces derniers, je signalerai aux chercheurs, — mais aux chercheurs seulement doués de la connaissance des choses et non au premier amateur venu — l’emploi de l’électricité. Il y a, je crois, une voie féconde à suivre de ce côté en développant et en appliquant au dédoublement
leur de gorge qui lui donnait de l’insomnie, il tomba en un sommeil profond, et se vit, peu de temps après, avec son corps fluidique, en dehors de son corps matériel, lequel était profondément assoupi.
Le capitaine Volpi a fait une constatation analogue. « Il y a six ans, écrivait-il en 1S89, j’en aspirai pour amortir les spasmes que devait provoquer l’extraction d’un calcul; je m’aperçus alors avec étonnement que mon Ego, c’est-à-dire mon âme et ma raison pensante, revêtues de la forme corporelle, se trouvaient à deux mètres de mon corps; en conséquence, mon Ego était en dehors de mes organes, il voyait, étendu et immobile sur le lit, mon corps auquel il imprimait le mouvement et la vie. »
Le capitaine Volpi parla de cette sensation à plusieurs médecins qui lui affirmèrent avoir entendu exprimer des choses analogues, quoique avec moins de clarté, par des malades qu’ils avaient chloroformés. « Mes patients m’ont souvent déclaré, dit l’un d’eux, que pendant mes opérations ils n’avaient point souffert, mais qu’ils avaient regardé tout ce que je faisais comme des spectateurs qui assistent à des opérations faites sur d’autres individus ( Les Vies successives, par A. Dç Rochas, 1 vol. in-8, Paris, 1911).
complet de l’être humain le principe par l’application duquel le Dr Baraduc facilitait ses expériences de psychographie en utilisant le courant électrique: car ces expériences, en somme, ne constituaient pas autre chose qu’une extérioration partielle de la force psycho-neurique; et, en appliquant convenablement leur principe, on doit, me semble-t-il, arriver à faciliter dans de grandes proportions l’ extérioration totale de l’aérosome.
Quelle que soit d’ailleurs la technique employée, le sarcosôme doit toujours être mis en rapport avec le pôle négatif du courant, et le point vers lequel doit se faire le dégagement de l’aérosome en rapport avec le pôle positif. De nombreuses expériences ont en effet prouvé que l’électricité — repousse les corps fluidiques extériorés, alors que l’électricité + les attire.
D’autre part, il semble établi que les courants à haute fréquence sont de puissants générateurs de force nëuropsychique; par suite, il paraît que l’application préalable d’électricité sous cette forme ne pourrait qu’aider à la réussite de l’expérience subséquente.
Quelques lignes plus haut, j’ai déconseillé l’emploi de l’hypnotisme; il n’en va pas de même du magnétisme. Certes, et pour les mêmes causes que j’ai exposées en parlant de l’hypnotisme, je suis opposé à la magnétisation complète de l’opérateur, qui ne doit jamais s’exposer à perdre sa conscience; mais il me paraît que certains procédés (par exemple l’insufflation sur le creux de l’estomac, le souffle vital de bouche à bouche, etc.) mis en œuvre par un fort et puissant magnétiseur ne pourraient être que de bons adjuvants pour le dédoublement consécutif.
Enfin je signalerai — mais toujours aux seuls chercheurs — l’utilisation possible du multiplicateur de Jansé.
Cet appareil n’a été jusqu’à ce jour appliqué qu’aux prospecteurs de terrains et aux baguettisants, pour la recherche des nappes d’eau souterraines et des gisements métalliques. Sans aller jusqu’à préciser et dire, comme son inventeur, que cet instrument augmente les forces fluidiques dans la proportion de 1 à 26, il semble bien qu’il aide à leur production et à leur accumulation