CAPTATION DES FORCES HYPERPHYSIQUES
( Exclusivement pour ceux qui savent)
Jusqu’au point où en est arrivée cette étude, nous ne nous sommes occupés que du développement de deux forces que chacun reconnaît exister en soi: la volonté et la neuricité. Je me suis maintenu, en cela, dans les limites de la science normale; et, dans la pratique, il convient d’estimer que l’usage de ces deux forces combinées doit amener la réalisation du phénomène de dédoublement personnel. Plusieurs opérateurs, de qui j’ai suivi les expériences, ne sont pas allés plus loin en théorie, et, dans la pratique, ont abouti à des résultats certains.
Mais il n’en est pas moins vrai que, d’une part, ces moyens peuvent ne pas suffire à tous, et que, d’un autre côté, les expérimentateurs à qui ils ont suffi auraient pu, en y adjoignant d’autres procédés d’entraînement, soit acquérir plus rapidement cette faculté supra-normale, soit arriver à des résultats supérieurs dans son exercice et ses applications. Dans tous les cas cette incursion sur le domaine de la science occulte était à faire, et ce chapitre devait être écrit. J’en serai quitte pour prier les tenanciers de la science officielle qui feuilleteraient ce volume — d’un doigt probablement dédaigneux et distrait — de franchir ces quelques pages qui ne sont destinées qu’aux initiés, et auxquelles la natu^re — et je dirai presque l’absolu — de leurs études antérieures les empêcheront de comprendre grand’chose, car nous allons ici pénétrer dans cette science qui est pres-
que inconnue de l’occident, et que l’initiation orientale appelle la Yoga.
Bien que me proposant d’écrire ici sur un sujet un peu abstrait, je ferai tous mes efforts pour me montrer aussi clair, aussi compréhensible que j’ai tâché de l’être jusqu’ici.
Je ramènerai d’abord le lecteur un peu en arrière en lui rappelant que le corps physique est un triple support qui comprend l’organisme matériel, le corps astral et le corps mental (auquel sont joints les principes supérieurs de l’être) ou, pour nous en référer à la théorie spirite, plus simple et plus connue, le sarcosome, le périsprit et l’esprit. Le corps physique possède donc trois centres d’activité où chacun de ces principes a particulièrement son domaine.
1° Le principe des instincts, principe tout physique, qui a son domaine dans le ventre.
2° Le principe des sentiments et des forces astrales qui a son domaine dans la poitrine (1), avec le plexus cardiaque comme centre.
3° Le principe du mental et des forces spirituelles, qui a son domaine dans la tête (2).
Pour arriver à séparer le deuxième principe — et par suite le troisième qui le suit toujours — du premier, c’est-à-dire pour arriver à produire le dédoublement de soi-même, nous avons vu qu’il fallait agir avant tout sur le corps astral par l’entraînement de sa principale force constitutive, la neuricité, et sur le corps mental par l’entraînement de sa faculté primordiale, la volonté; mais la force neurique ne constitue pas seule le corps astral: elle n’en est que la base, s’il est permis de s'exprimer ainsi, la plus accessible pour nous puisqu’elle dérive du sarcosome sur lequel nous avons tout pouvoir; mais la volonté ne constitue pas davantage, à elle seule, le corps mental dont elle n’est en quelque sorte qu’une propriété; il y a donc, dans ces deux princi-
(1) Et particulièrement dans les poumons.
(2) Dr Encausse, La Réincarnation, 1 vol. in-12, Paris, S. D. (1912).
pes supérieurs, l’aérosome et l’esprit, d’autres forces que, par certains procédés, nous pouvons dynamiser, et dont l’accroissement, cela va de soi, rendra plus facile ia dissociation de l’individu.
De là deux parties dans ce chapitre: l’absorption des forces astrales et l’assimilation des forces mentales, dont les opérations, en lin de compte, augmenteront dans une forte proportion l’énergie propre de la partie supérieure de l’organisme qu’il s’agit de séparer de la partie grossièrement matérielle.
A) Absorption des forces astrales.
De même que l’organisme matériel, le corps astral possède ses énergies propres et ses asthénies particulières. Alors que le corps physique souffre dans un appareil ou dans un système, que l’individu est, par exemple, sujet aux troubles cardiaques ou atteint d’artériosclérose, l’aérosome est sujet, lui aussi, à certaines faiblesses, car si sa base quasi-matérielle est constituée par la force neurique, il se compose en réalité de différentes espèces de fluides, c’est-à-dire de substances-forces dont l’abaissement au-dessous d’une certaine moyenne peut créer en lui des états assimilables aux états pathologiques du sarcosôme. Ce sont, en effet, de véritables maladies dont la répercussion sur le corps physique crée certaines affections morbides qui sont le désespoir de la médecine; car si la science matérialiste actuelle peut, jusqu’à un certain point, protéger l’organisine contre cette sorte de contamination, elle est impuissante contre le mal une fois déclaré. Je citerai à titre d’exemples le cancer et la gangrène (1), dont elle se contente de soigner — inutilement d’ailleurs — les manifestations physiques, c’est-à-dire les effets, sans sa-
(1) Le cancer est une affection originaire du corps astral, répercutée sur le corps physique où elle suit une évolution matérielle en concomitance avec son évolution astrale. — La gangrène est une maladie d’origine physique, mais ayant pour véhicule le corps astral qui la communique des parties contaminées, après leur détachement, aux parties saines.
voir remonter à la cause qui est une déséquilibration de Pâérosome.
Donc, cet aérosome ne se compose pas uniquement de force neurique mais aussi de substances-forces, de fluides dont il puise les uns — les plus immatériels — directement dans son ambiance astrale et dont les autres lui arrivent transformés par un travail organique du corps physique. En effet, le plan astral comporte évidemment, comme le plan physique, un certain nombre de sous-plans (sans que nous sachions encore les distinguer) dont chacun possède ses fluides et ses énergies particulières. Dans le plan astral, le corps astral doit, de toute évidence, se comporter comme le corps matériel sur le plan physique; or, pour celui-ci, que voyonsnous? Il est un composé des éléments empruntés à chacun des sept sous-plans du plan physique, qui répondent à des états différents de la matière et qui sont;
1° sous-plan solide;
2° sous-plan liquide;
3° sous-plan gazeux;
4° sous-plan radiant;
5° sous-plan moléculaire;
6° sous-plan aithérique;
7° sous-plan atomique.
De même que, dans le sarcosôme, on peut augmenter ou diminuer la proportion de tel ou tel élément, de même, Pâérosome est susceptible de recevoir un afflux plus ou moins grand soit des forces fluidiques quintessenciées, soit de fluides se rapprochant plus ou moins de 3’essence matérielle. Pour aider à la captation des premières, nous devons avoir quelque pouvoir, mais te pouvoir, nous ignorons encore la manière de l’exercer, et nous sommes forcés, à cet égard, de laisser l’aérosome agir de lui-même. Mais quant aux secondes — je veux dire les forces astrales qui, puisées sur le plan astral par le sarcosôme parviennent au corps astral par rintermédiaire de ce même sarcosôme — nous avons action sur le processus de leur assimilation, et nous pouvons, à notre gré, en augmenter ou en diminuer la quan-
lité, je dirai meme en élever ou en abaisser la qualité
L’aérosome, je le répète, ne se composant pas uniquement de force neurique, il est de la dernière évidence que si Y on parvient à lui donner un surcroît de forces astrales supérieures à la force neurique, son énergie propre, c’est-à-dire sa faculté de dissociation, s’en augmentera d’autant.
Je vais donc étudier ici de quelle façon on peut capter, en quelque sorte, ces forces astrales pour les transmettre au corps astral.
Nous venons de voir que le centre des forces astrales, en l’organisme humain, se trouve dans le thorax et spécialement dans les poumons. Ceci nous montre que c’est la respiration qui nous met en rapport avec le plan astral; et, en effet, c’est à la première inspiration du nouveau-né que le corps astral prend possession de son organisme à peine éclos, alors que, dès la conception, le double aithérique émané du père avec le spennatozoaire, dirige l’évolution de l’embryon.
Il faut donc, ici, nous occuper de la respiration, de la façon d’utiliser la respiration et de la manière dont, par le moyen de la respiration, l’homme peut absorber et s’assimiler le plus possible des énergies astrales. Comme cela va faire l’objet principal de ce chapitre, j’en dirai ici quelques mots préliminaires et généraux; plus loin, je l’étudierai au point de vue spécial qui nous occupe.
Pour procéder par ordre, il nous faut d’abord donner quelques notions — assez ignorées — des poumons.
Mathias Duval nous dit (1), d’après Kuss, que la surface totale des alvéoles pulmonaires équivaut à 200 mètres carrés; il en résulte que les vaisseaux capillaires forment une nappe de 150 mètres carrés (2). Cette nappe est très mince et n’a guère que l’épaisseur d’un globule sanguin. 11 n’en résulte pas moins qu’elle représente un volume de sang à peu près égal à un ou deux litres. On a.
(1) Cours de physiologie.
(2) Ces chiffres ont été quelque peu modifiés par Marc Sée.
— IGG —
de plus, calculé qu’en 24 heures, il y passe de 15.000 à 20.000 litres de sang (1): cette nappe de sang se renouvelle donc sans cesse. Ces chiffres sont importants, car ils nous font déjà prévoir la grandeur des échanges galeux qui s’opèrent entre le sang et les masses d’air mises en contact sur lui, puisqu’elles n’en sont séparées que par la mince paroi des capillaires et un épithélium d’une très faible épaisseur. Il faut donc étudier le mécanisme par lequel l’air extérieur est amené au contact de la surface respiratoire, et comment il est renouvelé après que la diffusion gazeuse s’est accomplie entre lui et le sang. Ces phénomènes sont en tout comparables à la digestion; mais tandis que les éléments introduits dans le tube digestif doivent, avant d’être assimilables, subir un grand nombre de métamorphoses, les éléments respiratoires de l’air sont directement assimilables. Les alvéoles du poumon sont très nombreux; on a calculé approximativement que leur nombre s’élève à 1.700 ou 1.800 millions.
En résumé, la respiration est un échange entre l’organisme et l’atmosphère, mais, au point de vue purement mécanique, elle est loin de constituer un phénomène aussi simple qu’on le croit.
Voici ce que dit à ce propos, le Dr Smester (2):
« Quand la respiration dépasse un demi-litre, qui est la normale , elle est toujours volontaire ou pathologique. Dans l’un et l’autre cas, elle se fait constamment par la bouche et par le nez, jamais par ces deux conduits à la fois.
Quand la respiration est normale, c’est-à-dire égale à un demi-litre, elle obéit à la même règle que les grandes respirations, qu’elles soient ou non volontaires. Par différentes expériences et observations, j’ai constaté que les petites respirations au-dessous de la normale ne faisaient pas exception à la règle.
(1) Ce chiffre énorme, la qualité totale de sang d'un adulte étant d’environ cinq à six litres, nous fait comprendre le rôle capital de la respiration dans les phénomènes physiologiques.
(2) De la respiration par la bouche et par le nez, in-S°, Paris, 1834.
Si l’on respire par le nez en gardant la bouche ouverte, pendant les petites respirations, la langue s’applique sur l’ouverture pharyngienne, qu’elle ferme hermétiquement.
Pendant les plus petites respirations par la bouche, les narines étant libres, on constate certains mouvements du voile du palais qui restent exactement les mêmes quand on ferme hermétiquement les narines. »
Il reste maintenant hors de doute que la respiration se fait par la bouche seule ou par le nez seul. Tout prouve qu’elle est impossible par les deux conduits en même temps.
Jusqu’à présent, nous sommes restés sur le terrain de la physiologie normale; nous allons, avec E. Bosc, pénétrer dans le domaine de la Yoga hindoue.
Nous irons encore plus loin, dit cet auteur (1), en ajoutant aux: conclusions de Smester, que, « même dans la respiration nasale, très souvent pour ne pas dire toujours, on ne respire jamais que d’une seule narine à la
fois, soit de la droite, respiration solaire, soit de la gau¬
che, respiration lunaire ». Le fait est facile à constater: en appuyant l’index sur l’une ou l’autre narine, on verra que, par l’une on respire tout à fait librement, tandis que par l’autre, l’inspiration doit être forcée; donc, en respirant par les deux narines, on peut conclure que ce n’est que par celle qui est complètement libre que se fait Vinspiration. Ces deux modes de respiration s’exécutent à tour de rôle, et ont chacun des influences diverses.
Il serait trop long d’exposer ici les théories de la respiration solaire et lunaire qui alternent entre elles sous certaines influences extérieures, comme la respiration buccale et la respiration nasale.
On voit, en somme, qu’il n’y a pas qu’une seule façon de respirer, comme le pense le public, pour qui toute l’ opération se résume en: inspiration de l’air, ingestion
dans le poumon et expiration. Il y a de plus la respira¬
tion diurne et la respiration nocturne, car il ne faut pas
(1) Le livre des respirations , 1 v. in-12, Paris, 1905.
croire que, dans le sommeil, on respire de la meme manière qu’à l’état de veille; la respiration masculine et féminine, car l’homme et la femme ne respirent pas de la même façon; les respirations claviculaire, costale, abdominale et diaphragmatique suivant qu’elles sont provoquées par un mouvement des épaules, des côtes, de l’abdomen ou du diaphragme; la respiration longue (active) et la respiration courte (passive), la respiration saccadée, le halètement, la toux, etc. (1), dont chacune a ses propriétés et ses influences particulières. Enfin, chacun de ces modes respiratoires peut être varié à l’infini par la durée plus ou moins grande de la pause respiratoire.
Le nombre de mouvements respiratoires est de 14 à 16 par minute pour l’adulte, et, comme c’est le besoin d’oxygène qui motive une aspiration, on peut dire que plus la respiration est longue, moins elle est fréquente: par heure, l’homme absorbe en moyenne 2 litres d’oxygène et rejette 16 litres d’acide carbonique. Les Egyptiens, dans l’antiquité des sanctuaires (2) et les Hindous encore aujourd’hui (3) ont attribué la plus haute importance à la science de la respiration, parce que c’est par elle que l’organisme matériel, en même temps qu’il puise dans l’air l’oxygène nécessaire aux poumons, capte dans le sous-plan aithérique et dans le plan astral les forces qui sont nécessaires à la vie du double et du corps astral.
Physiologiquement, la respiration peut être ramenée à cinq types principaux, qui sont:
1° La respiration normale à l’état de repos.
2° La respiration forcée (dans les cris, la toux, le bâillement, l’éternuement, etc.).