La respiration pendant des exercices musculaires
(1) A ces modes divers de respiration, on peut ajouter la respiration cutanée dont nous n’avons pas à nous occuper ici.
(2) Livre des respirations, traduit par J. de Harrock, Papyrus du Louvre, n° 3284.
(3) A l’heure actuelle, le Prânâyâma (pratique de la respiration profonde) est la base de toute yoga.
4° La respiration sous le contrôle de la volonté ou de^ l’attention.
5° La respiration sous l’influence des exercices de la Yoga.
C’est surtout de ces deux dernières sortes de respiration que nous allons avoir à nous occuper. Naturellement je n’entrerai pas dans tous les développements que peut comporter le sujet: je laisserai de côté, par exemple, l’étude des procédés de rétention du souffle pendant quelques secondes, puis quelques minutes, puis des heures, et enfin des journées entières, qui produit finalement l’anabiose et permet aux yogis de se laisser enterrer pendant des mois (1). Je ne m’occuperai que de ce qui fait l’objet de cette étude, c’est-à-dire de la captation et de l’assimilation des forces hyperplasiques pour combattre l’asthénie possible du fantôme vivant; je passerai meme sous silence les divers systèmes de mortifications corporelles — relatives à la nourriture (2), aux vêtements, à la température, etc. — par lesquelles le véritable Yogi s’astreint à passer pour se mettre en plus intime relation avec les plans supérieurs, en réduisant en soi la matière et ses influences au strict nécessaire: je m’en tiendrai, en un mot, à la commune mesure d’un ‘occidental normal, tel qu’il vit couramment dans nos milieux, et je ne regarderai que ce qu’il peut accomplir sans aucune gêne pour les multiples occupations de l’existence en société.
La haute philosophie hindoue appelle Yoga l’ensemble des sciences qui s’appliquent au Moi, par opposition
(1) Les Hindous ne sont pas seuls à arriver à ce s résultats si prodigieux qu’on à peine à y croire. Je citerai notamment, en Angleterre, le colonel Thownsend qui, après un long séjour dans l’Inde où il s’était rompu aux méticuleuses pratiques de la Yoga, arrive à arrêter, à sa volonté, le mouvement du cœur et des artères, à mourir et à revivre à son gré, en un mot, à pratiquer tous les phénomènes du Samâdhi des Yogis.
(2) Cependant, j’attirerai l’attention sur un point important: il convient d’éviter, en général, les mets lourds et les repas prolongés: en un mot, tout ce qui occasionne une fatigue à l’estomac ferait converger sur cet organe les forces nerveuses au lieu de les laisser libres.
— De plus, l’alimentation, non absolument végétarienne mais à base végétale facilitera sensiblement la pratique des exercices dont il va être question plus loin.
.£ii Gupta-Vidya ou sciences ésotériques qui s’appliquent au Non-Moi ; c’est dire qu’il existe plusieurs sortes de Yogas (1) qui sont, en remontant: la Hatha-Yogâ ou Yoga physique; la Yogâ-Bhakti, ou yoga animique; la Râja-Yogâ ou yoga spirituelle, et enlin la Ràja-Yogâ qui identifie le mental avec les sons physiques de façon à donner la perception du son primordial, ineffable et sacré AUM de l’éternel Logos . Je ne m’occuperai tout ^d’abord que de la Hatha-Yoga, pour ne parier des autres qu’autant qu’ii sera nécessaire; dans la dernière division de ce chapitre, il sera traité plus spécialement de la Ràja-Yoga .
La Hatlici-Yoga, dit E. Bosc de Vèze (2), est une méthode hindoue qui consiste à asservir sa personnalité et son corps physique dans le but d’augmenter, dans une certaine mesure, ses pouvoirs sur le corps lui-même et dans son ambiance; la Hatha-Yoga, en un mot, est une réalisation de Tunion entre le physique et l’astral, comme l’indique son nom. Cette méthode s’occupe exclusivement de la volonté sans se préoccuper du moral (3). Les principes sur lesquels elle s’appuie, qui lui servent de base, pourrions-nous dire, sont ceux-là mêmes qui régissent les éléments des plans inférieurs de la nature, et dont on peut trouver la spécification dans tous les traités de théosophie; c’est pourquoi nous ne croyons pas utile de les énumérer ici. Les procédés utilisés dans la Hatha-Yoga consistent en de grandes ablutions intérieures et extérieures, et en des applications fréquentes et graduelles de la volonté sur les divers organes du corps, principalement sur les organes de l’appareil respiratoire, afin de pouvoir obtenir, avec le temps, le contrôle le plus parfait de l’organisme physique. Quand le résultat voulu est atteint, le Yogi peut à volonté s'abstraire de l'ambiance qui l’entoure, se libérer de son corps physique, et, comme son astral s’est organisé et trans-
(1) Littéralement union.
(2) Traité de Yoga, 1 vol. in-8, Paris, S. D. (1910).
(3) Aussi, développée dans un certain sens, elle conduit à la magie
formé à la suite des épreuves et des longs efforts de sa volonté, le Yogi a la faculté et le pouvoir d’agir sur le plan astral, celui de lier même les deux consciences voisines, et d’opérer comme sur le plan astral, dans son corps physique même.
Pour étudier pratiquement la Yoga, il est deux genres de procédés qu’il faut pratiquer simultanément: les procédés mentaux et les procédés matériels; les premiers se résument dans la méditation, et les autres dans la façon de dormir et de respirer: nous allons dire quelques mots de ces procédés.
1° La méditation .
Au premier abord, rien ne paraît plus simple que la méditation: dans la pratique, il est très difficile de tenir longtemps son esprit fixé sur un seul objet de façon à en étudier tous les détails. Bien des personnes remplacent la méditation par la lecture: les deux choses n’ont aucun rapport, en ce sens qu’on lit avec plus ou moins d’attention, mais qu’on ne peut méditer qu’avec une attention soutenue.
Et cependant, dit E. Bosc de Vèze (1), on ne saurait trop s’entraîner à cet exercice de la pensée par lequel on arrive à la fixer sur une idée, à l’analyser, à l’étudier, à l’envisager sous tous ses aspects, à la comparer ensuite à d’autres idées du même genre ou d’un ordre différent, suivant le cas qui se présente à l’esprit. C’est dans la méditation que réside le secret des idées nobles et fortes, de celles qui ne connaissent point la défaite; c’est enfin par la méditation qu’on peut soutenir l’âme dans ses épreuves, dans ses aspirations, dans ses élans vers l’idéal, vers l’infini, vers l’Absolu, ou Dieu... Par la méditation seule, l’esprit apprend à se dégager de l’ambiance troublante qui l’entoure; c’est par elle que l’âme de l’homme s’élève au-dessus des petites préoccupations de la vie quotidienne, et qu’il peut, dans ces conditions.
demeurer tout entier à ses réllexions et s’adonner complètement à l’objet de ces réflexions sans se laisser distraire par aucune pensée passagère, étrangère à l’idée de sa méditation.
C’est seulement alors, quand il a acquis le contrôle sur ses idées, que l’homme est véritablement le maître de ses pensées et qu’il peut pratiquer la méditation parfaite.
Or, en ceci comme en tout, il est une voie qu’il faut suivre si l’on ne veut s’égarer. Il est évident que, dans le cas qui nous occupe, l’objet des méditations doit être l’étude des conditions du dédoublement personnel; mais* ce serait une erreur que d’aborder un tel sujet sans aucune préparation. Suivons donc la voie que nous indiquent les instructions orientales.
Il faut s’entraîner en s’aidant tout d’abord des objets extérieurs. Cela se comprend. Il est, en effet, bien plus facile de réfléchir un certain temps sur un objet, une image objective qu’on a sous les yeux que sur une idée abstraite quelconque. On peut considérer l’objet extérieur comme un aimant, qui attire notre pensée, la retient et la fixe comme le fer est attiré, retenu et fixé par cet aimant, et, bien que l’effort à faire soit encore considérable, il est moins pénible en considérant cet objet extérieur, visible saisissable, palpable.
Essayons donc de la méditation, avant de pratiquer la yoga, et faisons tous nos efforts pour penser et méditer; comparons un objet extérieur à un autre; étudions ce qui les différencie; analysons, disséquons ces objets entre eux; et quand nous aurons pratiqué longtemps cet exercice, nous commencerons à savoir penser* savoir méditer, car, nous nous plaisons à le répéter, la méditation est un enseignement profond qui nous prépare à la pratique de la Yoga, et qui nous conduit à savoir prier, enseignement que rien ne saurait remplacer*
La méditation nous démontre, en outre, combien nous sommes peu les maîtres chez nous, dans la poursuite d’une pensée; combien il nous est difficile de creuser un seul sujet. Nous n’avons pas plutôt fixé notre esprit
sur une idée, qu’une autre, arrivant, chasse la première et que, successivement, d’autres idées nouvelles s’emparent de notre esprit.
Il ne faut pas se laisser conduire par ces voyageuses vagabondes, qui partent, arrivent, surviennent tour à tour avec une désinvolture déconcertante, qui s’imposent et disparaissent malgré nous, que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas, et dont, en fait, nous qui devrions en être le maître, nous ne sommes que ! esclave soumis.
En résumé, l’exercice de la méditation, en ce qui nous occupe, doit débuter en se portant sur des objets matériels d’abord simplement quelconques, puis sur d’autres ayant trait au but poursuivi, par exemple sur les gravures, contenues dans le présent ouvrage, des objets destinés à mesurer la force neuro-psychique, ou les planches représentant des dédoublements; après quoi, quand la force de méditation est suffisante, la pensée doit s’arrêter sur l’étude de tous les procédés que nous détaillons ici, en vue de l’entraînement d’une quelconque des forces qui contribuent à produire le phénomène, et enfin sur l’ensemble de l’expérience.
On pensera peut-être que' ce qui est dit ici de la méditation serait mieux situé plus loin, alors qu’on s’occupera des forces mentales. Certes, nous aurons alors à y revenir ; mais il fallait en dire ici quelques mots, car, de même que le moral et le physique de l’homme ont des rapports cachés mais indéniables, et que la santé de l’un inilue sur celle de l’autre, de même le corps mental et le corps astral, chez l’homme, sont unis par des liens qu’il est plus facile de constater que de décrire et les forces de l’un réagissent par suite sur celles de l’autre; les sujets de méditation qui viennent d’être proposés au lecteur sont destinés à la production de forces réagissant sur l’organisme astral: plus tard, nous mirons à en indiquer d’autres propres plus particulièrement à fortifier le mental.
2° Le sommeil
Je dirai peu de chose ici du sommeil qui a déjà été* étudié dans le chapitre consacré à la volonté, et je n’en parlerai que ce qu’il faut pour attirer l’attention sur quelques détails utiles à connaître.
Le sommeil, je l’ai dit ailleurs, est une période de repos pour les organes de relation, et au contraire de redoublement d’activité pour les forces internes et passives de l’organisme.
La durée du sommeil varie selon l’âge, le sexe et la force de chaque individu; on peut dire, en général, que la femme a moins besoin de sommeil que l’homrne, et que ce besoin diminue à mesure que l’on avance en âge*. On peut établir que la moyenne, pour un homme adulte en bonne santé, est quotidiennement d’environ sept ou huit heures. La personne qui désire pratiquer l’expérience du dédoublement doit s’efforcer d’obtenir un sommeil toujours égal en profondeur et en durée. Le meilleur moyen d’y parvenir est de mener une vie parfaitement réglée au point de vue matériel (repas, travail, etc.), et, autant que possible, exempte de soucis, de façon que la neuricité de l’individu soit dans un parfait état d’équilibre et puisse facilement se soumettre à l’entraînement dont il a été question ailleurs. On peut même diminuer progressivement la quantité de nourriture qu’un homme doit prendre ordinairement par jour; mais cette diminution doit surtout porter sur le repas du soir, quitte, si l’on en sentait le besoin, à augmenter en proportion la noiirriture absorbée au repas du matin.
Il convient également, dans ce but, de coucher dans une pièce bien aérée, une atmosphère impure tendant à agiter et, par suite, à prolonger le sommeil.
Rappelons enfin, en vue de ce qui va suivre, que la respiration n’est pas la même durant le sommeil que pendant la veille; pendant cette période, elle s’opère plus lentement et dure environ dix secondes.
En un mot, il faut s’efforcer d’atteindre ce degré de sommeil éminemment reposant, profond et parfait, que
le s Hindous appellent Sushupti, où cessent toute pensée, toute sensation, toute émotion mentale — où, par suite, l’âme est débarrassée de ses liens terrestres, où même, suivant la doctrine orientale, l’homme est libéré de toutes ses fautes.
3° La respiration
J’ai déjà dit quelques mots de l’appareil respiratoire et de la respiration en général: je vais maintenant m’en occuper à un point de vue spécial, c’est-à-dire en la considérant comme le principal moyen d’atteindre sinon la yoga dans son ensemble, au moins le degré de yogisme nécessaire en ce qui nous occupe. J’aurai donc à traiter en détail des principaux procédés applicables à ce que l’on a pu appeler YArt de respirer.
Il semble à priori , dit le Dr Lavrand (1), que l’acte respiratoire est instinctif et que l’on peut se passer de maître en pareille matière. Le nouveau-né, cependant, parfois ne respire pas; il lui faut une excitation anor- * male pour déclancher la première inspiration (2). Les ' * enfants et les adultes ne savent pas tous respirer normalement, c’est-à-dire utilement et avec le meilleur rendement. L’éducation, même ici, se montre souvent nécessaire, et la gymnastique respiratoire s’impose impérieusement à l’attention du médecin et entre de plus en plus dans la pratique médicale; mais, dit le colonel Araoros: « la gymnastique est la science raisonnée de nos mouvements, de leurs rapports avec nos sens, notre intelligence, nos sentiments, nos mœurs et le développement de toutes nos facultés » (3). Quand on parle de gymnastique respiratoire, on entend donc l’exercice raisonné, méthodique d’une fonction, et son adaptation à un but parfaitement déterminé. D’après Maurice Fau-
(1) Rééducation physique et psychique, 1 vol. in-12, Paris, 1909.
(2) Celle par laquelle le corps astral prend définitivement possession du nouvel organisme qui, jusque-là, n’était constitué que par le corps matériel et le double aithérique.
(3) Presse médicale, 1903. nù 29.
re (1), « beaucoup d’entre nous qui n’ont jamais appris à distinguer un mouvement d’un autre mouvement, dont l’œil n’a pas subi cette éducation spéciale qu’ont seuls les instructeurs d’hommes et ceux que leur propre goût a poussés vers l’étude des sports, ne verront point quelles nuances multiples séparent le mouvement exécuté par le gymnaste compétent, d’un mouvement identique exécuté par celui que sa culture et son entraînement n’ont pas minutieusement préparé à la compréhension et à l’exécution du geste qui guérit ».
L’acte respiratoire est de première importance, car il fournit l’oxygène, c’est-à-dire le comburant qui permet d’utiliser les aliments ingérés en libérant les énergies qu’ils renferment (2). C’est le rôle de l’inspiration: ce temps doit donc s’acèomplir largement, pleinement, afin de fournir le plus d’air possible. Son rôle consiste aussi à ventiler tous les alvéoles pulmonaires plusieurs fois le jour en ne laissant aucun point mort ou stagnant. On fait ainsi plusieurs repas d’air dans la journée, en pratiquant des inspirations lentes et profondes méthodiquement à des temps réglés.
Le deuxième temps est représenté par l’expiration qui a pour but de débarrasser les poumons de l’air usé, chargé de produits inutiles ou même dangereux. La perfection avec laquelle elle s’accomplit commande l’inspiration suivante en la préparant, en lui faisant de la place. Il faut, par conséquent, faire de temps à autre des aspirations et des inspirations profondes, amples, longues, si l’on veut assurer une alimentation aérienne suffisante à l’organisme.
Encore plus: le rythme respiratoire plein, ample et régulier, exerce une influence des plus favorables sur les mouvements des membres supérieurs, et aussi sur l'intensité des efforts quels qu’ils soient: un thorax bien
(1) Cité par Guermonprez, Gymnastique respiratoire.
(2) Le physiologiste ne voit dans la respiration que l’absorption de l’oxygène Considéré comme comburant; l’occultiste y voit l’absorption de Foxygène considéré comme base des énergies astrales inférieures, et comme véhicule des énergies supérieures.
développé, possédant une capacité grande et respirant amplement, régulièrement, à fond, permet au patient d’accomplir des efforts bien plus considérables, donc beaucoup plus efficaces, sans parler de la vigueur physique, laquelle atteint un degré supérieur chez le sujet qui sait respirer.
En un mot, il ne doit y avoir ni insuffisance nasale, ni insuffisance thoracique, ni insuffisance diaphragmatique, si l’on veut réaliser une pleine respiration, car l’insuffisance peut relever de causes anatomiques, de causes pathologiques, enfin de causes purement fonctionnelles .
La rééducation se propose d’apprendre au malade qu’il peut, qu’il doit mieux et plus pleinement respirer. Par la répétition, le patient, instruit de la manière dont il lui faut exécuter ses mouvements respiratoires, en prendra l’habitude: ce qui a été au début conscient et voulu deviendra automatique et inconscient, c’est-à-dire habituel.
Technique. — Pour atteindre ce but, on fera avec lenteur exécuter des inspirations profondes, suivies d’expirations également profondes, au commandement, en comptant à haute voix. Des mouvements actifs, puis passifs, des bras, ensuite des membres inférieurs, s’y ajouteront, rythmés, en cadence. Le sujet se tiendra debout, ou bien couché sur le dos, ou sur le ventre; il imitera les mouvements de la natation. Le diaphragme sera exercé en faisant pousser comme pour remuer un poids lourd en maintenant quelques secondes chaque effort. La respiration doit être nasale pendant ces exercices, car c’est celle qui permet au thorax son amplitude maxima: elle est, du reste, la seule vraiment normale et physiologique. Les exercices élémentaires du chant, la déclamation, la lecture à haute voix bien dirigée, constituent d’excellents exercices. Sur ce schéma, le clinicien avisé brodera à l’infini.
Tel est le procédé pour arriver à posséder la respiration idéalement normale, c’est-à-dire celle que l’on doit
tout d’abord acquérir parce qu’elle est la base indispensable de tous les autres genres de respiration; elle est purement physiologique, mais, bien possédée et pratiquée couramment, normalement et sans effort, elle permettra de s’essayer aux divers genres de respiration yogiste à l’aide desquels on peut arriver en communication plus intime avec les plans élevés et notamment avec l’astral.
Avant d’aborder les procédés supérieurs de respiration, il me faut dire quelques mots de son influence sur l’organisme physique.
Les mouvements du cœur, tout d’abord, sont directement sous la dépendance du système nerveux; or, la quantité de l’influx nerveux est variable selon la composition du sang: les actions physiques et chimiques qui se produisent pendant l’acte respiratoire ont donc, indirectement, en purifiant le sang et en modifiant son état, une action utile sur l’innervation du cœur. D’autre part, l’augmentation de volume et l’affaissement alternatif des poumons, occasionnant des changements dans la cage thoracique, agissent mécaniquement sur le cœur puisque celui-ci est contenu dans le thorax et qu’il est, pour ainsi dire, en contact immédiat avec les poumons. Par conséquent, lefc respirations régulières et méthodiques, effectuées sous le contrôle de la volonté, ont pour résultat indéniable de favoriser le fonctionnement naturel et normal du cœur.
Or, ne l’oublions pas: le cœur est le grand régulateur de la circulation sanguine. Donc le sang, purifié d’une part par un plus grand afflux d’oxygène aux poumons, verra sa circulation s’accroître sous les mouvements d’un cœur plus vigoureux — et le sang, c’est le facteur de la force nerveuse sur laquelle est basé le corps astral. On voit dès lors comment certains procédés de respiration peuvent, par leur emploi judicieux, accroître les énergies propres au corps astral.
Mais il y a plus.
Les respirations rythmiques, surtout quand elles sont profondes, influencent aussi, avec profit, les fonctions
de l’estomac et de l’intestin. Ces organes, par l’intermédiaire du diaphragme et par les variations d’étendue de la base du thorax, sont soumis à un véritable massage et à des déplacements forcés qui facilitent leur circulation sanguine, leurs mouvements, le mélange et la progression des matériaux alimentaires qu’ils renferment.
On constate ainsi que tout tient au mode de respiration, car à quoi aboutit en fin de compte le travail de l’estomac et de l’intestin? A la création, par une série d’opérations et de réactions physiologiques trop longues à décrire ici, à la création d’une nouvelle quantité de sang — ce sang facteur primordial de force neurique.
On peut ajouter enfin que, quand les mouvements respiratoires sont faits avec l’intervention d’une volonté ferme et énergique, qu’ils sont exécutés méthodiquement, consciemment, avec régularité et avec ampleur, ils ont un effet réactionnel sur la volonté et sur la puissance cérébrale, mises en activité par leur exécution, et contribuent à leur accroissement.
Après ce qui précède, il est facile de constater l’importance capitale de la respiration au point de vue qui nous occupe ici.
Voici ce qu’en dit le Dr Géraud-Bonnet, d’Oran, qui a étudié l’utilisation de la respiration à l’auto-suggestion volontaire (1), c’est-à-dire à un objet dont nous avons eu nous-même à nous occuper au cours de ces pages; il analyse d’abord le mécanisme de la respiration lente et profonde.
Il est nécessaire, dit-il, que l’accès de l’air, apportant l’oxygène indispensable, ait lieu jusque dans les dernières ramifications bronchiques, que l’air pénètre jusque dans les alvéoles les plus éloignés. Ce résultat sera atteint d’autant mieux que l’inspiration, qui constitue le premier temps de la respiration, sera plus ample, plus puissante, plus profonde: elle devra avoir une durée assez longue pour que l’air inspiré ait la possibilité de
(1) Précis d’auto-suggesticn volontaire, déjà cité.
pénétrer partout, aussi loin que possible et en quantité suffisante.
Le second temps de la respiration est formé par l’expiration. Quelles que soient son intensité et sa durée, les cavités bronchiques ne se vident jamais complètement, et elles retiennent toujours un résidu gazeux absolument impropre à l’hématose ou transformation du sang veineux en sang artériel.
Ce résidu gazeux sera d’autant moindre que l’expiration sera plus longue; il va former un mélange avec l’air atmosphérique introduit par l’inspiration suivante, et c’est ce mélange qui va se trouver en contact avec le sang veineux pour les échanges destinés à transformer ce sang veineux en sang artériel.
Il est évident que ce mélange sera d’autant plus actif qu’il renfermera plus de gaz nouveau, et en particulier plus d’oxygène, ce qui dépendra de la quantité plus grande d’air inspiré.
Or, une inspiration ordinaire, naturelle et sans effort* introduit en moyenne un demi-litre d’air. Une inspiration profonde et énergique, faite sous l’influence de la volonté, peut parvenir à trois litres et demi.
Si un homme fait, par minute, dix-huit inspirations (et beaucoup d’auteurs admettent le chiffre de seize), il tait pénétrer dans ses poumons un volume total de neuf litres.
En faisant des inspirations lentes et profondes, on peut arriver à n’en faire que quatre par minute; même avec ce nombre réduit, mais à raison de trois litres à la fois, on obtient douze litres. Par conséquent, l’inspiration profonde et prolongée, soutenue pendant un certain temps, favorise l’épuration du sang et contribue à augmenter la vitalité de l’organisme.
Il sera bon, aussi, que l’air et le sang veineux mis en présence aient tout le temps nécessaire pour opérer leurs échanges; par suite, le mouvement d’expiration devra être retardé le plus longtemps possible; on ne devra expirer l’air vicié que lorsque le besoin de rejet deviendra impérieux et à peu près irrésistible.
Cet air vicié devant être expulsé presque en entier, il faut qu’il ait le temps de sortir, ce qui exige que l’expiration se fasse complètement, jusqu’à ce qu’il y ait affaissement général des organes pulmonaires et relâchement total du thorax.
Toutes ces considérations physiologiques nous conduisent à la conséquence suivante: pour que l’ensemble de l’acte respiratoire soit exécuté en entier et dans les meilleures conditions, pour qu’il soit bien profitable, il est indispensable que les deux temps de la respiration et les intervalles d’inaction apparente qui les séparent aient chacun la plus grande durée possible.
Il résulte de là que la respiration lente et profonde, poussée à son extrême limite, dans ses deux mouvements alternatifs, est la respiration idéale, celle que l’on devrait, théoriquement effectuer constamment et par habitude.
Mais, comme le remarque l’auteur cité, cela ne se peut pas, étant donné l’effort maximum du poumon, du diaphragme et des muscles thoraciques, et, de plus, l’intervention puissante de la volonté consciente, toutes causes qui amènent une dépense considérable de force nerveuse, et, par suite, de la fatigue. Toutefois, si les efforts que nécessite ce genre de respiration ne se peuvent soutenir que pendant une période de temps limitée, on peut au moins accroître la durée de cette période par un entraînement fréquent et régulier.
Le mode de respiration indiqué plus haut par le Dr Lavrand doit devenir normal; celui-ci restera toujours exceptionnel; mais au moins convient-il de s’en rapprocher le plus possible dans l’usage courant; on y arrivera par les procédés suivants qu’indique le Dr Géraud- Bonnet.
Installez-vous commodément, assis ou couché, dans une pièce où vous serez certain de ne pas être dérangé, et où les bruits du dehors, arrivant difficilement, ne peuvent vous distraire.
Placez tout votre corps dans le relâchement, et fermez les yeux comme si vous vouliez dormir. Concentrez vo-
tre pensée sur l’acte que vous allez entreprendre, et employez toute l’énergie de votre volonté pour le diriger, 3e gouverner, l’exécuter, avec régularité et dans son entier.
Pour maintenir l’attention et éviter d’agir de façon automatique et inconsciente, pous pouvez vous astreindre à compter le nombre de respirations complètes au fur et à mesure que vous les terminez; après la première, vous compterez un; après la deuxième, deux ; et ainsi de suite.
Respirez par le nez; ne respirez pas par la bouche. C’est le nez qui est le premier organe de l’appareil respiratoire; c’est par lui que devrait toujours passer l’air avant d’arriver aux poumons (1).
Inspirez lentement, très lentement et, tirez à fond, jusqu’à ce que votre poitrine ne puisse plus se distendre ni se gonfler; faites effort pour soutenir cette distension et ce gonflement ; puis, rejetez l’air peu à peu, insensiblement, en y mettant le plus de temps possible. Efforcez-vous de nouveau pour résister au besoin d’inspirer, et ne recommencez une nouvelle inspiration que lorsque vous y êtes absolument obligé.
Cet exercice complet doit être répété plusieurs fois consécutives.
Tout d’abord, vous ne serez capable que d’un nombre très limité; mais, avec l’habitude, vous pouvez le réussir dix fois, cinquante fois, soixante fois, et même plus.
Il pourra vous arriver aussi de ne pas pouvoir, dès le début, le mener complètement à terme: quelques respirations moyennes, d’intensité et de durée progressives, seront nécessaires tout d’abord pour faire pénétrer l’air dans les alvéoles terminaux et rétablir Ja perméabilité de certaines petites bronches, mais ces difficultés ne sont que passagère^, et on les surmonte aisément après quelques essais.
(1) Ceci répond parfaitement aux théories de l’occultisme hindou dont nous nous occuperons plus loin, et suivant lesquelles chacune des deux narines commande un « courant de force » particulier, à droite et à gauche de la colonne vertébrale.
Il est bon de se livrer à cet exercice dans une chambre bien spacieuse, bien aérée, et la fenêtre ouverte. Quand i- est possible de se mettre dehors à l’air libre, c’est encore préférable.
Dans la journée, les moments les plus propices sont ceux qui précèdent les repas de midi et du soir, alors que la digestion est terminée et que l’estomac et l’intestin sont peu garnis ou à l’état de vacuité. Si vos occupations ne vous laissent pas assez de loisir et si vous ne pouvez faire mieux, procédez-y dans votre lit, le matin avant de vous lever, et le soir avant de vous endormir.
Quand vous aurez fait le meme exercice pendant plusieurs jours de suite, vous ne tarderez pas à reconnaître qu’il devient plus facile, qu’il nécessite des efforts toujours moindres, et, finalement, vous l’exécuterez par habitude, sans aucune intervention apparente de la volonté consciente.
A ce moment, vous pourrez vous arrêter et le suspendre, quitte à recommencer plus tard, si le résultat que vous poursuivez se rapporte exclusivement à la concentration de la pensée et à l’éducation de la volonté. Pour ce but spécial, votre exercice devient inutile du moment que la pensée et la volonté n’y ont plus aucune part. Pour qu’un exercice quelconque soit bien profitable dans ce sens, il faut qu’il soit réalisé consciemment et qu’il exige un effort réel de la pensée et de la volonté, quelque faible, d’ailleurs, que soit cet effort. Mais vous pouvez le continuer indéfiniment si votre intention est de faire travailler vos poumons et de les fortifier.
Aux respirations lentes et profondes, vous pouvez associer des mouvements musculaires tels, par exemple, que des mouvements latéraux et d’élévation des membres supérieurs.
Placez-vous debout, en face d’une fenêtre ouverte, ou bien à l’air libre, les bras pendants, le cou droit, la tête haute.
Dès que vous commencerez votre inspiration, soulevez lentement les bras, en les tenant allongés et tendus; écar-
fez-les du tronc et arrangez-vous de manière qu'ils soient horizontaux ou qu’ils dépassent légèrement l’horizontale au moment où l’inspiration se termine; maintenez-les dans cette situation pendant l’arrêt de la respiration; puis, abaissez-les tout doucement jusqu’à la position verticale du début, pendant le mouvement d’expiration et le repos final.
Cet exercice donne plus de vigueur à certains muscles tout en fortifiant le développement de la cage thoracique. On peut et doit le répéter un certain nombre de fois consécutives. Il a le léger inconvénient de diviser la pensée sur deux objets différents, mouvements respiratoires et mouvements des membres, mais il contribue puissamment à établir l’habitude d’une respiration ample et régulière.
On peut varier les exercices en modifiant l’attitude et les déplacements des membres, du tronc et de la tête. Il est facile d’imaginer un grand nombre de combinaisons différentes; les plus simples suffisent dans la plupart des cas.
Il arrive parfois, surtout aux personnes qui ont l’habitude d’une vie sédentaire et renfermée, et, par suite, de îa respiration brève et peu profonde, d’avoir quelque difficulté à faire une inspiration très profonde; elles éprouvent alors, quand leur inspiration est arrivée à son maximum habituel, un sentiment de gêne et d’angoisse dans là cage thoracique; il leur semble qu’elles ne peuvent plus soulever leur poitrine et que leurs poumons vont manquer d’air: ce n’est qu’un petit inconvénient qu’il est facile de faire disparaître par l’application — - que l’on peut se faire soi-même — d’une ventouse sèche au côté de la poitrine, à la hauteur, ou, mieux, vers la base des poumons.
Le Dr Géraud-Bonnet qui ne s’occupe, dans son ouvrage précité, de îa respiration qu’au point de vue de l’autosuggestion volontaire, donne encore les conseils suivants qui pourront, à ce point de vue spécial, être d’un grand profit à nos lecteurs.
« Les exercices physiques et musculaires destinés à
éduquer la volonté et à développer la confiance en soi peuvent aussi être utilisés pour se faire des auto-suggestions. Il en est de même de ceux qui servent pour la concentration de la pensée.
Tous ces procédés sont bons et applicables aux diverses éventualités pour lesquelles ils ont été indiqués; mais je considère les mouvements respiratoires réguliers, moyens ou profonds, comme étant les meilleurs de tous; < ils sont toujours à notre disposition; ils se prêtent à toutes les circonstances, et on peut les mettre en œuvre en tout temps, en tout lieu et quel que soit le but qu’on se propose.
ils donnent des résultats multiples et généraux parce qu’ils favorisent à la fois la confiance en soi, la concentration de la pensée, l’énergie de la volonté. On peut donc les employer avantageusement pour la pratique de l’autosuggestion volontaire et personnelle.
Selon la nature de l’auto-suggestion, selon que l’idée à faire pénétrer dans le cerveau est simple ou compliquée, qu’elle s’exprime par un seul mot ou par plusieurs, selon que l’on opérera sur une seule idée ou sur un groupe d'idées, on pourra choisir les mouvements respiratoires à durée et intensité moyennes, ou bien les mouvements ralentis et profonds. C’est affaire d’intuition, de convenance ou d’appréciation individuelles.
Le mode opératoire comprend deux variétés principales.
En premier lieu, l’ auto-suggestion sera faite pendant que s’exécutent les mouvements d’inspiration et d’expiration; elle commencera au début de l’inspiration, se continuera avec elle, se prolongera pendant l’expiration et se terminera en même temps.
En second lieu, on fera effort pour ne penser à rien pendant les mouvements respiratoires, et on fera l’autosuggestion à la fin de l’expiration et pendant le repos qui précède.
On emploie les deux mouvements (inspiration et expiration) quand l’idée peut se subdiviser: on n’utilise
que le second temps (expiration) qui est le principal* lorsque l’idée est condensée en un seul mot. »
Tout ce que nous avons vu jusqu’à présent nous donne le moyen de développer, par un mode de respiration bien compris, l’énergie neurique qui constitue la force du corps astral la plus rapprochée de la matière; mais il est des procédés de respiration qui nous permettent en quelque sorte de capter et d’assimiler des énergies supérieures. L’étude des théories nous entraînerait beaucoup trop loin; je me contenterai de donner les indications pratiques, renvoyant aux ouvrages spéciaux le lecteur curieux de ces théories.
La méthode du inagisme occidental se trouve résumée par d’Alba (1) en quatre exercices principaux qui doivent être surtout pratiqués chaque jour, le matin avant de prendre aucune nourriture, c’est-à-dire avec l’estomac complètement vide.
A. — Cet exercice de respiration — comme les suivants, d’ailleurs — doit être pratiqué en respirant par les narines, la bouche restant entièrement close; il doit être effectué lentement et en plein air, deux fois par jour, à jeun. Il se décompose en quatre temps:
1° Aspirer l’air en comptant mentalement jusqu^à cinq.
2° Conserver l’air dans les poumons en comptant mentalement jusqu’à cinq.
3° Exhaler l’air en comptant mentalement jusqu’à cinq.
4° Rester sans air dans les poumons en comptant jusqu’à cinq.
Cette respiration complète doit durer vingt secondes. A mesure du développement des alvéoles pulmonaires et, par conséquent, de l’organe de la respiration, la cage thoracique tendra à s’étendre.
B. — 1° Se tenir debout, les bras tombant naturelle-
(1) Traité élémentaire de magie scientifique, 1 br. in-8, Paris, S. D.
ment; les élever latéralement, tout en aspirant très lentement et en comptant jusqu’à cinq.
2° Conserver les bras élevés pendant le même temps, les paumes des mains appliquées l’une contre l’autre.
3° Exhaler de même, tout en faisant revenir les bras à leur position première.
4° Rester sans air dans les poumons.
On peut exécuter le même exercice les bras en avant.
C. — 1° Se tenir debout dans la position correcte, puis, fléchissant insensiblement les genoux, se laisser asseoir sur ses talons tout en remontant les bras latéralement, en faisant se rejoindre les paumes des mains et en respirant profondément. .
2° Rester dans cette position en conservant l’air.
3° Se relever lentement pendant que l’on exhale l’air..
D. — 1° Tenir fermée la narine droite par la pression de votre pouce sur son côté, puis aspirer l’air par la gauche en comptant mentalement jusqu’à sept.
2° Conserver l’air dans les poumons en comptant mentalement jusqu’à sept.
3° Exhaler l’air par la narine droite en tenant la gauche fermée et en comptant mentalement jusqu’à sept.
4° Rester sans respirer en comptant mentalement jusqu’à sept.
Cet exercice pourra, après plusieurs mois de pratique, être porté à: 1° = 12; 2° =20; 3° = 12; 4° =20; mais on ne devra en aucune façon hâter ce résultat.
Ce dernier exercice est évidemment emprunté aux exercices préliminaires de la Yoga; nous le retrouvons dans Bosc de Vèze (1) avec les chiffres originaux et la progression qu’il comporte; nous le donnons ici pour que l’on puisse s’y reporter après l’avoir pratiqué avec succès tel qu’il est indiqué par d’Alba.
Il faut inhaler l’air lentement, très lentement, à travers la narine gauche, après avoir tenu fermée la narine droite avec le doigt, assez longtemps pour avoir pu compter mentalement jusqu’à 60... 1, 2, 3, 4, 5, etc. —
(1) Loc. cii.
Après cet exercice (quand l’air inspiré se trouve enfermé <dans les poumons), il faut fermer les deux narines et les tenir ainsi fermées, un assez long temps, pour pouvoir mentalement compter jusqu’à 64... 1, 2, 3, 4, 5, etc., deux nombres par seconde environ. — Alors, il faudra exhaler lentement l’air à travers la narine droite, un temps assez long pour pouvoir compter 34 ou 35. — C’est le procédé initial dans le Prànâyâmâ (contrôle du souffle). — Graduellement, chaque jour, l’exercice du souffle peut être élevé de 10 en 10 comme nombre pensé, et on arrive bientôt à compter jusqu’à 50 et plus (1).
Pour ce dernier enseignement, il y a, à mon avis, une distinction à faire.
La pratique en est très simple pour les Hindous qui, dès leur bas âge, ont été habitués à se rendre maîtres de leur souffle; elle serait très pénible pour un occidental qui n’a aucune notion de la science des respirations. Nous pensons donc que le mieux est de débuter par le nombre 7, comme l’indique d’Alba; quand on est en possession de ce mode respiratoire, on peut pousser à 10, et, lorsque cette progression est acquise, pousser successivement à 15, 20, 25... sans jamais dépasser 60.
4° Le milieu ambiant .
Il nous reste, pour en finir avec l’absorption des forces astrales, à exposer une théorie particulière qui est celle des courants cosmiques et que l’on peut utiliser pour l’objet qui nous occupe.
La science normale reconnaît que notre globe n’est point isolé dans l’espace. Il fait partie du Cosmos auquel il se trouve relié par des courants cosmiques qui véhiculent des ondulations de forces connues par nous,
(1) La pratique de cet exercice doit durer au moins six mois; elle .•donnera, disent les traités de Yoga, un grand nombre de qualités, augmentera le pouvoir digestif, calmera beaucoup les fatigues cérébrales, et rendra le corps lumineux, mais pour les voyants tout d’abord, ce qui n’a rien d’excessif, puisque les voyants perçoivent les colorations de Varna humaine; plus tard, affirment-ils, à la suite d’un long usage, tout le monde pourra voir la luminosité du. corps de l’étudiant (?)
en partie, sous le nom d’électricité, lumière, chaleur, etc** C’est ainsi qu’il existe, circulant autour et au travers de la terre, de considérables courants allant du nord au? sud, et qui pénètrent toutes choses. Ces courants magnétiques sont pour la plupart invisibles; ils se manifestent matériellement sous forme d’aurore boréale, de lumière zodiacale, etc. D’autres deviennent perceptibles à notre vue, sous certaines conditions, dans les expériences de laboratoire faites au moyen de tubes spéciaux où l’on a fait le vide. Les corpuscules électriques s’y meuvent avec une très grande rapidité, communiquant au tube une luminosité considérable, ainsi que de très belles couleurs veloutées; c’est ce qui se produit dans le tube de Crookes. Les rayons X, le radium et toutes les matières lumineuses sont une manifestation, une preuve des forces cosmiques et des courants de force aithérique.
Les courants d’aither vont du pôle nord au pôle sud en grandes bandes de lumière, au-dessus et au travers de la terre. Cette force unique de l’espace est attirée au centre magnétique de la terre, elle se manifeste par strates, sous forme de vibrations, et celles-ci sont en rapport avec les diverses densités de la matière, qu’elles traversent et mettent en mouvement.
La terre est entourée de plusieurs couches d’une substance très pure et invisible, quoique lumineuse, formant les couches inférieures. Or, quand les différentes régions de cette matière sont mises en mouvement par une force unique, elles agissent comme plusieurs forces.
Les couches inférieures, étant de densité différente, conséquemment leurs atomes vibrent à des degrés différents, ce qui fait que le courants, composés de matières vibrant inégalement, n’ont pas seulement un mouvement uniforme en avant, mais ils ont aussi une vibration intérieure qui produit des couleurs aussi nombreuses et variées que les différents degrés de vibrations.
A la surface de la terre, tous les courants d’aither se trouvent ensemble et s’entremêlent, si bien que l’homrne qui est un univers en miniature, attire à lui ces
forces qui entrent par son côté droit et entraînent son aura: quand elles ont parcouru son corps, ces forces ressortent en partie par le côté gauche après avoir magnétisé chaque atome du corps et du cerveau par leurs vibrations (1).
Cette théorie des courants cosmiques colorés, partie intégrante de renseignement du vieil occultisme, a été vérifiée à notre époque par un certain nombre de chercheurs indépendants, et notamment par C. W. Leadbeater (2) On peut donc la tenir pour acquise, bien que 3a science normale ne s’en soit pas encore occupée (3).
Je n’entrerai pas dans le détail des colorations diverses et de leur signification particulière; on trouvera ce détail dans les auteurs précités. Je me bornerai à dire que les forces animales se trouvent dans les courants de couleur orange, les forces animiques dans les courants bleus (4), et les forces mentales dans les courants jaunes.
D’autre part, nous savons que la visualisation est un mode d’induction de ces courants. Il suffit donc, pour amener un courant quelconque à passer par notre organisme, de vivre dans un milieu semblablement coloré. On acquerra, par suite, des forces astrales en vivant dans la couleur de la substance astrale, c’est-à-dire dans
(1) Il résulte de mes expériences personnelles que la marche exacte de l’opération est la suivante: — les forces cosmiques sont puisées dans l’ambiance par le côté gauche de l’âme vitale (double aithérique) où elles se muent en forces humaines et passant alors dans le côté droit de l’âme vitale qui les transmet directetment au côté droit de l’organisme qu’elles parcourent dans toute sou étendue avant d’en sortir par la gauche. — V. l’Ame humaine du même auteur. 1 vol. in-12, Paris, 1920. V. aussi: G. Mann, La force pensée , 1 vol. in-8, Paris, 1910. — Voir aussi VAme humaine, ses mouvements, ses lumières, par le Dr H. Baraduc, 1 vol. in-8, Paris, 1897. — Voir enfin la Formation des mondes, par M. Turpin (l’inventeur de la mélinite). Pour cet auteur, c’est l’énergie solaire qui, projetée sur la terre sous forme d’une onde (lumière, chaleur, électricité), fait tourner la terre et produit le courant magnétique terrestre. Ce courant solaire induit un courant électrique constant autour de la terre, de l’ouest à l’est, qui fait de la terre un véritable solénoïde tournant sous l’influence de l’énergie reçue, et non par sa force propre.
(2) Les formes-pensées, 1 vol. in-8, Paris, 1905, etc.
f (3) A remarquer, cependant qu’il existe des systèmes médicaux basés \ sur la chromothérapie ou guérison au moyen des couleurs.
(4) Voir à cet égard ce qui est dit plus haut de la coloration du double .aithérique, rougeâtre d’un côté et bleuâtre de l’autre.
un appartement où dominera la nuance bleu-clair (1),
Je dirai tout de suite, pour n’avoir pas à revenir plus loin sur cette théorie, que les forces mentales se développeront si l’on vit dans un milieu jaune clair.
On peut enfin, pour éviter de modifier constamment la coloration de l’ambiance, avoir recours à une combinaison générale des couleurs voulues. Dans le cas qui nous occupe, et pour s’assimiler les énergies à la fois astrales et mentales en amenant en soi les courants cosmiques appropriés, la tonalité générale la plus favorable du milieu devra être blanche, bleu clair et or, le blanc amenant tous les courants neutres et les autres couleurs les spécialisant.
Il y a lieu d’éviter, dans la coloration du milieu, toutes les nuances orange qui ne développent que les forces corporelles, et surtout les nuances vertes qui génèrent l’égoïsme (2), et rouges qui attisent les passions. €ela est élémentaire, puisque quiconque veut acquérir des facultés supra-normales, doit, avant toutes autres choses, tuer en soi l’égoïsme et dominer ses passions.
D’autre part, il ne faut pas croire que cette coloration du milieu ambiant agit par elle-même: elle n’agit que par induction. En effet, le véritable, le seul moyen de faire passer en soi tel ou tel courant cosmique, c’est l’appel mental; mais, par soi-même, l’appel mental est -très fragile et, si la volonté n’est pas soigneusement éduquée, elle peut, dans cet appel, se laisser distraire, alors que, d’un autre côté, il est fatigant de tenir sa pensée constamment fixée sur le même objet. La coloration de l’ambiance, en agissant de façon continue sur l’organe sensoriel de la vue suscite la visualisation mentale, et, par suite, l’appel inconscient du courant cosmique spécial.
Le présent paragraphe pourra sembler superfétatoire
(1) On peut donner la couleur voulue à toute l’ambiance en portant des lunettes de nuance appropriée, mais ce procédé artificiel ne vaut pas la coloration naturelle.
(2) Dans tout l’univers, le vert est la couleur de l’individualisation. Sur notre globe où le vert domine, l’altruisme n’est encore que dans la période de ses manifestations premières.
ià quelques lecteurs; personnellement, je regarde les procédés de respiration indiqués plus haut comme beaucoup plus efficaces pour atteindre le but poursuivi; mais* rinfluence des couleurs sur l’organisme paraissant maintenant acquise, quelques mots devaient en être dits ici* sinon à titre d’indication purement théorique des colorations utiles, au moins pour permettre aux expérimentateurs d’éviter les colorations nuisibles.
B) Assimilation des forces mentales.
De même que — cela a été dit plus haut — le moral réagit sur le physique de l’homme (et inversement), de même le corps mental, qui, dans les extériorations du fantôme vivant, accompagne toujours le corps astral* réagit sur ce dernier en lui communiquant ses énergies propres; c’est en cela qu’il est bon de fortifier le mental en lui faisant assimiler certaines forces supérieures; ceci va faire l’objet de cette dernière division: du chapitre.
C’est toujours par la maîtrise du souffle, dirigée de telle où telle façon, que l’on arrive à capter les énergiesdes plans supérieurs, parce que c’est la respiration qui fait pénétrer en nous leurs émanations diverses: sur ce point, occultistes et mystiques occidentaux sont parfaitement d’accord avec magistes et yogis orientaux.
Nous allons donc exposer d’abord les méthodes occidentales qui se trouvent très bien résumées par A. Caillet (1). Nous ne suivrons pas cet auteur dans toutes ses. considérations sur les divers genres de souffle: nous allons simplement reproduire ce qui est dit, dans son ouvrage, du mode le plus puissant, qu’il appelle la Respiration rhythmée, en l’entourant de toutes les explications nécessaires pour mettre chacun à même de la pratiquer.
(1) Traitement mental, 1 vol. in-12, Paris, 1912. Aperçu général sur • Traitement mental et la Science de la Vie. (Henri Durville, imprimeuréditeur).
Respiration rhythméc v — Les lois de vibration et de rhythme nous ont exposé que tout, dans l’Univers n’était que vibrations rhythmées. Or, le souffle de l’homme est justement la manifestation du rhythme selon lequel il puise indéfiniment sa propre vie dans le Pranâ (1) du monde.
Lorsque volontairement, consciemment, il suit par la pensée, nettement manifesté dans sa conscience, ce rhythme vital sur une mesure régulière et continue, il arrive (à absorber une quantité toujours croissante de Pranâ, dont il peut ensuite disposer à son gré. Tout l’être humain se met à vibrer, à s’harmoniser intégralement à ce rhythme voulu, et, dans cet état l’Inconscient (2) tout entier devient d’une docilité parfaite et
directe aux ordres
Le souffle rhythme est donc la base de tout traitement mental énergique, aussi bien magnétique que suggestif, ou purement mental et métaphysique: tous opèrent par un effet du Pranâ , de la vie, dont la cause motrice seule diffère.
D’après la tradition des yogis (3), le souffle rhythmé se base sur la pulsation du cœur de l’opérateur.
Il se pratique en comptant mentalement un nombre égal de pulsations pendant l’inhalation et l’exhalation, et la moitié seulement de ce nombre de mêmes pulsations à la suite de chacune de ces deux périodes. Nous recommandons d’apporter la plus exacte attention à sa
(1) Mot sanskrit. J’expliquerai, quelques pages plus loin, ce qu’est exactement Prâna; pour l’instant, il me suffira de dire que c’est le principe vital en dehors de l’univers physique et de ses manifestations localisées, le principe de la vie humaine et des autres créatures vivantes. Au point de vue purement matériel, c’est le souffle lui-même. Il répond au ncphesh de la Kabale hébraïque.
(2) Peut-être vaudrait-il mieux dire le subconscient. Il s’agit, en somme ici, du Soi opposé au Moi,
(3) Au cours de ce chapitre, nous avons maintes fois employé ce terme qu’il ne faut pas confondre avec Fakir; le Fakir est un simple faiseur de tours, un illusionniste possédant seulement à fond l’art — encore inconnu en Europe — de créer des hallucinations collectives; le Vogi, adepte de la Yoga ou science transcendante, possède les moyens de produire dans la réalité les phénomènes supra-normaux dont le Fakir 11e donne que l’illusion. Il y a autant de. différence entre eux, qu’entre un professeur de haute physique et un prestidigitateur.
pratique constante, car son emploi est pour ainsi dire contenu dans toutes les branches tant de la culture physique que du traitement mental...
Pratique. — Voici donc l’exercice qu’il faut pratiquer jusqu’à familiarité absolue:
1° S’asseoir bien droit, quoique sans roideur, et faire une attention particulière à maintenir la colonne vertébrale dans une ligne aussi droite que possible... le menton un peu rentré, les épaules un peu en arrière, et les mains posées naturellement sur les cuisses. C’est ce que les yogis appellent: s’asseoir sur ses côtes. Il est impossible de pratiquer le souffle rhythmée avec la poitrine rentrée et le ventre saillant.
2° Inhaler lentement une respiration intégrale (1), en comptant six pulsations du cœur : 1, 2, 3, 4, 5, 6.
3° Retenir l’air dans les poumons en comptant trois battements du cœur: 1, 2, 3.
(1) Il s’agit ici du premier temps de la respiration intégrale , qui est la suivante:
1er temps. — Aspirer l’air par le nez d’un mouvement continu, en dilatant d’abord la partie inférieure des poumons, par l’abaissement du diaphragme qui vient presser doucement les organes abdominaux, puis par l’avancement de la paroi antérieure de l’abdomen lui-même. Ensuite, remplir la partie moyenne des poumons en dilatant les côtes, le sternum et tout le thorax dans toute leur expansion. Enfin terminer par le remplissage du haut des poumons, en avançant le haut de la poitrine et en l’élevant le plus possible, ce qui entraîne dans le même mouvement les six ou sept paires de côtes supérieures. Pendant ce dernier [moment du] temps, l’abdomen se rentrera un peu de lui-même, ce qui donnera un support plus ferme aux poumons, et aidera au remplissage de leur partie supérieure.
Au premier abord, on pourrait croire qu’il s’agit de trois mouvements distincts; mais il n’en est rien; l’inhalation doit être continue; toute la cavité thoracique, depuis le diaphragme à son point le plus déprimé jusqu’aux clavicules à leur maximum d’élévation, doit pratiquer son expansion dans un mouvement uniforme. Il faut absolument éviter une inspiration saccadée et acquérir un mouvement régulier et continu. La pratique amènera la perfection et la facilité.
2e temps. — Retenir la respiration quelques secondes, les poumons intégralement remplis.
3e temps. — Expirer lentement, en maintenant la poitrine ferme et en rentrant un peu l’abdomen, puis en l’élevant légèrepient et lentement, au fur et à mesure que l’air quitte les poumons. Quand l’expiration èst bien complète (ce à quoi il est aussi important de veiller) détendre la poitrine et l’abdomen.
Comme on le voit, cette méthode embrasse en elle tous les modes de respiration connus, et consiste simplement à emplir méthodiquement et délibérément les poumons de tout l’air qu’ils sont susceptibles de contenir, en agissant d’un seul mouvement continu.
4* Exhaler lentement l’air par le nez, en comptant, comme la première fois, six pulsations du cœur: 1, 2, o, 4, 5, 6.
5° Compter trois pulsations, les poumons vides: 1,2,3.
6° Répéter le même cycle indéfiniment, mais surtout ne pas se fatiguer à l’excès dans les débuts.
7° Au moment de cesser définitivement cet exercice, pratiquer le souffle purificateur (1) pour dégager et reposer les poumons.
Par la pratique, on arrivera assez vite à pouvoir augmenter graduellement le nombre de pulsations compris dans Je cycle, en comptant progressivement huit pulsations pendant i’inliaîation, quatre durant la retenue de l’air, et huit puis quatre encore dans les deux derniers temps du cycle.
On atteindra ainsi jusqu’à quatorze ou quinze pulsations comme temps initial, nombre qu’il ne faudra pas dépasser parce que la régularité du rhythme est plus importante que la durée des périodes.
Il faut pratiquer jusqu’ià ce qu’on arrive à sentir en soi le balancement du rhythme et les vibrations de tout ie corps. Cela demande évidemment beaucoup de persévérance, mais cette qualité est inséparable de toute culture psychique; et, d’ailleurs, les premiers résultats sont tels qu’il devient rapidement impossible de ne pas persévérer, tellement on se trouve bien des efforts accomplis.
Comme on le voit, les procédés occidentaux sont purement mécaniques; plus logiques, en ceci, puisqu’!!
(1) Le souffle purificateur ou de repos est une forme de respiration que pratiquent les Yogis pour purifier et ventiler à fond les poumons: ils terminent en général tous leurs exercices respiratoires par cette forme, qui tend à reposer les organes fatigués et s’exécute comme suit:
1. — Inhaler une respiration intégrale (V. la note précédente).