Retenir l’air quelques secondes
3. — Contracter les lèvres, comme si l’on voulait siffler (mais sans gonfler les joues) puis chasser avec force un peu d’air par l’ouverture des lèvres. S’arrêter un moment en retenant le reste de l’air, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement de tout l’air inhalé. Agir, en un mot, un peu comme lorsqu’on souffle une bougie de loin, en plusieurs fois.
Cet exercice doit être pratiqué fréquemment: il repose et redonne des forces quand la fatigue se fait sentir.
s’agit du développement des forces du mental, les procédés orientaux se basent, en plus, sur la méditation. Il semblerait qu’à ce point de vue spécial la méditation devrait être suffisante: il n’en est rien.
Dans une machine puissante, c’est le volant qui se met en marche d’abord; son mouvement se transmet à des rouages de moins en moins grossiers, jusqu’à ce que les plus délicats marchent d’accord avec l’ensemble. Or, la respiration est ce volant qui, au point de vue matériel, fournit et régularise la force motrice dont chaque parcelle a besoin; et, de plus, au point de vue psychique, elle nous imprègne des énergies supérieures qu’il y a lieu de nous assimiler.
Nous allons donc revenir à la Yoga, et pénétrer dans la Râja-Yoga (1), qui, contrairement à la Hatha-Yoga, ne présente aucun inconvénient.
Mais avant d’aller plus loin, il nous faut bien faire comprendre la distinction qui existe entre les deux sortes de Yoga dont nous nous occupons ici.
Comme nous l’avons vu dans la section précédente de ce chapitre, la Hatha-Yoga s’occupe surtout des forces inférieures: d’une part, par des applications fréquentes de la volonté sur les diverses organes du corps, principalement sur les organes de l’appareil respiratoire, elle donne, avec le temps, un contrôle parfait sur l’organisme physique; d’un autre côté, et c’est à ce point de vue surtout que nous avons eu à nous en occuper, elle capte dans l’atmosphère les énergies aitliériques (vitales) pour en faire profiter soit le corps physique, soit — ce à quoi nous nous sommes appliqué — le corps astral. Le Hatha-Yogi acquiert une grande puissance sur soi-même, mais, mal dirigés, les procédés qu’il emploie peuvent conduire, d’après le Markandâija-Pûrana, à la cécité, au mutisme, à la surdité, à l’asthénie de la pensée et même à la magie noire. Il va sans dire que, dans l’exposé qui a été fait des procédés de la Hatha- Yoga , j’ai soigneusement éliminé tous ceux qui peuvent amener de si fâcheux résultats; mais il n’en est
(1) Littéralement union royale.
pas moins vrai que l’étudiant cotoie le danger. En un. mot, la Hatha-Y oga a pour but l’assimilation des forces aithériques et astrales inférieures. La Rcija-Yoga s’occupe uniquement des énergies supérieures, jusqu’aux énergies divines: c’est dire que cette Yoga ne présente aucun danger; en ces pages, toutefois, nous n’irons pas si loin et nous nous bornerons à indiquer les procédés — adaptés à la façon de vivre occidentale — que l’on peut mettre en œuvre pour s’assimiler les forces astrales supérieures et les forces mentales.
Le swami Vivekânanda a publié un petit traité de Ràja-Yoga (1) qui renferme d’excellentes instructions et dont les étudiants feront bien de se pénétrer. C’est lui qui va nous servir de guide dans les lignes qui suivent.
La Raja-Yoga se divise en huit stades successifs qu’il faut franchir les uns après les autres et qui sont, avec leurs enseignements résumés:
1° Yama — comprend cinq actes: Absence de violence et de cruauté (innocence universelle), Loyauté, Honnêteté, Chasteté, Désintéressement.
2° Nigama — comprend cinq actes: Pureté, Patience, Mortification, Etude, Adoration.
3° Asana — L’étude des postures.
4° Prânaijâma — La science des souffles (maîtrise des forces vitales et supérieures de l’être).
5° Prcitijàhâra — L’examen intérieur.
6° Dhrâranâ — La concentration des forces physiques, psychiques et mentales.
7° Dhyâna — La science de la méditation.
8° Samâdhi — La supra-conscience.
Les deux premiers degrés comportent un entraînement moral qui peut se résumer ainsi: — Contrôler avant tout sa personnalité, ses actes et ses pensées: se libérer de tous ses désirs, ainsi que des attaches et des espoirs quelconques; faire de fréquentes méditations en les con-
(1) Râja-Yoga, ou conquête de la nature intérieure, traduit en fançais par S. W. — i vol. in-12, Paris, 1910.
centrant au cœur; aimer tout être vivant, et surtout l’homme; pratiquer la morale; avoir soin de ses corps et de son esprit; se livrer à l’étude; s’imposer des privations; se rapprocher de la Divinité par la méditation et la prière; en un mot, pratiquer le bien dans toutes ses acceptions et dans toute son étendue.
Le troisième terme est aussi d’une grande importance, car chaque jour il faut faire des séries d’exercices physiques et mentaux qui sont impossibles dans une mauvaise attitude. Les théories de la Yoga préconisent certaines positions, Padmâsana et Gidhàsana entre autres, qui, très familières aux Orientaux, seraient plutôt très gênantes en Occident. Il importe donc de trouver une attitude que l’on puisse conserver longtemps sans fatigue corporelle ou mentale. La position la plus naturelle est celle qu’il convient d’adopter, car tel individu se sentira très à l’aise en telle posture qui serait intenable pour un autre. Lorsque, après étude, on a adopté une attitude, c’est cette attitude qu’il faut toujours prendre pour méditer ou pour s’exercer.
Voici cependant quelques indications à cet égard: — Pendant l’étude et la méditation, le corps travaille avec intensité (production de la force nerveuse nécessaire au cerveau); il faudra, de plus déplacer certains courants nerveux et leur imprimer une direction différente. On éprouvera des vibrations nouvelles, et il semblera que la constitution entière se transforme; mais la colonne vertébrale sera le siège principal de cette action, de sorte qu’elle devra, de toute nécessité, rester libre, verticale, maintenant la poitrine, le cou et la tête en ligne droite; tout le poids du corps portera sur les côtes: on arrive ainsi à une posture commode et naturelle, car il est facile de constater qu’on ne peut pas avoir de pensées élevées quand la poitrine est creusée.
Après avoir appris à s’asseoir dans une position verticale, il convient de pratiquer ce que la philosophie physiologique de la Yoga appelle la purification des nerfs. On y arrive en bouchant la narine droite avec le pouce et en aspirant par la narine gauche autant d’air
que possible; puis sans arrêt, on expire par la narine droite en fermant la gauche; et, respirant à nouveau par la narine droite, on rejette l’air par la gauche et ainsi de suite.
Cet exercice doit se répéter trois ou cinq fois de suite, pendant quinze jours au minimum ou un mois au maximum; au bout de ce temps, les nerfs sont purifiés. Les traités spéciaux indiquent, pour cet exercice, des heures assez incommodes à obserevr en Occident; il suffira de le pratiquer quatre fois par jour: — le matin, \au lever, — immédiatement avant le repas de midi (1) — immédiatement avant le repas du soir (1) — et enfin avant de se coucher.
Cet exercice a pour but d’activer les courants magnétiques Ida et Pingàla qui circulent de chaque côté de la colonne vertébrale, où se trouve enfermé le principal centre nerveux après le cerveau: la moelle épinière, fl est indispensable, et ce n’est qu’après l’avoir pratiqué pendant le laps de temps indiqué que l’on peut, comme nous allons le faire tout à l’heure, aborder le quatrième degré, Prânâyàma, la maîtrise du souffle.
Il convient de dire cependant qu’il peut se rencontrer deux obstacles qui en détruisent l’effet: la maladie et le doute; on ne doit donc s’y livrer que dans un état de santé parfaite, et avec des dispositions d’esprit qui ressortissent à la foi: — il faut pratiquer d’abord avec constance, et la pratique amènera la preuve.
On doit, à cet exercice physique, en adjoindre un autre — moral, celui-là — qui consiste, avant et après la purification des nerfs , c’est-à-dire pendant qu’on est dans la pose voulue, à adresser à la nature entière une pensée d’altruisme: « Que tous les êtres soient heureux! Que tous les êtres soient en paix! Que tous les êtres soient bienheureux! »
Plus haut, j’ai défini Pranâijâma : la science ou la domination du souffle ou de la respiration; il est plus exact de dire que Prânâyàma , c’est la conquête de Prâna.
(1) C’est-à-dire à des heures où l'cstomac est aussi vide que possible.
Qu’est-ce que Prâna? c’est Y Energie en soi, la force primordiale, qui, combiné avec 1 ’Akâsa, l’aither (1), la substance primordiale, produit l’univers physique. Prâna est donc le principe vital qui anime Akâsa matérialisé. Comment s’y prendre pour conquérir Prâna?
Nous devons regarder d’abord autour de nous et commencer par apprendre à dominer ce qui nous entoure. Notre corps est ce qui nous est le plus proche, et notre pensée est la pensée qui nous touche le plus près. Le Prâna qui donne la vie à notre corps et à notre pensée est celui de tous les Prâna qui est le plus proche de nous. La petite vague du Prâna qui représente nos propres énergies mentales et physiques, est, de toutes les vagues de l’Océan infini de Prâna, celle qui nous approche le plus; il nous faut donc maîtriser d’abord cette petite vague, et alors nous pouvons espérer dominer, de proche en proche, le plus possible de vagues de Prâna.
Prâna constitue donc la force vitale du corps, et l’énergie particulière à l’esprit: de là, si l’on peut s’exprimer ainsi, deux sortes de Prâna qui se résument en ce qu’on appelle le Moi.
Le Prâna matériel, c’est l’énergie en action. La physique moderne démontre que la somme totale des énergies qui existent dans l’univers est constante, et que cette somme totale d’énergies se présente sous deux formes alternatives: en puissance d’être, puis à l’état de repos; de la sorte, l’énergie évolue sans cesse à travers l’éternité: elle nous traverse constamment, et c’est à ce moment que nous pouvons la capter et nous l’assimiler sous ses deux modalités de force vitale et de force mentale. Ceci étant bien compris, j’arrive aux exercices du Prânâijâma qui concerne la Râja-Yoga.
D’abord, la position la plus favorable. — Il faut être assis très droit: la moelle épinière, quoique à l’intérieur de la colonne vertébrale, n’y adhère pas. Si vous vous asseyez de travers, vous la déplacez, et il importe qu’elle
(1) L’aither nous pénétrant par la respiration en entraînant Prâna avec lui, on comprend que Prânayâma soit couramment défini science du souffle.
soit libre de toute pression. Chaque fois que vous essayez' de méditer en étant assis, courbé et ramassé sur voufsmême, vous vous faites du mal. Il vous faut maintenir la poitrine, le cou et la tête dans une ligne parfaitement droite et verticale. Vous y arriverez en vous y exerçant, et cela vous sera aussi facile que de respirer.
Dominer ses nerfs est le second but à atteindre. La respiration rythmée s’impose ici, car nous savons que le centre nerveux, qui régit les organes respiratoires, a une espèce d’inlluence directrice sur tous les autres nefs.
Il faut respirer rhythnniquement (1), aspirer et expirer, ce qui harmonisera le système. Après avoir pratiqué cet exercice pendant un certain temps, on fera bien d’y adjoindre la répétition de quelques mots tels que «AUM»(2> ou tout autre vocable sacré que vous émettez tout natu rellement, en aspirant et en expirant d’une manière rythmée, harmonieuse; vous constaterez alors que tout votre corps devient rhythmique, et vous saurez vraiment ce qu’est le repos: le sommeil n’en est pas un, en comparaison de celui que vous acquerrez ainsi.
Le premier effet de cette pratique respiratoire sera de modifier la physionomie: les traits durs s’adouciront; le calme de la pensée donnera le calme du visage. Ces changements se produiront après quelques mois de pratique.
Après avoir pendant plusieurs jours pratiqué le premier exercice respiratoire, vous en essaierez un autre plus compliqué. Remplissez lentement vos poumons d’air que vous aspirerez par la narine gauche (3), et en même temps concentrez votre pensée sur le courant nerveux. Vous envoyez ainsi, en quelque sorte, le courant nerveux du haut en bas de la colonne vertébrale en frappant violemment sur le dernier plexus, le lotus basique siège du Kundalini (4). Conservez ainsi le courant pen-
(1) V. plus haut ce qui concerne la respiration rhythmique.
(2) Ce mot sacré va être expliqué plus loin.
(3) Correspondant au courant l(îâ.
(4) Les Yogis nomment Sushumnâ un canal creux qui forme le centre de la colonne vertébrale. A l’extrémité inférieure de ce canal se trouve ce qu’ils appellent le Lotus du Kundalini. Us le décrivent comme étant
<aiant quelque temps. Imaginez que vous attirez lentement ce courant avec la respiration, de l’autre côté, puis expirez doucement par la narine droite.
Cet exercice semble d’abord un peu difficile. Pour le faciliter, bouchez la narine droite en y appuyant le pouce, et respirez alors lentement par la narine gauche; à ce moment, bouchez les deux narines avec le pouce et l’index; imaginez que vous faites descendre le courant et que vous frappez la base du sushumnà (1); cessez ensuite d’appuyer le pouce, et respirez par la narine droite. Respirez ensuite lentement par cette même narine en fermant l’autre au moyen de l’index, puis rebouchez les deux comme précédemment.
Les Occidentaux ne sont pas habitués à manier leur respiration comme le font les hindous; on fera donc bien d’y appliquer les temps suivants: aspirer pendant quatre secondes ; retenir le souffle pendant seize secondes; et enfin rejeter l’air en huit secondes (2).
En vous livrant à cet exercice, concentrez votre pensée sur le triangle (3), concentrez votre pensée sur ce centre; l’imagination peut vous y aider énormément.
«Tune forme triangulaire et disent qu’il renferme un pouvoir qu’ils appellent Kundalini. Lorsque Kundalini s’éveille, il cherche à se frayer un passage dans le canal central ( Sushumnà ) ; il chemine petit à petit, et, à mesure qu’il s’élève, la pensée se développe progressivement, l’intelligence s’ouvre, et des aperçus divers, des pouvoirs merveilleux viennent au Yogi. Quand Kundalini gagne enfin le cerveau, le Yogi est parfaitement détaché de son corps et de son intelligence: son âme est libre.
Nous savons anatomiquement que l’épine dorsale est construite d’une manière très spéciale. Si nous traçons un huit horizontalement ( oo ) nous remarquons qu’il se compose de deux corps distincts qui se touchent. Empilons les huit les uns sur les autres, et nous aurons l’image de la chaîne formée par la colonne vertébrale. Les corps superposés de gauche constituent VIdâ: ceux de droite le Pingalâ (les deux courants nerveux, correspondant à chacune des narines et dont nous avons parlé plus haut), et le canal creux, centre de l’épine dorsale est le sushumnà . Là où celle-ci se termine près de quelque vertèbre lombaire, une fibre délicate en descend, et le canal, à travers cette fibre même, se continue, mais beaucoup plus étroit. II est fermé à son extrémité inférieure qui est située près de ce qu’on nomme le plexus sacré , auquel l’anatomie donne une forme triangulaire. Les différents plexus qui ont leur centre dans la colonne vertébrale peuvent très bien représenter les différents « lotus » du Yogi.
(1) V. la note précédente.
(2) Pratiquement, on peut remplacer les secondes par les battements <cî u pouls que l’on a toujours sous la main.
vo; Le plexus sacré. V. la note 4, p. 201.
L’exercice respiratoire suivant consiste à aspirer lentement, puis à expirer aussitôt, et à rester alors sans souffle, pendant le même temps que précédemment. La seule différence est que, dans le premier exercice, on retient son souffle, tandis que dans le second on le chasse. Ce dernier exercice est plus facile que le premier.
Il ne faut pas abuser de celui qui consiste à garder l’air dans les poumons. Au début, ne l’appliquez pas plus de quatre fois le matin et quatre fois le soir; plus tard, vous augmenterez ce chiffre avec la durée de chaque exercice. Vous vous apercevrez que cela vous est possible, et vous y prendrez goût. Alors vous irez encore en augmentant, ave^ lenteur et précaution, vous basant sur votre force, et vous arriverez à six répétitions de l’exercice au lieu de quatre. Mais si vous pratiquez sans méthode, vous risquez de vous faire du mal.
Ceci constitue le Prànâijâma de la Raja-Yoga.
Les procédés indiqués plus haut ne sont ni dangereux ni difficiles. Plus vous pratiquerez celui^ qui consiste à conserver quelque temps l’air inspiré, et plus vous deviendrez calme. Pensez à « AUM », et vous pourrez vous exercer tout en travaillant à autre chose. Si l’on pratique assidûment (1), un beau jour le Kundalini (2) s’éveillera, la nature entière commencera à se transformer, et le livre de la science s’ouvrira.
Ici, je suis obligé d’ouvrir une parenthèse dans ce résumé de Yoga pour donner une explication nécessaire sur AUM — ou OM dont le nom vient de se présenter pour la seconde fois sous ma plume. — Qu’est-ce que AUM?
C’est dans le védantisme, l’appellation sacrée par excellence; elle correspond donc au Yod-Hé-Vau-Hé de la Kabale hébraïque, mais comporte en soi infiniment plus de force pour symboliser mystiquement la Divinité comprise à la fois synthétiquement et analytiquement.
En effet, ce vocable se rend graphiquement par un
(1) C’est-à-dire tous les jours et trois ou quatre fois par jour.
seul caractère sanskrit; il comporte deux lettres (une voyelle [composée] et une consonne, la base de tout langage); et enfin il s’énonce en trois sons: A-OU-M; il est donc le signe représentatif de la Divinité comprise à la fois comme unité, comme dualité et comme trinité.
Mais il y a plus: la prononciation est, je viens de le dire, A-OU-M; le premier de ces trois sons est largement ouvert; puis il se fond dans le second, moins sonore, lequel s’achève lui-même en le murmure de M, qui débute par un son propre devenant nasal, puis nul: la prononciation de ce vocable s’harmonise donc avec la gamme entière de toutes les vibrations cosmiques, auxquelles participe quiconque l’énonce comme il doit être dit, ce qui sera expliqué plus loin. Pour l’instant, je désire faire comprendre toute la portée mystique et sacrée de ce mot qu’ont répété et vénéré des générations et des multitudes, depuis l’antiquité la plus reculée jusqu’à nos jours.
Pour éviter l’anthropomorphisme, les mystiques vé* dantins représentaient la Divinité non par un nom mais par cette formule qui n’est ni masculine, ni féminine», ni neutre, mais les trois à la fois. Les trois sons qui la composent représentent l’Esprit, la Force et la Matière* ou, si l’on veut, l’Essence, la Substance et l’Existence* qui résultent de leur entrelacement. A, c’est Atma, père de tous les êtres et source de toutes les créatures; M c’esi Mulaprakriti, source de toutes les choses et mère de toutes les créatures; enfin U ( OU ) représente Oueaohou* nom thibétain et ésotérique du Verbe, c’est-à-dire de l’activité créatrice qui, d’émanation en émanation, devient les divers aspects de la force. Ce principe moyen participe des deux extrêmes et leur est si intimement coessentiel, qu’il est souvent identifié avec l’un ou avec l’autre. En résumé, A et M peuvent être conçus commedeux points mathématiques fixant les limites de l’existence, et reliés par une ligne de vie, par une quantité mobile U , représentant l’existence tout entière, l’ univers, le fils entre le père et la mère.
Dans le chapitre Le mystère de la Trinité du Secret de
F Absolu, de E.-J. Coulomb (1), on trouvera de profondes et lumineuses considérations concernant la valeur hiératique de AUM sur laquelle je suis forcé de me restreindre ici.
D’autre part, E. Bosc dit quelque part (2) de ce monogramme sacré: — La Pranava contient donc à la fois l’unité (OM), la dualité (AU et OM), et enfin la trinité (A, U, M) ; aussi cette syllable représente, comme le chiffre 3 et le triangle, le symbole du triple aspect sous lequel nous essayons de nous faire une idée de Y Absolu eu Dieu: Infini, Premier Principe, Principe suprême. Cette syllabe est extrêmement sacrée; aussi est-elle considérée comme la racine de l’Univers et des êtres; c’est pourquoi on n’en peut donner la clef, car si on la donqu’il n’est pas permis de dévoiler (3)... qu’il n’est pas permis de dévoiler (2)...
Voici enfin le résumé des significations du mot divin tel qu’il est donné par le Dr Th. Pascal (4): « Aum est l’Etre par excellence, la grande synthèse humaine: le Commencement, le Milieu et la Fin: la Substance et la Force; l’Intelligence et la Spiritualité: la divine Conscience. Il est le Noumène insondable et le Phénomène subjectif; le Germe et la Fleur; la Racine de toutes les corrélations akasiques (5), astrales (6) et physiques. Il est l’un des aspects du mot perdu . Triade supérieure: Atma, Buddhi, Manas (7), Soi supérieur, il est Tout et Rien. Les Kabalistes diraient qu’il est le Grand Panlacle. Chacune de ses lettres a une valeur propre numérale, colorée, etc., et ceux qui possèdent le secret de ses diverses intonations peuvent amener de puissantes
(1) 1 vol. in-12, Paris, 1892.
(2) Dictionnaire d’orientalisme et d'occultisme, 2 vol. in-12, Paris, 1896, art. AUM.
(3) La clef complète du mot n’est livrée dans l’Inde qu’à certains initiés, mais ce qui vient d’en être dit ci-dessus suffit pour faire comprendre la valeur sacrée de ce monogramme.
(4) La Curiosité , 14 août 1894.
(5) L ’Akasa est le principe le plus élevé, l’Essence spirituelle, subtile «et supersensuelle qui remplit l’espace, émanée par la Divinité.
(6) Les forces astrales sont intermédiaires entre les énergies akasiques et les forces matérielles.
(7) V. le chapitre de la Constitution occulte de l'homme.
vibrations dans les plans divers de la nature ambiante.»
Je vais donner ci-après la plus simple et la mieux connue de ces intonations; mais avant, il me faut avertir le lecteur qui croirait pouvoir remplacer AUM par Je Y od-Hè-V an-Hè hébræo-chaldaïque ou par une quelconque appellation divine moderne, que, si cette substitution peut lui donner quelques résultats sur le plan mental, elle serait de valeur absolument nulle sur le plan astral et le pian physique, puisqu’elle ne s’harmoniserait avec aucune des séries de vibrations dont il a été question plus haut.
J’aborde maintenant la prononciation, Y intonation du mot sacré.
Il en est un certain nombre qui sont utilisées dans le Védantisme, mais la plus simple, la plus facile, la plus abordable pour les Occidentaux, est celle qui est indiquée par A. Caillet (1), et que je me borne à transcrire telle qu’il la décrit:
« La projection en vibrations verbales d’accord parfait du mot sacré « AUM » est le moyen le plus énergique que nous possédions d’élever le taux de nos propres vibrations dans l’Ether. Ce mot sacré, psalmodié lentement sur les notes do-mi-sol de l’accord parfait* semble renfermer toute la gamme ascendante des sons créateurs, et, par influence, entraîne dans des ondes de rapidité croissante toutes nos vibrations propres. Il symbolise l’ensemble de tous les sons possibles, débutant, comme il le fait, par la bouche largement ouverte et se terminant par la bouche entièrement fermée, en un son purement nasal, après avoir passé par toutes les positions intermédiaires; on peut dire de lui: c’est le VER¬ RE . Ainsi, les vibrations du mot sacré, psalmodié sur
les notes de l’accord parfait, déterminent une ascension vibratoire , si Ton peut ainsi dire, une élévation évolutive graduelle de toutes les vibrations constitutives de l’être. Pour s’en procurer les bienfaits, 'il suffit, après avoir accompli les conditions de relaxation générale (qui
(1) Loc. cit.
consiste à supprimer tout mouvement involontaire tant du corps que de l’intellect, et principalement à produire le calme dans le mental toujours plus ou moins agité) et de recueillement préliminaire, d’inhaler une respiration intégrale (v. p. 194, note), puis de prononcer le mot sacré durant V expiration, en le psalmodiant d’une voix profonde sur les trois notes de l’accord parfait: do..mi. ..sol... — On peut continuer l’exercice de trois à dix minutes, suivant l’effet produit. On sentira les vibrations s’emparer de tout l’être, et une sensation de calme et de spiritualité régner avec une intensité croissante. — Par une pratique prolongée de cette sorte de chant religieux on arrive parfois à produire les phénomènes psychiques les plus étranges ».
A ces indications très précises, j’en ajouterai deux autres:
1° Il y a des personnes que le chant distrait; or, le mot sacré doit être médité en même temps que psalmodié; ces personnes pourront donc, et mieux, murmurer le chant au lieu de le psalmodier.
2° D’autre part, il est des circonstances et des milieux où l’on ne peut guère psalmodier à haute voix; dans tous ces cas, on pourra se contenter de psalmodier mentalement; mais cette psalmodie mentale ne pourra produire réellement effet que chez les personnes qui, s’étant livrées pendant un certain temps à l’exercice de psalmodie réelle en auront subi les effets physiques, psychiques et intellectuels, et se seront, par là, rendues aptes à les bien reproduire par une opération mentale.
On voit, par les explications détaillées qui précèdent que, au point de vue qui nous occupe, le mot sacré AUM ne peut guère être remplacé par le Yod-Hé-Vau-Hé de la Kabale, pas plus que par telle autre invocation sacrée, qui ne sauraient correspondre avec les énergies supérieures, et, par suite, faire participer les divers éléments constitutifs de l’organisme de l’opérateur aux séries de vibrations cosmiques qui doivent agir sur lui.
Cette longue mais nécessaire digression sur la valeur et l’utilisation du AUM védantin étant terminée, je re-
prends mes explications relatives à la pratique de la Raja-Yoga.
Vida, le Pingalâ et le canal sushumnâ (1) forment trois courants d’action, mais l’homme ordinaire ne possède à sa disposition que les deux premiers: seul le Yogi peut utiliser le Sushumnâ. Lorsque ce canal s’ouvre, on passe à un état qui est au delà des sens, et l’intelligence devient supra-sensorielle et supra-consciente. Le but du Yogi est donc d’ouvrir ce canal par les procédés respiratoires et mentaux dont nous avons parlé.
Il nous reste quelques mots à dire de Y Ojas. VÔjas est, de toutes les énergies contenues dans le corps humain, celle qui est la plus subtile, mais aussi celle qui domine les autres. Il est en réserve dans le cerveau; ^aussi, plus la tête d’un homme contient d'Ojas, et plus cet homme est puissant, intellectuel et de forte spiritualité.
L 'Ojas est assez difficile à définir, et l’on peut seulement citer de lui certaines modalités de réalisation. C’est, par exemple, la chaleur de la parole, la puissance de conviction, le magnétisme de l’exemple, l’assurance du savoir, le sentiment de la vertu, etc. C’est donc, à proprement parler, une énergie mentale,, mais c’est peut-être, comme on va le voir, celle qui est à la fois là plus nécessaire et, parfois, la plus difficile à acquérir.
L’humanité détient une réserve plus ou moins grande d’Ojas. Toutes les forces supérieures qui agissent dans le corps se transforment en Ojas , car ce n’est là qu’une question de transformation. La même force qui, au dehors, produit l’électricité ou le magnétisme, se transforme en force interne; les mêmes forces qui produisent l’énergie musculaire se transforment en Ojas. Selon les Yogis, l’espèce d’énergie humaine qui se manifeste par le sexe dans la fonction sexuelle peut aisément se transformer en Ojas, si elle est enrayée, dominée, et, comme toutes ces fonctions dépendent du centre le plus
bas (1), c’est celui-là que le Yogi surveille particulièrement. Il s’efforce toujours par les mêmes moyens de méditation, de volonté et de respiration, de recueillir toute cette énergie sexuelle et de la transformer en Ojas «. Seul, l’homme et la femme chastes peuvent faire affluer Y Ojas à leur cerveau, et c’est pourquoi la chasteté a toujours été considérée comme la vertu la plus haute; l’homme sent en effet que, s’il n’est pas chaste, la spiritualité l’abandonne; il perd de sa vigueur mentale et de sa force morale. Voilà la raison pour laquelle tous les ordres religieux — dans toutes les religions élevées — qui ont produit des géants sous le rapport spirituel* insistent toujours sur l’ obligation d’une chasteté absolue. La chasteté parfaite, de pensée, de parole, et de fait, s’impose. Gomment, en effet, peut-on espérer devenir Yogi, si, tout en pratiquant la Yoga sous quelque forme que ce soit, on mène une vie impure?
De Prâtijàhâra, qui est l’examen mental, pour arriver à la maîtrise de l’esprit, et de Dliàranà, qui est la concentration des forces par la volonté, je ne dirai que peu de chose, ces deux degrés étant d’un abord très difficile pour un étudiant occidental, je noterai seulement l’exer* cice primordial de chacun d’eux, — le plus abordable — S d’après le swâmi Vivekânanda.
La première leçon de Pràtijâhâra consiste à s’asseoir pendant quelque temps et à laisser courir la pensée. Elle bouillonne sans cesse et ressemble a un singe qui se trémousse. Laissez sauter le singe tant qu’il le pourra: attendez simplement, et observez. Savoir, c’est pouvoir, dit le proverbe: ce proverbe dit vrai. Tant que vous ignorez le travail de la pensée, vous ne pouvez pas la dominer. Rendez-lui complètement la main; il se peuf qu’elle accueille les plus laides idées, et vous serez surpris d’avoir pu concevoir de pareilles vilenies; miais vous vous rendez compte que, chaque jour, les divagations diminuent de nombre et de violence, que la pensée s’apaise chaque jour. Pendant les premiers mois, vous
(1) Le Mûlâdhâra, centre de distribution de la force neurique placé à. l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale.
constaterez en vous un millier de pensées; plus tard, vous n’en trouverez plus que sept cents; et, quelques mois après, le nombre en diminuera encore, jusqu’à ce que le mental soit complètement dominé. Pour en arriver là, il faut s’exercer journellement...
Lorsque vous aurez pratiqué le Pratyâhâra pendant quelques temps, faites un pas de plus et attaquez le Dhâ ranâ qui est la concentration des forces par la fixation de la pensée. Que signifie fixer sa pensée sur certains points? C’est la force à sentir certaines parties du corps à l’exclusion des autres; à essayer, par exemple, de ne sentir que sa main, à l’exclusion de toutes les autres parties du corps. Lorsque la Chitta, ou matière mentale, est confinée et concentrée en un certain endroit, on appelle cet état Dhâranâ. Il y a plusieurs sortes de Dhâ ranâ , et, quand on le pratique, il est bon de laisser un peu de jeu à l’imagination. Par exemple, on peut contraindre le mental à ne penser qu’à un certain point du cœur. Voilà qui est très difficile; mais si l’on se figure un lotus en ce point du cœur, la chose devient plus aisée. Ce lotus est baigné d’une lumière resplendissante. Fixezy votre esprit. Imaginez encore que le lotus du cerveau est lumineux, ou pensez aux différents centres du sushumnâ dont nous avons déjà parlé (1)...
En pariant du cœur et du cerveau, le swami Vivekânanda mentionne les deux points principaux où doit se fixer la pensée; mais il est bon, pour concentrer les forces physiques et, surtout — dans le cas qui nous occupe — psychiques en un point, de les ressembler, de les ramasser , si je puis m’exprimer ainsi, sur tout leur parcours; on devra donc fixer sa pensée sur les points principaux de la colonne vertébrale où elles sont accumulées, en remontant peu à peu. Pensez donc d’abord à votre fantôme, objectivez-le en quelque sorte devant vos veux; puis, quand vous le verrez bien , situez-le, centrezle en le rétrécissant (2), au milieu de la base de votre
(1) V. la note 4, P. 201.
(2) Le fantôme vivant n’a sa taille normale que quand il possède son double odique ou des forces aithériques, les siennes ou celles d’un sujet
corps, entre l’anus et le périnée, localisation qui doit vous apparaître mentalement comme un triangle d’or en fusion; puis faites-le remonter à la naissance de l’urètre qu’il faut vous figurer comme un point rouge; faites-lui ensuite atteindre successivement le plexus (1) de l’ombilic, qui doit se figurer pour vous de couleur jaune; le plexus cardiaque (2), de couleur blanche; le plexus pharyngien, de couleur nprfe; le plexus caverneux (3), de couleur rptns, et enfin la glande pinéale (4), le grand centre des forces psychiques, de la couleur éclatante du s^Miî (5).
II ne faut pas se dissimuler que tout ceci, déjà très difficile avec l’éducation orientale, est presque impossible, dans notre occident, à qui n’est pas armé d’une volonté de fer pour vaincre les difficultés.
Ainsi pour surmonter les cinq obstacles suivants: la douleur, le chagrin, la peur, la perte du souffle et l’expiration, le Yogi doit renoncer à la haine, à l’amour, au désir, à l’espérance, et s’habituer enfin à retenir son expiration en fixant son haleine sur un point quelconque.
C’est ainsi que le Yogi atteint les siddhis ou pouvoirs supra-normaux; mais il doit aussi combattre quatre ennemis: la chair, les sens, le péché et la douleur, en acquérant les sept puretés — du corps — de mœurs — d’intention — de croyance — de jugement — d’attitude corporelle et mentale — et d’intelligence; et cela par la bienveillance spirituelle, et la ferme conviction que le
réceptif; réduit au carps astral, il est, au dire des sensitifs voyants, et des sujets magnétiques mis en état de voyance, de la taille d’un enfant de douze ans. Les théories védantines nous le représentent, sous le nom de Prâna-Mâya-Kosha, ou Enveloppe-reflet des souffles, comme ayant une hauteur de quatre-vingt-seize doigts (environ lm,10) et possédant une aura qui s’étend dans un rayon de douze doigts (environ 0m,15). C’est cette aura qu’il s’agit de réduire pour centrer le fantôme à l’endroit indiqué.
(1) Un plexus est un entrelacement de nerfs (ou de vaisseaux). Les plexus nerveux appartiennent au système cérébro-spinal connue au système du grand sympathique.
(2) Près du cœur (au-dessous de la crosse de l’aorte).
(3) Ramification du grand sympathique qui entoure la carotide interne.
(4) Petite masse nerveuse située à peu près au centre du cerveau, en avant ^du cervelet.
(5) Toute cette progression orientale ne doit être suivie qu’avec
Karma , ou Loi des mérites et des démérites, gouverne nos états successifs; enfin, il doit avoir la perception intuitive de l’Absolu, et le détachement de ce qu’on appelle les biens de ce monde (1).
On voit, par tout ce qui précède, quelles sont les difficultés à surmonter, dès qu’on veut aller plus loin que les premiers degrés de la Râja-Yoga.
Aussi, n’irai-je pas au-delà dans cet exposé de la Râja- Yoga; je n’aborderai pas les degrés supérieurs de Dhyâna et de Samâdhi, renvoyant les personnes curieuses de poursuivre cette étude à l’ouvrage de Bosc de Vèze, et surtout à l’excellent — quoique bref — traité du swâmi Vivekânanda, mais avec la très importante et très expresse remarque que l’ouvrage de E. Bosc s’occupe surtout de la Hâtha-Y oga, c’est-à-dire du développement des forces aitliériques et astrales inférieures, et accessoirement seulement de la Raja-Yoga, tandis qu’au contraire celui du swâmi Vivekânanda n’a trait qu’à la Raja- Yoga, c’est-à-dire à l’entraînement des forces astrales
une grande prudence, parce qu’elle présente des dangers que l’on ne soupçonne pas. Je n’en citerai qu’un exemple.
Il y a quelque temps, je reçus la visite d’une personne qui après avoir atteint, par le mode ordinaire, certains résultats positifs, avait voulu, pour en augmenter la portée, suivre cet entraînement hindou sans être guidée; à la suite, son organisme avait été lésé sans qu’elle put expliquer le processus du phénomène: à la base de la colonne vertébrale, une dépression triangulaire s’était produite dans la chair, d’un demi centimètre de profondeur et de quatre centimètres de côté, sanguinolente et purulente, présentant l’espect d’une grave brûlure, qui la faisait beaucoup souffrir, et à la quelle les médecins ne comprenaient rien, Elle se demandait si la cause de cette lésion ne devait pas être cherchée dans l’entraînement auquel elle s’était astreinte. En causant avec elle, il ne me fut pas difficile de découvrir que, dans l’énergie de sa volonté à suivre l’entraînement en question, elle s’était elle-même suggestionnée au point de matérialiser en quelque sorte le triangle d’or en fusion où, au bas de sa colonne vertébrale elle avait situé son fantôme, au point que ce métal en fusion, bien que créé par son imagination, l’avait profondément brûlée; en somme, le phénomène était de même ordre que celui que l’on obtient journellement dans tous les laboratoires d’hypnologie, lorsqu’on place sur le bras d’un sujet en hypnose un papier buvard humide en lui suggérant que c’est' un vésicatoire énergique, ce qui amène rapidement tous les phénomènes ordinaire de la vésication. Dans ces conditions, je lui dis de voir désormais l’endroit en question non plus comme un triangle d’or en fusion, mais comme un triangle de glace excessivement lumineuse, ce qui mit rapidement fin à l’accident. Mais je ne sais quel degré de gravité il aurait pu atteindre si cette personne avait persistédans son mode d’entraînement.
(1) E. Bosc de Vèze, Traité de Yoga, déjà cité.
supérieures et mentales et, de façon purement ascessoire, à la Hâtha-Yoga: ces deux livres ne peuvent donc que se compléter et non se suppléer. En effet, en ce qui nous occupe dans ces pages, je crois avoir atteint le but proposé, qui était de chercher dans la Hatha-Yoga et dans la Ràja-Yoga des procédés propres à dynamiser les éléments supérieurs de l’Etre — corps astral et corps mental — qui constituent les principales parties, la base, en quelque sorte, du fantôme vivant extérioré.
Avant de clore cet aperçu des procédés susceptibles d’amener en l’homme l’assimilation des forces mentales, je prierai le lecteur de vouloir bien se reporter à ce qui a été dit au 4e paragraphe de la première section de ce chapitre, relatif à l’utilisation de la coloration du milieu ambiant pour aider à l’absorption des forces hyperphysiques par la captation de certains courants cosmiques.
Je rappellerai seulement ici que la couleur jaune clair amène le développement des énergies mentales, que, s’il y a lieu d’opérer une combinaison de couleur, cette combinaison devra être basée sur les couleurs blanche, bleu-clair et or, et qu’enfin les nuances orangées, vertes et rouges, devront être prohibées, pour les raisons qui sont expliques en ce passage auquel je renvoie le lecteur, — tout ce qui y est dit, aui point de vue de la coloration de l’ambiance, du corps astral et, par suite, des courants de force astrale, s’appliquant absolument au corps mental à la captation des énergies mentales.
Il me reste à m’excuser auprès de certains lecteurs d’avoir peut-être retenu trop longtemps leur attention sur des considérations qui pu leur paraître un peu nébuleuses, quoique j’aie fait effort pour en rendre la compréhension aussi aisée que possible.
Certes, l’homme nourri uniquement de la science officielle ne pourra que hausser les épaules devant cet exposé d’une haute science qui le dépasse; j’attirerai cependant son attention sur ce double fait que, d’une part, sans aller aussi loin que la Yoga, et sans procéder aussi scientifiquement qu’elle, certains ordres religieux con-
templatifs, en Occident, accordent une grande importance à la gymnastique respiratoire du chant et à la position du corps dans la prière et la méditation, en vue de développer chez leurs membres certaines facultés d’ascèse; et que, d’autre part, Ignace de Loyola, qui fut un génial entraîneur d’hommes vers la mystique, et de qui l’Ordre a produit tant d’individualités supérieurement éminentes, a dépassé toutes les Yogas dans la minutie des exercices matériels qu’il impose à ses disciples en vue de. placer, en eux, toutes les forces corporelles sous la dépendance absolue de l’énergie mentale.
Mais il n’importe î l’occultiste, lui, me comprendra, et je crois en tous cas avoir bien mérité de l’étudiant en mettant à sa portée des procédés — notamment de Yoga adaptée aux nécessités, aux conditions et aux habitudes de la vie occidentale — à l’aide desquels il pourra, avec de l’application et de la persévérance, acquérir certaines facultés supra-normales.